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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 07:28
Dambach-la-Ville, le 9 septembre 2008


Vendanges 2008 : Les préparatifs




Après quelques débats houleux, l'Assemblée générale des pré-vendanges a fixé au lundi 15 septembre l'ouverture des vendanges pour le Crémant et le Muscat Ottonel, qui a connu des problèmes de coulure cette année, et au jeudi 25 septembre pour les AOC Alsace.




Afin d'établir le calendrier de la récolte, des prélèvements de 200 baies sont effectués dans toutes les parcelles par les apporteurs de raisins. Les prélèvements sont analysés dans les structures qui recevront la vendange et un planning de récolte établi en fonction des maturités.




Comme le souligne David Lefebvre dans l'Est Agricole, alors que le millésime présentait le potentiel d'acidité le plus élevé depuis 1996, les pluies des dernieres semaines ont fait chuter ce taux de 30 à 40 % par dilution. Parallèlement à ce phénomène, l'accumulation des sucres a été très importante ce qui lui a permis de dépasser le phénomène de dilution.




Si le beau temps s'installe il faudra alors redouter l'explosion des degrès.

Aux dernières nouvelles, les laboratoires d'oenologie annoncent 2/3 d'acidité tartrique pour 1/3 d'acidité malique ce qui n'est finalement pas si mal.

La prochaine semaine sera capitale avec la pleine lune du 15 septembre.



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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 06:02
Eichhoffen le 4 septembre 2007


La bouteille de l'été




Pas de thème particulier pour cette dernière dégustation avant les vendanges. Chacun apporte ce qu'il veut, sa découverte de l'été ou une bouteille de son choix. L'avantage c'est que c'est très ouvert et que ce genre d'exercice réserve toujours de belles surprises.


Peu de notes de dégustation, la soirée n'était pas studieuse. Cependant trois vins ont fait l'unanimité.


Bonica Marieta du Domaine du Matin Calme à Millas dans les Pyrénées Orientales. Cet assemblage de Carignan et de Grenache séduit par sa fraîcheur, son fruité et sa minéralité. 13° qu'on ne sent pas et un vin qui glisse tout seul. Vinifiée sans soufre, cette cuvée possède une olfaction d'une grande précision, une trame serrée, dense et une agréable évidence. Belle réussite pour Véronique Souloy et anthony guix de jeunes vignerons tout juste installés. Quelques infos sur le Domaine et les vins.




Pas à Pas du Domaine Les Clapas en Ardèche. On reste dans le même esprit que le vin précédent on change seulement de région et d'assemblage car il s'agit de Carignan et d'Alicante. Jérome Jouret nous livre un vin aérien, lui aussi sans soufre ajouté. Laurent ne s'y est pas trompé, c'est une adresse à retenir et un vigneron fort sympatique aux dires de Jean-Pierre qui nous a ramené ce vin de son périple ardéchois. Pour plus d'informations voir le site du Domaine.




Pirouette 5 Domaine Fontedicto  à Caux 34. Un vin puissant qui a su conserver de la fraîcheur et de la buvabilité. Dans le secteur des côtes de Thongue, il n'est pourtant pas évident d'échapper à la lourdeur et à la sucrosité. Bernard Bellahsen évite cet écueil avec cette cuvée aux tannins denses et souples qui laissent grâce à une suave astringence une agréable sensation. Un vin sans soufre, oui encore un, mais sans le profil habituel.


Parmi les autres belles bouteilles, un Crémant de Loire sur pointe, prestement dégorgé, du Domaine de la Papinerie. Elégant Chardonnay non dosé qui a conservé une légère rondeur et fait preuve d'une grande finesse. Un autre vin du Domaine, assemblage de Cabernet Franc et de Cabernet Sauvignon a également été apprécié pour son fruit et sa belle acidité.


Le Beaujolais n'étais pas oublié avec Patience de Christian Ducroux, une cuvée en vin de table qui rassemble, je crois, les vins de presse de l'année et un Moulin à Vent 2005 de Michel Guignier lui aussi dans un esprit "nature" mais avec moins de précision, tout du moins dans ce flacon.


Et pour terminer le chapitre des satisfactions, un assemblage Syrah, Carignan, Grenache 2007 du Domaine Cardet en Coteaux du Languedoc.

Prochaine soirée en novembre, lorque les vendanges seront terminées (sauf pour Albert).


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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 07:00
Traenheim le 30 août 2008


Jean-Jacques MULLER et le Steinacker


Jean-Jacques Muller au sommet de l'Altenberg, derrière lui le Steinacker

Situé sur l'étroit plateau tout juste en contrebas du sommet de l'Altenberg de Bergbieten, le Steinacker de Traenheim s'étend en un bandeau de 40 à 50 mètres de large sur environ un kilomètre de long. Ses sols pauvres et caillouteux à forte teneur en magnésium sont constitués de marnes du Keuper posées sur un socle de roches dures et fissurées.


Si la notoriété du Steinacker n'égale pas celle de l'Altenberg voisin, sa spécificité mérite que l'on s'intéresse à ses vins. Déjà entre les deux guerres, le négociant Rothberger commercialisait une cuvée revendiquant ce terroir et depuis 1983, le Domaine Charles Muller de Traenheim y produit chaque année une cuvée de Riesling qui porte son nom.

 

Pour Jean-Jacques Muller, le Steinacker c'est un peu le rêve de chaque vigneron. Sur cette crête parfaitement ventée le débourrement est parfois difficile mais la situation sanitaire est toujours parfaite, pas de botrytis, pas de maladies et des rendements faibles sans qu'il soit la peine d'intervenir.

 

Cette année, Jean-Jacques n'a utilisé sur cette parcelle que des plantes, prêle et Reine des prés en décoction, pour soigner la vigne. Pas de cuivre, juste un soufre après la fleur. En limitant ainsi les apports exogènes il préserve la qualité des levures propres au terroir.

 

En Bio depuis 1998, Jean-Jacques reconnaît avoir connu trois premières années de galère avant de trouver l'équilibre. Les sols sont travaillés, une ou deux fois au printemps et une fois après les vendanges, par griffage pour ne pas en modifier la structure et un quart des 11 hectares du Domaine est décavaillonné à la pioche chaque année.



Au fil des millésimes le Steinacker présente toujours ce même caractère plein de vivacité avec même dans sa prime jeunesse, une forte minéralité qui s'exprime dans la salinité finale.

 

Le Riesling Steinacker 2006 possède une belle olfaction de camphre et de pierre mouillée, une attaque sur un fruit bien mûr et des notes de mirabelle. Mais ce qui fait la particularité de ce vin c'est son exceptionnelle tenue en bouche qui s'exprime par un développement sphérique accompagné d'une intensification des arômes. L'acidité est bien présente malgré la fermentation malolactique, elle s'intègre au plus profond de la matière en apportant de la droiture et de la tenue sans jamais saillir. Pas de creux, une sensation intense et réjouissante puis une finale saline. Techniquement sec, c'est un très beau vin de gastronomie, fortement typé et à moins de 10 €.

 

A ce grand classique du Domaine s'ajoutera à partir du prochain millésime un Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten car Jean-Jacques vient de récupérer une parcelle de 40 ares de vieux Riesling idéalement placée sur ce terroir. Jusqu'à présent, seuls le Gewurztraminer et le Pinot Gris issus du Grand Cru étaient à sa carte et l'arrivée du Riesling est une excellente nouvelle qui  permettra de d'élargir son offre et de rejoindre les Loew, Mochel et Schmitt dans leur excellent travail pour la promotion de ce Cru de la Couronne d'Or.

 

Charles MULLER et Fils

89 c, Route du Vin

67310 TRAENHEIM

03 88 50 38 04


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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 20:15
Dimanche 24 août,


Vendanges en 1955 à Dambach-la-Ville


D'ici un mois, peut être un peu moins pour le Crémant, commenceront les vendanges 2008. Cette vidéo trouvée sur le site de Jean HAULLER permet de mesurer les évolutions qu'a connu la viticulture dans ces 50 dernières années.





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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:56
Strasbourg, le 20 août 2008


Bernard WEINZORN




Bernard nous a quitté la semaine dernière à la suite d'un tragique accident sur les pentes du Sommerberg. J'avais eu la chance de le rencontrer un mois plus tôt et avais immédiatement été conquis par sa générosité, sa profondeur et son humanité.

Adieu Bernard.

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 17:02
Turckheim, juillet 2008


Zind Humbrecht : Rolofaca




Alexandre GUTH, Responsable Vignobles du Domaine ZIND-HUMBRECHT, m'a fait parvenir quelques photos prises à l'occasion d'un travail au rolofaca tracté par un cheval.




De plus en plus utilisé dans le vignoble alsacien cet outil possède la particularité d'être peu onèreux, puisque généralement construit par ses utilisateurs qui adaptent la position des lames sur le lourd rouleau en fonction des couverts végétaux de leurs parcelles.




Destiné à maîtriser l'enherbement, le rolofaca agit en plaquant au sol les couverts végétaux  en pinçant les tiges des herbes afin de couper la montée de sève. Le paillis qui en résulte protège les sols de l'érosion et permet de conserver l'humidité favorable à une bonne décomposition de la matière organique.




Cette technique qui limite la repousse d'adventices, évite le recours à la faucheuse qui stimule la repousse de l'herbe consommatrice d'humidité et qui diminue la diversité botanique. L'outil qui est généralement tiré par un tracteur viticole est ce jour là tracté par un cheval. Cet exercice permet à l'animal de conserver une bonne condition physique et une habitude au travail pendant la période creuse entre les travaux de printemps et ceux d'automne.


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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 16:25
Husseren-Les-Châteaux, le 30 juillet 2008.


Bruno SCHUELLER et le Pinot Noir




S'il existait un Panthéon des Pinot Noir alsaciens, on y trouverait certainement les vins rouges de Jean-Pierre Frick, ceux de Patrick Meyer et de quelques autres vignerons qui ont compris que l'identité alsacienne ne s'exprimait pas dans la surextraction ni en copiant les expressions boisées et caricaturales que l'on retrouve un peu partout de la Bourgogne "moderne" au "Nouveau Monde" mais aussi malheureusement en Alsace.


Les vins rouges de Bruno SCHUELLER s'y tiendraient en bonne place, obligatoirement dans le trio de tête, car ils possèdent le caractère et la personnalité unique de leur géniteur mais aussii cette touche d'esprit qui apporte une dimension supplémentaire à la matière.


Dans ses vignes, où déjà son père avait abandonné la chimie depuis fort longtemps, on ressent un sentiment de plénitude et d'équilibre parfait. Certains doivent trouver qu'il y a un peu trop d'herbe et qu'il faudrait passer la rogneuse mais Bruno ne s'en formalise pas.  Seulement 2 traitements cette année avec du cuivre, du soufre, quelques plantes et un état sanitaire presque parfait quand d'autres se battent avec tout l'arsenal disponible pour contenir mildiou et oïdium.


Les cuvaisons s'effectuent  en privilégiant une forte proportion de vendange entière, le fond de cuve est égrappé manuellement. Pas d'ajout de SO2 pendant l'élevage, les mises s'effectuent le plus souvent sans filtration et sans ajout de sulfites.


Chaque année Bruno propose 4 cuvées de Pinot Noir : Pinot Noir, LN012, Bildstoecklé et Le Chant des Oiseaux.

 

Pinot Noir : Issu de 3 parcelles dont l'une est située sur le Grand Cru Pfersigberg (18 ares), la seconde au lieu dit Stich (12 ares) en contrebas du Grand Cru susnommé et la troisième au lieu dit Valdele (10 ares) au dessus du Grand Cru Eichberg.

 

Cette dernière parcelle à dominante argilo gréseuse possède la particularité de bien "tenir" le raisin, aussi elle est toujours vendangée une semaine plus tard que les deux autres dont les sols sont sablo gréseux. La vendange est alors ajoutée à la cuvaison qui se prolonge de 15 à 25 jours selon les millésimes.

 

Après le pressurage, le vin est placé dans un foudre de 26 hectolitres pour un élevage de 11 mois avant une mise en bouteille sans ajout de soufre et sans filtration si le vin le permet. Dans le cas contraire il sera légèrement filtré et sulfité à 1 ou 2 grammes par hectolitre. Le rendement moyen sur les 3 parcelles est situé entre 45 et 50 hectolitres par hectare.

 

Avec cette cuvée, Bruno cherche à obtenir un vin dense, construit sur le fruit, équilibré et fin, sans agressivité tannique ni alcoolique et pourvu d'une bonne digestibilité.

 

LN012 : Des vignes de plus de 30 ans issues d'une parcelle de 30 ares située dans le Grand Cru Eichberg. Initialement cette cuvée était réservée à la consommation familiale et servait à l'expérimentation de mises sans soufre et sans filtration.

 

La première cuvée commercialisée a été produite dans le millésime 1997. Son nom de baptême ne vient pas de l'analogie que certains ont pu faire avec le prénom de l'épouse de Bruno, mais tout simplement par le résultat de l'analyse d'agrément du premier millésime qui contenait 12 mgrs de SO2 dont 10 de libre.

 

La cuvaison est réalisée avec le plus possible de raisins entiers, elle dure une vingtaine de jours. L'élevage s'effectue dans un foudre de 20 hectolitres pendant 11 mois, le vin est mis en bouteille sans filtration et sans ajout de SO2, sauf exception comme en 1998 et en 2002. Le rendement moyen est de 45 hectolitres par hectares.

 

L'objectif est de produire un vin riche et concentré avec de bonnes dispositions pour la garde tout en conservant fraîcheur et buvabilité.

 

Bildstoecklé : Des vignes plantées en 1990 sur un terroir situé sur la commune d'Obermorschwihr. Les sols calcaires y sont légers, très peu d'argile, on est très vite sur la roche. La parcelle de Pinot Noir compte 15 ares.

 

Le raisin y est toujours vendangé avec des maturités poussées car l'acidité apportée par la nature calcaire des sols équilibre parfaitement le vin. Les cuvaisons sont de 20 à 25 jours. Le vin est élevé pendant 2 ans dans 3 barriques ou dans un demi muid selon les années et les rendements.

 

Le Bild est parfois exubérant, souvent opulent, mais toujours pourvu de beaucoup de nerf et de fraîcheur malgré sa forte concentration. Son acidité lui apporte un relief et une personnalité unique.

 

 

Chant des Oiseaux : Des vignes d'une moyenne d'age de 50 ans plantées sur une minuscule parcelle de 6,82 ares située sur le Grand Cru Pfersigberg.

 

La cuvaison s'effectue en vendange entière, seul le fond de cuve est égrappé. L'élevage de 2 ans est réalisé dans une barrique.

 

En dehors de son volume extrêmement restreint, le Chant des Oiseaux est unique par sa finesse et sa matière toute en dentelle qui fait immédiatement penser à la Bourgogne classique. La robe est toujours claire et brillante, Bruno regrette seulement de ne pouvoir disposer d'un volume de raisins plus important qui permettrait par sa masse d'améliorer l'extraction lors de la cuvaison. La mise s'effectue le plus souvent sans SO2 ajouté.

 

Aujourd'hui, aucune cuvée de Pinot Noir n'est disponible. Les mises seront faites en fin d'année, ainsi Pinot Noir et LN012 2007 ainsi que Bildstoeklé et le Chant des Oiseaux 2006 seront à la vente en novembre ou décembre. Les dernières tarifications étaient respectivement de 7,50 €, 13,50 €, 20 € et 25 €.

 

La dégustation sur fût des millésimes encore en élevage permet de découvrir un Bild 2006 à la texture serrée et soyeuse, parfaitement stabilisé bien qu'il n'ait jamais été sulfité, preuve que même dans des millésimes réputés difficiles cette opération ne soit pas inéluctable. Le Chant des Oiseaux du même millésime a été vendangé par Bruno et son père sur une période d'un mois. Elevé dans une barrique neuve la prise de bois est imperceptible. L'extrême finesse de sa texture et la pureté de ses arômes apportent un touché charnel et spirituel à la fois particulièrement émouvant.

 

Le Bild 2007 se montre quant à lui un peu rêche bien que les tannins ne soient pas agressifs, mais il lui reste encore plus d'un an d'élevage pour s'assouplir. Le Chant des Oiseaux 2007 termine actuellement sa fermentation malolactique, il possède déjà des qualités éthériques étonnantes.

 

Compte tenu de la grande qualité des vins, de leurs tarifs raisonnables et du nombre d'amateurs qui s'y intéressent, il n'est pas toujours facile de se procurer quelques bouteilles. A ce propos, je connais des  Belges qui se damneraient pour quelques bouteilles de plus du Chant des Oiseaux...

 

Domaine Gérard SCHUELLER

1 rue des Trois Châteaux

68420 HUSSEREN LES CHATEAUX 

03 89 49 31 54

 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 14:00
Mittelbergheim, le 29 juillet 2008


Claudie et Francis Hunzinger :
"Pénétrer l'intimité des terroirs"


Kastelberg

Pour sa 4éme édition, la biennale d'art contemporain "Itinéraires" nous invite à cheminer dans les villages du pays de Barr et du Bernstein pour y rencontrer les créations de 24 artistes plasticiens "qui soulignent la poésie d'un lieu ou qui imaginent de nouvelles ouvertures".

 

A cette occasion, Claudie et Francis Hunzinger, ont réalisé un intéressant travail qui leur a permis de pénétrer l'intimité des terroirs de la région d'Andlau et de Mittelbergheim.

 

Au cours de leurs promenades dans le Kastelberg, le Wiebelsberg et le Zotzenberg ils ont ramassé des échantillons de pierres et de terres en différents points de chaque cru. Puis par broyage, tamisage, lavage et décantation, en ont extrait les pigments minéraux afin d'établir une charte de couleurs de chaque cru.

 

Wiebelsberg

 

Des piquets de vignes ont été peints aux couleurs de chaque terroir puis placés dans l'enceinte du vieux moulin à huile de Mittelbergheim.

 

Les couleurs sont la signature des crus, elles en révèlent la personnalité. Il suffit alors d'établir une correspondance baudelairienne et de rechercher une similitude entre les couleurs des terroirs et les saveurs des vins qui en sont issus.

 

C'est à cet agréable exercice, organisé par Jean-Pierre Rietsch en présence de Claudie et Francis Hunzinger, que se sont livrés quelques amateurs d'art et de vin, en dégustant trois Riesling du millésime 2005

 

Zotzenberg

 

Le Kastelberg s'exprime par des notes minérales de pierre à fusil et des expressions florales de trèfle blanc. Sa structure est verticale, sa matière dense enrobe parfaitement l'acidité d'une extrême finesse. Sa salinité remarquable fait saliver et laisse en bouche un bel éclat. On retrouve dans le vin, l'austérité, la profondeur réjouissante des gris, la densité et la virilité des violets sans que jamais la froideur ne prenne le dessus.

Kastelberg Riesling 2005 Kreydenweiss

 

Des senteurs florales de jasmin et de tisanes, une acidité précise et gourmande qui tout de suite s'impose et trace le vin. La bouche est aérienne, pleine de grâce et de sensibilité. Les blancs cassés, les roses pâles et les ocres doux du Wiebelsberg restituent parfaitement la féminité du vin et son expression à la fois fugace et rémanente.  

Wiebelsberg Riesling 2005 Rietsch

 

Avec les sols lourds et profonds du Zotzenberg, le registre est plus exubérant et aussi plus joyeux. Du fruit avec des notes de poire, de pèche de vignes et une acidité large et puissante qui prend le pas sur le sucre fondu dans la belle matière finement marquée de botrytis. Le registre est baroque, explosif, presque clinquant mais sans rien d'ostentatoire ni de prétentieux. Seulement une explosion radieuse d'arômes et de couleurs.   

Zotzenberg Riesling "Tête à Tête" 2005 Rietsch (VT non revendiquée)



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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 08:00
Mittelbergheim, 10 juillet 2008


Vins Rouges de Loire



 

Une soirée en plein air à parcourir quelques vins rouges de Loire.

 

Le Bois Jacou 2006 Touraine Jean-François Mérieau (Gamay)

 

Un joli nez avec du fruit, des notes de cerise et une volatile élégante. L'attaque en bouche est agréable mais la finale se montre un peu dure avec des tannins pas assez mûrs et une amertume marquée.

 

Gamay de Bouze 2003 Henri Marionnet

 

On identifie tout de suite le cépage, la bouche est soyeuse mais assez austère et sans grande ampleur. Des notes végétales et une finale métallique laissent une impression mitigée malgré la finesse des tannins.

 

Cheville de Fer 2006 Vin de Table Olivier Lemasson - Condé sur Beuvron (Gamay)

 

Le premier nez s'exprime sur des notes animales à mettre sur le compte d'une réduction qui ne manque pas de s'effacer à l'aération. La bouche est dense, d'une grande finesse avec un beau fruité. S'il est difficile de trouver le cépage, tout le monde convient que l'on a affaire à un beau jus de raisin, vinifié avec soin et sans soufre ajouté.

 

Sancerre 2005 Domaine du Carrou - Bué (Pinot Noir)

 

Boisé marqué, notes de vanilles et de vieux rhum. En bouche c'est le bois qui domine une matière qui manque de maturité.

 

La Demoiselle 2002 Alphonse Mellot (Pinot Noir)

 

Olfaction marquée par un boisé élégant. La bouche possède de la fraîcheur, une belle tension acide. En finale, retour sur le boisé qui prend toute la place. Vinification très moderne qui sans aucun doute plait aux amateurs de ce type de structure et de profil aromatique.

 

Le Grand Cléré 2005 François Blanchard Touraine (Cabernet)

 

La robe est d'un noir profond, le nez plutôt sur la réserve avec des fines notes d'encre. En bouche, si les tannins demandent à s'assouplir, l'acidité bien mûre trace le vin.


Nuit d'Ivresse 2004 Bourgueil Catherine et Pierre Breton (Cabernet)

 

Nez peu expressif marqué par une légère réduction. La bouche est tendue, structurée, dense avec beaucoup de fraîcheur. Le vin est assez rustique mais très plaisant avec un côté paysan.

 

Château de la Fresnaye Festina Lente 2000 Saint Aubin de Ligné (Cabernet Sauvignon et Franc)

 

Robe sombre, dense et brillante. Nez très "Cabernet" avec de la finesse et du fruit. En bouche les tannins sont fins accompagnés d'une légère astringence et la finale fait saliver. Fin, précis, belle définition et de la gourmandise.

 

Les Grands Champs 2003 Touraine Jean-François Mérieau (Cabernet)

 

Un nez de groseille, un léger gaz en bouche et un vin qui glisse tout seul. C'est flatteur, commercial, pas de défaut mais il manque tout de même un peu de raisin. Beau travail en cave.

 

Domaine de la Charbotière 2003 Anjou Brissac Village Saint jean de Mauvrets (Cabernet)

 

Puissant, animal, gros potentiel mais avec de la fraîcheur malgré tout. Belle bouche avec une finale légèrement amère sans doute consécutive à une déviation liégeuse de l'avis des dégustateurs.

 

Anjou Village 2002 Patrick Beaudoin

 

La texture est d'une extrême finesse. C'est le premier vin de la série qui possède de la "minéralité". De la tenue et un vrai fonctionnement en bouche. Finalement pas de surprise puisque c'est Patrick Beaudoin.

 

Clos Rougeard 2003 Saumur Champigny

 

Un boisé marqué, mais un boisé élégant, la matière est serrée, la bouche saline, le vin relâché avec du gras et de la fraîcheur. Très plaisant et très charnel.

 

Les Poyeux Clos Rougeard 2001 Saumur Champigny.

 

Olfaction aérienne, de la grâce et de la précision. On comprend immédiatement que l'on goûte un grand vin. La bouche est dense, tendue, rien n'accroche mais il y a du relief, de la vie. Seule la finale dérange celui qui d'entre nous connait le mieux les vins de ce Domaine. Sans hésiter Lucas ouvre une seconde bouteille et là, on trouve dans la finale l'éclat qui manquait à la précédente.

 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 08:15
Andlau le 17 juillet 2008


L'Avenir de l'Alsace


Antoine Kreydenweiss, Rémi Gresser, Philippe Maurer, Jean-Michel Deiss


"Le cépage est secondaire, ce n'est pas lui qui est le vecteur de notre identité. La dimension de l'Alsace passe par ses terroirs, les cépages doivent s'effacer."

 

Je me souviens de ces mots prononcés il y a un an et demi par Jean-Michel DEISS alors qu'il nous faisait goûter sa cave et mesure aujourd'hui la justesse de son analyse et l'urgence de la mettre en œuvre.

 

Aujourd'hui à Andlau, Jean-Michel, invité en sa qualité de Président des Grands Crus d'Alsace par Rémy GRESSER, Philippe MAURER et Antoine KREYDENWEISS responsables respectifs des gestions du Kastelberg, Moenchberg et Wiebelsberg, est venu s'adresser à l'ensemble des producteurs de ces terroirs, réunis à l'occasion d'un contrôle interne des échantillons du millésime 2007, pour expliquer la situation actuelle de l'AOC Alsace Grand Cru.

 

Devant l'urgence de la situation, il n'y va pas par quatre chemins. "Nous avons récupéré un vignoble dévasté par la guerre, et pourvu d'un encépagement de bas de gamme. En 40 ans nous l'avons transformé en un modèle qualitatif et économique viable avec pour référence le cépage. L'Europe nous impose une nouvelle révolution qui est de prendre maintenant pour référentiel le terroir, sous peine de nous retrouver noyés dans une nouvelle classification qui risque de nous faire perdre notre identité."

 

La vidange de l'actuel système français de classification des vins (AOC, Vin de Table, Vin de Pays) et son passage dans un système segmenté en AOP (vin d'appellation d'origine protégée), IG (vin avec indication géographique) et Vin sans IG (vin sans indication géographique) annonce en Alsace un véritable raz de marée à venir le 9 août 2009.

 

Comme le précise David LEFEBVRE dans un récent article de L'Est Agricole et Viticole, "Derrière ces changements de sémantique se profile la libéralisation voulue par la commission européenne. A partir d'août 2009, elle donnerait à chacun la liberté de planter n'importe quel cépage, n'importe où et en plus, permettrait aux vins de qualité inférieure de revendiquer le millésime et le cépage sur l'étiquette."

 

La mise en application de cette réforme aurait pour conséquence, si rien n'était fait avant la date butoir, d'exclure l'ensemble du vignoble alsacien de l'AOP et de le retrouver dans une classification de vin avec indication géographique soumis à la concurrence des industriels du vins qui pourraient planter hors de l'actuelle AOC et produire à bas coût des vins revendiquant cépage, millésime et bassin de production.

 

Pour faire face à cette situation, Jean-Michel DEISS propose aux vignerons d'entamer la révolution qu'il a lui-même réalisée dans son Domaine et de ne plus s'appuyer sur la notion de cépage mais sur celle de terroir. Par la mobilisation de tous les responsables des gestions locales des Grands Crus et de leurs adhérents, il entend défendre le positionnement des actuels Grands Crus en AOP et envisage par la suite une hiérarchisation des terroirs qualitatifs non classés Grand cru en Premiers Crus et Villages.

 

Pour cela, il s'est entouré d'un groupe de travail dont l'objectif a été d'établir un cahier des charges ambitieux qui répondrait aux exigences européennes en matière d'AOP et sur lequel les gestions locales des Grands Crus puissent s'appuyer pour qualifier les particularités de leurs terroirs et expliquer le lien entre leurs vins et de leurs terroirs.

 

Ce document de réflexion a pour vocation de synthétiser en 10 grands principes les ambitions consensuelles de l'Appellation Alsace Grand Cru. Charge aux acteurs de l'appellation de se l'approprier, de le spécialiser et de la mettre en œuvre. Chaque gestion locale se voit la possibilité de faire des propositions sur les différents leviers que sont les cépages, la densité de plantation, les méthodes culturales, etc.

 

Sans entrer dans le détail des 10 principes, on peut noter l'importance qui est accordée au respect du terroir qui doit avant tout être servi par le vigneron.

 

Ceci conduit à refuser les aménagements qui modifient la structure des sols et à rechercher un enracinement profond qui contraigne la plante à un rapport intime et stabilisé avec son milieu.

 

Un plan d'encépagement spécifique à chaque terroir doit être déterminé en fonction de la capacité de chaque cépage à révéler le terroir : "Le cépage doit s'effacer devant l'identité du terroir pour n'être qu'un vecteur de son expression". Ce plan précisera si ces cépages seront plantés seuls ou en mélange, si les acteurs locaux jugent que cette option restitue mieux le terroir.

 

Le respect de l'environnement s'impose comme règle de base. Les conditions d'utilisation de produits phytosanitaires doivent être soumis à des conditions strictes.

 

Les règles de vinification doivent éviter de modifier les caractères distinctifs du raisin, les intrants limités aux seules impasses de vinification.

 

Au travers de ces exigences, les rédacteurs ont voulu réaffirmer leur respect pour le terroir, le consommateur mais aussi pour le métier de vigneron qui tout en s'identifiant à sa famille conserve sa propre interprétation, sa sensibilité et sa personnalité.

 

D'autre part, afin de se protéger de la dérive évoquée précédemment, consécutive à la plantation de cépage en IG, l'AVA demande l'exclusion du Riesling, du Sylvaner et du Gewurztraminer de la liste des cépages autorisés en vins sans IG ou avec IGP.

 

Même s'il fait preuve d'optimisme, Jean-Michel DEISS sait que la situation est délicate et que l'Alsace ne pèse pas lourd dans le marché viticole français. Cependant on peut être certain qu'il fera preuve de la même combativité pour défendre la filière et ses collègues vignerons que celle dont il usa il y a quelques années pour défendre sa vision de la viticulture.

 

A l'issue de son exposé et des nombreuses questions qui en ont découlées, plus de 40 échantillons de vins issus du millésime 2007 des 3 Grands Crus d'Andlau furent dégustés par les vignerons locaux, sous la direction de vignerons externes à la commune formés en qualité d'experts.

 

Chaque vin s'est vu évalué sur ses qualités techniques et la présence éventuelle de défauts, sur la qualité de sa matière et sur sa typicité en relation avec le terroir. Chacun de ces 3 points est noté sur une échelle en 4 niveaux qui constitue une première étape dans le nouveau processus d'agrément.

 

Les 7 Kastelberg présentés, dont une VT et une SGN, ont tous fait preuve d'une typicité remarquable. En dehors de sa géologie unique, ce terroir  est encépagé uniquement de Riesling, aussi est-il relativement simple d'établir et de décrire le profil aromatique et la structure des vins qui en sont issus.

 

Je souhaite qu'il en soit de même pour les autres terroirs Grands Crus.


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Published by Oenophil - dans Chroniques
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