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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 16:35
Nothalten, septembre  2006

De passage à Nothalten, je profite d'une période de creux entre la mise du dernier millésime et les prochaines vendanges pour m'entretenir à bâtons rompus avec Patrick MEYER sur l'actualité vigneronne.

 PM2.jpg

 

Que penses-tu du projet de réforme des agréments ?
 

Ce projet me semble pernicieux et dangereux car il tend à l'uniformisation des vins. Si l'on est dans la collimateur parce que l'on ne répond pas à un formatage, on peut t'empêcher de faire de l'AOC.

 

La position de certains ténors de l’appellation me surprend  dans la mesure où ils connaissent aussi des problèmes d'agréments parce que leurs vins sont atypiques ou plutôt hors cadre. Peut être qu'ils se sentent à l'abri en raison de leur notoriété, mais il ne faut pas oublier qu'il est dit dans ce texte que si tes vins ne sont pas dans le moule, on va t'apprendre à en faire.

 

Pour te donner un exemple de la perversité des modalités d’un décret, l'hiver dernier, il y a un texte de loi qui a été voté par le législateur sur les produits phytosanitaires. C'est parti d'un bon sentiment en disant que tous les produits qui ne seraient pas homologués seraient de fait interdits. Seulement, le souci dans tout ça, c'est que l'on n'a pas mesuré les conséquences de ce texte. En Août dernier, Gérard Petiot, conseiller agricole dans la Loire a vu débarquer chez lui Répression des fraudes, Douanes et Protection des végétaux qui ont saisi ses écrits et lui ont interdit d'enseigner les méthodes de culture Bio qui recommandent l'usage de tisanes de plantes qui sont des produits non homologués. On est dans le totalitarisme le plus complet et c'est ce que je crains avec cette réforme des agréments ; si tu ne te plies pas au standard imposé, on te retire l’habilitation à faire de l’AOC. Ceci n’est pas un problème dans une région avec un blanc et 3 cuvées de rouge mais en Alsace il est impossible de gérer commercialement 20 cuvées de blanc sans revendiquer le terroir, le cépage et le millésime.

 

Aujourd’hui le standard reconnu  dans en Alsace et dans d’autres régions est celui de vins issus de sols morts par l’usage d’engrais et d’herbicides, de raisins bombardés de pesticides, de pressurages et de vinifications technologiques qui comptent jusqu’à 25 intrants. Je ne parle même pas des osmoseurs, des filtres tangentiels, de la machine à vendanger voire de la banalisation de la chaptalisation, de la désacidification…bref des vins qui sont sensés aujourd’hui représenter le terroir d’une région.

 

Paradoxalement, le vigneron qui laboure, soigne sa vigne avec des tisanes, travaille sans œnologie en cave,  est montré du doigt. Atypique,  extravagant, singulier .Il ne correspond plus au modèle de la région, au profil général. Si en plus on a le malheur d’aimer les vins sans artifices, sur l’élégance et l’essence, du mot essentiel, sans surcharge de sucres, de barrique et d’extraction, sans complaisance commerciale marqué par le variétal,  on est pris pour un extra terrestre. Mais il est vrai que dans le fonctionnement alimentaire actuel, où les seules saveurs  sont portées par le sucre et le sel et bien d’autres exacteurs d’arômes, il est difficile de se construire un palais individualisé  et bien plus facile de se référer à l’establishment.

 

C'est pour ça qu’un vin à 50€ est forcément canon et qu’un vin à 5 € ne peut pas être terrible. 

Certains te font le reproche de faire des vins dans un style oxydatif et même parfois oxydés, comment l'expliques tu
?

 

Tout cela n'est qu'un problème de lecture du vin. Je fais des vins sans ou avec peu de soufre non pas pour faire du sans soufre, mais parce que lorsque le sol, la vigne et le vin sont en équilibre, je ne vois pas l'utilité d'utiliser un antibiotique comme le soufre. Comme on ne prend pas de médicaments lorsque l'on est en bonne santé je ne vois pas l'intérêt de soigner le vin quand il n'en a pas besoin.

 

C'est la forme extérieure de l'expression du vin qui est perçue comme oxydée. Un premier nez fermentaire, une robe de couleur plus prononcée et par réflexe le dégustateur trouve de l'oxydation là où il n'y en a pas.

 

C'est un problème de culture et de lecture qui fait que certains rejettent un produit qui ne correspond pas au standard agroalimentaire en privilégiant les arômes variétaux et qui n'est pas esthétisé au profil général.

 

Ne tiendrais tu pas cette réputation des quelques vins comme ton vin de Voile et ton Sylvaner Barrique faits en 1998 et qui eux ont été élaborés dans un pur style oxydatif ?

 

Non, ces vins sont restés confidentiels, je ne les ai jamais mis à la carte et ne les propose qu'à des amis et à quelques cavistes "fous" qui ont l'ouverture d'esprit pour goûter ça. Cependant, je souligne le fait qu'ils ont une tenue exceptionnelle et illustrent parfaitement ce qu'ont pu être les vins du début du 20ème siècle avant de subir les chimères du productivisme et de l'œnologie.

 

Même si j'admet que mon style ai pu être perçu comme oxydatif dans les années 90, le travail fait dans les vignes a contribué a créer des résistances à l'oxydation plus importante. Je n'ai pas changé ma méthode de vinification, toujours minimaliste, et suis certain de pouvoir présenter des vins sur 10 millésimes sans que l'on puisse leur reprocher de l'oxydation.

Tu viens de terminer il y a quelques jours la mise en bouteille des 2005, je crois qu'il y a une nouveauté ?

 

En effet, j'ai bouché 10000 bouteilles, entre autres le Sylvaner Zellberg et le Riesling Muenchberg avec des bouchons en verre car ces cépages sont plus sensibles aux déviations liégeuses.

 

La dégénérescence des chênes liège fait qu'il n'y a actuellement pas d'autre solution que d'opter vers des systèmes de bouchage alternatifs. L'étanchéité est réalisée par un joint silicone dont on peut choisir la porosité, de plus l'esthétique de la bouteille est parfaite.

 

Les vins peu ou pas soufrés sont plus sensibles aux déviations liégeuses car moins contractés que les vins habituels. C'est un choix qui s'imposait.

 

Le prix de l'ensemble bouteille, bouchon et surbouchage est de 80 cts d'Euros, c'est très supérieur au système "classique", mais je ne désespère pas de fédérer d'autre vignerons dans ce choix et ainsi de ramener le tarif à 60 cts.

Le liège est un élément culturel du vin, symbole de la tradition, tu ne crains pas des réactions ?

 

C'est vrai que si l'on passe à un système de bouchage technique, on peut craindre que l'opinion pense que le vin est aussi technique. C'est logique et paradoxal car pour l'instant ceux qui ont optés pour des systèmes de bouchage alternatifs sont des vignerons qui sont les moins techniques dans la vinification. Je pense à Jean-Pierre Frick. Je ne considère pas cela comme un progrès , mais c’est un moindre mal.

Quelles sont tes satisfactions sur le millésime 2005 ?

 

Je suis très content de mes "petits vins", Riesling, Pinot Gris et de mon Sylvaner Zellberg, certainement le meilleur que j'ai fait. Le Pinot Noir est également un vrai bonheur. Les vins de terroirs sont en constructions et le minérale laisse présager un bel avenir.

 

Comment s'annoncent les vendanges 2006 ?

 

Je ne suis pas mécontent du fonctionnement d'une grande majorité de mes parcelles même s'il y en a 3 ou 4 que je ne comprends pas encore parfaitement. Contrairement à mes voisins, j'ai été épargné par le mildiou en traitant avec 600 gde cuivre métal sur l'année. Dans l'ensemble tout s'annonce bien, mais il faudra attendre que tout soit rentré.

 

Tu parlais tout à l'heure de standardisation des vins, tu peux en dire plus ?

 

Mon principal reproche est que je constate que la mode privilégie le travail sur la matière au détriment de celui sur l'esprit des vins.

 

J'ai beaucoup de mal par exemple avec les Pinot Noir bourguignons car j'ai l'impression qu'ils sont issus de raisins accouchés aux forceps. Ce cépage est le plus élégant et le plus fin du monde et je constate que beaucoup ont la prétention de vouloir forcer la nature à produire de la confiture.

 

Quand on déguste certains vignerons stars, on a le sentiment de boire toujours la même chose avec un niveau de concentration qui augmente alors que l'on monte en gamme et en tarif. On trouve simplement une marque de fabrique qui prend le pas sur le terroir.

 

Quels sont les vignerons que tu apprécie dans cette région ?

 

Je ne possède pas une connaissance assez précise de cette région pour avoir un avis définitif, mais j'ai toujours beaucoup apprécié le travail de Thierry GUYOT qui malheureusement a cessé son activité.

 

Sur un simple Beaune, tu trouves une qualité éthérique dans l'essence du vin qui est une vrai merveille. On n'est pas dans une palette aromatique démonstrative, lourde ou pompeuse, mais dans l'élégance la plus fine.

 

Le travail à l'ancienne de CHOPIN-GROFFIER dans des barriques de 30 ans me ravit car il y a un véritable fonctionnement dans ses vins.

 

Quand on ne se concentre que sur la matière, on est forcément hors esprit. Mais pour être reconnu par les prescripteurs il faut être démonstratif, présenter des vins qui répondent à une uniformisation des arômes et un boisé qui fait qu'ils n'ont plus rien à voir avec la vigne et le terroir mais répondent un process de fabrication.

 

C'est le marché qui impose le style aux vignerons ?

 

Oui, comme c'est le marché qui impose les règles aux AOC. Si le marché supportait 120 hectolitres par hectares en Alsace, on serait à 120 hectos. Si aujourd'hui on fait du 80 hectos c'est pas pour faire une meilleure qualité mais parce que le marché ne le supporte pas.

Tu définis le vin par la matière et l'esprit, si je comprends bien la matière, tu peux expliquer l'esprit ?

On est sur quelque chose de vibratoire, on ne peut pas imaginer que les choses qui nous entourent soient sans âme, ni les plantes ni les animaux, ni le fonctionnement de la planète. Sans ésotérisme, l'esprit c'est le côté vibratoire qui te remplit, te réjouit et t'élève.

 

Que ce soit pour un livre, une toile ou une sculpture, il faut faire la part entre la matière qui est reproductible et l'esprit qui habite l'œuvre et qui élève la pensée. La forme est reproductible pas l'esprit.

 

Pour trouver l'esprit d'un vin il faut avoir une certaine sensibilité, laisser de côté ses préjugés, se libérer de ses connaissances intellectuelles et de ne se servir que de sa sensibilité, sans chercher à  comparer, juger et dominer. Simplement  se laisser envahir voire pénétrer.

 

C'est là que les choses sont liées et unies, c'est là où l'on trouve la cohérence entre l'esprit et la matière. C'est pour ça que les grands vins se déjouent complètement l'alcool. Il y à des vins qui font 15 ° et qui se boivent comme du petit lait car on est déconnecté de la matière.

 

En Alsace, qui sont les vignerons qui te semblent le mieux travailler l'esprit et la matière ?

 

Pour n'en citer que 3, il y a bien sûr Bruno SCHUELLER dont j'apprécie beaucoup le travail, mais aussi JOSMEYER qui depuis plus de 20 ans élève des vins élégants tout en restant à une niveau de prix acceptable compte tenu de sa notoriété. Il y a aussi le Domaine MITTNACHT Frères à Hunawihr où Christophe montre beaucoup de sensibilité et de sens artistique. Il développe naturellement un caractère que tu retrouves dans ses vins.

 

Ce qui est dommage, c'est cette pression commerciale qui fait que les gens ne vont pas au bout des choses et restent collés à ce formatage du fruit primaire. Alors qu'il y a des Domaines qui font un travail remarquable dans le vigne et qui pourraient pousser le bouchon un peu plus loin. Je ne dis pas sur toute la récolte mais au moins essayer 2 ou 3 trucs de temps en temps pour voir où ça va, c'est comme ça que tu avances.

 

Ex : Si tu fais systématiquement, même en travaillant proprement, des débourbages trop importants, tu perds beaucoup de choses.

Tu ne fais pas de débourbages

On ne peut pas parler de débourbage, je fais des transferts après pressurage, je retire 10 litres de bourbes grossières sur une cuve de 4000 litres.

 

La qualité du pressurage est primordiale, car on transforme  la matière solide en liquide et ça demande une vraie connaissance. Il faut parfaitement comprendre la matière si l'on veut obtenir de bons résultats. Cette transformation est fondamentale, c'est pourquoi beaucoup de gens en sont arrivés aux pressoirs pneumatiques qui évitent le risque de sortir des amertumes. Ils extraient une matière immédiatement séduisante.

 

Il y a 40 ans on ne faisait pas de débourbages, le jus de raisin allait directement dans les foudres. On ne sulfitait pas non plus les vins, on méchait le tonneau et c'est tout, mais le matériel végétal était différent.

 

Maintenant ceux qui sulfitent à 3 g au pressoir sont déjà des aventuriers parce que beaucoup en mettent jusqu'à 6 g et ce n'est pas particulier à l'Alsace. Pour les fermentations, la plupart se font sous contrôle de température pour obtenir une palette aromatique primaire et ensuite on ne laisse pas trop traîner sur lies pour préserver les arômes. La malo est proscrite alors que c’est une partie  essentielle au processus de construction et de stabilité d’un vin. Le vin est déjà amputé d’une partie de son âme.

 

Ce qui se passe, c'est que les mauvaises pratiques culturales ne nourrissent pas le raisin d'une façon entière, olistiquement parlant et que les pratiques de vinification retirent encore davantage de cette nourriture qui fait partie de la maturité normale d'un vin. Alors comme il faut trouver des ersatz à tout ça, on compense par la concentration et le sucre. Mais ça reste un cache misère, de l'esbroufe et du maquillage. Et quand le maquillage tombe …

 

Tu interviens également en Toscane depuis peu?

 

Effectivement, j'ai eu la chance d'être appelé pour faire du vin sur un terrain presque vierge avec beaucoup de liberté. Le propriétaire qui a acheté ce Domaine l'avait dans un premier temps confié à des supers consultants, flying winemakers qui ont arraché 6 des 8,5 hectares de vignes avant de projeter de défoncer les terrains au bulldozer et d'apporter du compost. A ce moment là j'ai été contacté par le propriétaire qui connaissait mon approche des vins et de la vigne et qui m'a confié le suivi des cultures pour accompagner les équipes en place pour un travail en biodynamie.

 

En ce moment nous préparons les sols pour replanter l'année prochaine du Sangiovese. Comme  on a les moyens on va faire les choses comme dans le temps en plantant un porte greffe récupéré d'un pépiniériste bio. On laissera faire 2 feuilles et on greffera l'oeil du cépage sur le pied au mois d'août. Les yeux qui seront greffés proviendront alors d'un matériel vivant.

 

De plus les vinifications seront suivies par un vigneron italien qui est sur place et que je connais car il a déjà travaillé chez SCHUELLER et chez BARRAL.

 

Toutes les conditions humaines, économiques et sociales sont réunies, c'est un vrai plaisir.

Domaine Julien MEYER
14 route du Vin
67680 Nothalten
03 88 92 60 15

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 15:31
Eichhoffen, le 22 février 2007

Nat.jpg


Leurs auteurs ont pour points communs une approche souvent biodynamique de la viticulture, une propension à intervenir le moins possible pendant la vinification et un usage parcimonieux du soufre quand il est présent.

Tour d'horizon en quelques vins de la tendance "Nature".

Vins Blancs

 

Clos De la Grande Châtelaine Côte de Beaune 2001 Jean-Claude RATEAU

Le premier nez est oxydatif avec une note de malo, puis il s'ouvre sur d'agréables effluves de fruits compotés et de vanille. La bouche est ample, longue, minérale avec une très belle salinité. Vin qui demande de l'oxygène et du temps pour s'exprimer. Le vin est parfaitement relâché et sa fluidité procure une belle émotion.

Riesling GC Pfersigberg Sans soufre 2001 Gérard SCHUELLER

Au nez la précision aromatique est stupéfiante, menthol, réglisse avec une jeunesse incroyable. On croirait le vin tiré du fût. La bouche est grasse puissante avec de la tenue et beaucoup de fond.

Très grand vin non filtré, élevé et mis en bouteille sans apport de soufre. La puissance est phénoménale, la matière riche et mure sans sensation alcooleuse. Très légère sucrosité en attaque, mais le vin se goûte sec.

Coulée de Serrant 2002 Nicolas JOLY

Bouteille ouverte 12 heures avant dégustation, épaule dégagée.

Le nez est lacté. Belle structure en bouche, avec de la puissance tannique. L'acidité équilibre bien ce vin assez conventionnel finalement, en raison de son caractère démonstratif. La finale est un peu chaude.

Repris en fin de dégustation, le vin gagne en intérêt en perdant son côté lacté et alcooleux. Il y a alors un vrai fonctionnement en bouche.

L'Alternative Zellberg 1998 Julien MEYER

Nez oxydatif, miellé avec des notes de fruit. La bouche est éclatante, précise et fraîche. Aucune sensation alcooleuse malgré les 15,5° et un profil aromatique qui allie minéral et fruit. Non sulfité, non filtré, cet assemblage de Sylvaner et de Pinot Gris a été élevé 3 ans en barrique, ouillé la première année, sous voile les 2 suivantes. L'oxydation qui a affiné les alcools rend ce vin très digeste.

Collection Paradis 2RV Philippe VIRET

Le nez est fermentaire avec des notes de cèdre et de levures boulangères. La bouche est grasse, marquée par un fruit très mûr et des arômes d'abricot. Un léger gaz dans cette belle expression de Roussanne pure, sans lourdeur pour un vin issu de raisins en surmaturité.

Plus d'infos sur la Cosmoculture : http://www.domaine-viret.com/presse/cosmoculture.pdf

Vins Rouges

"J'En Veux" Vin de Table Jean-François GANEVAT

On en boirait sans fin. C'est un vin au caractère bien affirmé et à l'acidité mûre et claquante. Pas de recherche démonstrative, l'équilibre est évident, le vin vivant, tonique, tout en relief avec du croquant et de la mâche. Il possède une minéralité et une salinité surprenante pour un rouge. Issu d'un assemblage de nombreux cépages rouges jurassiens.

Cuvée Carina Coste Longue Vin de Table Pierrette et Claude NAVARE

Surprenant et profond nez d'église, encens et bancs cirés. La bouche est bien construite autour de tannins fins et serrés. Quelques notes végétales agréables, le vin trace bien, sans lourdeur avec une belle vivacité. Très beau fonctionnement pour un pur Carignan issu d'un terroir schisteux.

Cuvée Mimosa Coste Longue Vin de Table Pierrette et Claude NAVARE

Réduction qui évolue à l'aération sur un registre toujours animal, mais accompagné par des notes d'herbes aromatiques, thym, romarin et aussi du camphre. L'attaque est franche, mais la finale dérange par son astreingeance et laisse une impression asséchante et un goût de bonbon anglais.

 Anjou Rouge 2002 Domaine des Griottes Patrick DESPLAT

Le nez est délicat, précis, bien marqué par des arômes d'olives noires, de tapenade. La bouche est d'une finesse remarquable avec de la tension et beaucoup de fraîcheur en raison du gaz carbonique encore présent. Le vin est absolument sans défaut, avec une acidité ciselée, il se goûte moins dur que l'année passée, preuve qu'il peut être encore attendu. Sans être monolithique, son expression est simple, s'il fallait lui reprocher quelque chose, c'est peut être un certain manque de gourmandise.

Brouilly Cuvée des Fous 2004 Jean-Claude LAPALLU

Le nez est délicatement épicé, net, la bouche large et puissante, sans aucune déviation. Le vin est long, relâché, bien soutenu par une structure acide gourmande. Difficile d'imaginer sa région d'origine tant il est riche et puissant. Vinifié et mis en bouteille sans ajout de soufre, on réalise l'extrême qualité de la récolte pour obtenir un tel résultat.

Régnié 2005 Christian DUCROUX

Très légère réduction qui disparaît à l'aération. La bouche est d'une fraîcheur et d'une gourmandise qui ravit. Les tannins fins et serrés apportent un relief généreux, pas de dureté, le vin est parfaitement ouvert sur le fruit et fluide. Encore une fois Christian Ducroux nous enchante. Ce vigneron discret fait un travail remarquable et mérite de figurer parmi le Top 10 du Beaujolais.

Les Petites Orgues  2004 Domaine de L'Arbre Blanc Côtes d'Auvergne Fred GOUNAN

Je l'ai tout de suite reconnu, le nez précis, la bouche d'une perfection et d'une minéralité incomparable avec ce petit côté austère et mystique apporté par les notes d'encens. Ce n'est pas un vin gourmand ni facile mais il est d'une grande beauté. C'est l'anti-Parker par excellence, tout est dans l'esprit. Belle astreingeance qui fait saliver. Assemblage de Gamay d'Auvergne et de Pinot Noir, une merveille élaborée par un vigneron ébéniste.

Fable Le raisin et l'ange Mas de la Bégude Gilles AZONI

Le nez est marqué par de la volatile mais aussi beaucoup de fruit. La bouche est propre, claquante avec une belle définition, mais il manque quelque chose. Ce vin qui vient de faire un long voyage entre l'Ardèche, Le Havre et Strasbourg mérite d'être revu après un peu de repos en cave. J'ai encore à l'esprit le souvenir d'une remarquable cuvée issue d'un assemblage Cabernet Sauvignon Merlot réalisée par ce vigneron. La rusticité ainsi que la digestibilité du vin étaient remarquables.


Superbe dégustation qui apporte la preuve, si cela était nécessaire, qu'il est possible pour les vignerons de s'affranchir des standards de l'œnologie moderne et de produire des vins à la fois naturels, digestes et élégants.

 Loin des expressions caricaturales extrêmes qui leurs sont souvent reprochées, nous avons découvert au cours de cette soirée des vins vivants qui procurent des émotions et apportent du plaisir.

 Sans affirmer que l'ensemble de la production de ce type de vins est sans reproche, je constate simplement que lorsque qu'ils sont réussis, ils possèdent un relief, une dimension et une buvabilité sans égal.

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Published by Philippe - dans Dégustations
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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 12:00

Epfig, le 24 mai 2007

L'objectif de la soirée était de partager les expériences respectives des vignerons présents pour déterminer l'apport de la culture bio et biodynamique à la vigne et aux vins. Nous sommes reçu très sympathiquement par André OSTERTAG entouré de son équipe.

andr--ostertag240507.JPG

 

Créé en 1966, le Domaine OSTERTAG compte maintenant 14 hectares. André a rejoint son père en 1980 et immédiatement imposé sa vision de la viticulture en abandonnant l'usage des résiduaires dès 1982. Sur les conseils de François BOUCHER il s'intéresse à la biodynamie qu'il expérimente d'abord sur quelques parcelles, puis étend à l'ensemble du Domaine en 1998.

Aujourd'hui le Domaine est certifié en bio par ECOCERT. La certification en biodynamie n'a jamais été demandée, cependant André semble revoir ses positions et s'orienter vers une certification afin que son mode cultural soit reconnu et également pour se démarquer de ceux, de plus en plus nombreux, qui revendiquent la biodynamie sans vraiment la pratiquer, en dehors de tout organisme certificateur.

La dégustation porte sur les cépages Pinot Gris et Riesling, issus du terroir Fronholtz, dans les millésimes 2005, 2000, 1998, 1996, plus quelques bonus. 

Le Fronholz est situé sur le versant Sud Ouest de la colline d'Epfig, son sol caillouteux est un mélange d'argiles de quartz de silice et de marnes truffées de gros conglomérats provenant de l'érosion des montagnes vosgiennes. Il bénéficie compte tenu de son exposition d'un ensoleillement très long. 

Les Pinot Gris

Les Pinot, qu'ils soient Noir, Blanc ou Gris du Domaine sont élevé en barriques. Inspiré par son ami Dominique LAFOND, André opte dès 1983 pour les méthodes d'élevage bourguignonnes ce qui n'est pas sans lui causer alors de nombreux problèmes d'agréments.

Les Pinot Gris vinifiés en sec effectuent leur fermentation alcoolique et malolactique en barriques. Depuis 2000 adandon du bâtonnage, dans la mesure où cette pratique exacerbe les arômes secondaires et enlève de la pureté aromatique aux arômes primaires précis des vins d'Alsace.

Pour mémoire les Pinot Gris Fronholz ont été plantés en 1989

Pinot Gris Fronholz 2005 (14,2°, 5,6 ac, 6 g sr)

Elevage de 11 mois en barrique, soutiré 1 mois avant la mise. 30% de bois neuf. Le boisé est fin et élégant, très belle longueur, finale un peu chaude.

Pinot Gris Fronholz 2000 (13,6°, 6,5 ac, 8 g sr)

Plus de fraîcheur que dans le précédent, une belle patine s'est installée, l'élevage est parfaitement intégré.

Pinot Gris Fronholz 1998 (13,1°, 7,4 ac, 3 g sr)

Le nez est grillé avec de belles notes fumées. Très sec en bouche, avec une réelle complexité aromatique et une acidité précise. Le tranchant de l'acidité est consécutif à une piqure lactique apparue en fin de fermentation malolactique.

Pinot Gris Fronholz 1996 (13,8°, 7 ac, 8 g sr)

Nez riche et complexe sur des notes de fruits acidulés, de litchi et de truffe. Le vin est détendu avec un beau gras et l'acidité malique typique du millésime.

La série de Pinot Gris démontre une belle maîtrise de l'élevage en barrique. Les vins sont ni marqués ni maquillés. La qualité et le niveau des acidités sont aussi remarquables. Les vendanges réalisées fin septembre pour récolter des raisins mûrs mais sans surmaturité.

 Les Riesling

Riesling Fronholz 2005 (12,3°, 7,1 ac, 7 g sr)

Le nez est anisé, la bouche droite et précise, très belle matière. La vigne est mature et son rendement parfaitement équilibrée. Les Riesling sont élevés exclusivement en cuves inox. Les essais de vinification en barrique pour ce cépage ont été abandonnés depuis longtemps.

Riesling Fronholz 2000 (13°, 5,5 ac, 12 g sr)

Une seconde bouteille a été ouverte à la suite de remarques concernant des déviations aromatiques liées au bouchon. En effet le nez au profil terpénique du premier échantillon est surpassé en précision et en éclat par celui provenant de la 2ème bouteille. Autant le premier vin est évolué que le second reste sur un fruit flamboyant, gras et précis.

Riesling Fronholz 1998 (12,5°, 6,5 ac, 13 g sr)

Belle expression terpénique, l'acidité équilibre parfaitement un léger moelleux.

Riesling Fronholz 1996 (12°, 5 g sr)

Vendangé le 29 octobre, les Riesling précédents l'ont été aux environs du 15. Le profil très 96 possède de nombreuses similitudes avec celui du Pinot Gris du même millésime. En règle générale les vins de ce millésime ont du mal à s'ouvrir, certains font remarquer qu'ils risquent comme les Bordeaux 75 de ne jamais le faire…

Riesling Fronholz 1989

Une belle matière, mais la sensation d'un creux en milieu de bouche. Finale moyenne qui manque de longueur.


La dégustation des Riesling apporte la démonstration qu'il n'est pas obligatoire d'attendre des fortes maturités pour récolter. Les vins présentés sont secs avec de belles matières et des teneurs en alcool relativement faibles. 

Bonus…

Pinot Gris 1988 A360P

Superbe fraîcheur, olfaction marquée par des notes de pain grillé et une fine volatile. Le vin n'a pas été filtré, seul un léger collage a été réalisé. La bouche est parfaitement sèche, longue, remarquable.

Les vignes étaient à ce moment là encore fort jeunes et leur potentiel s'est maintenant bien amélioré.

Le vin est issu du Grand Cru Muenchberg, il porte le nom de A360P à la suite de problèmes d'agrément qu'il connut alors. A360 P étant le nom de la parcelle dont il est issu.

Gewurztraminer SGN Fronholz 2005 ( 10,5°, 5,4 ac, 205 g sr)

Ce qui surprend, ce sont ces arômes de raisin frais bien éloignés des profils habituels et variétaux des Gewurztraminer. Le vin est porté par le sucre, mais sans lourdeur malgré les 205 grammes de sucres résiduels présents.


Même si ses qualités de vinificateur sont incontestables, André OSTERTAG explique que le travail en biodynamie mené dans les vignes est un apport significatif pour ses vins et qu'il lui reste encore une belle marge de progression.

Parmi les apports de la biodynamie, un élément factuel et incontestable est une meilleure régulation des rendements des différents millésimes. Cet élément est confirmé par les biodynamistes présents qui donnent pour exemple le millésime 2003 dont le niveau de rendement est resté très proche de la moyenne habituelle alors qu'il a été nettement inférieur chez ceux qui travaillent de façon conventionnelle.

Les autres points positifs de la biodynamie concernent la capacité que la vigne développe pour se défendre des maladies et le meilleur équilibre végétal qui est obtenu. Le rognage tardif, réalisé fin juillet lors de l'arrêt végétatif, apporte une meilleure luminosité au végétal.

Le goût des raisins se voit amélioré. Les pluies ont peu d'impact sur les baies qui se gorgent moins d'eau et conservent ainsi de meilleures qualités organoleptiques.

Les vins gagnent en digestibilité, minéralité et précision. Cet argument est unanimement partagé par les biodynamiciens qui affirment que leurs vins sont mieux acceptés par l'organisme.

Le travail intelligent des sols qui est effectué au Domaine participe également à la qualité des vins. La marge de progression dans la biodynamie est liée à un apport en effectifs afin de réaliser les différents travaux aux dates les plus favorables, ce qui n'est pas toujours possible pour des raisons d'organisation et de météo.

 


 
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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 18:41
Mittelbergheim, le 10 avril 2007

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le SELTZ ...
Sans jamais oser le demander


Irréductible et irrésistible comme ses Sylvaner, Albert Seltz est un vigneron qui revendique haut et fort sa différence. Mais c'est avant tout un personnage sentimental et attachant qui cache parfois sous des dehors rugueux et provocateurs, une grande sensibilité.

En 1980, alors qu'à 19 ans il vient de reprendre les 10 hectares du Domaine familial, il en arrache 3 pour supprimer tous les clones présents. Ses banquiers s'inquiètent pour sa santé mentale, mais Albert reste déterminé. Il ne souhaite pas traîner ce qu'il considère comme un boulet et préfère partir sur des bases solides.

Un matériel végétal issu de sélections massales lui parait indispensable à une bonne adéquation entre terroir, porte greffe et cépage. Mais encore une fois il surprend par le choix des replants ; principalement du Sylvaner et de l'Auxerrois.

Bouchon1.jpg

L'exemple de Marc Kreidenweiss l'incite à magnifier l'Auxerrois, un cépage incompris et décrié, dont le caractère introverti correspond parfaitement à sa nature profonde. Résolu et déterminé son combat pour la défense du Sylvaner le conduira jusque devant les tribunaux.

Pas moins de 5 références d'Auxerrois sont actuellement à la vente, sans compter les millésimes plus anciens dont certains sont encore disponibles.

Du Pinot Blanc 2005, 100% Auxerrois, au nez floral et frais accompagné de fines notes vanillées avec une structure imposante vendu seulement 4,40 € à l'Auxerrois Kritt 2002 (11,20 €), un vin de discussion, passerillé, à l'élégance féminine et racée, sans oublier l'Auxerrois Sélection 2005 (11,20 €), issu de la Hardt de Mittelbergheim avec un potentiel de vendange tardive. Sec et puissant, Albert le voit comme un vin d'asperges quand d'ici 3 ans la pointe alcooleuse aura laissé la place aux arômes de noisette qui commencent à poindre.

L'Auxerrois Kritt Sélection 2005 a été récolté avec un potentiel de plus de 22° d'alcool. Avec son nez marqué par le botrytis et la pâte de coing c'est encore un bébé qui ne demande qu'à grandir. Il est cependant déjà remarquablement bien en place et donnerait volontiers la réplique à un foie gras poêlé au vinaigre balsamique.
Dans un registre différent, l'Auxerrois La Clochette du Fou 2002 (14,70 €), élevage en barrique, Albert l'appelle "mon Puligny". Goûtez, vous comprendrez pourquoi.


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Le vigneron travaille dans un style viril qui conjugue avec brio la puissance et l'élégance racée. Parfois ingrats dans leurs jeunesses, beaucoup de ses vins ont besoin de quelques années pour gagner en plénitude et dominer les excès des chaleurs adolescentes. Ces vins sont construits pour la garde.

La preuve par l'exemple avec un voyage au bout du Sylvaner en 15 vins.

L'actuelle cuvée Sono Contento, issue du Grand Cru Zotzenberg, était commercialisée de sa création en 1989 jusqu'en 1999 sous l'appellation Sylvaner Vieilles Vignes Zotzenberg. C'est elle qui déclencha les ires de l'INAO et conduisit Albert devant les tribunaux. Il était en effet interdit de revendiquer un terroir classé en Grand Cru pour ce cépage.

Nullement déterminé à se laisser faire compte tenu de l'antériorité historique du Sylvaner sur le Zotzenberg, notre Dom Quichotte partit en croisade judiciaire. Débouté mais dispensé de peine, il fit percer dans son Domaine, en mémoire de cet épisode, une fenêtre de style Renaissance. Elle porte sur sa voûte la mention "Sono Contento 11 février 2000", référence à Leonard de Vinci disant sa satisfaction après avoir achevé une toile, la date étant celle du délibéré du procès.

Fenetre-sono-contento.jpg

Le Sylvaner Vieilles Vignes Zotzenberg 1994, rebaptisé Sono Contento possède une matière étonnante de vivacité. Son acidité est pimpante, son amertume désaltérante et son bouquet complexe avec des notes d'herbes aromatiques de sauge et de réglisse. Toujours dans une prime jeunesse.

Le 1995 (14,70 €) s'exprime par la qualité de sa minéralité et son acidité parfaite de droiture et de gourmandise.

Un nez puissant et envoûtant de truffe caractérise le millésime 1996 (14,70 €). Sa bouche possède un profil très proche du 1994 bien soutenue une finale puissante et grasse d'une respectable longueur. Pas d'arômes outranciers, la puissance est contenue, c'est la force tranquille.

Toujours la truffe, mais plus discrète et accompagnée de réglisse pour le millésime 1997 (14,70 €). Le vin est tendu, jeune, la finale un peu chaude. L'aération lui permet de mieux s'exprimer. Trop jeune encore !

Le 98 (14,70 €) est encore sur le fruit. Nez de poire Williams et de compote chaude, la bouche dans un registre identique avec un gras annonciateur d'un beau millésime.

Trop récents les millésimes 2003 et 2004 (10,20 €) ne possèdent pas encore l�équilibre de leurs aînés, mais leur potentiel aromatique marqué par un profil épicé ne demande qu'à se manifester.

Sono Contento constitue la cuvée de référence, mais il faut d'autres espaces à Albert pour déclamer son ode au Sylvaner.

Sylvaner Barbe Noire 2002, incursion d'un pirate sur fond de surmaturité et de botrytis. Sec cependant avec une bouche bien construite sur des arômes de fruits à noyaux. Parfait en accompagnement de gibier à plume.

Etiquette-Zotz.jpg

Le Sylvaner Zotzenberg 2005 est le premier millésime à pouvoir porter la mention Grand Cru. Le combat juridique ne fut donc pas vain. S'il est déjà à la vente, en raison d'une demande pressante, Albert préfère prévenir les acheteurs, cette bombe n'est pas à sortir avant au moins 5 ans.

Pour patienter, la cuvée de Sylvaner de La Colline aux Poiriers 1998 (20,40 €) offre un ensemble suave, ample et parfaitement fondu. Son potentiel de vendange tardive est marqué par le passerillage et le botrytis.

Le 2001 de la même cuvée (17,70 € les 500 ml) devra aussi patienter, mais ce millésime de grande qualité nécessite un peu d'abnégation.

Sylvaner El Diablo 2000
(38,40 € les 500 ml), le diable brûle sur le bûcher de l'incohérence alsacienne, SGN actuellement portée par le sucre, là encore de la patience. Barbe Noire barrique 2002, oxydatif aux arômes de torréfaction et de moka, sec avec une acidité précise et tranchante.

Sylvaner Mon Ecole Buissonnière 2000
, l'élevage en barrique affine les arômes et apporte à cette SGN une complexité surprenante.

Pour terminer,
Sylvaner Oh Brian barrique 2003, tiré du contenant où il poursuit son élevage sans soufre, il est encore trop tôt pour le présenter.

Nulle part ailleurs il n'est possible de trouver autant de cuvées dédiées à ce cépage. A ce titre et compte tenu de l'antériorité de son travail, Albert Seltz fait figure de précurseur.

Albert SELTZ
21 rue Principale
67140 Mittelbergheim
03 88 0891 77
www.albert-seltz.fr

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 14:44
Mittelbergheim, le 12 avril 2007

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Sympathique réception à l'oenothèque de Mittelbergheim pour la sortie du livre que Claude THOUVENIN vien de consacrer à ce village.

Après le discours de Jean-Christophe LEHNER, nouveau Président du syndicat viticole de Mittelbergheim, les participants ont pu déguster quelques bouteilles tirées de l'oenothèque.

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Excellente occasion de revenir, entre autres, sur un Sylvaner "Zotzebari" 1996 du Domaine KLEINKNECHT.

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 13:08

Mittelbergheim, 15 mars 2007

Sylvaner d'exception


Longtemps considéré comme un cépage produisant des petits vins secs sans intérêt, le Sylvaner a vu son encépagement réduit de moitié au cours des 30 dernières années. Actuellement il ne représente plus que 13% des surfaces plantées en Alsace. Il a été remplacé par d'autres cépages dits nobles ou qui ont l'avantage d'entrer dans l'AOC Crémant d'Alsace qui connaît un grand succès actuellement.

Sa piètre réputation est justifiée principalement en raison de vins issus de rendements pléthoriques plantés sur des sols peu adaptés à la vigne qui ont été trop souvent produits par des vignerons peu exigeants.

Cependant, pour peu qu'il soit planté sur un terroir digne de ce nom et qu'on lui porte quelque attention ce cépage sait montrer un solide caractère. Le classement en Grand Cru du Sylvaner Zotzenberg a remis l'année dernière le focus sur cépage que fort heureusement tous les vignerons n'ont pas négligé.

J'avais envie depuis longtemps de rassembler pour une soirée les acteurs qui ont le plus oeuvré pour la défense du Sylvaner, c'est chose faite depuis le 15 mars dernier. Et s'il n'a pas été facile de trouver une date qui convienne à tous, je dois dire que c'est avec un grand plaisir que s'est retrouvée à la Winstub GILG de Mittelbergheim, une belle brochette de vignerons.

2007-0318sylvaneretiquettes0144.JPGJulien SCHMITT


Du Nord au Sud étaient présents : Etienne Loew, Julien Schmitt, Albert Seltz, Jean-Pierre Rietsch, Lucas Rieffel, André Ostertag, Patrick Meyer, Hubert Hausherr, Jean-Pierre Frick, Seppi Landmann représenté par son chef de cave. Et si Pierre Gassmann et la famille Muré n'ont pu se joindre à nous, ils n'ont pas oublié de nous faire parvenir quelques bouteilles.

Quelques 26 Sylvaner ont été dégustés, 14 secs (S) et 12 moelleux (M), une superbe confrontation de styles. 

Domaine LOEW - Westhoffen
: Vérité de Sylvaner 2000 S, Vérité de Sylvaner Barrique 1999  


Etienne Loew sait valoriser ses Sylvaner plantés sur les coteaux de Westhoffen par des élevages en cuve mais aussi en barrique.  Fruit et expression épicée pour le 2000, surmaturité, fumé et mandarine pour le 1999.

Domaine SCHMITT – Bergbieten : Sylvaner Grand A 2005 S et 2002 S, Sylvaner 1993 S

Issu du Grand Cru Altenberg de Bergbieten, le "Grand A" demande quelques années de garde pour exprimer sa minéralité. Nez ciré et acidité gourmande, l'archétype du vin de gastronomie.

Domaine Albert SELTZ – Mittelbergheim : Sylvaner Sono Contento 2004 S, Sylvaner Colline Aux Poiriers 1998 M, Sylvaner Mon Ecole Buissonnière 2000 M

Albert Seltz dont j'ai parlé longuement dans un récent post, est de tous les vignerons celui qui s'est le plus consacré à ce cépage. Secs et moelleux sont construits sur une puissance maîtrisée et présentent des profils aromatiques qui ne manquent pas d'originalité. Incontournable.

2007-0318sylvaneretiquettes0145.JPGAlbert SELTZ

Domaine RIEFFEL – Mittelbergheim : Sylvaner GC Zozenberg 2005 S

Premier Sylvaner Grand Cru Zotzenberg de la soirée. Le vin est encore fermé, son nez marqué par des arômes fermentaires. La bouche est grasse, saline avec une belle acidité.


Domaine RIETSCH – Mittelbergheim
: Sylvaner GC Zotzenberg "Mystère Sylvaner" 2005 S, Sylvaner Zotz 1999 S, Sylvaner GC Zotzenberg "Sacré Sylvaner" 2005 M

Des Sylvaners secs, fins, élégants, mais avec l'allonge, la puissance et la salinité caractéristique des terroirs marnocalcaires. Récolté avec un potentiel de SGN, "Sacré Sylvaner" impose par la complexité de son olfaction et la minéralité qu'il commence à exprimer. Un futur grand vin pour ceux qui ont la chance d'en avoir reçu quelques bouteilles.


Domaine OSTERTAG - Epfig
: Sylvaner Vieille Vigne 2005 S, Sylvaner 1990 "Le mystère du mouton masqué" M

Belle expression classique du"Vieille Vigne" avec le croquant et la précision. Unique expérience de Sylvaner en surmaturité dans un millésime d'anthologie, "Le Mystère du Mouton Masqué" impressionne par son équilibre, sa fraîcheur mentholée et son potentiel de garde.

Domaine Julien MEYER – Nothalten
: Sylvaner Zellberg 2005 S, Sylvaner Vin de voile 2001 S


Je pense, et ne suis pas le seul, que le Zellberg est un des terroirs qui convient le mieux au Sylvaner. Rien de variétal, large palette aromatique encore primaire accompagnée des notes grillées, fumées et une splendide salinité. Elaboré comme un Jaune du Jura, le "Vin de Voile" prouve qu'un élevage oxydatif bien maîtrisé révèle d'autres facettes de ce cépage, tout en le respectant.

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Lucas RIEFFEL - André OSTERTAG - Jean-Pierre FRICK

Domaine ROLLI-GASSMANN – Rorschwihr : Sylvaner Weingarten 2005 M, 2003 M, 1990 M

Comme tous les vins de cette vénérable maison, les Sylvaner sont construits sur un très bel équilibre où l'acidité d'une grande précision équilibre parfaitement la légère sucrosité et rend le vin parfaitement digeste

Domaine Hubert et Heidi HAUSHERR – Eguisheim
: Sylvaner Talacker 2003 S et 2000 S 

Qualité de la matière et travail d'orfèvre du vigneron pour ce Sylvaner précis, vif et salin.  Hubert Hausherr est ma "découverte 2006", je le recommande tout particulièrement.

Domaine Pierre FRICK - Pfaffenheim
: Sylvaner Cuvée Précieuse 2002 S, Bergweingarten 2001 M

Les élevages longs sur lies apportent aux Sylvaner de Jean-Pierre Frick une dimension incomparable. Fruits exotiques et minéralité pour la Cuvée Préciseuse, botrytis, harmonie et suavité pour le Bergweingarten.

Clos St Landelin - Rouffach
: Sylvaner Cuvée Oscar 2005 M  

Issue de l'extrême Sud du Grand Cru Vorbourg, cette cuvée est une référence incontournable des Sylvaner alsaciens en surmaturité.  Nez expressif de fruits jaunes, bouche longue et minérale. La grande classe.  

Seppi LANDMANN – Soultzmatt
: Sylvaner Z 2005 Domaine M, Sylvaner Inédit 2005 M

Seppi Landmann est réputé pour ses cuvées issues du Grand Cru Zinnkoeple. Vendanges tardives, SGN et même quelques vins de glace, quand la nature le permet, sont là pour témoigner de l'excellence de son travail dans le domaine de la surmaturité tout particulièrement. Habituellement vinifiée sec la cuvée Z 2005 possède un léger moelleux. "L'Inédit" du même millésime avec plus de 100 grammes de sucre résiduel demande quelques années de garde pour pouvoir s'exprimer.

2007-0318sylvaneretiquettes0140.JPGPatrick MEYER

 

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 14:33
Mittelbergheim, mai 2006
Sylvaner Grand Cru Zotzenberg


Au courant du mois de juillet prochain, lorsque les commissions d’agrément auront rendu leurs verdicts, nous trouverons pour la première fois sur le marché un Sylvaner portant la mention Grand Cru Zotzenberg. Il en sera alors fini des cuvées Zotz et autres Z, maintenant réservées au Zinkoepflé.

DSC01351.jpgMittelbergheim


En effet, le décret du 21 mars 2005 autorise maintenant le Sylvaner issu de ce terroir, à appartenir à l’appellation Grand Cru.

C’est l’occasion de revenir plus en détails sur Mittelbergheim et son terroir, de faire le point sur les différentes étapes qui ont conduit à cette reconnaissance ainsi que de découvrir en avant-première, le premier millésime de Sylvaner Grand Cru.

Mittelbergheim et son Grand Cru

Situé entre Barr et Andlau, le charmant village de Mittelbergheim compte à ce jour 630 habitants. Son patrimoine architectural Renaissance et son environnement lui valent de faire partie des plus beaux villages de France.

Des documents attestent la présence de la vigne en 1180. Cependant, l’origine de son implantation doit remonter à la période de l’occupation romaine, comme cela a été le cas dans l’ensemble de la région.

Avec 20 vignerons présents, Mittelbergheim possède une forte activité liée à la vigne et un niveau qualitatif d’ensemble très satisfaisant. La jeune génération de vignerons a pris en main son avenir et un réel dynamisme l’anime, dans une atmosphère conviviale.

GC-Zotzenberg-.JPGGrand Cru Zotzenberg

Le Grand Cru Zotzenberg est le seul terroir classé en Grand Cru de la commune, qui dispose d’autres parts, de lieux dits de grande renommée comme le Stein, le Brandluft et le Rippelholz. Sa superficie est de  36,45 hectares exposés Sud, Sud-Est. 

Les composantes géologiques sont de type marno-calcaro-gréseux. Cependant, selon l’endroit où l’on se trouve, ces éléments sont en proportions variables.

Les premières références faites au terroir dit alors Zoczenberg, se trouvent dans des documents datés de 1364. Il est alors divisé en deux parties, l’Oberer et l’Unterer, auxquelles les vignerons actuels font toujours référence. L’origine étymologique est incertaine, bohémienne pour les uns en référence au mot zotz qui signifie lièvre dans ce langage, d’autres y voient la forme germanisée de sosis qui signifie pré montagne. Il est également évoqué une origine faisant référence à weinsosze, que l’on traduit par épice du vin.

Actuellement le Sylvaner occupe 14 hectares des 36 que compte le Grand Cru, le reste de l’encépagement se répartissant en Riesling, Pinot Gris et Gewurztraminer.

Une seule parcelle de Muscat y subsiste, son propriétaire ne pourra plus en revendiquer l’origine en Grand Cru car ce cépage a été exclu par le décret, au profit du Sylvaner.

Si l’encépagement en Sylvaner de ce terroir a pu représenter à une époque à peu près 80% des surfaces
plantées, il est à noter que sa présence est restée à ce jour importante, en raison de la notoriété de ce vin qui a su s’imposer grâce à une forte identité.

La marche pour la reconnaissance

Dans les winstubs strasbourgeoises d’avant-guerre, Zotzenberg était synonyme de Sylvaner dans son expression la plus prestigieuse. L’évocation du lieu-dit suffisait, la référence au cépage étant superflue tant cela était évident.

Cependant, dans les années qui ont suivi l’instauration des Grands Crus, il a été interdit aux vignerons de faire référence au lieu dit Zotzenberg pour le Sylvaner, dans la mesure où celui-ci ne faisait pas partie des cépages nobles.

D’épiques controverses ont émaillé la longue marche pour la reconnaissance du Sylvaner Zotzenberg, et lesdémêlées d’Albert Seltz avec l’INAO ont animé la chronique judiciaire.

Etiquettes-Z-ZOTZ.jpg


Finalement la démarche menée par le syndicat viticole de Mittelbergheim auprès de la Commission Bousquet,
chargée par l’INAO d’étudier le dossier, a abouti. Cette dernière, après s’être déplacée 2 fois au cours des 8 dernières années a constaté que, compte tenu de l’étendue des surfaces plantées, des dégustations faites sur des millésimes anciens ainsi que de l’antériorité historique, il était légitime d’accorder au Sylvaner l’appellation Grand Cru sur le terroir Zotzenberg.

Comme je le soulignais précédemment, il en sera alors terminé des cuvées Z ou Zotz, seul moyen laissé aux vignerons, pour faire référence indirectement au terroir tout en restant dans la légalité.

Le Millésime 2005

2005 offre aux vignerons de Mittelbergheim un splendide millésime, parfaitement équilibré avec une très belle acidité tartrique. Les quelques vins dégustés montrent déjà leur caractère gourmand avec une structure profonde et la salinité typique de ce terroir.

Le Domaine Gilg qui possède 1hectare 30 de Sylvaner en Grand Cru, a vinifié un très beau vin actuellement soutiré et filtré qui sera mis en bouteilles prochainement. Le nez est encore fermentaire avec des notes de figue, la bouche ample avec du gras et un bel équilibre sur le sec. Ce Domaine produit également depuis plusieurs années une cuvée en surmaturation issue d’une parcelle contiguë au Grand Cru et qui ne pourra en revendiquer l’origine. La taille des vignes en guyot simple, adoptée depuis plusieurs années, a réduit la vigueur de leurs plants et le niveau qualitatif est très satisfaisant.

Claude Seltz du Domaine Emile Seltz possède, quant à lui, 60 ares de Sylvaner sur le Grand Cru. Les vignes sont âgées et leur vivacité bien maîtrisée. Son Sylvaner 2005 est encore sur lies, il possède encore 10 grammes de sucres résiduels qui devraient disparaître en partie lors du redémarrage de la fermentation ce printemps. A ce stade, le nez est encore sur la réduction, mais la matière est riche et le résultat prometteur.

Sylvaner.jpg

Sylvaner, le 24 octobre 2005

Au Domaine Boeckel, Thomas me fait part de sa satisfaction pour ce millésime. Le vin est actuellement en foudre où il poursuit son élevage. Le nez est très typique du terroir avec de la fraîcheur. En bouche le vin est sur la réserve, la palette aromatique encore serrée par un long hiver. Tout cela va s’équilibrer avant la mise en bouteille qui interviendra le plus tard possible, mais avant les prochaines vendanges. Le rendement à l’hectare a été cette année de 45 hectolitres, ce qui explique la concentration et la matière.

Le Domaine Rietsch a voulu marquer cette première année en Grand Cru en élaborant une vendange en surmaturité récoltée avec un potentiel de 19,5°. Le résultat est majestueux, le nez marqué par les agrumes confits, l’ananas et le litchi. La bouche splendide offre une explosion d’arômes d’ananas et de poire, avec en finale une salinité bien soutenue par l’acidité. Malheureusement, le volume de cette cuvée est faible et il ne faudra pas attendre, pour ceux qui veulent être servis.


Par ailleurs, la cuvée vinifiée en sec est encore en cuve, malo faite. Il reste encore des sucres résiduels et Jean-Pierre Rietsch attend la reprise de la fermentation. Malgré la sucrosité présente, on retrouve en finale la salinité typique du terroir.

 

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 12:05

 Husseren Les Châteaux, février 2006


Le Sorcier d'Husseren


Rendez-vous est pris à 18 heures à Husseren Les Châteaux. L’hiver est particulièrement rigoureux cette année, de la neige et une température largement négative ce soir de février.


Bruno Schueller
nous accueille dans son caveau situé à deux pas de l’église du village. Le décor est spartiate. Ici on est très loin du charme bourgeois et élégant des salons de dégustation du Domaine Faller, et la cave n’a aucun point commun avec le splendide bunker de Zind-Humbrecht. 


Nous nous retrouvons le verre à la main, entre la cave d’élevage et celle de stockage. Bruno insiste, la pièce est chauffée par le sol grâce à un serpentin. J’avoue avoir beaucoup de mal à trouver la bonne position pour profiter au mieux de cet apport calorifique. Mais c’est sans importance au regard de ce qui nous attend. 


Nous commençons la dégustation par les Pinot Noir 2005. Issus de 3 terroirs différents, ils sont au tout début de leur élevage. Il n’est pas certain que les malos soit faites, tous se goûtent cependant remarquablement bien. La vendange est égrappée main à 30%, les macérations durent une vingtaine de jours avec des pigeages réguliers. Les extractions sont de toute beauté sans rien de forcé ni de surextrait.


Bien entendu, pas de soufre à ce stade là de l’élevage. La cuvée issue de l’Eichberg est encore réduite, avec plus de dureté en bouche que celle issue de terrains sablonneux servie précédemment. La cuvée Bildstoeklé, terroir à dominante calcaire, est élevée en demi-muids pendant un minimum de 2 ans, elle présente déjà un magnifique équilibre, des tannins serrés et précis et une minéralité impressionnante.


Si les rouges restent civilisés et facilement abordables, il va en être autrement lorsque nous passons aux blancs.


Armé de sa pipette, le Sorcier d’Husseren plonge dans sa cave, escalade les fûts et les barriques pour nous proposer à la dégustation le fruit de ses recherches et expérimentations. 


Impossible d’entrer dans le détail de ce qui est goûté. Pinot Gris macéré 20 jours et élevé en barrique, le même cépage dans le même millésime avec une vinification plus conventionnelle, s’il est possible d’appliquer ce terme à propos de ce vigneron. 


Bruno s’amuse à vinifier ses vins avec une propension certaine pour le non-oenologiquement correct. Bien entendu, il ne se formalise plus de ses nombreuses démêlées avec les commissions d’agrément.


Il suit son intuition, teste, expérimente et construit des vins rares, généreux, intenses et surprenants qu’il faut savoir aborder sans préjugé et avec une grande ouverture d’esprit.


Les vignerons présents ce soir là reconnaissent volontiers que ce style si différent des standards actuels présente un intérêt certain. Au delà des expressions extrêmes marquées par la réduction, parfois soutenue, et l’oxydation parfaitement ménagée, il se dégage une alternative qui a le mérite d’ouvrir des horizons nouveaux.


Puis il y a La Bouteille : 

B-Schueller-3-copie.jpg


Plus que centenaire, sans aucun doute. En raison des conditions dans lesquelles elle a été découverte, Bruno estime son origine à la fin du 19ème siècle, aux alentours des années 1880.


A cette époque, seuls les grands vins étaient mis en bouteille. Les vignerons possédaient 5 tonneaux de contenance décroissante. Le plus grand accueillait le vin de l’année, puis à chaque récolte le solde était transféré dans le tonneau plus petit. Si, à l’issue des 5 ans, le vin était encore buvable, il était mis en bouteille. Avec une telle méthode, seuls les grands millésimes subsistaient. 


Très certainement issu d’un assemblage de cépages plantés sur l’Eichberg, le vin a conservé une superbe acidité qui structure la bouche et apporte une importante fraîcheur. Aucune trace d’usure, des arômes de rancio avec une précision étonnante. 


Puis nous nous replions à la Table d’Hôtes de Madame Schueller, à quelques centaines de mètres de là. C’est un véritable plaisir de nous retrouver dans une atmosphère chaleureuse, autour d’un feu de bois et d’une queue de bœuf au Pinot Noir. Gérard Schueller, le père de Bruno, nous a rejoint. Il est encore très présent dans les vignes, sa compagnie est un vrai plaisir, son expérience impressionnante.


Bruno a ramené de la cave un magnum de Crémant « raté ». Pur Riesling : avec une prise de mousse insuffisante, le vin n’arrive pas à éjecter son dépôt lors du dégorgement. Pas grave, c’est délicieux avec une bulle très fine, bien entendu pas de dosage. Crémeux et gras à souhait, pas mal pour un « raté ».


Avant d’attaquer le plat de résistance, nous nous ouvrons l’appétit avec quelques bouteilles amenées par les uns et les autres.


Tout d’abord un blanc de Léon BARRAL VDT 2003, suivi du Domaine De L'Aube Des Temps VDP d'Oc blanc 90, puis avec la queue de bœuf, quelques rouges : Bernard BAUDRY Chinon Le Clos Guillot 03, Jean-Claude LAPALU Brouilly 04, Domaine Des Vignes Du Maynes Macon Cruzilles La Manganite 02, Alphonse MELLOT Sancerre rouge Génération XIX 97.


Un débat animé autour d’un Pinot Noir de Nouvelle-Zélande puis pour suivre, Château La Linquière Saint-Chinian Le Chant des Cigales 03, puis Thierry ALLEMAND Cornas 91.


Et pour terminer : un Vin de voile 1998 du Domaine Julien Meyer. 


Il faut malgré tout se résoudre à rentrer vers Strasbourg. La neige tombe dru. L’heure est bien avancée. Une soirée  inoubliable.


Domaine Gérard SCHUELLER
1 rue des 3 Châteaux
68420 Husseren Les Châteaux
03 89 49 31 54

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