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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 16:15

 

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Bien connu dans le milieu des oenophiles alsaciens, le sympathique Jean WALCH vient d'ouvrir boutique au 26 quai des Bateliers à Strasbourg. Baptisé "Au Fil du Vin ... Libre" cet espace revendique clairement un positionnement "Nature".

 

Par sa grande proximité avec les vignerons, Jean a réussi une très belle sélection de vins français et italiens. Côté Alsace on y retrouve les incontournables Patrick Meyer, Bruno Schueller, christian Binner et Jean-Pierre Frick mais aussi François Barmes-Buecher et Jean-Jacques Muller  avec son Steinacker dont je vous avais parlé il y a quelques temps et qu'il est toujours aussi indispensable de découvrir.

 

Pour le reste des noms bien connus comme Henri Milan ou Pierre Overnoy ou mais aussi beaucoup d'autres qui le sont moins et méritent d'être découverts. A noter la présence des Champagnes Vouette et Sorbée qui font à ce jour partie ce que j'ai goûté de meilleur dans cette région.

 

Pour les conseils, aucune crainte, Jean est un vrai spécialiste.

 

 

Au Fil du Vin ... Libre

26 quai des Bateliers

67000 STRASBOURG

03 88 35 12 09

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 09:34

 

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Romain FRITSCH

 

Ça bouge dans la Steinklotz !

 

Rencontré lors de la Foire aux Vins de Molsheim le 1er mai dernier, Romain FRITSCH m'informe du souhait du Syndicat du Grand Cru de Marlenheim d'orienter dans l'avenir la production de ce terroir vers deux expressions qui seraient d'une part un vin rouge à base de Pinot Noir, éventuellement assemblé à raison de 15% maximum d'autres cépages et d'autre part d'un vin blanc sec à base de Riesling également assemblé à la même hauteur d'autres cépages blancs.

 

En ce qui concerne l'expression Grand Cru en rouge, des essais ont été menés en faisant macérer 15% de raisins de Gewurztraminer avec les raisins de Pinot Noir avant pressurage. Le résultat est fort intéressant puisque que l'apport du Gewurztraminer ne marque pas aromatiquement  le vin mais amène un profil épicé très élégant. Romain aimerait faire également des essais d'assemblages avec d'autres cépages rouges dans la tradition du cru qui historiquement pratiquait ainsi.

 

Bien entendu il faudra que l'INAO accepte de déroger à la règle qui veut que seuls les cépages nobles soient éligibles à l'Appellation d'Origine Contrôlée Grand Cru, mais il est plaisant de constater que cette nouvelle approche basée sur le terroir sans référence au cépage, dont Jean-Michel DEISS est l'instigateur, fasse des émules. Cela participerait sans doute à la lisibilité de l'Alsace et surtout à simplifier l'offre pour le consommateur.

 

A suivre...

 

 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 16:37

 

Kastelberg-4-copie-1.jpg

 

Sous les chênes au sommet du Kastelberg, la nature prend des couleurs.

 

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Pour la floraison de la vigne il faudra être patient cette année, elle devrait intervenir au mieux dans une semaine et demi, tout du moins dans le Bas-Rhin.

 

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Une bonne quinzaine de retard qui ne permet pas de présumer de la qualité du futur millésime. Les prochaines semaines vont être plus sensibles car la floraison est une étape importante qui va elle, conditionner le volume de la récolte.

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:26

 

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L'Abbaye de Marbach a maintenant retrouvé son calme après un week-end mouvementé où vignerons et oenophiles se sont rejoints autour de vins Libres et Naturels.

 

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Dégustations, causeries, animations musicales et restauration le tout sous le soleil printanier.

 

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Une grande découverte en la personne de Josette Médau du Domaine Un Vin de Terre et de ses merveilleux vins d'Anjou sur lesquels je reviendrai prochainement.

 

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Christian Binner, Patrick Meyer, Bruno Schueller et Jean-Pierre Frick ont bien travaillé pour nous offrir un aussi joli plateau. Vivement la troisième édition.

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 21:45

 

Jean-Michel-DEISS.jpg

 

 

Il y a quinze jours, à l'occasion des  Portes Ouvertes du Domaine, Jean-Michel DEISS présentait son millésime 2008. Même si vous savez tout le bien que je pense de ce millésime, je n'hésite pas une fois de plus à me répéter : Nous tenons là un vrai grand millésime qui dans les mains expertes de Jean-Michel et de son fils Mathieu nous offre l'occasion de goûter de très grands vins.

 

En points d'orgue de cette dégustation, si je ne m'en tiens qu'à 3 vins, je citerais sans hésiter Mambourg 2008 que je qualifierais d'exceptionnel par la précision, la richesse et la complexité de son expression chaleureuse et saline à la fois.

 

Engelgarten 2008 et Schoffweg 2008 m'ont également particulièrement impréssionné.

 

Le premier pour la  la joie que procure son olfaction ainsi que pour la profondeur de son acidité. Un vin plein de rigueur de dépouillement et de sensualité.

 

Le second pour l'énergie qu'il restitue. Des notes fumées, une expression minérale, tactile, dense.

 

Jean-Michel a eu la bonne idée d'offrir à la dégustation 3 millésimes de chaque terroir en proposant pour la plupart d'entre eux 2008, 2007 et 2005.Il était ainsi intéressant de comparer un millésime froid à maturation lente (2008) avec un millésime plus chaud, plus gourmand et immédiat (2007) et surtout à une expression mûre marquée par un beau botrytis (2005).

 

Les accords proposés avec les Beurres BORDIER étaient en tous points remarquables.

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 06:10

 

Michel-Legris-2.jpg

Michel LEGRIS

 

Parmi les aspects qui marquent le phénomène de l’industrialisation dans le domaine des vins, il en est deux qui concernent particulièrement leur goût, ou plutôt leur esthétique gustative. On peut nommer le premier la standardisation de la forme : le spectre des saveurs - l’acide, l’amer, le doux - et des sensations tactiles se trouve notablement réduit au profit d’un équilibre systématiquement doucereux et d’un confort tactile obligatoire. N’admettant que les sensations flatteuses et réprimant toute espèce de tension, cette esthétique simpliste façonne inévitablement un paysage gustatif, sans doute sécurisant, mais d’une grande monotonie. 

 

Pour en limiter la portée, l’œnologie industrielle a conçu tout un travail sur les arômes, dans le sens de l’exacerbation et de l’amplification. Des levures aromatiques et autres manipulations enzymatiques naît un modèle de parfum, simple, précis et puissant, apte à être aisément perçu par des palais éduqués depuis l’enfance aux arômes chimiques. Industrielle quant à ses méthodes et ses normes gustatives, cette conception du vin est on ne peut plus commerciale dans sa finalité.

 

Asservis à tous les phénomènes de modes car incapables de plaire profondément et durablement, ces produits se doivent en revanche de séduire immédiatement. Comme le remarquait, à propos de l’industrie culturelle, un philosophe allemand du siècle dernier, “tout se passe comme s’il s’agissait de subjuguer le client nécessairement distrait ou récalcitrant”(T.W.Adorno).

 

Voilà sans conteste des conceptions auxquelles l’actuel mouvement des vins libres tourne délibérément le dos. Vins naturels ou vins libres, je préfère, pour ma part, la seconde expression.

 

Car libres, ces vins le sont à plusieurs titres :

 

- Libres de produits chimiques puisque normalement issus d’une agriculture biologique, souvent biodynamique.

 

- Libres de vinifications contraignantes ou autoritaires, celles qui les obligent à devenir comme ceci ou comme cela, souvent au moyen d’une pléthore d’adjuvants de vinification et sans trop d’égard pour leur nature propre ou leur millésime de naissance.

 

- Libres, au moins jusqu’à un certain point, de plaire ou ne pas pas plaire, car cherchant en premier lieu à exprimer, à interpréter un terroir particulier -- quand il existe vraiment -- ou, à défaut, un ou plusieurs cépages complantés ; dans les deux cas, à travers la sensibilité du vigneron.

 

En cela, le mouvement des vins libres, s’il ressortit à la viticulture biologique, va au-delà de certaines productions bio, dont la rupture avec le technicisme œnologique est parfois loin d’être achevée, voire quelquefois simplement ignorée. La conscience de cette situation est à l’origine de la fronde des vins libres. Certains de ses adeptes vont même jusqu’à ne pas revendiquer le label bio, alors que leur pratique y satisfait par ailleurs pleinement.

 

Personnellement je le déplore car, pour le public, cette situation finit par être lourde de confusions. Que parmi les bios, il y en ait de plus bios que d’autres, c’est déjà une chose. Mais que, parmi ces derniers, quelques-uns ne soit pas homologués comme bios, voilà qui est encore moins simple...

 

Voici donc ouvert le chapitre des problèmes ou difficultés qu’à mon sens, le mouvement des vins libres doit ou devra sans doute aborder, à court ou moyen terme. A titre d’exemple, je n’en évoquerai qu’un seul, et de façon nécessairement sommaire : il s’agit de savoir jusqu’où il convient de reconnaître les déviations aromatiques et les pathologies du vin telles que les aura établies l’œnologie scientifique du XXème siècle.

 

Il m’est souvent arrivé de dire ou d’écrire que certains phénomènes oxydatifs ou encore une touche légère d’acidité volatile soutenaient la personnalité de certaines cuvées. Mais l’expérience de ces dernières années montre aussi que quelques vignerons ont peut-être dépassé la mesure et aimeraient nous persuader que d’insistantes notes vinaigrées ne sont rien moins que l’expression d’un terroir singulier...

 

Pour ma part, j’objecterai deux choses. D’une part, il est aisément observable qu’au delà d’un certain seuil de déséquilibre, les déviations aromatiques produisent un effet de masque tant des arômes du terroir que des cépages ; et donc de standardisation gustative qui, pour n’être pas de nature industrielle, ne me paraît pas pour autant souhaitable. Par ailleurs, si l’on considère la question de l’acide acétique à dose élevée, l’expérience montre que son origine naturelle n’enlève rien aux effets physiologiques qu’il semble avoir pour bien des personnes, notamment son caractère peu digeste.

 

La vinification sans aucune protection sulfureuse est sûrement la plus belle des choses lorsqu’elle est réussie ; mais je ne suis pas sûr qu’il faille l’ériger en règle systématique. Un soupçon d’acide sulfureux, employé au moment opportun, me paraît préférable à des excès d’instabilité ou des dérives aromatiques qui dévalorisent une œuvre souvent si bien commencée.

 

Que l’on ne se méprenne pas. Ces quelques remarques ne diminuent en rien la portée qu’a prise ces dernières années la résistance anti-industrielle dans le vignoble européen.

 

Michel Le Gris

Caviste à Strasbourg, auteur du livre Dionysos crucifié, Essai sur le goût du vin à l’heure de son industrialisation (Syllepse).


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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 15:39

 

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Tout d’abord qu’est-ce que cette minéralité ? Confuse dans l’esprit des dégustateurs et surtout dans celui des plus experts, la minéralité au plan gustatif est pourtant une notion simple qui porte dans son terme sémantique même - les racines du mot - la définition de ce qui la constitue : les minéraux, les sels minéraux, ce qu’on appelle aussi au plan nutritif les oligoéléments. Chimiquement, ils correspondent à ce qui reste du vin lorsqu’on l’a brûlé, c’est-à-dire les cendres.

 

Le chimiste puriste peut considérer que c’est une hérésie d’attribuer l’expression minérale à des arômes. Car ceux-ci sont d’origine organique. Or la chimie organique et la chimie minérale, c’est deux disciplines différentes. Et les composés soufrés que nos experts dégustateurs expriment souvent sous le terme « expression minérale », ne sont autres que des composés organiques qui n’ont strictement rien à voir avec les minéraux.


Cette mise au point faite, les minéraux du vin n’ont à ce jour pas intéressé grand monde en œnologie. C’est dommage, surtout pour les vins naturels. Car on peut penser que vignes où la terre vit, où elle établit une symbiose avec les racines, les échanges nutritifs sont favorisés. D’un côté les racines de vigne exsudent des sucres et autres composés organiques, et de l’autre, elles prélèvent des éléments minéraux, parfois par l’intermédiaire des communautés microbiennes de la rhizosphère. Bref, les vignerons des vins naturels estiment intuitivement que plus une terre est vivante, plus le fruit qui y pousse est riche qualitativement en minéraux. Or les sels minéraux, c’est le goût.


Pour s’en convaincre, il suffit de comparer une tomate du jardin à une tomate hyroponique (hors sol) des serres hollandaises.


Les vignerons des vins naturels considèrent que l’apport d’engrais chimique, cette perfusion minérale est également de la viticulture hors sol. D’ailleurs les profils racinaires révèlent que ces pratiques – engrais, tassement, engins lourds, irrigation, désherbants – provoquent des remontées du système racinaire qui ne devient que superficiel et sort du sol.


Ceci, tous les vignerons l’ont compris, mais alors pourquoi un vin naturel serait-il en mesure d’exprimer davantage cette fameuse minéralité ?


Le soufre en chimie est utilisé pour figer la matière organique. Il fixe les couleurs des fleurs séchées d’un herbier. Et pour le vin il le stabilise, bloque les fermentations, fige les arômes. Ainsi la grande différence entre un vin naturel non soufré et un vin soufré est son évolution. Figée grâce au soufre, cette évolution biologique du vin et de toute matière organique d’ailleurs porte un terme tout à fait adéquat avec notre propos : la minéralisation.


Le stade ultime de la minéralisation, c’est-à-dire la décomposition totale de la matière organique aboutit à des composés stables : le gaz carbonique CO2, l’eau H2O, et les sels minéraux solubles ou précipités en cristaux.


Pour en revenir à nos vins naturels non soufrés, à la différence des vins conventionnels, la minéralisation continue de s’accomplir dans la bouteille puis dans le verre. Oh ! bien sûr dans le vin, cette fermentation ne va pas jusqu’à la décomposition ultime. Elle reste contrôlée par les soins du vigneron qui enferme le vin à un moment donné dans une bouteille. Les stades intermédiaires de cette minéralisation sont d’abord les phénomènes oxydatifs enzymatiques qui commencent dès l’instant où le raisin est coupé, et qui commencent avant si la pourriture noble ou moins noble s’est installée. Puis elle se poursuit avec les fermentations.


L’œnologie n’a pas jusqu’à présent considéré les fermentations comme un phénomène de minéralisation c’est-à-dire de décomposition contrôlée de la matière organique qui constitue le jus de raisin. Mais c’est pourtant une réalité.


Certes la fermentation est la transformation du sucre en alcool et plus globalement, la transformation de molécules organiques en d’autres plus petites, plus stables. Mais cette minéralisation se traduit du point de vue des vins naturels, par la libération d’éléments minéraux de leur matrice organique pour former des sels.


C’est d’ailleurs là l’une des caractéristiques que les vignerons des vins naturels redécouvrent. Toutes fermentations, du lait au fromage, du chou à la choucroute, du raisin au lait s’accompagne de l’apparition de la composante saline, ou pourrait dire minérale, dans le goût du produit fermenté.


Et c’est ainsi que l’intuition de ces vignerons parle : il faut des raisins riches qualitativement (et pas quantitativement) en minéraux pour qu’ensuite, ces transformations fermentaires accomplissent le miracle de l’expression du terroir, ce que les cisterciens appelaient l’esprit, le sel. D’ailleurs si le verre de type INAO est là pour humer les arômes, le tastevin est là pour goûter ces sels qui caractérisent le terroir.


Pour résumer, la démarche des vins naturels est on ne peut plus cohérente : une viticulture vivante pour obtenir des fruits goûteux, dont les fermentations vont exprimer leur minéralité.  Tous les biocides, et autres produits qui bloquent la minéralisation, comme le SO2, entravent l’expression minérale.


David Lefebvre

 

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 18:59

 

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L’endroit est bien connu de tous les amateurs de gastronomie alsacienne et Christophe ANDT qui l’anime depuis plus de 30 ans y compte une clientèle fidèle. Mais s’il n’existe plus de véritable Winstub tel qu’on l’entendait dans les années 50/60, quant on y venait pour boire un verre et y manger son repas tiré du sac, Le Pont du Corbeau est un des très rares établissements qui en a conservé l’esprit par son caractère convivial et la qualité d’une cuisine traditionnelle qui sait évoluer.

 

Et puis il y a la carte des vins sans laquelle le plaisir du repas ne serait complet et dans ce domaine il faut bien avouer que l’on est gâté : une carte qui compte 8 vins servis au verre (Spiegelau) ou en pichet et plus de 250 références de vins en bouteille dont une centaine originaire d’Alsace.

 

Il faut dire que Christophe est depuis toujours un passionné de vin et je pense, le seul restaurateur qui sélectionne et réserve les vins qu’il goûte sur fût chez les vignerons. Aucun contrat ne le lie avec un distributeur, aussi il bénéficie d’une totale liberté de choix. De plus, la carte est en constante évolution afin de satisfaire la clientèle d’habitués toujours à la recherche de nouvelles sensations.

 

« Le standard ne m’intéresse pas, je ne vends pas de Sylvaner au verre ou en pichet, je vends en ce moment un verre ou un pichet de Sylvaner 2009 du Domaine Fernand Seltz à Mittelbergheim car j’aime bien que le vigneron soit impliqué dans son vin»

 

La sélection de Sylvaner en bouteille est d’ailleurs d’une rare qualité et le choix qui est offert entre les vins des Domaines Schueller, Boxler, Bernard-Reibel, Josmeyer, Ostertag, Frick et Meyer en est une parfaite démonstration.

 

Christophe le confesse : «Une partie de ma carte est un peu Rock and Roll, parce que j’aime présenter des vins singuliers comme le Pas sage de Rietsch ou le Muscat pétillant de Frick. Mais il y a aussi des grands classiques qui proviennent des Domaines phares de notre région comme Zind-Humbrecht, Faller, Deiss ou Trimbach car ils représentent une rampe sur laquelle certains clients ont besoin de s’appuyer et qui apporte de la crédibilité au reste de la sélection.»

 

Les tarifs sont d’une grande sagesse puisque la plupart des vins sont vendus entre 16 et 25 € la bouteille. Le Sainte Hune à 100 € est proche de son tarif de vente au Domaine et quelques bouteilles de Riesling Hengst 1989 de Josmeyer sont proposées à seulement 48 €.

 

En dehors de l’Alsace on trouve des Domaines à la notoriété naissante comme Le Matin Calme, Gramenon, Azoni, l’Aube des Temps, Fontedicto qui côtoient des plus anciens maintenant bien établis comme Trévalon, Daumas-Gassac ou Thierry Allemand.

 

Le Jura, ce qui est rare, est très bien représenté par les Overnoy-Houillon, Ganevat, Montbourgeau et Bornard, rien que du plaisir.

 

Christophe ANDT sera bien entendu présent au Salon des Vins Libres pour y retrouver ceux qu’il connait déjà et surtout rencontrer de nouveaux talents qu’il fera découvrir à sa clientèle.

 

« Quand je bois un vin, il faut bien entendu qu’il soit digeste, qu’il m’apporte du plaisir mais il faut surtout que je sois capable avec un crayon de représenter son géniteur. L’empathie avec le vigneron m’est indispensable, ses vins doivent lui ressembler.»


Au Pont du Corbeau

21, Quai Saint-Nicolas

67000 Strasbourg

03 88 35 60 68

 

 

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 19:00


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Jean-Paul SCHMITT exploite 8 hectares de vignes pratiquement d'un seul tenant, ce qui est rare en Alsace, sur le Rittersberg. Sur ce terroir granitique exposé Est / Sud-Est aux sols légers et pauvres, les rendements sont naturellement faibles. Cependant comme aime à le souligner Jean-Paul, l'exposition et la nature des sols très caillouteux et dont seule la granulométrie est variable, permet à la vigne de ne pas subir une trop importante pression des maladies.

Depuis 2004, il soigne ses vignes en Bio désormais certifiée à partir du millésime 2009. Bien que ne m'étant jamais rendu dans ses vignes, ce qui ne saurait tarder, je veux bien croire ceux qui m'affirment que ses méthodes culturales sont exemplaires et également très innovantes comme par exemple lorsqu'il emploie du compost liquide pour apporter de la vitalité à ses sols.

Dans la cave, après avoir goûté quelques vins on mesure immédiatement la méticulosité et la précision qui guide son travail :

Muscat pur Ottonel égrappé et pressuré pendant 12 heures pour profiter du bénéfice de la macération fermentaire sans apporter la verdeur des rafles, Pinot Blanc égrappé également, dont la structure acide impressionne par sa fraîcheur malgré la fermentation malolactique terminée. Bien entendu les fermentations ont lieu sans apport de levures exogènes, mais était ce la peine de le préciser.

Les trois cuvées de Riesling revendiquent fièrement leur terroir d'origine. La cuvée Rittersberg Réserve Personnelle issue de 2 parcelles de plus de 60 ans présente une structure précise d'une grande élégance. La cuvée Rittersberg Les Pierres Blanches, issue d'un terroir très caillouteux, se montre plus austère dans sa jeunesse mais au vieillissement elle gagne en expressivité.

Le Pinot Gris élevé en cuve inox et vinifié en sec offre un nez très légèrement anisé, une bouche racée et une très belle finale aux agréables amertumes. La cuvée Réserve Personnelle est élevée en demi muid est pour sa part dans une phase qui la rend difficile à appréhender en l'état.

Je ne pense que du bien des cuvées de Gewurztraminer dont les notes épicées aux accents poivrés sont d'une grande originalité et encore une fois d'une fraîcheur remarquable ce qui mérite d'être souligné pour ce cépage.

La dégustation de la cuvée de Pinot Noir en élevage en barrique bourguignonne laisse entrevoir les grandes qualités qui seront vite confirmée par la verticale de ce cépage qui va suivre.

 

Les cuvées issues des millésimes 2008, 2007, 2006, 2005 et 2003 sont toutes remarquables par la finesse de leurs tannins, par leurs qualités éthériques sans recherche d'extraction et surtout par la fraîcheur que l'on y trouve même dans les millésimes chauds.Toutes se situent au meilleur niveau de ce que l'on trouve en Alsace à partir de ce cépage.

 

De plus, la qualité de l'accueil qui est à la hauteur de celle des vins est une invitation a venir découvrir ce vigneron.

 


Domaine Jean-Paul Schmitt
Hühnelmühle
67750 Scherwiller
Tél: 03 88 82 34 74

www.vins-schmitt.com

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 19:01

Stein-copie-2.jpgDébut mars, le Stein sous la neige


Impeccablement organisée par Thomas BOECKEL, nouveau président du syndicat viticole et responsable de la gestion locale de Mittelbergheim, cette dégustation consacrée au Stein a permis de mesurer et d'apprécier les qualités, les particularités et la typicité d'un terroir qui pourrait légitimement prétendre à une classification en cru intermédiaire comme cela est prévu dans la législation viticole de l'AOC Alsace.

Adossé au versant Sud du village de Mittelbergheim, le Stein bénéficie d'une parfaite exposition. Posé sur un socle constitué de calcaire oolitique dur et stratifié, ce petit terroir de 3 hectares et 20 ares est  abrité des vents du Nord et sa faible altitude lui confère un caractère solaire indiscutable.

Six vignerons de Mittelbergheim revendiquent régulièrement, depuis 1991 pour le plus ancien, ce terroir  planté presque exclusivement de Riesling. Il s'agit des Domaines Boeckel, Gilg, Rietsch, Rohrer, Fernand Seltz et Wittmann.

Vingt trois vins ont été collectés auprès des vignerons ou tirés de l'Oenothèque du village qui rassemble les richesses inestimables du patrimoine culturel du village et dont l'exemple devrait inspirer les nombreuses gestions locales alsaciennes qui ne se sont pas encore données les moyens de mettre en valeur leur production.

La dégustation s'est déroulée antichronologiquement, en partant du millésime 2008 pour remonter au millésime 1991. Les vins étaient dégustés étiquettes découvertes, par millésime et par ordre alphabétique selon le nom des producteurs.

Sans entrer dans la decription analytique de chaque vin, cette dégustation m'a permis de tirer une conclusion en trois points :

Qualité des millésimes
:

Pas de surprise, seulement la confirmation de ce qui semble être maintenant une évidence, 2001 est un immense millésime par la qualité de son fruit et l'apport de sa structure minérale. 2005 confirme les attentes d'une année marquée par un botrytis remarquable qui a apporté beaucoup de complexité et de profondeur aux vins. 2008 bien qu'encore jeune peut prétendre à un grand avenir très tôt détecté en raison de la qualité de son acidité tartrique et de la profondeur de son expression moins immédiate et gourmande qu'en 2007 mais tellement plus passionnante.

Style et évolution du style des vignerons :

Il est intéressant de constater que jusqu'au début des années 2000 l'ensemble des vignerons vendangeaient les raisins à maturité sans rechercher de surmaturité. A compter du millésime 2005 on constate qu'en dehors de l'effet millésime les Domaines Rietsch et Boeckel ont fait le choix de récolter plus mûr sans pour cela rechercher des surmaturités excessives, leur objectif restant de vinifier en sec leur Riesling Stein.

André Rohrer qui apprécie beaucoup les vins secs et droits vendange mûr mais un peu plus tôt que ses collègues. Ses vins sont équilibrés même s'ils présentent dans les premières années des acidités un peu saillantes qui s'intègrent très bien au vieillissement.

Les vins des Domaines Gilg, Fernand Seltz et Wittmann se situent quand à eux en termes de maturité dans une esthétique classique, sans recherche de surmaturité.


Stein-2008.jpgRietsch Stein 2008


Jean-Pierre Rietsch s'est montré le plus original en présentant une cuvée de Stein 2008 élevée sans ajout de soufre et mise en bouteille sans filtration après 14 mois d'élevage. Deux versions de cette cuvée ont été dégustées, la première avec un sulfitage de 2 grammes à la mise, la seconde sans sulfites ajoutés. Les 2 vins présentent une esthétique singulière par son côté nature et une grande buvabilité tout en respectant parfaitement la typicité du terroir. Cette approche originale nécessite cependant de la part des dégustateurs, trop souvent prisonniers des codes esthétiques dominants, une saine ouverture d'esprit.

Typicité et lien au terroir :

Après avoir dégusté 23 vins issus de 11 millésimes, le Stein impose son caractère et marque chaque vin sans exception. Au delà des styles la trame reste identique, en s'exprimant toujours par une olfaction précise, sans extravagance, dans un registre de fruits à noyaux : pèche, mirabelle, abricot. La bouche est plutôt sphérique, toujours intense mais sans recherche démonstrative de puissance. L'acidité fine et puissante à la fois arrive seulement en fin de bouche, elle prolonge le vin, le structure et l'étire.

Tous les échantillons présentés sont de grande qualité et les styles propres à chacun enrichissent l'expression du ressenti. Le Stein mérite indéniablement un classement en cru intermédiaire, la force de son caractère s'impose et la qualité des vignerons qui le servent reste son meilleur atout.

Un autre terroir d'exception, en dehors du Grand Cru Zotzenberg, est magnifiquement mis en valeur par les vignerons de Mittelbergheim. Il s'agit du lieu dit  Brandluft qui est situé sur le coteau qui fait la jonction entre les Grands Crus Zotzenberg et Wiebelsberg. Alors Thomas si tu veux bien nous organiser une dégustation sur ce thème, nous t'en serions très reconnaissants.


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