Lundi 2 novembre 2009




De passage en Alsace, Bertrand HABSIGER, ancien sommelier d'établissements étoilés tels que l'Arnsbourg, la Chenaudière et le Valet de Coeur, a apporté avec lui pour nous les faire découvrir, les dernières productions de la Fattoria Di Caspri, jeune Domaine Toscan dont il a assure la direction depuis 3 ans.


Située à 50 kilomètres au Sud de Florence entre Sienne et Arezzo, la propriété compte 6 hectares de vignes dont seulement 4 sont en production actuellement et 9 hectares d'oliviers. L'encépagement est majoritairement constitué de Sangiovese ainsi que d'autres cépages autochtones moins connus comme le Ciliegiole, le Canaiolo ou le Trebbiano Malvoisia.


Depuis la reprise du Domaine en 2006, les vignes sont soignées en biodynamie grace aux conseils éclairés d'un consultant de choix puisqu'il s'agit de Patrick MEYER.


Après des cuvaisons de 3 à 5 semaines réalisées en vendange entière  dans des cuves tronconiques en bois de 15 hectolitres, les vins sont élevés en barriques et demi muids sans ajout de soufre pendant 18 à 22 mois, puis mis en bouteille sans filtration et sans apport de sulfites.


Le Rosso Di Caspri est un 100% Sangiovese issu de vieilles vignes de plaines et de jeunes vignes de coteaux. Comme les autres 2008 que nous découvrirons ce soir, il a été tiré du fût il y a quelques jours avant de réaliser un périple de plus de 700 kms qui ne semble pas l'avoir affecté. Du fruit, une puissance mesurée qui s'exprime dans une bouche relâchée, tendue et sans creux. Le vin est simple, rustique dans le bon sens du terme avec une palette d'arômes singulière sans boisé sensible. L'accent est mis sur la fraîcheur et la gourmandise immédiate avec une belle finale réglissée et parfaitement nette.


Le Poggio Cuccule est issu de vieilles vignes de Sangiovese provenant du lieu dit éponyme. Le 2008 est remarquable par sa trame tannique d'une extrême finesse et d'une intense densité. L'expression est épurée avec beaucoup de fond et de profondeur et la marque du terroir bien présente . Le millésime 2007 qui a été embouteillé il y a une semaine semble perturbé par la mise. On retrouve cependant la même finesse dans la structure et aucune lourdeur en bouche malgré la puissance du vin.


Surprenant Cilliegiolo, assemblage de Giliegiole et de Canaiolo, un vin dont la production trop confidentielle a tout pour me plaire par son côté "décalé" qui me fait penser par certains côtés à un Pinot d'Aunis. Une bouche épicée et pimpante, un vin nerveux à la finale réglissée qui se prolonge par un retour sur les épices. Intense sensation de fraîcheur pour un vin sans détour à boire à l'ombre d'un olivier sous le soleil toscan.


La cuvée de blanc Luna Blu 2007, issue de Trebbiano Malvoisia, est déclinée en 2 versions selon qu'elle a fait l'objet d'une macération de quelques jours ou pas. Plus de gras et de cohérence dans la cuvée macérée qui elle aussi vient d'être mise en bouteille il y a quelques jours. Des vins au caractère "space" comme aime à le souligner Bertrand.


La progression des vins sur les 3 millésimes qu'il m'a été donné de découvrir est remarquable car le travail mené dans les vignes porte ses fruits. Élaborés dans un esprit "nature", les vins sont précis, justes et évidents. Ils possèdent la typicité et le caractère singulier que l'on attend de cette région,contrairement à la mode qui pousse de nombreux toscans à vouloir produire des copies de Bordeaux. Les tarifs sont actuellement, et je l'espère encore pour longtemps, très doux.


Ce compte rendu serait incomplet si j'oubliais de souligner également la grande qualité de l'huile d'olive non filtrée, obtenue par une réelle extraction à froid.


Alors Caspri, c'est pas fini*, et c'est même très prometteur.


*Je sais c'est très facile, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.


Fattoria Di Caspri
Strada Vicinale da Ucerano
Frazione Rendola
Localita Caspri
52025 Montevarchi

Contact  : bhabsiger(at)fattoriadicaspri.com


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Jeudi 29 octobre 2009



 
 
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Samedi 24 octobre 2009








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Lundi 19 octobre 2009

Monsieur HUGEL,

 

Il y a des discours que j’ai du mal à accepter surtout lorsqu’ils sont tenus sur des médias étrangers, par ceux qui sont sensés défendre la notoriété de la viticulture alsacienne et profitent des efforts considérables de l’interprofession pour promouvoir les vins d’Alsace à l’étranger. C’est le cas de vos récentes déclarations publiées dans la revue DECANTER afin de justifier les raisons qui font que vous ne revendiquez pas les terroirs dont vos vins sont issus.

 

Alors que la viticulture française doit faire face aux attaques menées sur différents fronts par les cercles hygiénistes et par le libéralisme de la commission européenne, alors que les marchés à l’export sont davantage confrontés à la crise, quel l’intérêt peut trouver un négociant alsacien réputé, à critiquer avec virulence les Grands Crus d’Alsace « qui manqueraient de crédibilité et d’ambition ».

 

La plupart des vignerons font preuve de beaucoup de générosité, de conviction et d’idéalisme dans leur démarche, cependant leur activité comme la vôtre reste soumise à des contingences commerciales. Que ces contingences se soient manifestées lors de la création de l’AOC Alsace Grand Cru n’est pas surprenant mais de là à opposer un négociant vertueux dont la démarche est fondée sur l’éthique à une bande de vignerons aux intentions bassement mercantiles, c’est un peu forcer le trait et laisse supposer que vous possédez le monopole de l’éthique.

 

Si les Grands Crus « manquent d’ambition » alors pourquoi n’avez-vous pas montré la voie à l’intérieur du système au lieu de vous réfugier dans une AOC Alsace encore moins contraignante ?

 

Fort de vos 370 années d’expérience, vous auriez pu servir vos terroirs par une viticulture plus exigeante et plus respectueuse de l’environnement que ne le demandent les textes, comme le font certains de vos collègues engagés dans la démarche terroir et ardents défenseurs du vignoble. Vous auriez aussi pu ne revendiquer que les parcelles que vous jugez dignes de faire partie des Grands Crus historiques du Sporen et du Schoenenbourg. Cette démarche aurait été tout à votre honneur et ce devoir d’exigence vous aurait alors placé dans une position incontestable.

 

Non Monsieur HUGEL je n’accepte pas votre discours qui consiste à dénigrer l’Alsace à l’étranger. Cela ne vous sert pas, cela ne sert pas le vignoble et moi qui ne suis pourtant qu’un alsacien d’adoption, ça me gêne.

 

Philippe BON

 

 

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Dimanche 18 octobre 2009



Première édition du Mondial de la Bière ce week-end à Strasbourg. Ceux qui se souviennent  des dernières éditions d'Eurobière regretterons le faste passé, mais l'objectif que s'est donné l'organisation de privilégier les bières artisanales du monde entier est atteint.




Par chauvinisme je me suis surtout attardé autour des stands des brasseries locales qui je dois l'avouer m'ont réservé de belles surprises. En dehors du poids lourd local METEOR qui produit des bières de qualité il y avait également des micro brasseries qui méritent d'être découvertes.




La Brasserie LAUTH de Scharrachbergheim faisait déguster '"l'Eté Indien" Une bière fruitée et désaltérante brassée avec 5 malts et aromatisée aux pêches de vigne et au miel de châtaigne.

Christian ARTZNER , Maître brasseur de la toute jeune brasserie PERLE de Strasbourg, présentait une bière spéciale élaborée pour l'occasion et  baptisée "La Mondiale" puisque brassée avec des épices,des malts et des houblons venant des 5 continents. Le premier brassin de bière PERLE en bouteille pourra être dégusté le samedi 7 novembre prochain de 10 heures à 19 heures au Village de la Bière, 22 rue des Frères à Strasbourg.




Autre coup de coeur, la Brasserie de Lobsann, petite localité située au Nord de l'Alsace tout près de Soultz-Sous-Forêt. Un gamme de bière impressionnante avec des Blondes, des Ambrées, des Blanches et des Brunes, déclinées en version Village, Maison ou Garde selon le degré d'alcool. Tous les échantillons goûtés présentent un équilibre et une finesse extrême, obtenue par de savants assemblages de malts. La production est encore confidentielle mais l'esprit dans lequel les bières sont élaborées me convient parfaitement. J'espère dans un proche avenir vous en parler plus en détails.


Brasserie LOBSANN
4 bis rue Principale
67250 LOBSANN
03 88 80 53 68

Bière Artisanale PERLE
12 rue Aubry et Rau
67000 STRASBOURG
06 89 84 30 41

Brasserie LAUTH
63 route Principale
67310 SCHARRACHBERGHEIM
03 88 50 66 05
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Mardi 13 octobre 2009



Depuis hier, Vin-Terre-Net est en ligne. Site de pur contenu destiné aux amoureux du vin et de son univers, il est alimenté par une équipe de passionnés à qui je transmets mes félicitations et mes encouragements.

Pas encore de rubrique Alsace mais celà ne saurait tarder.

Nouveau venu également sur le net, le blog de Laurent LALOUETTE consacré aux vins de Loire : Ma Passion des Vins de Loire.

Et puis pour ceux qui ne le connaissent pas encore, bien qu'il soit maintenant en ligne depuis presque un an, le nouveau site du CIVA (Comité Interprofessionnel des Vins d'Alsace).

Sans oublier Nature et Ressenti, le blog de Régis AMBEIS, spécialiste de la géobiologie et de la biodynamie.

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Mercredi 30 septembre 2009




Une autre journée de vendanges, tout d'abord avec Christian BINNER qui rentre ses Pinot Gris de plaine avant d'attaquer les coteaux au courant de la semaine. La situation est extrêmement variable cette année selon les secteurs géographiques. La Hardt de Colmar souffre de blocages de maturité alors que le Nord du vignoble semble bien s'en sortir.




A Dambach-la -Ville, Florian BECK-HARTWEG encadre une équipe de vendangeurs particulièrement dynamique qui semble posséder un répertoire étendu de chansons en tous genres.




A quelques kilomètres de là, Armand LANDMANN rend visite en voisin à Patrick MEYER et c'est dans la cave d'Armand que se termine la soirée autour de quelques bouteilles de Riesling et Sylvaner.



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Dimanche 27 septembre 2009

Marc ANSTOTZ


Bien que nous soyons déjà en automne, l'été n'en finit pas. Il y a bien longtemps que nous n'avons pas eu un aussi beau temps pendant aussi longtemps. J'en profite pour faire une grande ballade à travers le vignoble avec pour objectif d'aller jusqu'à Nothalten et même pourquoi pas de pousser jusqu'à Châtenois.

Tout d'abord direction Bergbieten où les frères SCHMITT décuvent le Pinot Noir. Comme pour beaucoup de leurs collègues, cette opération est souvent délicate car les vignerons alsaciens ne sont pas toujours équipés d'un matériel adapté qui simplifierait la tâche. Alors il faut beaucoup d'ingéniosité et de bonne humeur pour s'en sortir, mais ça marche quand même.


Etienne LOEW


A quelques kilomètres de là, à Balbronn, Marc ANSTOTZ colle les étiquettes de ses cuvées photosensibles qui seront dégustées mardi 29 septembre à 18 heures 30 à la Maison de la Région Alsace à Strasbourg. Il faut saluer cette initiative qui a fait rencontrer le collectif des photographes de Chambre à Part et les vignerons de la Couronne d'Or. En associant la photographie à l'image du monde viticole, les photographes nous invitent à partager l'émotion et les sensation que dégagent les vins qu'ils ont dégustés. Tous les travaux sont remarquables, comme le prouve cet aperçu sur le site de Philippe COLIGNON.


Riesling Kastelberg


Toujours dans Couronne d'Or, Etienne LOEW vendange son Muscat "les Marnes Vertes" issu d'une parcelle située entre Westhoffen et Balbronn. Parfaite vendange de raisins d'une extrême qualité sanitaire qui produiront une fois de plus un Muscat qui s'arrachera aussitôt mis en bouteille.

Après un casse-croûte au sommet du Kastelberg pour profiter du soleil, je rejoins Antoine KREYDENWEISS pour goûter quelques 2008 qui viennent d'être mis en bouteille la semaine dernière. A cette occasion je découvre la nouvelle étiquette qui habillera le millésime 2008, mais je parlerai de tout cela en détails prochainement. Ce qui est certain, mais ce n'est pas une surprise, c'est que le millésime 2008 s'annonce royal.


Antoine KREYDENWEISS


Ensuite, direction Mittelbergheim pour faire un tour de cave avec Jean-Pierre RIETSCH et découvrir les quelques vins du millésime 2009 qui ont été rentrés jusqu'à présent : base Crémant, Muscat, cuvaison de Pinot Noir  en vendange entière et aussi quelques 2008 dont un Riesling non filtré et non sulfité.


Jean-Pierre RIETSCH


Nous retrouvons ensuite à quelques uns chez  Lucas RIEFFEL et c'est ici que se terminera cette belle journée dans le vignoble. Difficile pour l'instant de se prononcer sur le millésime 2009, les jus se goûtent bien sans déviation aromatique et avec des acidités marquées mais sans excès. Le beau temps est annoncé pour encore une petite semaine aussi  je suppose que la semaine prochaine sera animée.


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Mercredi 23 septembre 2009



La semaine dernière ce sont principalement les Pinot Blanc et les Auxerrois destinés au Crémant qui ont été rentrés, pour les autres cépages pas de précipitation. Les premiers Pinot Noir sont en cuvaison comme chez Lucas Rieffel et chez Jean-Marie Bechtold qui ont fait le choix d'inclure un pourcentage respectif de 80 et 30% de vendange entière.

Les jus sont parfaits, précis avec de beaux arômes de framboise pour l'Obere Hund de Jean-Marie, les acidités semblent être au rendez vous mais nous n'en sommes qu'en tout début de fermentation.

Après un mois d'août chaud qui laissait craindre une chute des acidités, la fraîcheur des premières nuits de septembre a rassuré les vignerons. Cependant depuis quelques jours les températures diurnes et nocturnes redeviennent élevées avec en plus un air chargé d'humidité. En une semaine on constate surtout dans les Pinot Gris la présence de foyers de pourriture avec parfois de l'acétique. Il faudra donc être vigilant et peut être ne pas attendre trop pour rentrer les cépages les plus fragiles.

Du côté des Riesling pas de crainte actuellement. Cette semaine les choses devraient s'accélérer, Etienne Loew a en principe commencé mardi.


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Vendredi 11 septembre 2009

Pinot Noir Oberehund

Je reprends avec son autorisation l'article de David LEFEBVRE, publié ce jour dans "l'Est Agricole et Viticole", qui apporte un éclairage intéressant sur le millésime 2009 en Alsace.

 

"A douze degrés d’alcool potentiel, les vignes sont encore bien vertes observent de nombreux vignerons d’Alsace. Ils s’inquiètent  des déséquilibres gustatifs provoqués par le changement climatique entre les dimensions minérales et organiques du vin.

 

Comme les années précédentes, de nombreux vignerons estiment devoir attendre plusieurs semaines encore avant d’arriver à la maturité physiologique, c’est-à-dire une maturité où l’on récolte des grappes mûres, complètement colorées, dont les baies se détachent facilement du pédicelle, dont les pépins sont bien lignifiés.

 

Le problème est que de telles maturités abouties et complètes sont chronologiquement de plus en plus en décalage avec la maturité technologique qui se fonde sur la teneur en sucre et en acide. Pour les gewurztraminers, comme pour les pinots gris, il faut souvent attendre, selon les terroirs et les viticultures, 14° ou plus pour avoir des grappes complètement vérées. Le millésime 2009 n’échappe pas à la règle. De nombreux viticulteurs aimeraient voir leur vigne de parer des belles couleurs automnales quand le pinot ou le gewurztraminer titrent déjà 12° or, elle reste bien trop verte.

 

La vigne, comme la betterave sucrière ou le maïs, produit de plus en plus de sucres, une comparaison physiologique qui n’est pas du goût des amateurs et producteurs de vin de gastronomie, mais qui est une réalité physiologique, et une conséquence du réchauffement climatique et plus précisément de l’augmentation exponentielle de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère. Ce carbone, dont les excès proviennent à l’origine des gisements carbonifères, est séquestré par la plante, grâce à la photosynthèse, sous forme de sucre, de cellulose, etc.

 

Lorsque la maturité physiologique dans les années 70-80 était obtenue vers 11° ou 12° d’alcool potentiel, elle l’est désormais plutôt vers 13,5° ou 14°.

 

La maturité technologique qui tient compte de l’alcool potentiel et de l’acidité renseigne pour sa part sur la quantité des principaux composés carbonés (organiques), acides et sucres, accumulés dans la baie.  Au final, on retrouve ces composés carbonés dans le vin et ils forment l’extrait sec.

 

Pour les vins dont la qualité est construite sur l’extrait sec, ce qu’on nomme aussi la concentration, cette évolution physiologique de la vigne est une aubaine. Plus sucrés, plus riches en alcool, peut-être même plus aromatiques, les vins d’Alsace sont de mieux en mieux perçus sur ces critères de qualité. Et même parfois, ils tournent à l’excès en voyant les débats qui agitent le vignoble sur la sucrosité par exemple. Le vinificateur doit souvent choisir entre des excès d’alcool ou de sucre s’il veut des vins de raisins physiologiquement murs.

 

Sucres, arômes, couleur, tanins, polyphénols constituent ce que les dégustateurs professionnels appellent aussi la dimension horizontale, le corps du vin. Quant à sa dimension verticale, elle reste une notion assez floue. On constate simplement, à rendement équivalent, qu’un bourgogne à mi-côte, sur des parcelles caillouteuses, a plus de verticalité qu’un vin de la plaine, sur sol profond et riche. Cette verticalité, ce squelette, cette persistance finale, ce que certains nomment la minéralité n’a malheureusement pas encore de réalité analytique. Pourtant, deux bourgognes de composition identique en composés organiques, acides, polyphénols, alcool, mais l’un provenant de la côte et l’autre de la plaine, seront goûtés différemment.

 

Quelques études sur les constituants minéraux ont tenté de lever cette énigme gustative de la verticalité, en vain. Les ouvrages œnologiques de référence sont extraordinairement discrets sur le sujet. Une analyse du rapport (cendres – [potassium])/Extrait sec pourrait peut-être renseigner sur cette fameuse minéralité car les sels minéraux contenus dans les cendres confèrent la sapidité, dimension gustative en opposition avec l’insipidité. Le potassium devant être écarté car sa teneur est variable avec le pressurage. Elle est donc plus fonction de paramètres œnologiques que viticoles.

 

Avec l’augmentation de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère, les raisins s’enrichissent en composés carbonés. Une expérience menée à Geisenheim avec des rieslings placés sous cloche d’atmosphère contrôlé en CO2 l’a démontré. Parallèlement, les teneurs en éléments minéraux - qui ne peuvent provenir que des sols - n’ont pas forcément évolué durant ces dernières années. Cependant, des vignerons comme Patrick Meyer s’inquiètent du changement de fonctionnement des sols sous l’effet du réchauffement. Une des conséquences analytiques du changement climatique serait d’observer l’évolution de ce rapport (cendres – [K+])/Extrait sec.

 

Conséquence gustative du réchauffement : les vins ont peut-être gagné en concentration, mais pas forcément en légèreté. On parle alors de vin “bodybuidés” et manquant de squelette (minéraux) pour arriver à un équilibre. Alors des vignerons comme René Muré diminuent leur surface foliaire afin que la vigne “capte” moins de carbone. 

 

La concentration a longtemps été le principal paramètre de notation des vins, notation de type Parker, avec bien sûr, en plus des appréciations sur la précision des arômes, le soyeux des tanins, la douceur des acides, etc. Signalons que ce type de dégustation ne s’attache à noter, à ne qualifier que la dimension organique du vin. Pour ce qui est de sa dimension minérale, les appréciations se résument au mot “minéralité”.

 

Les sels expriment pourtant de grandes différences. Seulement, notre palais n’est éduqué qu’au chlorure de sodium, comme il l’est d’ailleurs au sucre. Pourtant, tous les goûts salés sont dans la nature. Par exemple entre un sel métallique, un sel de sodium, de magnésium, de potassium ou de calcium et de bien d’autres éléments de la classification, présents en quantité infinitésimale mais pas anodine, les salinités sont très différentes, les unes sont douces, les autres agressives, asséchantes. Les cendres représentent dans le vin de 1,5 à 4 g/l, une quantité de sel qui donne forcément plus ou moins du goût et qui ne peut être ignorée."

 

 

David Lefebvre





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