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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 20:54

 

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C’est finalement au décret du 20 novembre 1975 que l’on doit la définition de l’appellation d’origine contrôlée Alsace Grand Cru qui va consacrer la notion de terroir telle que nous la connaissons actuellement. Ce texte va modifier fondamentalement la notion de Grand Cru en la fondant non plus uniquement sur un degré minimum naturel mais en la liant avec la notion de terroir d’origine comme en Bourgogne.

 

A l’origine de ce projet, une étude commandée au début des années 70 par le CIVA sur la hiérarchérisation des vins d’Alsace et dont il ressortait la nécessité de démassifier la production afin de la valoriser. Mais comment réaliser cette démassification ?

 

Les coopératives proposèrent de commercialiser des vins vieux de qualité, mais cette option ne fut pas retenue. Une nouvelle fois, c’est Marcel BLANCK qui prend l’initiative de faire reconnaître une Appellation d’Origine Grand Cru qui s’appuie sur des règles strictes de production et la délimitation de terroirs propres à produire des vins de qualité. Le négoce s’oppose dans un premier temps à ce projet jugé trop contraignant et qui l’empêcherait de continuer à commercialiser des Grands Crus d’assemblage comme il est d’usage jusque là.

 

Jean HUGEL Père, à qui il fait part de son projet, reconnaît que si l’idée semble bonne, elle est cependant vouée à l’échec car il considère que ce système va compliquer les choses du point de vue commercial et que d’autre part les noms à consonance allemande des terroirs alsaciens ne sont pas porteurs.

 

Cependant, Marcel BLANCK réussit à convaincre Xavier EHRHART et Pierre GRESSER, respectivement Directeurs des coopératives d’Eguisheim et de Bennwihr mais aussi Georges LORENTZ, négociant à Bergheim, et quelques autres, de le suivre dans cette voie. Le projet devient alors collectif. Il est proposé à l’INAO qui dans un premier temps le prend en considération avec réticences mais en confie tout de même l’instruction à M. VEDEL. C’est lui qui convaincra la commission permanente de l’INAO de l’intérêt de cette démarche et permettra qu’elle aboutisse.

 

S’engage alors une longue période au cours de laquelle de dures négociations seront menées tant avec l’INAO qu’avec les services de la Répression des Fraudes basés rue de Bourgogne à Paris et qui aboutira à la rédaction finale du décret.

 

Il reste cependant à définir quel sera le premier terroir consacré au rang de Grand Cru. Marcel BLANCK se souvient que son intention initiale se portait vers le Schoenenbourg dont la notoriété était déjà bien établie. Mais après plusieurs rencontres avec les vignerons du cru, il dû se résoudre à renoncer à ce choix dans la mesure où les vignerons de Riquewihr considéraient que l’ensemble du ban de leur commune devait être classé en Grand Cru et que d’autre part, ils refusaient énergiquement toute restriction sur les rendements. Après une seconde fin de non recevoir de la part des vignerons d’Ammerschwihr, dont le Kaefferkopf portait déjà le titre d’appellation, il se tourna alors vers le Kirchberg de Barr. Mais il n’y avait pas assez de producteurs et de négoces importants pour soutenir la reconnaissance de cette nouvelle appellation et le projet n’eut pas de suite.

 

C’est donc tout naturellement qu’il s’orienta vers le Schlossberg de Kaysersberg qui avait fait l’objet d’une première délimitation quelques 50 ans plus tôt et surtout parce que les vignerons du secteur de Kaysersberg et de Kientzheim ne s’opposaient pas à des conditions plus rigoureuses en termes de rendement.

 

Le décret rédigé par l’AVA et Madame BIENAYME alors responsable juridique à l’INAO, fut finalement publié le 20 novembre 1975. Certains ont pu reprocher à Marcel BLANCK d’avoir élaboré ce texte en catimini ce dont il se défend. Cependant il faut bien avouer qu’au milieu des années 1970, la notion de Grand Cru n’intéressait pas grand monde. Son évocation n’éveillait alors dans le milieu viticole local, au mieux, un intérêt mesuré, au pire, un rejet total. Aussi il est nécessaire une fois de plus de rendre hommage à ceux dont l’acuité et la pertinence de l’analyse ainsi que la capacité à anticiper ont permis de construire une viticulture moderne et qualitative telle que nous la connaissons aujourd’hui.

 

Ce décret définit avec précision les conditions requises afin de pouvoir bénéficier de l’appellation d’origine Alsace Grand Cru. Elles sont au nombre de huit et imposent que les vins qui portent cette appellation :

 

-          Répondent à la réglementation de l’appellation d’origine contrôlée Alsace ou Vin d’Alsace.

 

-        Soient issus de vendanges récoltées à l’intérieur de l’aire de production des vins à appellation d’origine contrôlée Alsace dans des aires préalablement délimitées par des experts nommés par le comité directeur de l’INAO.

 

-          Proviennent des cépages Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris et Muscat.

 

-        Proviennent de moûts contenant avant enrichissement 187 grammes de sucre naturel par litre et présenter un titre alcoométrique de 11° minimum pour le Gewurztraminer et le Pinot Gris et respectivement 170 grammes de sucre et 10° d’alcool au minimum après fermentation pour le Riesling et le Muscat.

 

-     Satisfassent à des conditions de rendement de 70 hectolitres par hectare de vigne en production. Un plafond limite de classement de 20% est prévu.

 

-         Soient issus exclusivement d’un des cépages énumérés précédemment et provenir d’une même récolte. La mention de cépage et celle du millésime doivent figurer conjointement avec le nom de l’appellation Alsace Grand Cru sur les étiquettes et documents d’accompagnement.

 

-         Aient satisfait aux examens analytique et organoleptique des vins d’appellation d’origine contrôlée.

 

-       Ne soient pas déclarés après récolte et répondent à des exigences d’étiquetage qui imposent que les dimensions du nom de l’appellation soient en hauteur et en largeur au moins égales à la moitié de celles de toutes les autres mentions figurant sur l’étiquette.

 

On peut regretter que le Pinot Noir n’ait pas été retenu dans la liste des cépages nobles pouvant prétendre à l’appellation Grand Cru, comme cela était initialement souhaité. Cependant les échantillons de vins issus de ce cépage qui avaient été présentés à l’époque n’avaient pas réussi à convaincre le jury de l’INAO.

 

L’article 7 précise que « l’appellation d’origine Alsace Grand Cru peut être accompagnée du nom des lieux dits désignés dans un tableau » qui figure dans l’article, lorsque les vins en cause en sont issus et proviennent des cépages déterminés dans le cadre général du décret. Dans ce tableau ne figure alors que le lieu dit Schlossberg sur les communes de Kaysersberg et de Kientzheim.

 

L’usage conditionnel induit par le terme « peut être » dans la rédaction de l’article 7 n’est pas neutre. Il est révélateur des tensions qui existaient alors entre les producteurs indépendants et les négociants, car ces derniers souhaitaient alors pouvoir continuer à produire des grands crus d’assemblage sans qu’ils soient issus d’un terroir unique. Ce « peut être » aura également un autre impact, comme nous le verrons plus tard, en induisant une dichotomie dans l’esprit du président de la commission chargé de la délimitation de ce premier Grand Cru.

 

Enfin, un article stipule que pendant une période transitoire, l’usage de l’expression Grand Cru, telle que définie dans le décret de 1971, reste possible. Il semblait indispensable, le temps de permettre la mise en place d’autres Grands Crus, de faire cohabiter anciennes et nouvelles dispositions.

 

La parution du décret à la fin d’une année marquée par les tensions générées par l’opposition entre l’AVA et l’ADIVA, ne suscite que peu d’enthousiasme dans le milieu viticole comme dans la presse agricole locale qui relate l’évènement en quelques brèves lignes.

 

 

A suivre : La délimitation du Grand Cru Schlossberg

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 12:00

 

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Combien de sarcasmes pour les premiers qui s’astreindront à ces disciplines, puis combien de jaloux ou d’opportunistes qui en tireront profit.

 

Marcel BLANCK,

le 3 décembre 1975, au sujet de l’Appellation d’Origine

Contrôlée Alsace Grand Cru qui venait de naître.

 

 

1945 : La Dénomination Grand Cru

 

C’est dans l’ordonnance du 2 novembre 1945 qu’il est fait état pour la première fois de la dénomination Grand Vin ou Grand Cru. On peut être surpris de voir apparaître ces termes dans un texte de loi, puisque auparavant il n’avait jamais été fait usage d’une telle désignation en Alsace. Cependant, les étroites relations qui liaient les responsables viticoles d’Alsace et de Bourgogne dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale, expliquent qu’aux cours des travaux d’élaboration du statut des vins d’Alsace il ait été souhaité d’introduire cette notion.

 

Les années 30 avaient pourtant vu deux délimitations à caractère juridique s’opérer. Le Kaefferkopf et le Sonneglanz furent délimités respectivement par Louis RIEDER et Fernand ORTLIEB sans pour autant que l’on qualifie ces zones de grand cru. Quelques années plus tôt en 1927, les vignerons du secteur de Kaysersberg avaient également mené une réflexion qui concernait la reconnaissance d’une zone qualitative destinée à devenir une appellation Schlossberg, dont le périmètre fut arrêté par M. RIEDER qui dirigeait alors l’antenne régionale de la Répression des Fraudes.

 

L’ordonnance de 1945 n’ira cependant pas jusqu’à définir une notion de Grand Cru à la bourguignonne en s’appuyant sur le lieu-dit délimité. La dénomination Grand Cru ou Grand Vin sera simplement destinée à qualifier un vin de qualité supérieure. Ne peuvent y prétendre que les vins issus des cépages dits nobles, possédant avant enrichissement un minimum de 11° potentiel.

 

Les cépages considérés comme nobles sont pour les blancs : le Traminer, le Riesling, le Pinot, le Clevner, le Muscat, le Sylvaner ainsi que leurs variétés. Comme il n’est pas fait de distinction en ce qui concerne les cépages produisant des vins rouges entre cépages nobles et cépages courants, on peut considérer que le Pinot Noir fin et ses variétés ainsi que le Pinot Meunier auxquels il est fait référence peuvent prétendre au rang de cépage noble.

 

L’ordonnance précise en outre que les vins « de cette espèce » ne pourront être embouteillés que de dans des bouteilles d’origine dite à vin du Rhin.

 

Cependant l’usage de ces dénominations est resté à tel point confidentiel voire inexistant qu’il m’a été impossible pour le moment de retrouver trace de vins d’Alsace portant la dénomination Grand Cru ou Grand Vin pendant la période allant de 1945 à 1971 alors qu’il n’était alors pas rare de rencontrer des vins avec l’indication de leur lieu dit cadastral d’origine.

 

 

1971 : L’Expression Grand Cru

 

Il faudra attendre l’important décret du 30 juin 1971 relatif à l’appellation contrôlée Alsace pour que ce qui était une dénomination devienne une expression définie et précisée dans l’article 7.

 

“L’expression Grand Cru, à l’exclusion de toute autre y compris les mots grand et cru employés seuls ou associés à d’autres termes indiquant une supériorité de qualité peut être utilisée pour les vins à appellation contrôlée Vins d’Alsace ou Alsace.“

 

Sont ensuite énumérées les dispositions auxquelles doivent répondre ces vins, à savoir :

 

 Être issus des cépages Gewurztraminer, Muscat, Riesling, Pinot Gris ou Tokay d’Alsace, Pinot Noir.

 

 Porter l’indication de la dénomination du cépage ainsi que celle de l’année de récolte qui doit obligatoirement figurer sur les étiquettes.

 

 Provenir de moûts renfermant avant enrichissement d’un potentiel alcoolique de 11° pour le Gewurztraminer, le Pinot Gris et le Pinot Noir et de 10° pour le Riesling et le Muscat.

 

 Faire l’objet après embouteillage d’un contrôle particulier préalable à toute mise en vente.

 

Bien entendu l’usage de la bouteille de type à vin du Rhin reste obligatoire dans la mesure où cette disposition fait partie des normes de l’appellation contrôlée Alsace. Le contrôle après embouteillage répond en ce qui le concerne, à l’obligation faite en 1970 par le premier règlement européen de soumettre les produits à un examen analytique et organoleptique avant la mise en marché.

 

A compter de la parution du décret, un cercle restreint de vignerons va avec régularité proposer des cuvées portant l’expression Grand Cru. Celles-ci sont issues soit de sélections parcellaires soit de l’assemblage de différentes parcelles. Elles ne portent pas, sauf à de très rares exceptions, la mention de leur terroir d’origine même si celui-ci est unique.

 

 La référence au terroir, non satisfaite dans ces nouvelles dispositions, reste cependant présente dans les esprits. Pour exemple dans le même millésime, Jean-Pierre BECHTOLD de Dahlenheim, mettra à la vente la même cuvée de Riesling avec deux étiquetages. Le premier fera apparaître l’expression Grand Cru alors que le second soulignera uniquement son lieu dit d’origine : l’Engelberg.

 

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 09:53

 

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Ce matin encore, une fine pluie arrose le vignoble de la Couronne d’Or. Ces dernières semaines n’ont été qu’une succession de journées plus ou moins ensoleillées accompagnées de nombreuses averses qui ne facilitent pas une floraison de la vigne commencée à la fin mai.

 

Comme le souligne Marie-Noëlle LAUER de la Chambre d’Agriculture du Bas-Rhin, le début de saison avait pourtant un air de déjà vu. Trois semaines d’hiver entre la fin janvier et le début du mois de février avec de fortes gelées qui heureusement n’auront pas provoqué trop de dégâts, seront suivies par un Printemps précoce et sec. Le débourrement se déroulera dans un contexte moins clément pendant un mois d’avril plutôt hétérogène. Le déficit en eau après un hiver sec ne sera comblé qu’à partir du mois de mai et tout particulièrement par l’orage du 21 mai où le secteur de Barr-Andlau recevra quantité d’eau et ponctuellement de grêle.

 

Ce sont les cépages les plus précoces qui subissent le plus durement les conditions météorologiques perturbées avec une floraison qui s’étale dans le temps. Sur le même pied de vigne il n’est pas rare de trouver des grappes déjà formées alors que d’autres n’ont pas encore terminé leur floraison. Les cépages plus tardifs semblent avoir moins souffert car ils bénéficient actuellement de meilleures conditions de floraison.

 

 

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Si l’année 2011 avait été assez clémente avec un temps sec peu favorable au développement des maladies de la vigne, il en est autrement en 2012 car la succession d’averses impose de renouveler les traitements au cuivre. Le Mildiou est bien entendu présent mais contenu.

 

Cette maladie cryptogamique qui touche non seulement la vigne, mais aussi les tomates et les pommes de terre, se manifeste par des taches huileuses qui apparaissent sur le feuillage. A l’envers de chaque tache se développent des moisissures blanches.

 

Lorsqu’il n’est pas maîtrisé le Mildiou provoque le flétrissement et la chute des feuilles ce qui a pour conséquence un retard de maturité. On peut également le retrouver sur la grappe ce qui est beaucoup plus grave et compromet totalement la vendange.

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:10

 

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La dénomination originelle “Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace“ a fait place dans les années 1990 à “Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace“ pour mieux exprimer la pluralité de l’offre ainsi que les fonctions de l’organisme.

 

Aujourd’hui, près de 50 ans après sa création, les missions du CIVA sont toujours les mêmes. Elles sont très générales et vont de l’appui technique à l’information du consommateur. Le CIVA est un outil, le bras armé de la filière, sa mission est plus opérationnelle que politique, ce domaine étant réservé aux syndicats qui défendent leurs points de vue sur la fiscalité et la réglementation auprès des pouvoirs publics. Réunion des deux familles de la production et du négoce, le CIVA tient un rôle opérationnel au sein de la filière. Ce rôle a été réaffirmé par la loi de 1975 sur les interprofessions françaises et reconnu officiellement dans la réglementation européenne pour la première fois par l’OCM vitivinicole de 1999.

 

Pendant longtemps, l’Europe est restée circonspecte vis-à-vis des interprofessions françaises pour la simple raison qu’elle considérait qu’il s’agissait d’ententes entre des professionnels et que ces organismes pouvaient remettre en cause le principe de la libre concurrence qui est un des principes fondateurs du système européen. Il aura fallu se battre pour faire reconnaître l’utilité de ces interprofessions dont l’objectif reste de fédérer des acteurs dans une logique de qualité. Aussi après avoir acté le principe des appellations d’origine en 1992, l’Europe a convenu que les signes de qualité avaient un sens et qu’il était nécessaire de prendre en compte les organismes de filières. En 1999 l’existence des interprofessions a été reconnue dans le cadre européen et ses missions légitimées.

 

En 2010, pratiquement 1 million d’Euros ont été apportés au budget du CIVA par l’Union Européenne dans le cadre de l’Organisation Internationale du Marché. L’OCM vitivinicole a introduit la faculté d’utiliser une partie des ressources européennes pour accompagner la stratégie de marché alors qu’auparavant les moyens étaient plutôt utilisés pour la destruction de l’offre à travers l’arrachage des vignes et la distillation des vins. On est passé d’une stratégie de limitation de l’offre à une stratégie de développement de marchés.  Depuis 2009, l’Europe apporte un soutien fort à la communication hors Europe du CIVA en prenant en charge 50% du montant des actions de ce type.

 

Avec un effectif de 25 personnes à temps plein, l’action du CIVA s’exerce principalement dans trois secteurs : la communication, la production de statistiques économiques et l’appui technique.

 

La communication est le volet principal, le plus coûteux puisque les 2/3 du budget y sont consacrés. Trois types d’actions sont menés : la communication de base à travers le site Internet et l’édition de brochures diverses sur le vignoble et ses vins, le contact direct avec les prescripteurs du secteur de la presse, les professionnels de la restauration, de la distribution et la publicité par des campagnes de presse dans différents médias.

Le volet statistique est alimenté par deux conventions mises en place avec la DGI. Il compulse depuis 1995 les déclarations de récolte et de stocks et depuis 2001 les déclarations récapitulatives mensuelles. En raison de la loi de 1972 qui impose la mise en bouteille dans la région d’origine, ces statistiques sont de très grande qualité, très précises au niveau du marché final. Les ventes de vins en vrac sont également enregistrées et l’on sait chaque mois ce qui se vend et où.

 

En ce qui concerne le volet technique l’Alsace a une position particulière. Au départ, le CIVA ne s’était approprié qu’une mission technique qui était celle de la diffusion du matériel végétal de qualité. C’est la raison pour laquelle il avait pris en charge l’antenne régionale de l’Etablissement National Technique d’Amélioration de la Viticulture qui avait pour mission le développement de la sélection clonale. Le CIVA agissait en quelque sorte comme une bourse entre les viticulteurs qui fournissaient les bois et les pépiniéristes qui les utilisaient pour faire des plants. Aujourd’hui l’interprofession va plus loin puisqu’elle a pris à sa charge la recherche de nouveaux clones et la production des plans. Un technicien s’occupe à mi-temps de la bourse d’échange entre les pépiniéristes et les producteurs sur le matériel végétal et un chargé de mission à temps plein a repris le volet de recherche de nouveaux clones qui était auparavant à la charge de l’INRA. Le CIVA a conclu d’autre part une convention entre l’Institut Français du Vin, issu de la réunion de l’Institut Technique du Vin et de l’ENTAV, pour mettre en réseau ses moyens. Les deux ingénieurs de l’IFV chargés respectivement de l’agronomie et de l’œnologie travaillent en étroite collaboration avec le Service de Prospection et Multiplication du Matériel Clonal du Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace. Eric MEISTERMANN, Directeur de l’IFV, fait en quelque sorte fonction de Directeur Technique du CIVA, qui en contrepartie met à la disposition de son équipe une technicienne chargée de l’amélioration de la qualité du vignoble et du vin.

 

Les services du CIVA interviennent également sur le contrôle aval qualité en achetant sur le marché des vins qui sont ensuite goûtés. L’INAO est informée des éventuels dysfonctionnements relevés consécutivement à ces dégustations. Quatre à cinq cent bouteilles sont ainsi achetées chaque année, tant en France qu’à l’étranger.

 

En dehors des instances politiques décisionnelles, le CIVA possède un bureau stratégique créé lors de l’assemblée générale d’automne du 3 novembre 1987. Opérationnel depuis le 1er janvier 1988, il est le pendant économique chargé d’appliquer les orientations stratégiques définies par le conseil de direction du comité. Le bureau stratégique est composé du directeur du CIVA et de son directeur marketing, d’un vigneron indépendant, d’un négociant, d’un coopérateur ainsi que d’un représentant de l’AVA. Sa mission est de répartir le budget de communication par pays. Les représentants des trois familles de la viticulture possèdent chacun un droit de véto, de ce fait les décisions doivent être prises dans un parfait consensus. Chaque année le bureau stratégique organise une réunion où sont conviés l’ensemble des exportateurs. Le bilan des actions menées l’année passée est dressé et les projets pour l’année en cours sont exposés.

 

Pour la première fois de 2007 à 2009, Jean-Nicolas SCHAEFFER, directeur de l’importante maison de négoce Jean HAULLER à Dambach-La-Ville, a occupé le poste de président du CIVA pendant trois années successives. Rémy GRESSER, vigneron à Andlau, qui lui a succédé, devrait à son tour présider l’interprofession pour une durée identique. Sans pour cela que le décret ait été modifié, les différentes familles de la viticulture alsacienne ont décidé d’un commun accord d’inscrire dans la durée les fonctions de leur représentant pour obtenir une meilleure visibilité vis-à-vis des décideurs politiques et des administrations. Car si le texte du décret confie alternativement la présidence du CIVA à un représentant de la production puis à un représentant du commerce, il n’exige en rien que ces représentants soient issus de la famille qu’ils représentent. Il faudra cependant penser un jour à modifier ce décret. L’élargissement des compétences du CIVA à la Lorraine, qui fait partie du même bassin de production et ne possède pas d’interprofession, comme le souhaite le Ministère de l’Agriculture, pourrait en être l’occasion.

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 20:27

 

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La première grande opération de communication à l’attention de la presse gastronomique a lieu le 22 octobre 1965. A l’invitation du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace, une centaine de représentants de la presse française et étrangère rejoignent l’aéroport de Mulhouse-Bâle à bord d’une Caravelle spécialement affrétée dont le fuselage est personnalisé aux couleurs de l’Alsace. Au cours du vol, les invités reçoivent une documentation complète sur le vignoble d’Alsace ainsi qu’une collation agrémentée d’une tranche de Kougelhopf. A leur arrivée ils sont reçus par René DOPFF, Président du CIVA accompagné par Pierre BOUARD son dynamique Directeur auxquels se sont joints des membres du Comité dont Théo FALLER et Fernand MULLER et les Reines des Vins d’Alsace 1964 et 1965.

 

C’est dans trois cars de luxe que les invités sont ensuite conduits par la Route des Vins d’Alsace dans la localité de Turckheim où se tient pour l’occasion un Chapitre Spécial de la Confrérie Saint Etienne. Le Grand Maître Théo FALLER avec ses prédécesseurs Fernand ORTLIEB, Fernand MULLER, Charles LORENTZ, Jean HUGEL et le Confrère Receveur Joseph DREYER présentèrent les différents cépages locaux et les firent déguster.

 

A l’issue de cette présentation, initiation aux Vins d’Alsace, l’ensemble des invités rejoint la salle du Badhus à Kaysersberg où leur est servi un repas préparé par Pierre GAERTNER, le célèbre cuisinier d’Ammeschwihr. C’est ici que les représentants politiques de la région viennent retrouver les invités. Le Préfet PICARD, le Député BOROCCO, le Maire REY assistent ainsi à ce repas où sont servis des vins du millésime 1961 et 1964. Des cartes d’adhérent aux Amis des Vins d’Alsace sont remises à chaque convive présent.

 

Les hôtes seront ensuite conduits à Riquewihr où Pierre DOPPF ceint de son écharpe de maire leurs fit visiter le village puis à Barr où ils furent reçus par Louis KLIPFEL, Vice Président du CIVA et Président de l’Association des Viticulteurs d’Alsace avant de remonter dans leur avion et de retourner à Paris.

 

Au cours de cette mémorable journée de nombreux participants firent pour la première fois connaissance avec les vins et plus particulièrement le Tokay dont seul le nom leur était familier. Cette opération s’est révélé être un succès tant vis-à-vis des invités que des locaux soucieux de l’image de leur région. Tout cela a concouru à convaincre l’interprofession de l’obligation d’amplifier ses actions de promotion.

 

Cependant malgré l’augmentation du montant de la taxe parafiscale, les fonds nécessaires pour financer de telles opérations restaient insuffisants. C’est la raison pour laquelle il a été décidé en 1967 de créer un fond volontaire de propagande, selon la terminologie utilisée à l’époque, sur la base de 2 F/hl pour financer les opérations de communication. Les formulaires qui ont été adressés à tous les vendeurs de vins en bouteille ont reçu un accueil mitigé, certains refusant de payer cette nouvelle contribution. Il a alors fallu faire preuve de persuasion au cours de réunions de sensibilisation tenues dans chaque sous région, expliquer et convaincre les vignerons de l’intérêt d’apporter leur contribution. Un négociant parisien a d’ailleurs refusé de verser sa contribution mais les ressources apportées par ce fonds ont néanmoins permis de poursuivre toute une série d’actions publicitaires.

 

Suite à la pléthorique récolte de 1973, l’Interprofession a décidé d’instaurer une seconde fois un fonds volontaire de soutien basé cette fois-ci sur les seuls dépassements de rendement maximum sollicités en reclassement dans l’AOC. De nouvelles difficultés de recouvrement sont apparues mais sans commune mesure avec celles qui avaient été connues auparavant dans la mesure où les entreprises avaient intérêt à voir leurs vins reclassés.

 

Fort heureusement la loi de juillet 1975, en conférant de nouveaux pouvoirs aux Interprofessions a permis à celles-ci de lever des cotisations volontaires obligatoires en correspondance avec les besoins financiers de la nécessaire communication sur le produit. Les ressources financières étant là, c’est tout naturellement que les missions et les réalisations du CIVA se sont élargies désormais avec une structure croissante de collaborateurs.

 

Pierre BOUARD a quitté le CIVA en 1999 avec pour successeur, toujours en poste à ce jour, Jean-Louis VEZIEN, ingénieur agronome et fils de viticulteur comme lui, dont il avait pu apprécier la personnalité, les qualités et les compétences alors qu’il était conseiller technique de l’INAO à la Maison des vins d’Alsace durant une dizaine d’année.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 20:24

 

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Quand Pierre BOUARD arrive en 1962 à la Direction des Services Agricoles du Haut-Rhin comme ingénieur chargé de la viticulture et de la production animale, le projet de décret vient d’être rédigé. L’une de ses missions dans le cadre de la production viticole du Haut-Rhin étendue au Bas-Rhin, avec l’accord du Directeur des Services Agricoles de ce département, a été d’emblée la mise en place avec les organismes professionnels viticoles du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace.

 

Issu du secteur viticole puisque son père avait été responsable d’un domaine en Charente, Pierre BOUARD est immédiatement passionné par cette mission où tout reste à créer.

 

Jusqu’en 1966 il est l’animateur officieux de cette structure dont le siège est à la DSA bien que le négoce aurait préféré l’attirer à la Chambre de Commerce de Colmar. Mais la volonté de la production de disposer d’une plus grande neutralité à travers une indépendance indiscutable l’a emporté. Le siège du CIVA a été installé d’abord à la DSA puis dans des locaux loués à Colmar, à la Chambre d’Agriculture, puis place De Lattre.

 

Au début, ses fonctions sont doubles : services agricoles du département et secrétariat du CIVA. Rapidement les professionnels souhaitant disposer d’un Directeur à plein temps, après avoir lancé un recrutement qui n’a pas abouti, lui ont proposé d’assurer la direction officielle du CIVA. Le 1er octobre 1966, Pierre BOUARD est détaché de son administration d’origine et devient Directeur du CIVA.

 

De sa création jusqu’à ce moment là, l’interprofession a donc eu en sa personne un directeur officieux qu’elle n’a pas rémunéré. Il entrait en effet dans le cadre de la mission de service public du Ministère de l’Agriculture d’aider au développement de l’activité d’un comité qu’il avait contribué à lancer et qui n’avait à ses débuts que très peu de ressources.

 

A sa prise de fonction, le secrétariat du CIVA était commun avec celui de la DSA. Lorsque les deux sièges ont été séparés, une collaboratrice a été engagée puis plusieurs collaborateurs au fur et à mesure que les tâches augmentaient, notamment en matière comptable.

 

Louis KLIPFEL, au titre de la Production, est le premier Président élu à la tête du CIVA. Pendant quelques années, en raison du principe d’alternance annuelle prévue entre production et négoce, René DOPFF et lui-même se succéderont.

 

Parmi les missions confiées au CIVA, la mise en place des modalités pour établir le prix des raisins et des vins reste prioritaire. L’obtention de statistiques fiables et précises constitue une urgente nécessité. Cependant on ne connait à l’époque le volume de la production alsacienne qu’au travers des chiffres fournis par l’administration fiscale, qui après avoir compulsé les quelques 12.000 déclarations de récolte, fournit une information qui se résume en deux chiffres, celui du volume des vins rouges et celui des vins blancs.

 

Bien que les déclarations de récolte déposées en mairie fussent établies par cépage et consultables par tous, l’administration des Finances se refusait à communiquer aux professionnels plus de détails, dans la mesure où eux même n’en avaient pas besoin et de ce fait n’exploitaient pas les informations en leur possession.

 

Le dynamique Marcel BLANCK, créateur et animateur du Groupe Vin, qui réclamait au nouvel organisme ces informations sur les volumes produits par cépages s’était résolu à mener une opération de grande ampleur en visitant avec l’aide des membres de son groupe toutes les mairies des communes viticoles pour y relever les déclarations de récolte avant de les compulser.

 

Après de nombreuses interventions menées par l’interprofession auprès des Ministère des Finances et de l’Agriculture sans pour autant obtenir satisfaction, il est décidé de mettre en place une déclaration de récolte par cépage dite annexe qui sera collectée par le CIVA. La mise en œuvre de cette formalité supplémentaire nécessita d’allécher les secrétaires de mairies en leurs attribuant des subventions payées par le CIVA en fonction du nombre de déclarations de récoltes saisies. Cependant, à compter de moment là la situation devint plus claire.

 

Ce n’est qu’après la promulgation de la loi du 10 juillet 1975 relative aux organisations interprofessionnelles agricoles les autorisant à conclure des accords interprofessionnels de campagne que ce formulaire annexe a évolué et qu’il a été mis en place en coordination avec les contributions indirectes un formulaire unique de déclaration de récolte dont le second exemplaire revenait au CIVA.

 

Simultanément, le CIVA fait mener des par des cabinets spécialisés, dont la SARES, des études sur différents sujets et en particulier sur l’image des vins d’Alsace auprès des consommateurs français. L’une d’entre elles conduite par Monsieur LEVÊQUE laisse apparaître que ceux-ci sont considérés comme des petits vins issus de différents cépages, qui donneraient occasionnellement mal à la tête. Le niveau de connaissance de ces vins est très faible et il apparaissait indispensable pour l’interprofession de communiquer autour de sa production.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 18:16

 

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Un texte réglementaire sous forme de décret a été publié le 22 avril 1963. Il institue la création du CIVA (Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace) qui en liaison avec l’INAO et le Comité d’Experts des Vins d’Alsace est chargé de :

 

“Procéder à toutes études sur la production et la commercialisation du vin d’Alsace et de centraliser à cet effet toutes statistiques et tous renseignements d’ordres technique, économique et pratique.

 

D’apporter aux producteurs, aux coopératives de vinification, aux négociants, courtiers et commissionnaires toute assistance technique et pratique utile pour l’amélioration du vignoble et de la qualité du vin d’Alsace.

 

De faciliter les relations entre producteurs et acheteurs de raisins, notamment en étudiant chaque année les éléments de la fixation des prix des vendanges et les modalités de paiement applicables aux transactions les concernant.

 

D’informer les consommateurs, en particulier les consommateurs étrangers, de la qualité du vin d’Alsace et de développer l’exportation de ce vin“

 

Il faut ben avouer cependant que les producteurs comme les négociants s’intéressaient principalement au troisième objet, l’intérêt pour les trois autres missions n’est venu qu’ensuite et petit à petit.

 

Le décret définit également la composition du comité du CIVA :

 

“Douze délégués des producteurs, dont quatre des coopératives de vinification, douze délégués du commerce des vins en gros et des courtiers, dont onze du commerce et un courtier.

 

Les délégués sont désignés par les syndicats les plus représentatifs et la durée de leur mandat est de trois ans avec possibilité de renouvellement.

 

La présidence du comité est confiée pour un an alternativement à un représentant de la production et à un représentant du commerce“

 

Le bureau est composé :

 

D’un président, de deux vice-présidents, un producteur et un commerçant, d’un secrétaire général et d’un trésorier. Les membres du bureau sont élus chaque année par le comité pour une durée d’un an et sont rééligibles. Les fonctions de secrétaire général et de président sont confiées alternativement à un délégué du commerce et à un délégué des producteurs.

 

Le rôle du bureau est :

 

“D’exécuter ou de faire exécuter le programme d’action et d’assurer le fonctionnement administratif du comité et d’établir chaque année un budget.“

 

Le financement du CIVA est assuré par une taxe parafiscale de 0,60 Francs perçue sur chaque hectolitre de vin sorti de la propriété et recouvré par les Contributions Indirectes du Ministère des Finances moyennant un léger prélèvement. Cette taxe était subordonnée à la suppression à terme de la taxe fiscale de 0,30 F/hl destinée au Comité Régional d’Experts chargé de la délimitation des terroirs AOC du vignoble. Elle a ensuite été supprimée en 1968 tandis que la taxe CIVA était relevée à 1,75 puis à 2,50 en 1973 avant d’atteindre 4,83F/hl en 1986, le taux nominal étant fixé par la loi à 5,00 F/hl. Depuis lors cette taxe a été supprimée le 31 décembre 2003 et intégrée à la cotisation interprofessionnelle qui est en 2010 de 7,10 €/HT/hl perçue sur toutes les ventes en bouteilles.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:32

 

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Le Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace a été créé par décret le 22 avril 1963. Avant d’entrer dans le détail de son organisation et de ses attributions, il est utile de s’intéresser en préambule aux relations de l’époque entre les différentes parties prenantes du vignoble, afin de comprendre ce qui a motivé la création de cette interprofession.

 

Trois grandes familles professionnelles interviennent alors dans le vignoble. La première, la plus nombreuse, est celle des producteurs récoltants. La seconde famille est celle des négociants qui sont de deux types. D’une part les négociants dont l’activité consiste uniquement à acheter des vins afin d’en faire commerce. D’autre part les producteurs négociants qui sont des viticulteurs qui vendent une partie ou la totalité de leurs vins en bouteille et qui, n’ayant pas assez de vin pour répondre à la demande, achètent aussi des raisins ou des vins en vrac pour alimenter leur commerce. Les coopératives, dont le développement important après la seconde guerre mondiale est venu modifier les habitudes de fonctionnement des structures professionnelles du vignoble, constituent la troisième famille.

 

Au début des années 1960 les producteurs récoltants sont pratiquement tous regroupés au sein de l’AVA, une structure syndicale crée en 1911 qui a pour objectif la défense de leurs intérêts et qui regroupe près de cent syndicats viticoles locaux. Les producteurs négociants possèdent deux structures syndicales : le Groupement des Producteurs Négociants et le Syndicat des Viticulteurs Négociants, utilisées pour faire la promotion des vins de leurs adhérents. Les purs négociants sont également réunis dans deux structures syndicales : le Syndicat du Haut-Rhin du Commerce en Gros des Vins et Syndicat du Bas-Rhin du Commerce en Gros des Vins.

 

Les négociants et les producteurs avaient, avant la création du CIVA, mis en place une structure appelée l’Union de la Production et du Négoce avec une commission paritaire dont la mission était d’établir les cours des raisins et des vins en vrac par cépage. Cette structure avait son siège à la Chambre de Commerce de Colmar. Marcel WOLF, directeur administratif de la Chambre en tenait le secrétariat. Les producteurs étaient représentés au sein de cet organisme par des membres de l’AVA.

 

Cependant il n’existait à ce moment là aucune statistique de production sur laquelle s’appuyer pour établir le prix de marché des raisins et des vins. Chaque année la commission paritaire se réunissait et discutait à bâtons rompus pour négocier les cours. Les discussions étaient parfois houleuses, chacun essayant de peser sur la négociation en bluffant si nécessaire. Il ressortait de ces négociation un prix des raisins que tous étaient censés appliquer. Le prix des vins était établi en transformant à l’aide d’un coefficient le prix des raisins. Ce mode de fonctionnement ne donnait pas totale satisfaction, surtout aux producteurs récoltants qui avaient souvent le sentiment de ne pas pouvoir s’imposer dans la négociation face aux gros négociants. D’autre part, une certaine animosité régnait parfois entre les producteurs-négociants, les purs négociants qui à l’époque étaient plus nombreux qu’aujourd’hui et les producteurs de raisins et de vins.

 

Les services du Ministère de l’Agriculture à travers les Directions des Services Agricoles du Haut et du Bas Rhin suivaient les négociations entre les intervenants. Sans que l’on puisse dire si l’idée en revient aux autorités agricoles ou aux producteurs qui étaient plus proches de la Direction des Services Agricoles que les négociants, il a été décidé de s’inspirer de l’exemple champenois où une structure crée pendant la guerre, avait pour but de faire de la répartition de raisins pour alimenter le négoce. D’autres exemples identiques avaient vu le jour sous l’occupation, ainsi s’étaient déjà créés le Bureau Interprofessionnel des vins de Cognac et une autre structure en Armagnac.

 

La DSA du Haut-Rhin, leader des deux DSA en matière de vins d’Alsace, et les producteurs de la région ont alors observé attentivement le fonctionnement de ces organismes et décidé de demander aux pouvoirs publics d’officialiser la commission paritaire de l’Union de la Production et du Négoce à l’intérieur d’une interprofession. Un projet de statut d’un Comité Interprofessionnel du Vin d’alsace a ainsi été élaboré par la DSA et la commission paritaire de l’UPN en s’appuyant sur le fonctionnement des organismes similaires déjà en place dans les autres régions viticoles françaises.

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 21:33

 

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Les passages pluvieux de la fin avril ont précédé un cycle ensolleillé avec des températures estivales. La Toscane avait besoin d'eau après une année 2011 marquée par la sécheresse et la canicule. La vigne pousse à vue d'oeil.

 

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Semée à l'Automne entre les rangs, la navette fourragère est maintenant en fleurs. Elle sera bientôt couchée au rolofaca pour constituer un paillage qui protègera et nourrira les sols pauvres constitués principalement de gneiss.

 

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Agronomiquement, en dehors de l'avantage cité précédement, les semis de plantes fourragères non gélives, ont l'intérêt d'apporter un couvert aux sols pendant la période hivernale, après les travaux du sol réalisés en Automne. Il n'y a pas de concurrence entre la vigne et le semi puisque celui-ci termine son cycle avant que la vigne ne débute réellement sa croissance. Cependant le cavaillon doit toujours rester dégagé.

 

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La conduite en biodynamie menée depuis maintenant plus de 5 ans sur l'ensemble du Domaine porte ses fruits et le millésime 2010 qui vient d'être mis en bouteille en est la meilleure preuve.

 

www.fattoriadicaspri.com

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 09:50

 

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Je profite de ce premier billet de l’année pour revenir sur le millésime 2011 après avoir fait quelques tours de caves.

 

Une fois de plus nous avons affaire à un millésime atypique avec une météo originale qui se caractérise par un régime hydrique inversé. De décembre à mi-février les sols très froids ont été recouverts par une couche de neige persistante. Puis est arrivé sans tarder un printemps sec et chaud avec des températures très estivales. La floraison précoce s’est déroulée dans un contexte favorable qui laissait entrevoir une récolte importante qui compenserait la faible production du millésime précédent. Mais les mois de juillet et d'août ont été pluvieux et les précipitations sur les sols chauds ont provoqué l’apparition de foyers de pourriture surtout dans les vignes mal équilibrées où les rendements étaient trop importants.

 

En raison de la sécheresse printanière, les vignerons ont été peu sollicités par la pression de l'oïdium et du mildiou dans les vignes, contrairement à l’année passée, mais les premières craintes sont venues avec les pluies chaudes de l’été qui ont activé tardivement l’azote emagasiné par les sols et donné un dangereux coup d’accélérateur à la maturation des fruits et lessivé les pruines des raisins. Les insectes très nombreux se sont aussi attaqués aux baies et ont provoqué des piqûres acétiques qui ont rendu nécessaire un tri attentif lors de la vendange.

 

Fort heureusement l'arrière saison a été plus propice avec un retour à un temps sec et ensoleillé.

 

Une fois en cave, les fermentations alcooliques ont démarré spontanément et très rapidement pour s’arrêter dans certains cas après avoir transformé une centaine de grammes de sucres. Les fermentations malolactiques se sont également enclenchées sans tarder, parfois même avant que tous les sucres ne soient transformés.

 

En cave, les jus puis les vins se sont bien goûtés avec des acidités franches mais sans excés et un fruit mûr. Bien qu'il soit encore tôt, on peut définir non pas un mais deux profils pour les vins de ce millésime selon qu'ils ont été récoltés avant ou après le changement de lune du mois de septembre. Les seconds présentant un côté chaleureux qui fait penser à 2009 sans toutefois être aussi marqué.

 

Il faudra bien entendu attendre le printemps pour que les fermentations s'achèvent, sutout chez ceux qui n'utilisent pas d'intrant, et se faire une juste opinion de ce millésime qui reste tout de même délicat.

 

 

 

 

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