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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 21:26
Wintzenheim, le 3  mars  2008


JOSMEYER :  Carnet de Naissance

 IMG_7324.JPG


  

S'il est un lieu commun, c'est bien celui de faire l'éloge de la maison JOSMEYER. Il est cependant difficile d'échapper à la règle tant les vins précis et ciselés de Jean MEYER font l'unanimité.
 
 
Parmi les "Stars" d'Alsace, ce Domaine est remarquable autant par son style toujours aérien sans recherche forcenée de concentration que par la conduite de ses vignes en biodynamie. Autre point important qui mérite d'être souligné, des tarifs qui même s'ils sont supérieurs à la moyenne alsacienne, restent sages compte tenu de la notoriété.


Un heureux événement à venir prochainement dans la famille Meyer et c'est l'occasion pour le Domaine de décliner ses vins autour du thème du Carnet de Naissance pour la traditionnelle présentation annuelle.


Et pour commencer, les Nouveaux Nés du millésime 2007 avec les cuvées désormais classiques dont celles de Riesling "Kottabe" et de Gewurztraminer "Les Folastries" encore sur fût, mais aussi de Pinot Blanc "Mise de Printemps" qui vient tout juste d'être embouteillé. Franc et loyal, c'est un joli vin qui possède un agréable croquant et qui le premier cette année porte la nouvelle étiquette d'artiste réalisée par Mitsuo SHIRAISHI.


Josmeyer-Pinot-blanc-2007.jpg 
 
Suivent les Enfants Prodiges personnalisés par une verticale de Riesling "Les Pierrets" dont un 2004 parfait d'élégance et de droiture. Riesling Hengst dans son expression classique ou Samain avec dans ce cas la recherche d'une légère surmaturité. Là encore 2004 s'impose dans la cuvée classique, alors que 2005 se montre fort prometteur pour le Samain.


Enfants Terribles que ces 2 Pinot Gris "Fondation" 2004 issus de la même parcelle et récoltés à quelques jours d'intervalle. Ils ont fermenté côte à côte chacun dans sa cuve et auraient pu être assemblés. Mais ils ont développé tous les 2 une identité propre qu'il était judicieux de respecter. C'est ainsi que le Fondation reste dans un style fait de droiture et d'harmonie, sans sucrosité marquée comme il est d'usage au Domaine, pendant que le Fondation N°17 affiche pour sa part une verticalité, certes surprenante, mais qui ravira les amateurs de Pinot Gris parfaitement secs.


Toujours digestes et aériennes les belles cuvées de Gewurztraminer Hengst 2005, Pinot Gris Brand Vendanges Tardives 2002 et Riesling Hengst Vendanges Tardives 2001 aux belles robes dorées couronnent les Enfants Rois.


Au buffet des Grands Enfants on trouvait de jolis accords où le Muscat "Les Fleurons" 2005 répondait à la crevette rose dans son lit de guacamole et le Pinot Gris "Le Fromenteau" 2006 à la fameuse brandade de morue.


Tous les vins du Domaine JOSMEYER possèdent une élégance sobre, sans caractère démonstratif et sans exubérance, mais derrière cette apparente discrétion, portée par une fluidité cristalline, se cache une empreinte poétique et un relief incomparable. Chaque vin possède son rythme et chaque terroir son fonctionnement. Si l'acidité gourmande du Brand transperce le vin et le tire à l'infini, le Hengst est remarquable par son attaque discrète et retenue qui se poursuit en bouche par un développement sphérique des plus émouvants.
 
 
 

Tout est équilibre dans cette partition vinesque, harmonieuse et parfaitement structurée.

 
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 17:56


Le  Monde  selon Monsanto

 
"Le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien" est un film de Marie-Monique ROBIN.


Ce film est une enquête rigoureuse sur une multinationale, une multinationale productrice de l'agent orange, de la dioxine, de l'hormone de croissance, du Round Up et des OGM.


Il sera diffusé le 11 mars à 21 heures sur ARTE.
 

En attendant, vous pouvez découvrir sur le site d'ARTE l'interwiew de la réalisatrice.

A diffuser sans modération


 
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 18:30
Turkheim, le 8 février 2008.

 
Domaine Zind-Humbrecht
La taille dans le Heimbourg

C'était le 8 février dernier par un beau matin d'hiver alsacien, avec un ciel bleu azur et un froid qui pince. Dans le Heimbourg de Turckheim, Régis taille la vigne. C'est lui qui suit à l'année cette parcelle du Domaine Zind-Humbrecht. Ses collègues tirent et brûlent les bois, ce qui n'est pas une mince affaire quant ils sont entortillés dans les fils de palissage et que les vignes ne sont pas rognées. Quelques moutons profitent des premiers rayons de soleil au sommet du Heimbourg alors que d'autres semblent préférer la fraîcheur des coteaux encore à l'ombre.
 


 
 
 

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 10:24

Mittelbergheim, le 8 février 2008
 
 

Chardonnay


Valette-2.jpg



Bourgogne 2005 Olivier LEFLAIVE
(7,50 €)

Premier nez grossier marqué par les lies et surtout le SO2. En bouche le vin est végétal avec une finale amère et alcooleuse. Manque de structure, de maturité, de raisin…


Casiliero del Diablo Chardonnay 2006 Concha Y Toro Chili (7,20 €)

Le boisé est fortement marqué tant au nez qu'en bouche. Il apporte une puissance inutile à une matière faible. Rétro désagréable sur le soufre


Antono Chardonnay 2004 Casanova Chili (6,50 €)


Olfaction agréable sur une trame de fruits confits. La bouche est élégante, elle possède du gras et une belle acidité mûre et complexe. Repris en fin de dégustation, le nez s'est considérablement dégradé et affiche des notes peu engageantes qui me font revoir mon jugement initial sur ce vin.


Château Capion Le Colombier 2005 Vin de Pays de l'Hérault

Bouche alcooleuse et sans intérêt. Du bois, de l'alcool et rien d'autre.


Woodbridge Twin Oacks Chardonnay 2002 Californie (10 €)

Nez de caramel mou (malo) et d'hydromel. La bouche manque cruellement de structure et reste insipide, aqueuse avec une finale chaude.


Missionvale Chardonnay 2005 Bouchard Finlayson (20 €)

Du bois qui cache le végétal, du CO2. Sans intérêt, toutefois moins pire que le précédent.


Saint Véran lLes Mandeliers 2006 Domaine Combier

Enfin du vin et de la cohérence. Frais, aromatiquement simple, c'est un vin sans prétention mais parfaitement réussi. La finale saline est très agréable.


Pouilly Fuissé Alliance 2005 Daniel Barraud

Le nez est camphré et poussiéreux, la bouche manque de précision aromatique. L'acidité et l'amertume finale sont plus intéressantes. Le vin fait saliver et reste très fluide en bouche.


Pouilly Fuissé En Buland 2005 Daniel Barraud (25 €)

Olfaction qui rappelle le yaourt coco, belle attaque avec du gras et du vanillé, puis plus rien…
Finale tartrique et astringente qui termine sur l'aigre doux. Un vin déstructuré.


 
Quintaine.jpg



Mâcon Village Quintaine Guillemot Michel
Superbe matière bien annoncée par une olfaction de fruits mûrs. Vin pur, complexe et harmonieux avec son côté glycériné.


Viré Clessé 2002 Domaine Valette

Nez séducteur avec des notes fugaces de noix, de pierre et d'eau de vie. La bouche est superbe, dense, tendue et elle revient sans cesse. L'aération affine encore l'olfaction, le vin devient plus onctueux. Tout est parfaitement en place, l'acidité fine et mûre, la salinité minérale.


Mercurey Massenot 2001 Domaine du Clos Moreau

Bouche grossière, amertume marquée et finale sur le bois. Pas d'éclat, il est difficile de succéder aux 2 vins précédents.


Chardonnay 2005 Domaine de la Colombette

Nez réduit et vulgaire, bouche creuse qui finit sur le sucré.


Petit Chablis 1972 Auguste Moreau

Nez évolué avec des notes de miel. L'acidité du vin est d'un niveau rarement égalé. Pansement gastrique obligatoire.


Vendange de novembre 1998 Domaine des Chazelles

Nez réglissé et chaleureux, bouche décousue et sans intérêt pour ce Chardonnay récolté en surmaturité.


Le sujet est si vaste qu'il aurait été préférable de le scinder en plusieurs chapitres en s'en tenant par exemple, aux Chardonnay étrangers, aux Chardonnay français hors Bourgogne et hors Jura, au négoce bourguignon ou uniquement au Jura qui mérite à lui seul une soirée. Pour les terroirs bourguignons, une exploration plus précise par sous régions s'impose.


Les vins étrangers n'ont pas convaincu. Si ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble de la production des pays dont ils sont issus, ils le sont de ce que l'on peut trouver chez des cavistes et dans la grande distribution. Leurs rapports qualité prix n'ont rien de particulièrement attrayant et en dehors de l'exotisme et des étiquettes colorées, aucun intérêt.


Le négoce bourguignon s'est montré bien pâle au regard de ce que l'on est en mesure d'attendre d'une maison aussi réputée, il serait intéressant de porter un regard plus précis sur l'ensemble de sa production.


Le seul Jura présent s'étant révélé bouchonné, ce sont les vins des Domaines Valette et Guillemot-Michel qui ont nettement haussé le niveau avec de belles expressions mûres et des élevages élégants.

 
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 10:35
Westhoffen, le 14 février 2008


Le Vin de  la Saint-Valentin


Loew-14-02-08.jpg

De belles grappes parfaitement saines de Muscat,  Pinot  Noir  et  Pinot  Blanc,  récoltées  les  3 et  4  septembre 2007, sèchées sur un grillage dans un grenier bien aéré et pressées un 14 février 2008 jour de la Saint-Valentin. Troisième cuvée d'Etienne LOEW, à la façon d'un "vin de paille",  qui succède à celles réalisées sur les millésimes 1997 et 1999.


Toutes les grappes ont été soigneusement triées pour éliminer toute trace de pouriture avant d'être placées dans un pressoir pneumatique miniature de la marque BUECHER, mis à disposition par Jean-Louis KAISER, vigneron à Eichhoffen.


Des 500 kilos de raisins récoltés il n'en restait que 300 après passerillage, pour obtenir quelques 120 litres d'un jus aux 20 degrés potentiels qui va maintenant devoir fermenter.


 

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 20:25
Balbronn, le  6  février  2008


Marc ANSTOTZ
Vigneron à Balbronn


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Marc ANSTOTZ vient de recevoir une Médaille d'Excellence pour son Riesling Glintzberg à la dernière édition du Concours des Riesling du Monde. Ca tombe bien parce que je voulais parler de lui, mais surtout cela me fait réellement plaisir de voir son travail recompensé par ses pairs.


Bien sûr, Marc n'est pas un inconnu pour ceux qui s'intéressent de près à l'Alsace viticole et ce n'est pas un hasard si l'on trouve déjà ses vins chez des restaurateurs exigeants et des cavistes qui savent aller à la rencontre de nouveaux talents.


Mais la tâche n'est pas facile quand on ne possède pas de Grand Cru et que l'on travaille des terroirs peu connus de la Couronne d'Or, le vignoble proche de Strasbourg.


Marc possède 15 hectares de vignes répartis sur les communes de Balbronn et de Bergbieten. Il a commencé à travailler avec son père qui fut un des premiers à mettre en place un enherbement dès 1973. Enherbement semé et contrôlé à l'origine, inspiré par ses voisins écologistes allemands, très rapidement suivi par la mise en place d'un travail du sol après avoir constaté en 1976 que les vignes sur marnes n'avaient pas supporté la canicule. Depuis, la couverture végétale est le plus souvent naturelle et le travail de l'inter-rang et du cavaillon, généralisé.


Ses terroirs ont pour nom Westerweingarten (marnes du Keuper), Hinterkirch (marnes rouges sur sous-sol gréseux), Muhlweg et Glintzberg sur la commune de Bergbieten.
 

C'est justement un Riesling 2006 issu du Glintzberg qui vient de se voir récompensé. Il possède une olfaction retenue et toute en finesse sur une trame florale ainsi qu'une bouche fraîche et cristalline. L'acidité gourmande structure parfaitement ce vin, petit chef d'œuvre de délicatesse et de précision.


Seulement 1500 bouteilles sont disponibles en raison du faible rendement consécutif au tri sévère rendu nécessaire dans ce millésime. Fort heureusement, le 2007, encore en cuve, lui succédera avec brio et même selon moi, avec encore plus de classe. 


Fin décembre, je lui avais rendu visite alors qu'il commençait à tailler quelques parcelles. Je l'avais filmé pendant son travail de taille. J'y suis repassé cette semaine pour le féliciter et goûter quelques vins en cave.



 


Avec Etienne LOEW, Jean-Marie BECHTOLD, Les Frères SCHMITT et Jean-Jacques MULLER, Marc ANSTOTZ constitue une équipe soudée de vignerons sympathiques et bons vivants qui apportent du dynamisme à ce secteur moins connu de l'Alsace viticole. N'hésitez pas à leurs rendre visite, vous ne serez pas déçus.


Comme les autres Vignerons récompensés ces 2 dernières années par une Médaille d'Excellence, Marc ANSTOTZ sera présent pour faire déguster ses vins à la prochaine édition du salon EGAST qui se tiendra à Strasbourg du 9 au 12 mars prochain.

 
Domaine ANSTOTZ
51, rue Balbach
67310 BALBRONN
03 88 50 30 55
christine.anstotz@wanadoo.fr
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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 20:11
Turckheim, le  18  janvier  2008.


Tour  de  cave  chez  ZIND-HUMBRECHT


Zind-Humbrecht-3.jpg

Accompagnés par Alexandre GUTH, nous commençons la visite en nous rendant entre le Clos Jebsal et le Heimbourg sur la petite route qui monte vers le Grand Cru Brand. Responsable des Vignobles, Alexandre travaille au Domaine depuis presque 10 ans. Il est en charge, avec son équipe, des 40 hectares de vignes répartis du Clos Windsbuhl à Hunawihr jusqu'au Clos Saint Urbain du Rangen de Thann.


Les moyens humains mis à la disposition de la vigne sont impressionnants. Travaux du sol effectués un rang sur deux à la bêche lourde dans le Jebsal, chenillette et bêche légère dans le Heimbourg qui lui fait face. Cinq hectares sont travaillés au cheval, la vigne palissée à la main sur 6 fils. Bien entendu pas de rognage pour préserver les boutons terminaux qui sont les capteurs et les régulateurs hormonaux de la plante.


Conduites en biodynamie certifiée Biodyvin, les vignes sont soignées par des tisanes et des huiles essentielles dont l'efficacité n'est plus à prouver, tout particulièrement après les orages. Calendula, arnica, valériane et autres préparats sont pulvérisés sur l'ensemble du vignoble remarquable par sa densité de plantation qui va de 6000 à plus de 8000 pieds par hectare selon les parcelles.


Le choix d'apporter du compost est guidé par la volonté d'accentuer un caractère, la taille réalisée à lune montante ou descendante pour influer sur la vigueur de la plante. Chaque parcelle est affectée à un employé viticole qui la suit à l'année et peut ainsi juger de  la qualité de son travail.


Sur les flancs escarpés du Windsbuhl, un troupeau de moutons s'installe de la fin des vendanges à la mi-avril. Il apporte un équilibre à la vigne qui répond à la présence de l'animal.


Zind-Humbrecht-2.jpg

La nuit tombant, nous descendons à la cave, où Olivier HUMBRECHT est venu nous saluer, après avoir découvert le vendangeoir et ses  3 pressoirs pneumatiques qui permettent d'effectuer des pressurages longs, de 6 à 24 heures. Les cuves de débourbage situées sous les pressoirs recueillent les jus par gravité évitant ainsi un pompage toujours néfaste.


Tous les vins sont élevés en foudres, les vendanges tardives et sélections de grains nobles prenant place dans des demi-muids ou des barriques. Curieusement, pas de "riverle" (petit robinet en alsacien) pour tirer le vin en bas des foudres comme il est habituellement d'usage. Tous les vins seront tirés à la pipette par le trou de bonde, ce qui fera faire à notre hôte un bel exercice de grimpé d'échelle.


Aujourd'hui, les équilibres ne sont pas définitifs, beaucoup de fermentations sont encore en cours ou en sommeil avant de reprendre au printemps. Certains élevages peuvent être longs et on trouve encore quelques 2006 toujours sur lies.


Après un Zind 2007 tout en rondeur, nous attaquons une belle série de Riesling parfaitement secs. Le Gueberschwihr droit et précis n'a pas encore fait sa fermentation malolactique, le Turkheim affiche un beau croquant, tout comme le Brand  avec un supplément d'amplitude. Superbe Windsbuhl, austère dense et sec, Rangen riche, large et puissant avec un beau fruit minéral.


Retour sur quelques 2006 encore en cave dont un superbe Heimbourg expressif et minéral, puis nous passons aux Pinot Gris 2007.  Le Windsbuhl qui commence doux et finit sec, Rotenberg à la personnalité si marquée et toujours, pour finir, le Rangen onctueux et puissant mais pas facile à comprendre dans sa jeunesse.


Viennent ensuite les Gewurztraminer et pour terminer quelques vendanges tardives et sélections de grains nobles dont la SGN de Pinot Gris Jebsal 2007 récoltée le 25 septembre avec un potentiel de 236 oechsle et qui apporte la preuve que c'est par les méthodes culturales que l'on influence les maturités, dans un sens comme dans l'autre.


La qualité des raisins récoltés apporte aux vins un fond, une densité et une minéralité peu commune sur lesquels le Domaine a construit sa notoriété. Le travail dans les vignes est réellement passionnant et j'espère vous en proposer quelques exemples prochainement en vidéo.
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 19:00
Strasbourg, le  28 janvier  2008


Riesling du Monde


Riesling-du-monde-2.jpg

Onzième édition du Concours des Riesling du Monde toujours parfaitement organisée par Christine COLLINS, de Strasbourg Evénements, au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg.

Plus de 500 vins ont été soumis à un jury de vignerons, de sommeliers, de journalistes spécialisés et de personnalités de l'interprofession. Treize pays étaient représentés dont la Nouvelle Zélande, le Canada, les USA et une première participation cette année d'Israël.

 
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Le Domaine Tishbi est situé près de Zichron Yaacov au pied de la chaine montagneuse du Carmel le long de la côte méditéranéenne. Il a été fondé en 1984 par Jonathan Tishbi et produit des vins Casher issus de l'agriculture biologique. La cuvée de vendange tardive 2005 offerte à la dégustation en fin de concours  surprend par un boisé marqué et un style inatendu qui fait penser à un vin doux du Sud de la France.


Salle-Riesling.jpg
 
A ma table étaient servies des vendanges tardives du millésime 2004, dont une très belle Cuvée Caroline du Domaine Kuentz Bas à Husseren qui je l'espère sera récompensée.

Résultats consultables dans une petite semaine sur Riesling du Monde


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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 08:15
Albé, le 18 janvier 2008


Vins de  Schistes :  Albé
Christian  BARTHEL


Alb---2-R--duite.jpgAlbé vu du sommet du Steinacker

A 50 kilomètres au Sud de Strasbourg, la Vallée de Villé qui s'enfonce au cœur du massif vosgien, conduit au petit village d'Albé où l'on trouve une enclave viticole, souvent ignorée même par les alsaciens.


Pourtant ce vignoble de montagne est exceptionnel tant par sa situation géographique avec des plantations jusqu'à 500 mètres d'altitude que par la géologie des sols constitués de schistes de Villé et surtout par la beauté de ses paysages.


A la fin du XIXème siècle le vignoble d'Albé s'étendait sur 98 hectares, mais c'est le phylloxéra en 1902 et surtout l'industrie textile créatrice d'emplois qui précipita la récession des surfaces exploitées. Fort heureusement, sous l'influence de Monsieur Adrian, négociant en vins, l'AOC fut préservée dans les années soixante et aujourd'hui les vignes occupent encore quelques 50 hectares.


Compte tenu de l'altitude ainsi que de l'environnement forestier et de la fraîcheur qui en résulte, c'est historiquement le Pinot Noir en raison de sa précocité qui fut le cépage le plus planté. Géologiquement on y trouve des schistes de Villé identiques à ceux de Reichsfeld situé sur l'autre versant de l'Ungersberg.


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Albé

Le vignoble d'Albé est constitué de 5 lieux dits. Le Kirchberg avec ses 15 hectares orientés sud Est est la partie où l'on trouve les vignes les plus anciennes. Le Steinacker tourné vers le Sud Ouest a été replantéplus récemment, c'est à son extrémité que l'on trouve les vignes en terrasses. Dans son prolongement on trouve la parcelle du Sonnenbach. Le Schnurrenberg particulièrement raide et le Galgenrain dont une partie est à dominante argileuse sont situés à l'entrée du village de part et d'autre de la route qui mène à Villé.

Actuellement l'espace viticole est exploité par des pluriactifs qui vendent le raisin et par quelques vignerons de Dambach-La-Ville et de Blienschwiller. Christian BARTHEL est le seul vigneron local qui mette en bouteille.


Après 20 ans passés dans le secteur bancaire, Christian BARTHEL a décidé en 1997 de devenir vigneron. Aux 70 ares de vignes qu'il possédait alors en propriété, se sont ajouté les 90 ares détenus par son père ainsi que de nombreuses parcelles qui ont été achetées, défrichées et replantées pour arriver aujourd'hui à une surface de 7,5 hectares en production. Plus de 4 hectares sont plantés de Pinot Noir, le reste des surfaces étant occupées majoritairement par du Pinot Blanc Auxerrois, du Pinot Gris et un peu de Gewurztraminer et de Riesling.


Toutes les plantations proviennent de sélections massales et sans être certifié Bio, le travail dans les parcelles est respectueux des terroirs et de l'environnement. Les jeunes vignes sont butées, les sols parfaitement travaillés et les rendements plus que raisonnables.


Actuellement les vinifications sont réalisées chez Lorentz à Bergheim. En effet, Christian ne possède pas encore de cave mais celle-ci est en projet. Il attend seulement l'arrivée de ses fils qui suivent en ce moment des études de viti-oeno pour en lancer la construction.


Jeunes-vignes.jpgJeunes vignes butées

Le Pinot Blanc 2005 (5 €) fruité et gouleyant est un parfait vin de soif. Le Pinot Gris (6,50 €) du même millésime est vinifié sec. Il possède néanmoins une amplitude bien structurée et une belle acidité gourmande.


Mais c'est en goûtant le Pinot Noir d'Albé (6,50 €) que l'on comprend toute l'adéquation entre ce cépage et le terroir.


Le 2005 possède une trame tannique d'une grande finesse et surtout un joli fruité qui tend vers l'acidulé. Le vin est dense, sans surextraction et possède la grande qualité de très bien vieillir comme le montre la dégustation d'un millésime 2000. On découvre alors un vin qui a gagné en profondeur avec des tannins d'une douceur plaisante, une aromatique agréablement kirchée et une minéralité saline qui allège le vin.


Je dois avouer que ce Rouge d'Albé possède une réelle identité qu'il serait dommage de voir disparaître et souhaite à Christian BARTHEL de poursuivre avec autant d'enthousiasme la réhabilitation de ce terroir magnifique où il serait intéressant de réussir à implanter sur les parcelles les mieux exposées des plants de Riesling qui révèlent parfaitement la minéralité des terroirs schisteux.


Terrasses-schistes.jpgTerrasses à l'extrémité du Steinacker

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 18:54
Mittelbergheim,  le  15  novembre  2007


Minéralité


D-Lefebvre.jpgDavid LEFEBVRE

Le 15 novembre dernier au cours d'une sympathique soirée organisée par les Vignerons de Mittelbergheim au Restaurant GILG, David LEFEBVRE, œnologue et journaliste à l'Est Agricole, nous a sensibilisé à l'importance de la minéralité dans le vin.


Pour cela, tout au long de l'excellent repas accompagné de Sylvaner tirés de l'oenothèque du village, il nous a fait goûter 2 eaux dans lesquelles étaient ajoutées, chaque fois en quantité équivalente, différentes solutions. Les eaux n'avaient pas été choisies au hasard, mais en fonction de leur teneur en minéraux.


Ainsi la Contrex avec 1700 mg/l de sels minéraux était comparée à une eau particulièrement douce, la Mont Roucous. L'expérience fut aussi inhabituelle que convaincante.


Si 15 grammes de sucre dilués dans la Mont Roucous apportent une sucrosité certaine, le même sucre combiné au minéral de la Contrex donne plutôt une impression de menthol sans sensation sucrée. Par un phénomène d'oxydoréduction, les minéraux ont modifié la perception des sucres et l'ont rendue tout à fait acceptable.


Avec 5 gr/l d'acide tartrique ajouté, la perception de l'acidité parfaitement enrobée par les minéraux est agréable dans la Contrex alors qu'elle est vive, saillante et dure dans la Mont Roucous.


L'ajout de tannins provoque 2 effets. Le premier est visuel, car on remarque que la Contrex est plus sombre que la Mont Roucous, la présence minérale ayant intensifié la couleur. D'autre part, la Mont Roucous se goûte avec bien plus d'astringence que la Contrex. Enfin, la même quantité d'alcool est difficile à supporter dans la Mont Roucous alors que sa présence est tout à fait tolérable dans la Contrex.


Démonstration faite, il apparaît très clairement que la tolérance à l'alcool, aux sucres, à l'acidité et aux tannins est largement dépendante de la présence du minéral. La minéralité se mesure en pesant les cendres obtenues en brûlant les extraits secs du vin. Quand on sait que certains vins peuvent posséder jusqu'à 5000 mg/l de sels minéraux, on comprend mieux l'importance de la présence minérale dans la perception des différents éléments constitutifs du vin.


De quoi interpeller les nombreux vignerons présents ce soir là, sur l'importance d'un travail intelligent des sols et d'un mode cultural soigné pour apporter aux vins cette présence minérale.


Parmi les vins que nous avons goûtés, j'ai particulièrement apprécié les deux Sylvaner du millésime 1991 des Domaines KLEINKNECHT et WITTMANN, tous les deux pourvus d'une pureté minérale saline et d'une belle tenue en bouche. Le Sylvaner Grand Cru Zotzenberg du Domaine GILG avec son nez subtil de fruits rouges et son acidité gourmande était fort éloquent, tout comme dans un tout autre registre, le Sylvaner liquoreux "El Diablo" 2000 de l'irréductible Albert SELTZ.

 
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