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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 17:10

 

Andlau

Andlau

 

Le beau temps chaud et ensoleillé est revenu depuis 4 jours. Auparavant la météo n'a été qu'une succession de passages pluvieux plus ou moins importants et de journées maussades. Dans ce contexte, la maturité des raisins ne progresse pas beaucoup. L'avance qui avait été prise en raison de la floraison très précoce est entrain de s'estomper.

 

Sur les coteaux la situation reste saine, il n'en est pas toujours de même pour les vignes de plaine qui ont moins bien supporté l'humidité ambiante. Le cocktail forte vigueur plus forte charge peut rapidement devenir explosif si le temps sec ne se maintient pas.

 

Ces prochains jours le Comité d'Experts des Vins d'Alsace décidera de la date d'ouverture du ban des vendanges des cépages destinés au Crémant, puis aux vins tranquilles, puis aux Grands Crus. Ces dates seront publiées par arrêté préfectoral.

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:41

 

Foire Vins Colmar 2011 (1)

 

La 64ème Foire aux Vins d'Alsace de Colmar fermera ses portes ce soir. On notera avec satisfaction cette année, un retour au fondamental de cette manifestation, qui comme son nom l'indique devrait être consacrée au vin d'Alsace, en partie tout du moins.

 

Colmar Expo ayant confié au CIVA l'organisation de la partie dégustation, les "Rutscherle" ont disparu de l'espace consacré à la dégustation pour laisser la place à des verres mieux adaptés à cet exercice. La Halle aux Vins a été également  relookée dans un style sobre et élégant qu'il faudra penser à climatiser.

 

Foire Vins Colmar 2011 (2)

 

Autour de trois espaces de dégustation on commence à retrouver l'esprit de cette foire qui a été crée en 1948 pour relancer la viticulture alsacienne. Il reste à faire revenir les vignerons exposants, tout du moins les petites structures, qui comme Hubert Hausherr vient présenter son travail. Dans le cas présent, une gamme de vins de terroir déconnectée de la notion de cépage comme l'encourage Jean-Michel DEISS.

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 21:20

 

Alsace-une-civilisation-de-la-vigne.jpg

 

Alsace : Une Civilisation de la Vigne - Claude MULLER

 

C'est l'ouvrage le plus récent de Claude MULLER, Professeur à l'Université de Strasbourg et Directeur de l'Institut d'Histoire d'Alsace. Il retrace l'histoire du vignoble alsacien du 8ème siècle à nos jours. Parfaitement documenté, bien illustré ce livre constitue l'ouvrage de référence en français sur l'histoire du vignoble.

 

Editions Place Stanislas - 2010 - 348 pages

 

 

 

Histoire-d-un-vignoble-Turckheim.jpg

 

Histoire d'un Vignoble : Turkheim - André BILLICH

 

Publié en 1949 et écrit par André BILLICH, ce livre nous parle de l'histoire de la viticulture alsacienne et plus particulièrement de celle du secteur de Turckheim. Tirage de seulement 1500 exemplaires, il décrit de façon précise le commerce du vin, les impôts, les corporations et les règlements de vendanges.

 

Editions ALSATIA - 1949 - 118 pages

 

 

Riquewihr-son-vignoble-et-ses-vins.jpg

 

Riquewihr, son Vignoble et ses Vins à Travers les Ages - Christian WOLF

 

Publié en 1967, cet ouvrage très complet offre une description détaillée de la viticulture dans le secteur de Riquewihr au travers des âges. La vigne, la récolte, les artisans du vins, les intermédiaires, les taxes et les redevances, le commerce, l'exportation, tous les domaines connexes à la viticulture et à son histoire sont décrit avec précision.

 

Editions SAEP - 1967 - 265 pages

 

 

La-viticulture-et-le-vin-de-Colmar-a-travers-les-siecles.jpg

 

La Viticulture et le Vin de Colmar à Travers les Siècles - Lucien SITTLER

 

Lucien SITTLER, archiviste de la Ville de Colmar nous livre ce témoignage argumenté de l'histoire du vignoble de Colmar. Des débuts de la viticulture à la culture proprement dite, tout est passé en revue : Corporations, Commerce, Auberges et Hôtelleries, jusqu'à une situation sur la période qui va de 1919 à 1955. Indispensable.

 

Editions ALSATIA - 1956 - 167 pages

 

 

Le-Vignoble-et-les-vins-d-Alsace-Brunet.jpg

 

Encyclopédie Viticole : Le Vignoble et les Vins d'Alsace - R. BRUNET

 

Ce livre de petit format publié en 1932, est intéressant à plusieurs titres car il nous parle, à une période où le vignoble alsacien tentait de sortir de l'anonymat , des cépages, de l'histoire, des méthodes culturales et de la propagande (publicité) telle qu'elle était menée à l'époque. Des statistiques de production fort intéressantes.

 

Editions J.B Ballières et Fils Paris - 1932 - 152 pages format 18X11 cm

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 21:33

 

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Depuis le 15 juillet il a plu, plus ou moins, pratiquement tous les deux jours. Les nuits sont fraîches, les journées sont soit maussades soit ensoleillées. La véraison est maintenant terminée pour les Pinot Noir de l'Oberehund. L'herbe pousse, il est délicat d'entrer dans la vigne avec des engins mécaniques sous peine de creuser des ornières.

 

L'état sanitaire est toujours parfait. Les vendanges des Crémants s'annoncent pour la fin août, celles de vins tranquilles pour la seconde semaine de septembre, pour les cépages les plus précoces.

 

Ce futur millésime ressemble de plus en plus à celui que nous avons connu en 2007 : une floraison ^précoce et un été moyen. Comme en 2007 les rendements s'annoncent confortables, ils compenseront le déficit de la dernière récolte. L'AVA prévoit un volume de 1,2 millions d'hectolitres alors que 2010 n'avait produit que 900.000 hectolitres.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 20:47

 

Les-Terroirs-du-Vignoble-d-Alsace.jpg

 

Les Terroirs du Vignoble d'Alsace - H. ERHART

 

Rédigé par Henri ERHART, Directeur de l'Institut Pédologique du Bas-Rhin, et publié en 1939, cet ouvrage constitue la première étude réalisée sur les terroirs du vignoble alsacien. Son objectif selon l'auteur, ne vise qu'à être un document d'intérêt général, évitant une terminologie scientifique trop ardue, dans la mesure où il s'adresse aux vignerons. Les différents types de terroirs sont décrits. Une liste répertorie les terroirs les plus réputés. Une carte au 200.000 du vignoble est jointe en annexe.

 

Edité par l'Institut Pédologique du Bas-Rhin - 1939 - 47 pages + 1 carte

 

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Terroirs et Vins d'Alsace - C. SITTLER - R. MAROCKE

 

Étude réalisée par Claude SITTLER de l'Institut de Géologie de l'Université Louis Pasteur de Strasbourg et  Robert MAROCKE de l'Institut National de la Recherche Agronomique de Colmar. Ce dernier fut l'un des membres de la commission de délimitation du premier Grand Cru d'Alsace, le Schlossberg en 1975. L'histoire, la géologie, les terroirs, le climat, les cépages et la relation entre la nature du sol et la spécificité des vins sont évoqués. Ouvrage synthétique d'un grand intérêt.

 

Editions de l'Institut de Géologie de Strasbourg - 1981- 40 pages

 

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Alsace Clos et Grands Crus - B. BURN-SCHMIDT - G. SCHMIDT

 

Ecrit par Bernadette BURN-SCHMIDT et Gilles SCHMIDT, ce premier ouvrage destiné au grand public a été publié en 1989 alors que seule la première série de Grands Crus (1983) avait été délimitée. Il répertorie et décrit les Clos historiques et les Grands Crusde la première série. Les Domaines des principaux vignerons qui exploitent ces terroirs sont présentés.

 

Editions Jacques Legrand - Collection Le Grand Bernard des Vins de France - 1989 - 190 pages

 

 

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Les Grands Crus d'Alsace - S. DUBS - D. RITZENTHALER

 

Ouvrage de référence co-écrit par Serge DUBS, sommelier à l'Auberge de l'Ill et Denis RITZETHALER, journaliste à l'Alsace. Publié en 2002, cet ouvrage décrit les 50 Grands Crus d'Alsace, il ne manque que le Kaefferkopf qui a été délimité en 2007. Chaque Grand Cru est décrit avec précision, un vin référence du millésime 1999 illustre chaque terroir. La liste des principaux vignerons qui opèrent sur chaque Grand Cru est proposée. Nombreuses réflexions quant à l'évolution de l'appellation. Malheureusement ce livre qui a connu un grand succès ne semble pas réédité actuellement.

 

Editions Serpenoise - 2002 - 288 pages

 

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Les Schistes de Steige et leur Zone de Contact au Voisinage des Granites du Hohwald et de Barr-Andlau - F. ROSENBUCH

 

Publié en 1964, cet ouvrage est la traduction en français des travaux réalisés en 1877 par  Ferdinand ROSENBUCH alors rédigés en allemand. La première partie concerne le métamorphisme des schistes de Steige, la seconde est une description des roches filoniennes ou éruptives de la région du Hohwald. La lecture de cet ouvrage reste très difficile d'accès pour un non spécialiste de géologie, cependant ceux qui s'intéressent à la surprenante coexistence des granits et des schistes sur le secteur d'Andlau pourront y trouver un intérêt.

 

Edité par le Service de la Carte Géologique d'Alsace et de Lorraine - Université de Strasbourg - 1964 - 78 pages

 

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Les Unités de Paysage et les Sols du Vignoble Alsacien - J.P. PARTY

 

Réalisé par J.P. PARTY, cet ouvrage en 3 tomes (Tome 1 : Rapport d'Etude, Tome 3 : Atlas Cartographique, Tome 3 : Annexes Analytiques) a été publié en 1990. C'est l'étude géologique la plus poussée réalisée à ce jour sur le vignoble alsacien. Ouvrage de référence pour tout amateur de vins d'Alsace.

 

Edité par le Comité Interprofessionnel du Vin d'Alsace - 1990 - Tome 1 : 149 pages, Tome 2 : 13 pages + 10 cartes, Tome 3 : 80 pages

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 20:11

 

 

 

 

Un cheval dans le Kastelberg, je ne pensais pas que cela soit possible compte tenu de la pente, surtout dans les parcelles du haut. Mais comme Sam est en progrès et qu'il se montre volontaire, Antoine Kreydenweiss en profite pour travailler le sol avec son courageux petit cheval.

 

Auparavant, ce travail était effectué avec un treuil tracté comme on peut le voir sur une précédente vidéo. Deux personnes étaient nécessaires, l'une pour guider le treuil, l'autre pour commander la traction. D'autre part le travail ne pouvait s'effectuer qu'en montée.

 

Avec un cheval, le griffage s'effectue à la montée, avec une petite pause à mi-chemin dans les rangs les plus longs, mais aussi à la descente. De plus, une seule personne est nécessaire.

 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 20:16

 

15-05-11-Obere-Hund-copie-3.jpg

 

 

L'hiver 2010/2011 est précoce et froid avec de la neige au sol sur l'ensemble du vignoble de mi-novembre à mi-janvier. Le printemps arrive tôt et installe durablement un temps chaud et sec de mars à mi-juin. La floraison se déroule au cours des dernières semaines du mois de mai dans un environnement favorable ce qui n'avait pas été le cas au cours des 2 années précédentes.

 

Faible pression de l'oïdium et du mildiou en raison du temps sec. De ce point de vue ce millésime est bien moins stressant pour les vignerons que le précédent. Quelques orages très localisés ont provoqués des dégats dans le secteur de Barr, Mittelbergheim et Andlau. A partir de la mi-juin, retour d'un temps plus froid mais aussi plus humide qui n'est pas pour déplaire car le déficit en eau commence à se faire sentir.

 

Avec Jean-Marie BECHTOLD nous faisons le tour des vignes du secteur de Dahlenheim. Ce dernier me confirme que la pression des maladies a été facilement contenue cette année. Pour sa part, il a utilisé moins de 800 g de cuivre à l'hectare. Les vignes sont belles, lumineuses, la plupart d'entre elles n'a pas été rognée. Ces dernières semaines l'herbe a repoussé, elle sera couchée au rolofaca et ainsi protègera le sol des éventuelles chaleurs de l'été.

 

La charge est généreuse cette année, particulièrement pour le Gewurztraminer et le Muscat, surtout lorsque la vigne n'est pas équilibrée. Nous sommes le 15 juillet et dans l'Obere Hund, les Pinot Noir commencent à vérer, à deux jours près comme en 2003.

 

Les vendanges s'annoncent à priori pour la fin août en ce qui concerne le Crémant. Bien entendu tout celà sous réserve d'une météo "normale" pendant les prochaines semaines.

 

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:25

 

Chretien-Oberlin.jpg

 

Dans ce mémoire présenté à la Société Libre d’Agriculture et de Viticulture de Ribeauvillé le 13 janvier 1881, puis édité par les Editions BARTH de Colmar la même année, Chrétien OBERLIN fait part de ses constatations et propositions sur les effets et les causes de la dégénérescence de la vigne cultivée ainsi que sur la question phylloxérique.

 

A partir de 1863 une maladie de la vigne se déclare dans les vignobles du Midi avant de se propager dans le vignoble bordelais puis dans toute l’Europe. Le responsable de ce désastre est un insecte identifié en 1868 par le professeur PLANCHON de la Faculté de Sciences de Montpellier : le phylloxera vastatrix.

 

En Alsace-Lorraine le premier foyer phylloxérique est découvert en 1875 à Bollwiller dans une parcelle isolée d’environ 70 pieds de vignes américaines de diverses variétés. Pour circonscrire l’épidémie, les ceps seront coupés, détruits par le feu et le terrain désinfecté par recouvrement d’une couche de goudron de houille.

 

En 1876, Chrétien OBERLIN relève à Plantières près de Metz, dans une parcelle située en plein vignoble, des traces suspectes de phylloxéra. L’année suivante ses craintes sont confirmées et de nombreux insectes sont découverts sur les vignes de souches américaines et européennes. La surface envahie est de 50 ares, cependant il faudra étendre le périmètre de désinfection sur une zone de sureté de 100 mètres de rayon. Les ceps seront coupés au ras du sol et détruits par le feu ainsi que les échalas qui les portaient. Le terrain sera désinfecté par apport de sulfocarbonate de potasse puis retourné jusqu’à une profondeur de 60 centimètres afin de récupérer les racines et de les brûler. Une dernière désinfection superficielle du sol retourné sera ensuite effectuée.

 

Chrétien OBERLIN se pose alors la question de l’origine de l’épidémie sans vouloir a priori en attribuer l’unique responsabilité à l’insecte.

 

D’une part, il constate que les vignes américaines comme les vignes sauvages, résistent mieux au gel que leurs cousines européennes. Ce point sera confirmé par l’ampélographe BRONNER qui possède dans sa collection des échantillons de vignes sauvages du Rhin qui ont très bien résisté au rude hiver 79-80.

 

D’autre part, il s’interroge sur le fait que si les vignes américaines se montrent moins sensibles au phylloxéra, peut-être la vigne sauvage possède-t-elle les mêmes caractéristiques.

 

Il se lance alors à la recherche de Vitis Sylvestris, la vigne sauvage qui pousse sur les rives du Rhin et de l’Ill et aussi des vignes de montagne que l’on trouve en Lorraine et dans le Duché de Bade.

 

Très vite il s’aperçoit qu’en plus de son excellente résistance, la vigne sauvage n’est pas exposée aux attaques des parasites qui affectent la vigne cultivée et qu’elle ne souffre ni de l’oïdium, ni du mildiou.

 

Mais c’est surtout le mode de reproduction de la vigne sauvage qui interpelle OBERLIN. Contrairement à la vigne cultivée que l’on reproduit par bouturage ou par provignage, la vigne sauvage se reproduit par graine.

 

Ce mode de reproduction est le point capital qui va guider OBERLIN dans ses travaux de recherche de nouvelles variétés destinées à renouveler un vignoble épuisé qui a perdu toute résistance à force de n’être que l’allongement irrationnel d’une plante mère mutilée.

 

« Ce sont les sarments écorchés qui contractent la maladie quand ils sont mis en terre par provins et même comme boutures. Mais comment se fait-il que les espèces vigoureuses soient plus affectées par la maladie que les autres ? C’est parce que l’enlèvement de leurs pousses latérales, qui sont plus fortes, donne plutôt lieu à des écorchures. C’est simple ! On ne s’en était jamais aperçu. Et voila encore une maladie dont la cause a été inconnue jusqu’ici et qui est le résultat de nos pratiques barbares. »

 

Chrétien OBERLIN considère le phylloxéra comme un parasite vivant aux dépens d’une plante malade. Sur une vigne saine, l’insecte n’est pas en terrain favorable et ses ennemis prennent le dessus.

 

Pour conclure son mémoire, l’auteur propose un plan de campagne en cinq points :

 

« 1° : Faire rechercher dans chaque pays, par des délégués spéciaux, les différents types de vignes sauvages qui peuvent y exister, les réunir et les cultiver en collection pour les étudier sous le rapport de leurs qualités économiques.

 

2° : Déléguer dans le même but une commission de plusieurs membres dans les montagnes du Caucase, où la vigne sauvage abonde, et en Asie, afin de rechercher les types primitifs de la vitis vinifera.

 

3° : Essayer simultanément toutes les variétés dans une contrée phylloxérée, par exemple dans le midi de la France, afin de constater leur degré de résistance.

 

4° : Propager les variétés reconnues résistantes, en établissant dans chaque pays des pépinières en nombre suffisant.

 

5° : Affecter à chaque école de viticulture un terrain spécial, isolé de toute autre culture de vignes, à la multiplication par graines de vignes primitives, afin de conserver leurs propriétés résistantes et de pouvoir, en tout temps, régénérer les variétés qui s’affaibliraient à la longue par la culture. »

 

Chrétien OBERLIN consacrera le reste de vie à l'hybridation de la vigne. En 1897, la ville de Colmar créera un Institut Viticole chargé de poursuivre ses recherches. Ce dernier offrira à titre gracieux son matériel expérimental constitué d’une collection classée de viniféras de 378 variétés, d’hybrides viniféras et de vignes sauvages de la vallée du Rhin, de vignes asiatiques, américaines et de producteurs directs.

 

Si les hybrides furent abandonnés au milieu des années 20, au profit des cépages traditionnels greffés sur porte greffe américain résistant au Phylloxéra, il ne faut pas oublier que les recherches de Chrétien OBERLIN auront permis de faire face à l'épidémie et à redonner espoir à la viticulture alsacienne alors qu'elle était au plus mal.

 

 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 21:56

 

Christian-Binner-2.jpg

 

 

Christian BINNER compte parmi les membres fondateurs de l’Association des Vins Naturels. Ce mouvement souvent assimilé au « sans soufre » suscite un attrait grandissant de la part des consommateurs lassés des expressions caricaturales que les industriels du vin tentent d’imposer comme la norme. Crée en 2005, l’association regroupe aujourd’hui une soixantaine de vignerons qui souhaitent mettre en commun leurs idées et leurs connaissances de la viticulture et de la vinification.

 

Rassemblés autour d’une charte, les vignerons signataires s’imposent des pratiques viticoles qui respectent le mode de production biologique, idéalement certifié par un organisme agréé. En cave, c’est le minimalisme qui commande puisque l’on s’interdit à la fois les levures exogènes mais aussi tout intrant œnologique à l’exception du SO2 dans des proportions toutefois largement en deçà des pratiques habituellement en cours, 30 mg/l pour les rouges et 40 mg/l pour les blancs secs au lieu des 160 et 210 mg/l respectivement autorisés par les normes de la CEE.

 

Christian BINNER est également co-organisateur du Salon des Vins Libres, dont la seconde édition s’est tenue à l’Abbaye de Marbach l’an passé. Si cette manifestation a rencontré un succès probant auprès des nombreux visiteurs qui s’y sont rendus, elle a également déclenché des réactions indignées de la part de certains professionnels du vin. Pour ces derniers, les termes de « Nature » ou de « Libre » qui sont utilisés pour qualifier les vins issus de ce courant seraient iniques car ils sous entendraient que les autres vins, les leurs, seraient artificiels et contraints.

 

A ceux là, Christian répond qu’il n’y a de sa part aucune volonté de créer une polémique et met sur le compte d’une jalousie infondée ces quelques réactions extrêmes. Sa démarche ne s’appuie pas sur la prétention d’être meilleur que les autres mais seulement sur une volonté de respecter une éthique qui lui permet de faire les vins comme il les aime tout en respectant le travail des autres. D’ailleurs, il constate que les tensions s’estompent et que de nombreux collègues aiment venir goûter chez lui, même s’ils ne partagent pas obligatoirement sa recherche esthétique, tout simplement parce que ses pratiques interpellent et intéressent.

 

De plus, il ajoure : « Les vins natures ne sont pas réservés à une clientèle de marginaux ou de bobos parisiens, la meilleure preuve en est qu’ils attirent un public de plus en plus large et surtout qu’ils amènent au vin des personnes qui jusqu’à présent ne s’y intéressaient pas. ».

 

Et les meilleurs arguments de Christian, c’est dans ses vins qu’on les trouve. Dans son Kaefferkopf qui depuis 2007, millésime de l’accession au rang de Grand Cru, est réalisé par assemblage dans le pressoir des grappes de Gewurztraminer, de Riesling et de Muscat. De ce terroir historique, moins solaire que les autres Grands Crus environnants, il produit des vins racés, expressifs et épicés qui se goûtent secs grâce à l’acidité qui les porte, et à la salinité qui les allège, même s’il reste encore parfois quelques sucres résiduels présents.

 

Ses vins en surmaturité sont également singuliers et tout particulièrement remarquables, surtout quand ils n’ont été élaborés sans aucune intervention ni apport de quelque intrant que ce soit. Seul un élevage long de plusieurs années dans de vieilles barriques permet au vin de trouver un équilibre et de se stabiliser. A ce titre le Pinot Gris 2008 liquoreux est exemplaire par sa pureté comme par sa tension. Obturé par un bouchon en verre il est cependant nécessaire de le conserver dans des conditions optimales.

 

Si chez les BINNER c’est le bon sens paysan qui prime, on en est pas moins attentif aux évolutions techniques, surtout quant elles permettent de mieux respecter le raisin. Le père de Christian a d’ailleurs mis au point un pressoir horizontal tout à fait innovant qui permet d’extraire des jus d’une grande finesse.

 

 

 

Audrey et Christian BINNER

Agriculture biologique certifiée

AOC Crémant Alsace - Alsace - Alsace Grand Cru

2, rue des Romains
68770 AMMERSCHWIHR
Tél : 03 89 78 23 20

Site : www.alsace-binner.com

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 05:54

 

Jean-Pierre-Rietsch-portrait.jpg

 

 

Si Jean-Pierre RIETSCH n’était pas vigneron, il exercerait le métier de forgeron ou bien de sculpteur et façonnerait de sa main habile le métal et la pierre. Mais il a choisi de succéder à son père et d’exploiter le Domaine familial et ses 11 hectares situés aux alentours de Mittelbergheim, réservant sa passion pour la création plastique à ses moments de loisirs.

 

De son propre aveu, il reconnaît que jusqu’en 2005, son travail s’est exercé principalement dans la recherche de l’expression des terroirs qu’il exploite, et qui portent les noms de Stein, Brandluft, Zotzenberg et Wiebelsberg. Mais il y a chez ce vigneron qui se nourrit de la tradition, une curiosité qui le pousse à explorer de nouveaux chemins. La fréquentation d’un cercle de dégustation sert de déclencheur et lui permet de découvrir de nouvelles esthétiques, lui donne envie de sortir des sentiers battus, de se forger son propre style.

 

Après l’élevage long sur lies totales d’un Riesling de terroir en 2005, Jean-Pierre s’essaye au sans soufre sur un Pinot Noir en 2006, puis l’année suivante à la méthode oxydative sur un Pinot Noir vinifié en blanc. Dans chaque millésime suivant, quelques cuvées lui serviront de support à la recherche de son propre goût par l’apprentissage de la non-intervention.   

 

Mais pour repousser les limites, il faut admettre de prendre des risques, accepter les échecs. C’est à ce prix que Jean-Pierre assouvit sa curiosité en faisant des vins en accord avec son tempérament. Cependant, ce regard créatif qui l’amène vers des vins plus personnels, lui apporte la satisfaction de créer des liens plus forts avec ceux qui les boivent.

 

Pour que les vins trouvent naturellement leur équilibre et que les levures puissent transformer tous les sucres sans apport d’intrant, il faut que le raisin soit récolté à une maturité optimale, sans surmaturité. La conversion en agriculture biologique et le travail des sols ont largement contribué à apporter cette harmonie qui permet de superposer l’expression du vigneron à celle du terroir et à ne plus rester en retrait de ses vins.

 

On retrouve dans le Pinot Noir 2010 sans soufre cette volonté d’épure qui apporte de la force à la matière, de la justesse et de l’évidence à l’expression. La cuvaison réalisée en vendange entière induit une aromatique qui mélange les senteurs de fruits rouges et de plantes aromatiques. La bouche aux tannins souples possède une tonicité qui réveille les papilles et un profil gourmand.

 

Vivifié en sec et sans ajout de sulfites, le Pinot Gris Singulier 2009 s’impose en bouche par sa puissance et son relâchement. Le long élevage sur lies totales a apporté de la complexité à la structure à la fois massive et raffinée. C’est un vin de garde qui gagnera à accompagner des mets qui l’adoucissent comme par exemple un Pont l’Evêque ou une tarte aux fruits jaunes.

 

Jean-Pierre RIETSCH l’affirme : « Cette façon de travailler me permet de mieux me connaître moi-même. Je suis dans une relation d’échange avec le vin. Ce n’est pas simplement moi qui l’élève, car lui m’éduque aussi. »

 

Découvrir ses vins, c’est aussi redécouvrir les équilibres naturels et se conforter dans l’idée que l’homme n’est pas obligé de toujours vouloir intervenir.

 

 

Jean-Pierre RIETSCH

Agriculture Biologique en cours de certification

32, rue Principale

67140 MITTELBERGHEIM

Tél : 03 88 08 00 64

Site : www.alsace-rietsch.eu

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