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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 06:00

 

Lucas

 

 

En Combi VW sur l’autoroute qui mène en Bourgogne, j’accompagne Lucas RIEFFEL parti chercher quelques barriques d’un vin chez des collègues vignerons. Dans les enceintes du lecteur CD, la trompette de Nils Peter MOLVAER, qui n’est pas sans rappeler celle de Miles DAVIES des années 70, éructe, pleure, déchire les nappes sonores qui se succèdent. « De la musique sans soufre » précise Lucas.

 

Mais revenons en aux barriques, les vignerons alsaciens utilisent-ils des barriques ?

 

Il est vrai que la tradition alsacienne veut que l’on vinifie en grands contenants. Historiquement c’est le foudre de chêne, d’un volume de 25 et 100 hectolitres, qui reste la norme. Maintenant la cuve en inox, plus facile à entretenir, tend à le remplacer mais les barriques dites bourguignonnes de 228 litres sont également utilisées.

 

Pour les rouges j’imagine ?

 

Oui bien sûr pour les rouges. Bon nombre de vignerons ont compris que le Pinot Noir d’Alsace n’avait rien à envier à son voisin de Bourgogne pour peu qu’il soit planté dans des terroirs adéquats, que l’on conduise la vigne avec rigueur pour en restreindre le rendement et que l’on prête une attention particulière à sa vinification et à son élevage.

 

Et pour les blancs ?

 

Là c’est très différent. André OSTERTAG est le premier vigneron à avoir commencé il y a une vingtaine d’année à élever une grande partie de ses vins blancs en barriques. Patrick MEYER utilise également la barrique pour certaines cuvées, menant parfois même des élevages sous voile. Et puis il y a aussi ZIND-HUMBRECHT et Marc TEMPE qui élèvent leurs liquoreux en barrique ou en demi-muid de 600 litres.

 

Pour ma part, c’est en 1998 que j’ai élevé mon premier Pinot Gris en barrique et aujourd’hui tous mes Pinot, noirs, gris et blancs font leurs fermentations puis leur élevage dans ce contenant pendant une période de 9 à 18 mois avant d’être mis en bouteille.

 

Mais quel est l’intérêt d’utiliser des barriques ?

 

L’avantage principal de la barrique réside dans le fait que la surface d’échange entre le vin et ses lies est beaucoup plus grande que dans tout autre contenant ce qui permet aux vins de gagner en gras et aussi parce que les échanges gazeux avec l’extérieur sont plus importants du fait de la porosité du bois. Mais surtout, l’élevage en barrique permet de mieux intégrer l’alcool et ainsi d’obtenir par exemple un Pinot Gris sec, qui malgré ses 14°, ne soit pas brûlant.

 

Ne crains-tu pas que cette pratique dénature le caractère alsacien de tes vins ?

 

Si l’Alsace est réputée pour le caractère fruité et quelque fois facile de ses vins, je ne vois pas en quoi ceux-ci perdraient leur identité dans un élevage en barrique. Je ne recherche pas l’apport d’un caractère boisé, c’est pour cela que je n’utilise pas de barriques neuves. Je souhaite simplement faire des vins structurés, fondus et complets qui restent très typés Alsace par le fonctionnement de leur acidité.

 

Et tes vins, ils sont sans soufre comme la musique de MOLVAER ?

 

Je fais chaque année une cuvée de Pinot Noir Nature sans ajout de sulfites et pour les autres cuvées j’ai pour habitude de m’en tenir à un sulfitage léger à la mise pour que les vins soient détendus et incisifs à la fois, comme la musique de MOLVAER.

 

Le mois prochain, les rouges du dernier millésime seront mis en bouteille. Cette année plus que jamais il faudra faire vite pour se procurer les cuvées Nature, Kreuzel et Runz en raison du faible volume offert en 2010. Moins puissants que les 2009, il possèdent une subtilité remarquable et beaucoup de tension.

 

A ceux qui recherchent un Pinot Gris sec de gastronomie, ce qui n'est pas toujours aisé, je recommande la Colline aux Escargots 2008. Issue du Grand Cru Kirchberg de Barr cette cuvée possède une harmonie qui tient à la fois de la puissance du terroir et du gras apporté par les 16 mois d’élevage.

 

Domaine André RIEFFEL

Lucas RIEFFEL

11, rue Principale 67140 MITTELBERGHEIM
Tel : 03 88 08 95 48

Agriculture Biologique en cours de certification
Site : www.andrerieffel.com
Mail : andre.rieffel@wanadoo.fr

 


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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 05:09

 

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Le réchauffement climatique modifie considérablement le fonctionnement du végétal. Dans le domaine viticole, son impact peut être jugé positif ou négatif selon la position dans laquelle on se place.

 

Ainsi, pour les viticulteurs qui produisent et livrent leurs raisins à des structures chargées de le vinifier, un niveau élevé de sucres est accueilli avec satisfaction puisque le système de rémunération du raisin est presque uniquement fondé sur sa mesure et que les éventuelles corrections seront apportées par les œnologues. Les vignerons qui vinifient leurs vins sont plus partagés. Certains peuvent ainsi se réjouir de produire au cours d’un même millésime chaud, des Pinot Noir de qualité et dans le même temps regretter le manque de structure acide de leurs vins blancs.

 

Pour Mathieu DEISS, les conséquences de ce réchauffement sont pernicieuses. Avec quelques collègues, il s’inquiète du décalage induit par les conditions climatiques entre la maturité physiologique et la maturité technique et considère qu’il convient de prendre en compte ce phénomène avec la plus grande attention.

 

On juge la maturité technique du raisin quand son niveau de sucre, donc d’alcool potentiel, mesuré avec l’aide d’un réfractomètre, atteint un niveau déterminé, variable selon les cépages. La maturité physiologique est quant à elle, une appréciation gustative de la maturité du raisin. La dégustation successive de la peau, de la pulpe et des pépins, permet d’en estimer l’aboutissement.

 

L’idéal pour le vigneron est d’obtenir des raisins mûrs physiologiquement sans surmaturité technique. Or l’augmentation moyenne des températures et la présence plus importante de CO2 dans l’atmosphère provoque un décalage de plus en plus sensible entre ces deux maturités.

 

Afin de lutter contre cette dérive, Mathieu DEISS considère que le meilleur remède consiste à diminuer la surface foliaire de la vigne en plantant à des densités de 8 à 12.000 pieds à l’hectare tout en conduisant la taille de telle sorte que la tête de pied soit plus basse qu’à l’habitude. Une vigne ainsi menée produit moins de raisins par pied, ceux-ci sont moins gros et plus qualitatifs. De plus un palissage bas permet de mieux conserver la fraîcheur du sol et par là d’obtenir un cycle de maturation plus long.

 

Le principal intérêt à réduire le décalage de maturité réside dans le fait qu’il permet à la salinité, véritable marqueur du terroir, de s’exprimer. Bien entendu, la qualité du travail du sol qui est réalisé dans la vigne contribue également à l’expression de cette salinité qui portée par une acidité tartrique mûre exprime l’âme du vin, son identité et sa profondeur.

 

Quant à la minéralité gustative, Mathieu considère qu’elle reste plus liée à l’aromatique et au goût et se révèle par exemple par une olfaction marquée par des notes de pierre à fusil, un toucher de bouche pierreux. Cependant la salinité reste selon lui le critère prépondérant sur celui de la structure aromatique.

 

Pratiquant la complantation pour se déconnecter de la notion de cépage si chère à l’Alsace, le Domaine DEISS présente chaque année une large gamme de vins fondée sur les terroirs variés dont ils sont issus. Chacun des crus possède sa propre identité révélée par une salinité unique.

 

Ainsi le Langenberg 2008 issu d’un terroir granitique s’exprime par une acidité présente dès l’attaque en bouche, qui s’installe ensuite jusqu’à tenir la finale. C’est une acidité souple sans être effacée qui porte une salinité cristalline. La minéralité se révèle par les arômes de pierre sèche qui concourent à rendre l’ensemble aérien.

 

A l’opposé, Burg 2007 affiche un caractère plus terrien. Issu d’un terroir composé de marnes du Keuper, il possède une acidité marquée qui s’impose nettement et trace le vin. Le minéral est présent en bouche à travers les arômes de tourbe et de terre humide. La salinité est marquée, dense, presque pesante, elle entraine le dégustateur vers les profondeurs du terroir.

 

La dégustation des 12 cuvées de terroir vinifiées par Mathieu DEISS reste une expérience unique à réaliser idéalement en sa compagnie. Le passage au Domaine constitue une étape incontournable pour tout amateur qui souhaite découvrir l’Alsace dans sa richesse et sa complexité.

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 05:33

 

Jean-Pierre-FRICK-copie-1.jpg

 

 

Dans l’inconscient collectif du monde du vin, l’usage du soufre pendant la vinification est un signe de progrès et de modernité. La plupart des vignerons ne peut s’en passer, tout simplement parce que depuis l’école, les œnologues leurs répètent que cela ne peut fonctionner autrement.

 

L’anhydride sulfureux ou SO2 est utilisé par les vignerons et l’industrie agroalimentaire sous diverses formes, liquide, gazeuse ou solide pour ses propriétés antiseptiques et antibactériennes, mais aussi pour son action protectrice contre l’oxydation et son rôle de conservateur. Cependant, il ne faut pas oublier que ce produit reste toxique et dangereux, qu’il doit être manipulé avec précaution et utilisé avec parcimonie.

 

Héritage de la présence germanique, son usage parfois immodéré a longtemps valu aux vins d’Alsace d’avoir la réputation de vins qui donnent mal à la tête. Si aujourd’hui les choses ont bien changé, l’emploi du SO2 au cours de la vinification et lors de la mise en bouteille reste la règle, d’une part pour empêcher la fermentation malolactique, responsable selon certains de la « perte » du fruit et d’autre part pour éviter la refermentation en bouteille surtout quand il reste des sucres résiduels dans le vin.

 

C’est la rencontre avec Pierre OVERNOY, un des vignerons précurseurs du sans soufre et les réflexions de Michel LEGRIS, caviste et auteur de Dionysos Crucifié, qui constituera le déclencheur et poussera Chantal et Jean-Pierre FRICK à produire leur premier vin sans aucun ajout de sulfites en 1999.

 

Pour eux, le fait de se passer de soufre lors de la vinification, de l’élevage, mais aussi lors de la mise en bouteille, est un aboutissement logique du travail en biodynamie commencé dans la vigne. Dans la mesure où ce mode cultural développe les résistances intrinsèques de la plante et de son fruit, c’est par continuité qu’ils recherchent à ne pas perturber les potentialités acquises, par l’ajout d’intrant.

 

Issu d’une viticulture thérapique des sols, le vin sans intrant devient alors acteur de santé.

 

L’apport de soufre rend le vin plus lisible, plus normé, d’abord en simplifiant son olfaction par exacerbation de l’un ou l’autre arôme, ensuite en resserrant la bouche pour apporter une sensation souvent interprétée à tort comme de la tension et même de la minéralité.

 

Sans SO2 le vin n’est pas figé, il est sujet à des phases, possède plus de nuances certes moins intenses mais beaucoup plus complexes. Sa dégustation appelle une participation plus active de la part du dégustateur.

 

Comme il existe différents alphabets, véhicules de communication, sans que l’on puisse considérer que l’un soit supérieur aux autres, le vin possède des expressions différentes selon son mode d’élaboration. Pour illustrer son propos, Jean-Pierre utilise la métaphore d’une même image imprimée sur papier glacé et sur du papier recyclé. La première est précise mais froide, alors que la seconde possède moins de définition mais plus de profondeur et surtout des reflets changeants en fonction de la lumière qu’elle reçoit.

 

Plus de trente mille bouteilles sans aucun ajout de sulfite ont été produites au cours du dernier millésime. Le Pinot Blanc de Noir sans soufre 2009 possède une bouche caressante, dense et crémeuse. Ses vertus analeptiques sont évidentes et sa découverte constitue une exploration sensorielle qui sollicite la mémoire du dégustateur. Il apparaît ainsi une dimension supplémentaire porteuse d’une émotion issue de la connexion avec le vin.

 

Le Muscat sans soufre 2008 est le premier Muscat sans intrant réalisé au Domaine. Une vinification et une mise en bouteille sans sulfite pouvait laisser craindre que les caractéristiques aromatiques du Muscat Ottonel perdent leur éclat. Il n’en est rien, le vin se livre par séquences au fur et à mesure de l’aération. Les arômes de bourgeons de sapin, de noix de Muscade et d’épices orientales se succèdent. La bouche est sèche et vive, éclatante avec une finale épicée qui ramène aux premières sensations ressenties à l’olfaction.

 

Autant que leurs vins, Chantal et Jean-Pierre sont attachants, sincères et profondément humains. Au-delà du vin, les rencontrer, échanger avec eux c’est aussi partir à la découverte de soi même.

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 21:10

 

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Olivier HUMBRECHT vient d'être élu hier, 31 mai 2011, Président de la section Grand Cru de l'AVA. Sa candidature commune avec celle de Christophe EHRHART, Président du Directoire du Domaine JOSMEYER, a retenu la majorité des suffrages des responsables des gestions locales des 51 Grands Crus réunis à Colmar.

 

Il prend donc la succession de Jean-Michel DEISS qui passe la main après 3 années d'une présidence riche en controverses, qui aura toutefois le mérite d'avoir ouvert le débat et proposé une réflexion de fond sur les Grands Crus d'Alsace. Le nouveau Président n'a pas encore fait connaître son programme.

 

Jean-Michel DEISS qui postulait à un second mandat, proposait la création d'un ODG (Organisme de Défense et de Gestion) Grand Cru, seul capable selon lui, de défendre les intérêts des producteurs de Grands Crus. Les 16 voix qu'il a obtenues, soit le tiers des suffrages exprimés, montrent bien que son investissement de ces dernières années n'a pas été vain.

 

Olivier HUMBRECHT prend ses fonctions à un moment charnière, il devra finaliser le délicat dossier des cahiers des charges des 51 Grands Crus afin d'en assurer la reconnaissance et la protection dans le nouveau cadre des AOP. Il aura besoin pour mener à bien sa mission de la participation responsable et active de l'ensemble des producteurs et des négociants. Je lui souhaite très sincèrement de réussir.

 

 

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 15:40

 

Jean-Schaetzel.jpg

 

 

C'est à l'occasion du 8ème Rendez Vous des Vignerons Bio d'Alsace que fut présentée par Jean SCHAETZEL, la Charte Vin Bio d'Alsace. Une charte qualifiée fort justement par ce dernier de "pas spectaculaire" dans la mesure où celui-ci considère qu'elle devrait être la norme.

 

Élaborée par un groupe de vignerons Bio, frustré devant l'incapacité de de voir aboutir une réglementation européenne sur la vinification des vins biologiques, cette charte se donne pour objectif de respecter la même logique de travail que celle pratiquée dans la vigne et de mettre un terme aux dérives quant à l'utilisation d'additifs lors des vinifications.

 

Afin de garantir au consommateur l'authenticité du vin et de son terroir, les vignerons signataires de cette charte s'engagent principalement à :

 

  • Ne pas utiliser de machine à vendanger afin de respecter l'intégrité du raisin et de ne pratiquer que des pressurages en raisins entiers.
  • N'utiliser comme intrant lors de la vinification que du SO2, tout en respectant un dosage limité à pratiquement la moitié des normes actuellement en cours, soit 120 mg/l pour les vins blancs secs.

 

Une commission interne aura pour mission de vérifier le respect des règles par les signataires et d'examiner les pratiques dérogatoires prévues à titre exceptionnel comme par exemple le recours à des levures exogènes.

 

VINABIO n'est certes pas, la première charte prenant en compte la vinification des vins Bio puisque les chartes Demeter, Biodyvin et Nature et Progrès existaient déjà, mais c'est le première charte élaborée au niveau d'une région viticole.

 

Une quarantaine de vignerons alsaciens ont déjà signé, nul doute que de nombreux autres devraient les rejoindre sous peu.

 

Ayant participé, je crois, à toutes les éditions de cette manifestation depuis sa création, je tiens à souligner la parfaite organisation de cet événement par l'OPABA et surtout la grande qualité des conférences et des interventions qui sont proposées chaque année. Cependant, si j'ai toujours plaisir à m'y rendre, je constate avec regrets que l'on y retrouve en dehors des vignerons, qu'un cercle restreint d'amateurs très avertis et quelques professionnels. Il est fort dommage que le grand public soit si peu présent pour des raisons qui selon moi ne tiennent qu'au choix du lieu et peut-être aussi à la date.

 

La même remarque vaut pour la Présentation Annuelle des Grands Crus, toujours remarquablement organisée par le CIVA mais qui ne rencontre pas le public qu'elle mérite.

 

Il manque à l'Alsace la création de grandes journées consacrées à son vignoble et à ses vins qui auraient lieu en alternance au coeur de Strasbourg et de Colmar et qui toucheraient un large public d'autochtones et de touristes en proposant en plus des dégustations, un cycle de conférences et d'animations sur des thèmes variés autour du vin.

 

Et que l'on ne me parle pas de la Foire aux Vins de Colmar...

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 21:03

 

Etienne-Courtois.jpg

Etienne COURTOIS

 

Tout d'abord les vins blancs de Claude et de son fils Etienne.

 

Romorantin 2008 Claude Courtois : C’est à François 1er, qui appréciait particulièrement ce cépage, que l’on doit la présence du Romorantin dans la Loire. Peu répandu en dehors de l’appellation Cour Cheverny dont il constitue le cépage unique, il possède un profil aromatique unique mais souffre parfois de mollesse. Ce n’est pas le cas du Romorantin de Claude qui possède une bouche épicée, mentholée et onctueuse. La structure sphérique et relâchée est bien soutenue par une salinité craquante qui apporte du tranchant.

 

Plume d’Ange 2009 Etienne Courtois : Dix huit mois d’élevage en vieilles barriques ont façonné ce Sauvignon puissant qui s’exprime sur des notes de fruits à l’eau de vie. Le vin possède de la fraîcheur et du glissant. Si l’expression est franche, elle reste cependant moins complexe que celle du vin précédent.

 

L’Arnoison 2008  Claude Courtois : L’Arnoison car c’est ainsi que l’on appelle le Chardonnay dans la Loire. Micro cuvée, pratiquement pas commercialisée, la version Courtois de ce cépage offre une bouche crayeuse marquée d’arômes de pain d’épice et de réglisse. Ce vin cristallin et puissant nécessite une bonne aération avant de le déguster.

 

Or Norme Claude Courtois : Un élevage de 30 mois a patiné les alcools de ce Sauvignon riche et puissant. Moins précis que les vins précédents il possède néanmoins une salinité remarquable qui apporte un cachet certain.

 

Tokio la Nuit - Les Quatres Vents - Domaine de l’Angevin : Et pour terminer cette série de blancs la cuvée des Quatres Vents de l’incomparable et indispensable Jean-Pierre Robinot, ex-caviste, peintre, sculpteur et vigneron jusqu’au-boutiste Sarthois. Vin extravagant, généreux et extrême qui, s’il ne fait pas dans la précision, apporte lumière et joie.

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 20:15

 

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Organisé par l'OPABA, le 8 ème Rendez-Vous avec les Vignerons Bio d'Alsace se tiendra le 1er Mai prochain au Château de Kientzheim. La liste des vignerons participants ainsi que le programme des animations sont consultables sur : rdvvigneronsbioalsace.com

 

A ne pas manquer, la présentation faite par Jean SCHAETZEL, de la toute nouvelle Charte des Vins Bio d'Alsace qui représente un sérieux pas en avant en établissant des règles de transformation de raisins biologiques en vinification, élevage et conditionnement en AOC Alsace, Alsace Grand Cru et Crémant d'Alsace.

 

A ce jour, 224 viticulteurs alsaciens sont engagés dans une démarche Bio.

 

110 d'entre eux sont certifiés, 114 sont en cours de certification, dont 74 en 3ème année.

 

Plus de 10 % des vignes en production en Alsace, soit 1640 hectares, sont actuellement cultivées selon le mode biologique certifié ou en cours de certification.

 

 

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 16:36

 

Debourrement.jpg

 

Débourrement très précoce cette année en Alsace. La vigne a deux bonnes semaines d'avance.

 

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Sur les calcaires de l'Altenberg de Wolxheim on trouve des anémones pulsatilles.

 

 

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Dans le Zotzenberg, les tulipes de vigne sont très nombreuses cette année.

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 19:48

 

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Une délégation est enfin reçue par le Préfet ESCANDE, qui transmettra les revendications à sa hiérarchie. La manifestation se dispersera ensuite dans le calme.

 

Bien que l’unité puisse sembler parfaite derrière la direction de l’AVA, de nombreuses voix s’élèvent dans le vignoble afin de dénoncer ce projet de mise en bouteille dans la région d’origine jugé tout simplement inique. A leur tête on trouve Eugène FALLER et Achille GEIGER, tous les deux vignerons en affaires avec les tant décriés négociants du quai de Bercy. Par des tracts ils font part de leur indignation :

 

«Viticulteurs d’Alsace, si vous tenez à accorder au négoce le monopole des prix, si vous voulez dépendre de leur bon vouloir, si vous voulez vous contenter d’un salaire de misère, bref si vous tenez à vous mettre vous-même la corde au cou alors il vous suffit d’aller manifester pour la mise d’origine : le négoce vous aura bientôt dans son sac. Si par contre vous avez su réfléchir aux conséquences désastreuses que la mise d’origine amènera nécessairement, dites non à la collaboration BLANCK-NEGOCE. Ne participez pas à une manifestation qui va directement à l’encontre de vos intérêts»

 

En réalité les avis sont partagés, surtout pour les nombreux producteurs qui vendent aux négociants basés hors de l’Alsace et qui risquent fort de perdre leurs clients si ceux-ci ne peuvent plus acheter de vins en vrac. Leurs craintes de se retrouver piégés par le négoce local qui profiterait de cette situation pour tirer les prix vers le bas est légitime. Ils reprochent également aux dirigeants de l’AVA de profiter de la mobilisation de leurs troupes contre l’augmentation de la pression fiscale pour soutenir le projet de mise en bouteille dans la région d’origine qui ne ferait pas l’unanimité dans la profession. Enfin l’argument selon lequel la qualité et la notoriété des vins d’Alsace serait mieux défendue par les négociants locaux leurs semble inacceptable.

 

Quelques semaines plus tard lors de la 50ème Foire aux Vins d’Ammerschwihr, Joseph HEITZMANN qui préside l’évènement rappelle les difficultés très graves que connaissent les viticulteurs et souligne une nouvelle fois la nécessité d’imposer la mise en bouteille dans la région d’origine, seule capable de procurer des garanties de qualité aux consommateurs. Le député BOROCCO présent ce jour là confirme qu’un texte sortira incessamment et assure la profession de son soutien le plus total. Marcel BLANCK prend ensuite la parole et remercie les viticulteurs présents à la manifestation pour la discipline et la détermination dont ils ont fait preuve. Il rappelle en dirigeant d’une grande organisation professionnelle l’enjeu important que représente cette mesure en plaçant l’intérêt général de la viticulture bien au dessus des considérations étroites qui lui sont reprochées.

 

Le 5 juillet 1972, soit moins de 3 mois après la démonstration de force des vignerons alsaciens, la loi dite BOROCCO du nom de celui qui l’a portée, relative à la commercialisation des vins à appellation d’origine contrôlée Vins d’Alsace ou Alsace est adoptée. Avec effet immédiat elle rend obligatoire la vente des vins d’Alsace uniquement en bouteilles conformément à la réglementation en vigueur, à l’exception des transferts de chaix à chaix dans les deux départements alsaciens. D’autre part, elle impose la mise en bouteille des vins d’Alsace uniquement dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

 

La manifestation des vignerons alsaciens n’aura pas été vaine. La seconde conséquence plus inatendue de ce mouvement, sera le renforcement des grilles de la Préfecture de Colmar, comme le soulignera avec malice au cours d’une assemblée générale de l’AVA, le Député BOROCCO.

 

Pour Marcel BLANCK c’est une victoire importante qui conforte les efforts du vignoble alsacien dans sa volonté de produire des vins de qualité mais aussi une garantie pour l’image des vins d’Alsace. Cependant, la prise d’effet sans délais de ce texte va plonger les nombreux vignerons qui vendaient leurs vins aux négociants de « l’intérieur » dans une situation délicate qui va exacerber les tensions apparues autour de la manifestation du 20 avril. Ces fortes dissensions vont conduire à la création d’un syndicat de vignerons opposants à l’AVA : l’ADIVA.

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:48

 

1972-Colmar-manifestation-Albert-Heim.jpg

 

 

A l’appel de l’AVA, qui quelques jours auparavant avait réuni les Présidents des Syndicats Viticoles à Scherwiller afin de les consulter et d’obtenir leur accord, ils sont près de 4000 vignerons à s’être déplacés pour crier leur colère de ne pas être entendus par le Ministère de l’Agriculture mais aussi pour exprimer leur mécontentement face à l’augmentation de la pression fiscale.

 

A l’origine de ce mouvement de protestation, l’attitude de certains négociants du Quai de Bercy dans la région parisienne, soupçonnés de commercialiser sous l’Appellation d’Origine Contrôlée Alsace, des vins d’assemblage issus pour partie de provenances incertaines.

 

Marcel BLANCK s’était ému à de nombreuses reprises de cette situation désastreuse pour l’image des vins d’Alsace. Aussi c’est en concertation avec Pierre GRESSER, Directeur de la coopérative de Bennwihr,  Alphonse HAAG, Président des coopératives, et quelques autres qu’il propose de riposter en demandant qu’un texte de loi rendant obligatoire la mise en bouteille des Vins d’Alsace dans leur région d’origine soit promulgué.

 

Devant le peu d’empressement du ministère, soucieux de ne pas créer un précédent susceptible de générer d’autres demandes, et également en raison des nombreuses démarches toujours restées sans suite, il est décidé d’organiser une manifestation qui fera la preuve de la détermination des vignerons alsaciens.

 

D’autre part, l’augmentation de la pression fiscale considérée comme intolérable motive les plus réticents à venir manifester.

 

Au petit matin de ce jeudi 20 avril de nombreux véhicules convergent vers la place Rapp à Colmar, lieu de rassemblement de la manifestation. La date n’a pas été choisie au hasard car il fallait pouvoir disposer des autobus chargés habituellement du transport des écoliers pour conduire les manifestants sur place et le jeudi était à l’époque le jour de repos des scolaires.

 

Vignerons manipulants, coopérateurs, courtiers et négociants forment un cortège bruyant encadré par un service d’ordre dont Raymond BALTENWECK est responsable. Les présidents des différents syndicats locaux sont entourés par leurs adhérents et veillent à éviter tout débordement. Raymond Kaufmann sur son tracteur tire une remorque qui porte un mannequin pendu à une potence symbolisant la difficulté de la profession de vigneron qui est étranglé par l’impôt.

 

En tête du cortège on trouve les présidents des associations viticoles, les représentants de la Chambre d’Agriculture et les élus des communes viticoles. Le député BOROCCO, ancien résistant et très influent auprès du parti gaulliste, apporte son soutien aux revendications. Marcel BLANCK, Président de l’AVA, tient le micro et donne le ton revendicatif à la manifestation.

 

François MUHLBERGER, Président de la sous-région de Molsheim se souvient : “Je suis arrivé à la tête de vingt bus qui transportaient les vignerons de mon secteur, nous portions des pancartes sur lesquelles figuraient nos revendications. Quand nous sommes arrivés devant la préfecture, j’ai aperçu Théo FALLER qui nous attendait là sous un arbre. Bien que favorable à notre cause il n’avait pas osé participer au défilé, sans doute en raison de ses responsabilités politiques car il était alors Conseiller Général“.

 

La Fédération des Coopératives vinicoles d’Alsace, solidaire avec les autres familles professionnelles de la viticulture, s’insurge contre les entraves portées par les pouvoirs publics à l’organisation économique du vin d’Alsace. Dans un communiqué qui résume les revendications de l’ensemble des manifestants, elle demande :

 

- Que soit promulgué sans tarder un texte en faveur de la mise d’origine obligatoire des vins d’Alsace dans l’aire de production.

- Que la fiscalité outrancière incombant aux producteurs soit adaptée aux réalités économiques des exploitations.

- Que le taux excessif de la TVA appliqué au vin soit rapporté au taux des autres produits agricoles.

 

Arrivé devant la préfecture, les manifestants se montrent plus pressants et les grilles qui ferment la cour sont soumises à rude épreuve. Bernard MULLER, Président de la coopérative de Wuenheim, calme les troupes afin d’éviter l’intervention des CRS qui, bien que restés en retrait à l’arrière du bâtiment, sont prêts à entrer en action.

 

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