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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:06

 

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Bien que le dernier numéro du magazine des vins d’Alsace PASSION VIN soit paru il y a maintenant quelques mois, je reviens sur un article intitulé “Question d’identité” signé par Claude MULLER.

 

Faisant référence aux récents débats politiques autour de la question d’identité, l’auteur, Professeur à l’Université de Strasbourg et Directeur de l’Institut d’Histoire d’Alsace, considère que ce terme d’identité pose également problème dans la viticulture alsacienne.

 

Dans son argumentation construite autour de nombreux exemples historiques, il évoque l’ordonnance du 2 novembre1945, le texte fondateur de la viticulture alsacienne moderne en ces termes surprenants. : « Empressons nous de souligner le caractère ringard de ce texte. L’Alsace, à la traîne du point de vue viticole, hérite d’un texte différent de ce qui existe en France. ».

 

Pour ma part, je préfère retenir le caractère novateur de ce texte qui trouve son origine dans le projet de statut des appellations d’origine Alsace élaboré par l’AVA (Association des Viticulteurs d’Alsace) au cours des années 30 et présenté en 1939 au comité national de l’INAO.

 

Avec courage et intelligence les vignerons alsaciens ont ainsi montré qu’ils étaient capables de prendre leur avenir en main en mettant en œuvre une politique qualitative dans un vignoble dévasté où tout était à reconstruire. Alors à quel titre peut-on regretter que les cépages peu qualitatifs comme le Burger ou les nombreux hybrides qui occupaient une grande partie du vignoble aient été écartés au profit des cépages nobles comme le Riesling, le Traminer et quelques autres ?

 

La création d’un Comité d’Expert des Vins d’Alsace qui constitue la grande particularité régionale issue de ce texte, mérite également d’être saluée. C’est grâce à cet organisme dont les pouvoirs ont été renforcés par la loi du 2 janvier 1970, le mérite en revient à Marcel BLANCK et son équipe, que l’Alsace a pu faire valoir et profiter de son particularisme.

 

L’histoire de l’Alsace est faite d’exceptions, pourquoi l’histoire de sa viticulture aurait elle dû y échapper ?

 

La loi BOROCCO de 1972 qui impose la mise en bouteille des vins d’Alsace uniquement dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et rend obligatoire la vente uniquement dans ce contenant est également une particularité locale. Sans elle bien des structures auraient disparu du paysage alsacien et la bonne santé du vignoble lui doit beaucoup. Ce n’est pas pour rien que d’autres régions ont à une certaine époque essayé d’obtenir le même privilège.

 

En conclusion Claude MULLER relève « qu’il apparaît finalement un fil conducteur : le primat du commerce sur toute autre considération, y compris ampélographique ».

 

Là encore je ne partage pas son analyse.

 

Commerce serait-il un gros mot ?

 

Existe-t-il des secteurs d’activité où l’on a établi des règles de fonctionnement sans prendre en considération les données commerciales ?

 

Le vigneron pour faire son vin a besoin de disposer de vignes et de matériels qui ne sont pas gratuits. Doit-on lui reprocher d’essayer de tirer bénéfice de son travail ?

 

Les plus anciennes délimitations alsaciennes avaient déjà pour objectif de préserver des intérêts commerciaux. En 1932 à Ammerschwhir le Kaefferkopf fut délimité parce que quelques vignerons des communes environnantes revendiquaient semble t-il ce terroir sans y posséder des vignes. Je doute que les motivations ne furent pas identiques dans les autres régions même à des périodes plus anciennes.

 

Bien que je ne partage pas toutes les analyses de Claude MULLER, j’invite toutefois ceux qui s’intéressent à la viticulture alsacienne à se procurer son livre intitulé : Alsace, Une civilisation de la vigne - Du VIIIe siècle à nos jours, Editions Place Stanislas, qui reste un ouvrage de référence.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:06

 

 

 

En attendant les Portes Ouvertes annuelles qui se tiendront le week-end prochain, Jean-Pierre RIETSCH dégorge ses magnums de Crémant Extra Brut

 

Au programme de ces deux journées : dégustation au tonneau de la récolte 2011, dégustation des vins de la carte et de vieux millésimes.

 

Cette année ce sont deux plasticiennes, Odile LIGER et Ilana ISEHAYEK qui prendront possession de la cave et exposeront leurs sculptures, peintures et installations. Olivier LECLERC présentera quant à lui son carnet de voyage au Laos.

 

Alors rendez-vous samedi 3 décembre de 14 à 19 heures et dimanche 4 décembre de 11 à 18 heures au Domaine RIETSCH à Mittelbergheim.

 

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:15

 

La presse régionale en a parlé et mon ami David LEFEBVRE, journaliste à l'Est Agricole, relaie cette information capitale pour la fin d'année : "Un collectif composé de vigneron et d'amateur de vin sur la place de Strasbourg, a décidé de se saisir de l'opportunité des marchés de Noël pour lancer une opération de promotion d'un vin chaud d'Alsace, un vin authentique et de qualité, à base de vin blanc d'Alsace. Ce collectif prépare un ensemble d'événements se rapportant à ce vin chaud d'Alsace dans la droite ligne des coutumes bachiques qui traditionnellement animent la filière vin : concours du meilleur vin et agrément avec dégustation à l'aveugle par un jury de professionnels, charte qualitative, création de verre collector, etc.".

 

Il est vrai que les vins chauds proposés lors de la grande foire de Noël ne s'imposent pas par leur qualités organoleptiques ni par la viticulture qui les a conduit jusque là. Un partenariat aurait pu être créé avec le laboratoire Jannsen Cilac qui généreusement offrirait un Imodium à chaque consommateur de vin chaud sur le marché de Noël. Mais la Ville et le collectif ont choisi de mettre en avant nos vins qui méritent bien cette destination.

 

Nul doute que cette initiative contribuera à la promotion de nos meilleurs crus et pourra aboutir à la création d'une AOP Alsace Vin Chaud voire éventuellement à la création d'un 52ème Grand Cru pour récompenser le meilleur terroir.

 

Si l'on s'occupait tout simplement d'abord, de la qualité des vins qui sont servis dans les restaurants et Winstubs de la ville et que l'on éduquait ceux qui les servent pour savoir les présenter, je suis certain que l'Alsace viticole aurait beaucoup à gagner.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 14:04

 

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Parmi tous les ouvrages relatifs à la viticulture alsacienne, celui-ci est le premier consacré exclusivement à un domaine. On ne sera pas surpris que ce soit le Domaine ZIND-HUMBRECHT qui ait été choisi par Thierry WEBER, amateur de vin et professeur de philosophie, pour commencer une série qui je l'espère sera longue.

 

Illustré par des dessins et tableaux de Bertrand MAC GAW et des photographies de Norbert HECHT, le livre nous parle avec simplicité de l'histoire de ce domaine emblématique et  décrit avec précision le mode cultural en biodynamie qui est mis en oeuvre dans les vignes. On est loin du traitement journalistique habituel basé sur le sensationnel et le bling-bling, car les propos d'Olivier HUMBRECHT sont rapportés avec une humilité qui écarte toute polémique.

 

J'aurais toutefois aimé une mise en page plus aérée et un tarif plus doux, mais il faut encourager cette initiative de publication qui devrait produire au cours de l'année prochaine un ouvrage cette fois consacré au couple de vignerons militants Chantal et Jean-Pierre FRICK.

 

A l'occasion de la sortie du livre, le Domaine ZIND-HUMBRECHT a offert à ses amis une dégustation de quelques vieux millésimes avec en point d'orgue un Riesling Clos Windsbuhl 2001 tout à fait exceptionnel.

 

Pour se procurer l'ouvrage : Editions Tonnerre de l'Est - tonnerredelest@sfr.fr -

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 17:40

 

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A l'occasion de la IVème Fête Nationale des Vins de France qui eût lieu à Colmar au mois de mai 1936 sous le haut-patronage d'Albert LEBRUN, alors Président de la République, les vignerons alsaciens proposèrent une dégustation de vieux millésimes afin d'apporter la preuve que leurs vins présentaient des dispositions à une longue conservation.

 

M. WIERDERKEHR, Maire de Turkheim et Président du Syndicat viticole de ce village, rassembla ainsi des vins des années 1834 à 1926 qui ne manquèrent pas de convaincre les experts conviés à la dégustation des qualités de garde des vins d'Alsace.

 

Même si aujourd'hui cette preuve n'est plus à faire, il est toujours intéressant de revenir sur de vieux millésimes qui réservent souvent de belles surprises si le bouchon qui les a obturés est resté dans un état satisfaisant et qu'aucune déviation liègeuse n'est apparue.

 

Il aura fallu tout de même à Chantal et Jean-Pierre FRICK, ouvrir plus de 80 flacons pour nous en faire déguster 50.

 

Sans entrer dans le détail des vins dégustés, je noterais parmi les 10 Pinot Noir proposés, le Strangenberg 1999 qui a conservé toute sa fraîcheur  et développé des qualités éthériques qui lui permettent de s'imposer plus par le fond que par la puissance. Le Pinot Noir 1983 affiche pour sa part de surprenant arômes de violette et beaucoup de vivacité. Jean-Pierre nous apprend qu'il est un des rares Pinot Noir à ne pas avoir fait de fermentation malolactique.

 

Un Crémant 1991, le premier fait au Domaine,   est prestement dégorgé par le maître de maison après près de 20 ans sur lattes. Sa bulle est extrêmement fine et la vinosité de cet assemblage de Pinot Blanc et de Pinot Noir tout à fait remarquable.

 

Suivront ensuite quarante vins dont un splendide Pinot Blanc 1959 issu du Steinert, un Pinot Gris 1987 au caractère strict et tendu, deux Chasselas des années 1992 et 1995 qui ont développé de subtiles notes miellées. Leur faible degré d'alcool, autour de 10° ne les a pas désservi au regard de la garde.

 

Pour des raisons qui me sont personnelles, j'ai beaucoup apprécié le Pinot Gris 1954 qui a su conserver son fruit, sa fraîcheur et sa tension avant d'attaquer une série de Sylvaner dont un 1959 aux jolies notes de fruits secs.

 

Bien évidement une large place a été laissée aux Riesling, superbe 1971, et aux Gewurztraminer dont je retiendrai la SGN 1990.

 

Beaucoup de vins et encore plus d'émotions le tout en très bonne compagnie. Les vins d'Alsace auront une fois de plus montré leur capacité à bien vieillir, cet état de fait ne surprenant plus aucune personne quelque peu avertie. La limite de cet exercice reste cependant le bouchon de liège qui malgré toute sa noblesse et les plaidoyers vibrants des Miss machin de la blogosphère, prêtes à n'importe quelles servilités, ne sait assurer avec régularité la conservation des vins.

 

Les vins aromatiques comme les Muscat et les Gewurztraminer me semblent plus souffrir des diverses déviations aromatiques qui sans laisser forcément des goûts de bouchon apportent des amertumes ou déstructurent les vins.

 

Depuis 2002 le Domaine Pierre FRICK a abandonné le bouchon de liège au profit de capsules couronnes qui depuis presque 10 ans apportent totale satisfaction. S'il peut sembler paradoxal pour un vigneron qualifié de "Nature" d'utiliser un système de bouchage technique, il faut bien se rendre à l'évidence que c'est le seul moyen de préserver ses vins dans le temps.

 

A ceux qui me diront que l'on a pas assez de recul pour porter un jugement sur ce mode d'obturation, je répondrai que le recul que l'on possède sur le bouchage au liège nous apporte chaque jour la preuve de son manque de fiabilité et que tout comme pour la Biodynamie il faut des précurseurs pour que ceux qui les suivront soient présentés parfois comme les initiateurs.

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 16:33

 

Fin-de-vendange.jpg

 

 

Les vendanges 2011 sont maintenant terminées. Il ne reste plus que quelques rares parcelles à ne pas avoir encore été rentrées, je doute qu’il y ait un intérêt d’attendre encore.

 

Alors qu’il est de coutume de se réjouir en cette période de fin de récolte, le vignoble reste sous le choc de l’annonce du décès accidentel de François BARMES, leur collègue unanimement apprécié. Mes pensées vont à son épouse, à ses enfants, à sa famille. Je garderai de François l’image d’un vigneron enjoué, perfectionniste et convivial.

 

Il est bien entendu trop tôt pour juger de la qualité de ce millésime atypique marqué par une floraison précoce qui restera cependant fort hétérogène en fonction des méthodes culturales. Plus que jamais il faudra être vigilant en cave avec des fermentations qui parfois démarrent fort avant de s’interrompre. Les parcelles chargées ont été touchées par de la pourriture acide qui donnera du fil à retordre aux œnologues. Dans les vignes conduites avec raison, même s’il a fallu trier, on a pu obtenir de beaux jus bien équilibrés et les rendements devraient être finalement moins importants qu’attendu.

 

Les vins sont rangés en cave, plus que jamais cette année, la vigilance s’impose.

 

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 14:30

 

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L’élevage mais surtout la mise en bouteille du vin sans aucun ajout de sulfites est un exercice périlleux. Moins de 10 vignerons alsaciens s’y essayent chaque année sur l’une ou l’autre de leurs cuvées de rouge ou de blanc, le reste de leur production subissant un sulfitage léger, entre 5 et 20 mg par litre, lors de la mise.

 

Le plus souvent ceux qui font le choix de limiter au maximum voire de supprimer l’apport d’anhydride sulfureux conduisent leurs vignes en Biodynamie, aussi il n’est pas surprenant que l’un d’eux ait souhaité appliquer en cave les mêmes principes homéopathiques que dans la vigne en remplaçant le sulfitage par une information au soufre natif.

 

Patrick MEYER, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a réalisé sur le dernier millésime la quasi-totalité de ses mises en informant ses vins avec des dilutions de soufre. Seules trois cuvées, un Muscat, un Gewurztraminer et un vin d’assemblage, ont cependant été mises en bouteille dans la même heure et selon le même processus en deux versions, l’une avec une information au soufre, l’autre plus classiquement après un sulfitage anecdotique de 10 mg par litre au SO2. L’intérêt de l’opération résidant dans la possibilité qui est donnée de comparer les deux expressions.

 

A la dégustation les paires de vins présentent respectivement des profils très différents.

 

Le Gewurztraminer informé offre une aromatique plus réservée accompagnée d’une légère réduction mais surtout beaucoup plus de fraîcheur que le vin sulfité légèrement. Mais la grande différence porte sur la perception de l’alcool, bien plus digeste dans la version informée. Le Muscat informé ne présente quant à lui aucune contraction et un croquant plus frais que sa version sulfitée. Les mêmes remarques valent sur la cuvée d’assemblage.

 

En Alsace, les premiers essais d’information au soufre, ont été menés il y a deux ans sur des vins du Domaine Julien Meyer par Pierre Sanchez et Xavier Couturier du Laboratoire Duo Œnologie. Dans un premier temps des dilutions de soufre natif allant de CH 1 à CH 60 ont été réalisées et appliquées en laboratoire sur des vins n’ayant jamais été sulfités.

 

Il est apparu, selon les dilutions utilisées, des effets synergiques antagonistes ou nuls allant de la réduction à l’oxydation. Ces effets apparaissant toujours dans un délai très court après la réception de l’information.

 

Quatre dilutions ont été retenues car elles allaient dans le sens recherché par Patrick, à savoir, retrouver en bouteille la même expression tendue avec une finale qui claque telle qu’il la connaît en cuve.

 

La seconde partie de l’expérimentation a consisté à réaliser des mises en bouteille à partir d’un tirage direct sur fût avec à chaque fois des échantillons non sulfités, d’autres sulfités à 10 mg et les suivants informés avec les quatre dilutions retenues. De nombreuses dégustations comparatives réalisées à l’aveugle ont ensuite permis de faire le choix de la dilution répondant le mieux aux souhaits du vigneron.

 

La première mise en bouteille de vin informé, dans des conditions classiques, a été réalisée en 2010 sur deux Riesling dont le Grittermatte 2009. Les résultats satisfaisants qui ont été obtenus permettent maintenant à Patrick Meyer d’étendre le procédé à l’ensemble de ses vins.

 

Même si ceux qui ne se tiennent qu’aux « preuves scientifiques » pourront toujours sourire et critiquer, j’invite les autres à venir découvrir et juger par eux-mêmes des résultats obtenus. Car n’oublions pas que c’est grâce aux expérimentations menées 20 ans avant par d’autres, que certains Domaines sont présentés aujourd’hui comme les précurseurs de la Biodynamie.

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 21:12

 

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Armand DEBELDER a été élevé dans le lambic. En 1953, son père a acheté le Café des Trois Fontaines à Beersel. Il y avait alors dans ce village du Brabant Flamand, 14 assembleurs qui élevaient en barriques les Lambics avant de les assembler et de les mettre en bouteille selon les besoins de la clientèle. Aujourd'hui les brasseurs de Lambics sont beaucoup moins nombreux et Armand est avec Jean Van Roy de la Brasserie bruxelloise Cantillon parmi les derniers tenants de la tradition de la Gueuze, cette bière acide, non filtrée qui, un peu comme le Champagne, fait sa prise de mousse en bouteille.

 

En mai 2009, 100.000 bouteilles de Geuze sont perdues à la suite du dysfonctionnement d'un thermostat qui régule la température de la pièce où sont stockées les bouteilles après la mise. L'unique solution pour sauver ce qui peut encore l'être, consiste à distiller ce jeune assemblage. Pour cela, une quarantaine de bénévoles viendront pendant plusieurs semaines pour retirer les muselets et déboucher tous les flacons. Mais le coup est très dur financièrement à assumer. Armand, pour éviter la faillite de son entreprise revend le matériel de brassage tout en continuant d'assembler des lambics comme le faisait son père.

 

Fort heureusement son opiniatreté, celle de son épouse, ainsi que les encouragements de ceux qui savent apprécier la qualité de son travail lui permettront de se sortir de ce mauvais pas. La semaine dernière Armand passait quelques jours chez des amis alsaciens, nous n'avons pas hésité à lui demander de venir nous faire goûter sa production.

 

Oude Geuze (orthographe Flamant) : C'est la Gueuze "classique", issue de l'assemblage de 3 Lambics de 3 années différentes, le plus récent apportant les sucres qui permettront une légère prise de mousse. Je le répète à chaque fois, mais avec la Gueuze on est plus proche du domaine du vin que de celui de la bière telle qu'on la rencontre le plus souvent. Proche par l'olfaction fermentaire, par l'acidité et la fraîcheur en bouche. Pas de sucre pour arrondir et affadir, la Gueuze tranche et désaltère.

 

Oude Geuze Vintage : Comme le vin la Gueuze vieillit en bouteille. C'est une bière de temps puisqu'il faut au minimum trois ans pour la produire, mais ensuite, l'idéal est de la laisser vieillir encore. Le flacon dégusté a été mis en bouteille en 2007, il offre des arômes plus précis et plus fins que le précédent avec un nez de foin et de brioche et une amertume finale d'une grande noblesse.

 

Kriek : La Kriek est une Gueuze dont les Lambics sont élevés toujours en barriques mais qui reçoivent l'ajout de cerises avec les noyaux qui apporteront un fruité finalement très proche du vin rouge en cuve. Les griottes de Pologne sont d'une extrême finesse, elles complexifient l'expression. Au vieillissement la Kriek perd son fruité et offre des arômes tertiaires surprenants qui font merveille sur les fromages comme le Munster.

 

Armand' 4 Oude Geuze Lente : Retour à la Geuze avec une sélection des derniers brassins d'Armand, réalisés avant de se séparer de son matériel. Beaucoup de puissance et de finesse à la fois avec de surprenants arômes d'aspérule. Cette Geuze possède de la longueur et de la profondeur, comme un vin.

 

Le ciel semble s'éclaircir pour Armand DEBELDER puis qu'il envisage de s'équiper à nouveau en matériel pour réaliser lui même ses brassins. Je lui souhaite que cela se fasse sans tarder.

 

www.3fonteinen.be

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 15:45

 

 

 

Il existe différentes façons de charger un pressoir quand la vendange est stockée de la vigne à la cave dans des botiches comme c'est le cas au Domaine Bechtold. Soit les vignerons disposent d'un tapis qui va transporter sans domage les raisins jusque dans le pressoir, soit les botiches sont versées dans le pressoir grâce à des mécanismes parfois coûteux que l'on trouve sur le marché.

 

Avec un moteur électrique de récupération et un peu d'huile de coude, le Mac Gyver de Dahlenheim s'est fabriqué un système d'une grande simplicité qui permet le chargement avec un minimum d'efforts et à moindre coût.

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 20:42

 

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Quelques images du Muenchberg prisent le week-end dernier.

 

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Après une semaine de beau temps sec et chaud avec des nuits fraîches, les maturités des Riesling ont dû progresser significativement.

 

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Cette année les pépins étaient mûrs très tôt dans la saison alors que les mesures rélevées au réfractomètre restaient encore modestes.

 

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