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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 19:33



Vini Circus c'est le salon des vins naturels qui se tient depuis 6 ans sous un chapiteau de cirque à Hédé dans la région rennaise. Comme il est de coutume, les vignerons présents s'échangent des vins et c'est Patrick Meyer avec l'aide de Christian Binner qui nous présentent ce soir une belle sélection de ce qu'ils ont pu rapporter.

Et on commence avec le Puy Long de Jean Maupertuis en Auvergne, un pétillant naturel à base de Chardonnay, agréable et précis avec une belle matière, seul reproche une sucrosité que j'aurais préféré moins marquée.

You Are So Fine, toujours en pétillant naturel, de Nathalie et Christian Chaussard à Vouvray, plus vineux avec son nez beurré de vin tranquille, une bulle très fine qui fait plus penser à un  frisant qu'à un mousseux. Le vin est parfaitement sec, seul l'élevage un peu appuyé perturbe la fin de bouche. Très belle maîtrise de la technique du Pet'Nat.

Un Champagne non dosé enfin, Brut Nature de Boulard sur lequel je ne m'étendrai pas dans la mesure où j'ai rencontré de plus belles bouteilles de cette cuvée.

Viennent ensuite les vins tranquilles avec Les Accacias un Cour Cheverny 2006 du Domaine du Moulin d'Hervé Villemade. Une pointe oxydative, une note de volatile mais surtout une bouche qui possède de l'éclat et de la tenue. Plutot un vin d'hiver par son côté chaleureux et ses notes d'eau de vie.

Cap au Sud, très au Sud puisqu'on arrive en Corse chez Antoine Aréna et son BG 2002. Un vin puissant, structuré avec une finale légèrement alcooleuse. On sent la volonté de faire riche avec une vendange très mature qui apporte des notes de botrytis à la belle aromatique construite sur les fruits à chair jaune.

Un nez lacté, une fine réduction, un vin comme sorti du tonneau avec un peu de gaz mais surtout une fraîcheur remarquable tendue par une fine acidité. Un vin juste au bel équilibre et à la grande buvabilité fait par Gilles Azzoni au Mas de la Bégude en Ardèche, cuvée Nedjma 2006.

Une robe trouble, un peu de volatile et un vin qui se met en place lentement à l'aération. L'amertune initiale s'intègre à mesure que le vin s'oxygène et quelques minutes plus tard on trouve dans le verre un beau jus de raisin fermenté, parfaitement équilibré, frais et desaltérant. Là aussi, belle démonstration de vinification nature par Thierry Puzelat avec sa cuvée de L'Ormeau des Deux Croix, millésime 1997.

Une bouche caressante, souple, qui possède du nerf et beaucoup de tenue. Certe il manque un peu de terroir mais la réussite est au rendez-vous car le vin n'a aucune autre prétention que de rafraîchir et d'aporter une agrèable sensation parfaitement aboutie. Anjou Blanc 2007 de chez Mosse. Un de mes préférés.

Olfaction fermentaire précise, la bouche est vive, tranchante mais la finale marquée par l'élevage est perturbée par de des amertumes qui dérangent.  Poully Fuissé Tradition 2002 du Domaine  Valette.

Et pour finir cette série de blancs, un Savagnin ouillé à la bouche éclatante du Domaine de la tournelle à Arbois : Fleur de Savagnin.


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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 11:04



Le "Teilung" est l'opération qui consiste à couper une grappe en deux. Cette pratique courante chez nos voisins du Palatinat mais aussi en Suisse est effectuée après la floraison quand la grappe est déjà formée.

Méthode alternative à la vendange en vert qui consiste à éliminer les grappes en surnombre sur chaque pied, le "Teilung" a pour double objectif de réduire le rendement en abaissant la charge mais aussi de diminuer l'action du botrytis en décompactant les grappes.

Les cépages de la famille des Pinot qu'ils soient Noir, Gris ou Blanc, en raison de leurs grappes denses et leurs peaux fines sont très sensibles à la pourriture. C'est sur ces cépages qu'une expérience est menée actuellement.

A chaque fois une moitié de la parcelle a été soumise à cette opération, la seconde moitié reste pour témoin. Résultat à suivre dans un peu plus de trois mois.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 18:18


De passage en Belgique avec Jean-Pierre RIETSCH, nous en profitons pour poursuivre notre quête de la Geuze (j'ai pas dit gueuse) en nous rendant à Beersel dans le Brabant Flamand, à environ 10 kilomètres au Sud de Bruxelles. Beersel, charmant petit bourg d'un peu plus de 5000 âmes, est réputé pour son château fort construit aux environs de 1300, qui constituait alors un des éléments de la première ceinture de défense de Bruxelles, mais aussi pour la brasserie Drie Fonteinen crée par Gaston DEBELDER dans les années 50 et maintenant tenue par son fils Armand.


Armand absent ce jour là, c'est Lydie HULPIAU qui nous reçoit et nous fait tout d'abord visiter le local de brassage. La Geuze est un assemblage de lambicsde 1, 2 et 3 ans qui requiert de la part du geuzier des qualités pointues de dégustateur. Les lambics sont brassés chaque année entre les mois d'octobre et d'avril lorsque la température extérieure et les conditions atmosphériques optimum (fraîcheur et vent) sont réunies.

Les lambics sont issus d'un mélange d'orge malté et de blé dur broyé dans un moulin, macéré pour en extraire l'amidon  puis brassé pendant 5 heures avec un apport de houblon. Le brassin est ensuite versé dans une cuve ouverte pour refroidir, c'est à ce moment là que les bactéries responsables de la fermentation spontanée entrent en oeuvre. 


La fermentation bouillonnante se poursuit ensuite en barriques qui bien entendu ne sont pas obturées pour laisser échapper la mousse blanchâtre qui s'en échappe. Les lambics sont élevés de 1 à 3 ans en barrique avant d'être assemblés et mis en bouteille. Une nouvelle fermentation, toujours naturelle et sans ajout de levures, se produit alors car les plus jeunes lambics contiennent encore des sucres à transformer. C'est cette seconde fermentation, conduite à une température contrôlée d'environ 16°, qui va apporter un léger gaz à la Geuze. L'intérêt du contrôle de température à ce moment là de l'élaboration, permet d'éviter le développement d'acidité volatile et ainsi d'obtenir une Geuze aimable au palais sans acidité excessive.


Entre le brassage du premier lambic et l'ouverture d'une bouteille de Geuze il faudra attendre un minimum de 3 ans et demi, aussi compte tenu des tarifs pratiqués, on comprend immédiatement le bien fondé du message affiché dans le local magasin : "Ici vous achetez la bière d'un brasseur, pas celle d'un banquier".

Après que Lydie eut tiré de la barrique un jeune lambic et une Kriek de mars 2008, nous rejoignons le LambikOdroom, un espace lumineux dédié à la dégustation.

Jeune lambic brassé en mars 2008: Fines notes oxydatives car la barrique est presque vide, arômes intenses, bouquet complexe de notes fermentaires, de tabac et de céréales grillées. Une pointe de volatile et une structure dense, relâchée, quasi tranquille avec bien entendu la présence de quelques sucres.

Oude Geuze Vintage: En bouteille de 37,5 cl, assemblage de lambics dont les plus anciens ont été brassés en 2002 et mis en bouteille en 2005. Cette Geuze est en vente actuellement. Très légère réduction, notes de levain de céréales grillées. Remarquable équilibre construit autour d'une acidité fine et serrée qui n'agresse pas. Finale aux accents d'orange amère; très belle longueur et profondeur.

Oude Geuze: Plus jeune, plus rustique et d'un tempérament plus fougueux que la précédente, elle offre des notes lactées qui s'affinent à l'aération et révèlent les valeurs profondes de l'assemblage. L'équilibre est toujours remarquable, l'acidité marquée mais sans excès apporte la fraîcheur, laisse la bouche nette et désaltère.

Kriek de mars 2008 tirée du fût: Je défie tout dégustateur de dire "bière" si on lui présente cette Kriek dans un verre noir. Le profil aromatique est celui d'un vin rouge au fruit puissant. Brassé avec des cerises de Pologne cette Kriek est tout simplement remarquable. Densité du fruit, de la structure, sans aucun gaz.

Oude Kriek en bouteille : Oude signifie "vieille", il est vrai que j'aurai pu le dire plus tôt. Olfaction fermentaire avec des notes marquées de réduction. Un peu de patience est nécessaire ou alors il faut carafer. La structure se révèle alors crémeuse avec un joli fruit sans toutefois égaler en puissance fruitée la Kriek précédente. Les cerises utilisées sont d'une autre origine. Bière élégante et d'une grande digestibilité avec une acidité parfaitement civilisée.

La Brasserie Drie Fonteinen produit également des cuvées spéciales que nous n'avons pas goûtées faute de temps mais que j'imagine de très grande qualité compte tenu du talent d'Armand DEBELDER.

Attenant à la brasserie le Restaurant  Drie Fonteinen permet de se restaurer et de découvrir les spécialités locales accompagnées des bières de la brasserie.

Nous remercions Lydie pour son accueil chaleureux et sa grande disponibilité pour répondre à nos nombreuses questions. Je recommande vivement la visite de cet établissement à tous ceux qui désirent découvrir les secrets de la Geuze dans son expression la plus fine et la plus élégante que je connaisse.

BROUWERIJ 3 FONTEINEN
Hoogstraat 2A
1650 Beersel
Tel: 02/306.71.03
www.3fonteinen.be

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 18:33



Commencé le dimanche 31 mai à midi, le pique-nique vigneron organisé par le Domaine Julien MEYER de Nothalten s'est terminé lundi de Pentecôte au matin. Toutefois, par respect pour leurs familles, je ne donnerai pas les noms des derniers participants.


Badgés dès leur arrivée, les membres du Klub SNMDD ont été soumis à un quizz de 4 vins tirés du fût qu'il fallait identifier. C'est le dernier de la série qui a posé le moins de problèmes puisque à ma connaissance tout le monde a reconnu le Pinot Noir.


Ensuite promenade biodynamique de plus de 3 heures dans le Grittermate et le Muenchberg avec de nombreuses explications sur les méthodes culturales, le travail du sol et l'usage des plantes pour soigner la vigne. Fort heureusement 2 pauses dégustation étaient prévues pour se sustenter, se désaltérer et récupérer de la montée du Muench. Tiens au fait, ça me fait penser que j'ai oublié de poser une question sur la 501...


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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 17:10

 

Mathieu DEISS et le précieux Vin de Paille 1989

 
C'est toujours un grand plaisir d'aller déguster les vins de Jean-Michel DEISS et de son fils Mathieu qui l'assiste depuis les dernières vendanges. Personnage emblématique, parfois provocateur, souvent controversé, Jean-Michel a fait le choix de la complantation pour révéler la dimension presque religieuse qu'il accorde à ses terroirs.

 

Ses vignes sont soignées en biodynamie car cette approche "apporte une proximité entre le vigneron et la plante". Jean-Michel aime le préciser : "la biodynamie est un acte gratuit, ce n'est pas quelques grammes de silice qui vont tout changer, mais on ne fait pas les choses pas en fonction de ce que l'on comprend mais de ce que l'on sent".


Et l'extrême sensibilité de l'approche est présente de la vigne à la cave. Quand je demande à Mathieu s'il est difficile de prendre la suite de son père aux commandes de la cave, il m'explique que finalement les choses ne sont pas si compliquées puisque tout se règle à la vigne et que dans la mesure où les vinifications sont réalisées sans intrant, l'opération la plus sensible reste le pressurage.

Appliquant la méthode paternelle, les premiers pressurages en début de vendanges sont réalisés avec un pressoir mécanique qui permet ensuite d'étalonner les séquences des pressoirs pneumatiques. La qualité du pressurage est capitale pour éviter au maximum de débourber les moûts, ensuite il ne reste plus qu'à suivre la fermentation.

Ensemble nous découvrons une belle verticale de Burlenberg, complantation de Pinot Noir et Pinot Beurot sur calcaires oolithiques.

Tannins fins et élégants pour le 2005 à la finale crayeuse, expression plus sévère portée par une acidité qui tend le vin dans le millésime précédent, sanguin et puissant en 2003, fondu avec une finesse de tannins admirable en 1997. Tous ces vins sont dotés d'une grande présence, parfaitement charpentés avec la forte empreinte d'un terroir qui domine.

Je poursuis ensuite par les Alsace Premiers Crus dont la variété des expressions offre un plaisir d'une grande intensité. Toutes sont remarquables cependant je ne parlerais que de celles qui m'ont le plus ému, sans jugement de valeur, simplement en recherchant une proximité avec les vins.

Tonique Engelgarten (2005 - 2007) construit sur un jeu d'agréables amertumes et astringences. De façon très surprenante, la pointe d'alcool qui ponctue la finale n'apporte aucun désagrément mais plutôt une chaleur réconfortante.

Sèveux et épicé Grasberg (2004 - 2005 - 1995) avec une préférence marquée pour le millésime le plus ancien qui présente maintenant une parfaite maturité. Fruit, minéral et épices sont présents dans un équilibre parfait.

Profondeur du Burg (2004 - 2005 - 1995) à la matière impressionnante et à la trame sérrée. Un côté graphite marque la bouche et des notes d'encens qui contribuent à apporter une dimension spirituelle. Le Huebuhl (2004 - 2002) semble presque son contraire par son côté gènéreux et réjouissant.

 

Vient ensuite la rencontre avec les Grands Crus :

Long, puissant et persistant Mambourg, envahissant et apaisant à la fois. Un vin qui arrive comme une vague et submerge le palais.

Derrière l'austérité de façade du Schoenembourg se cache une richesse et une profondeur sans que rien d'ostentatoire ne vienne se manifester. Le vin se dévoile par strates successives, toutes différentes, toutes complémentaires.

Élégance distinguée, expression élancée, l' Altenberg de Bergheim se livre sans retenue. C'est un vin rieur, vivant, vibrant où l'on retrouve aussi bien le fruit que le minéral.

Les vins du Domaine sont riches, profonds, lumineux, toujours pourvus d'une importante salinité qui allège les expressions et apporte de la digestibilité. Une très belle gamme de terroirs parfaitement à la hauteur de sa réputation.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 06:00


Ce qui est certain, c'est qu'on ne le boit pas pour son étiquette le Pinot Noir Nature de Lucas.

Cuvaison de 3 semaines en vendange entière, élevage en barriques anciennes jusqu'à ces dernières semaines avant une mise en bouteille sans filtration ni soufre ajouté à aucun moment.

Du nature quoi, sans intrant, aucun.

Les détracteurs des vins natures n'y trouveront pas leur compte car malheureusement on ne note aucune trace de réduction foxée , ni volatile, ni déviation aromatique, ni sucres traînants (j'adore l'expression) à l'horizon.

Seulement un fruit gourmand, une tenue en bouche qui force le respect avec du fond, de la salinité et surtout une buvabilité qui défie toute concurrence. Un vin classé à l'indice 10 sur l'échelle Meyer de torchabilité.

Seulement 8 € la bouteille mais il faut faire vite car il n'y avait que 4 ou 5 barriques, je ne me souviens plus.

Ca permettra toujours d'attendre que le Pinot Noir Runz soit mis en bouteille juste avant les prochaines vendanges. On peut alors compter sur un vin plus ambitieux construit pour la garde. Et je ne vous parle pas des Pinot Noir du lieu dit Kreuzell qui sont encore jeunes mais surement très prometteurs, posez la question à Lucas ...

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 07:33

 

 

Pinot Blanc, Klevner, Clevner, Pinot Auxerrois, Auxerrois : pas facile de s'en sortir lorsque l'on sait qu'en Alsace sous les trois premières appellations on peut retrouver des cépages forts différents que sont le Pinot Blanc, l'Auxerrois et parfois même un assemblage des deux.

Jusqu'en 1999 on ne savait pas grand chose sur le cépage Auxerrois. Le mystère de ses origines a été en partie élucidé grâce aux travaux menés sur le patrimoine génétique des vignes par une équipe de chercheurs franco-américaine de l'Université Davis en Californie et de l'INRA de Montpellier.

Le couple fondateur du Pinot Auxerrois serait donc le Gouais Blanc, un des plus vieux cépages originaire de Croatie et introduit par les Romains il y a 2000 ans, et le Pinot. Des croisements successifs auraient ensuite donné naissance à une lignée d'au moins 16 cépages.

Le Pinot Auxerrois et le Chardonnay seraient donc presque frères puisque consanguins. Une telle conclusion peut paraître surprenante mais elle n'étonnera pas le dégustateur averti qui retrouvera dans les vins issus de ces cépages une même gamme de structures et d'arômes.

Le Pinot Blanc est quant à lui la forme blanche du Pinot Noir. Plus précisement il s'agirait d'une mutation du Pinot Gris.

La dégustation qui suit ne concerne que des vins issus du cépage Auxerrois même si parfois ils sont commercialisés sous l'appellation Pinot Blanc.

Pinot Blanc 2007 Schmitt Bergbieten : L'olfaction fruitée, fumée, offre une expression variétale plaisante. Tendre en attaque, le vin évite le manque de nerf que l'on peut trouver parfois sur ce cépage. Sans reproche c'est un vin simple et agréable à la fois.

Pinot Blanc Gebreit 2007 Rieffel Mittelbergheim: Le Gebreit est un petit plateau granitique situé entre le sommet du Kastelberg et l'extrémité du Wiebelsberg. Lucas Rieffel qui élève ses Auxerrois Gebreit en barriques vient le matin même d'en filtrer une partie sur Kieselguhr. Il nous présente 2 échantillons, le premier a été filtré, le second ne l'a pas été. Précision : les 2 vins n'ont jamais été sulfités. Le second échantillon présente plus de tension, de droiture et un côté plus tannique que le précédent. Sa bouche est lactée, saturée en CO2 mais on perçoit une très belle matière. Le premier échantillon, qui a été filtré,  se montre plus "civilisé" avec des arômes affinés par la filtration. Tous les éléments nécessaires pour obtenir un canon sont réunis.

Auxerrois Kiespfad 2006 Hausherr Eguisheim : Des arômes marqués de fruits jaunes, pêche, mirabelle, de la douceur, du gras et une agréable note iodée. La vendange était surmurie et le vin soufre d'un léger manque d'acidité tout en restant digeste et gouleyant.

Auxerrois Hinterberg 2005 Binner Ammerschwihr : Un nez intense, une bouche riche et grasse mais un manque de tension acide. Le vin possède beaucoup de profondeur mais sa richesse lui nuit.

Klevener Vieilles Vignes 2006 Rieffel Mittelbergheim: Issu de vieilles vignes plantées dans les bas de Mittelbergheim le vin ne manque pas de surprendre par un côté sanguin et une surprenante touche de boisé alors qu'il est élévé uniquement dans l'inox. Assez proche aromatiquement d'un Pinot Gris.

Entre Chien et Loup 2007 Rietsch Mittelbergheim: Le vin vient d'être mis en bouteille il y a quelques semaines après un an et demi d'élevage en barrique. Ni filtré, ni sulfité, il possède de la droiture, une acidité puissante et une grande buvabilité. Parfaitement sec, c'est un des nouveaux exercices de style auxquels se livre actuellement Jean-Pierre Rietsch.

Trovium Mochel Traenheim: C'est le seul vin qui ne soit pas un pur Auxerrois puisqu'il est assemblé avec du Pinot Gris. Guillaume Mochel conduit l'élevage de cette cuvée en barriques d'acacia.  La structure est belle mais le boisé appuyé apporte une touche que l'on peut considérer comme trop technique. Peut être faut il laisser un peu de temps à ce vin dont j'ai oublié de noter le millésime.

Klevner 2007 Bechtold Dahlenheim: Un vin aérien que l'on boit d'un seul trait. Simple mais d'un fonctionnement agréable qui conjugue fraîcheur et présence en bouche. Le millésime 2008 qui est encore en cuve à ce jour sera construit sur une trame identique mais avec un supplément de puissance et de définition. Très bel exemple d'Auxerrois variétal.

Auxerrois H 2007 Josmeyer Wintzenheim: Avec le K de Kientzler, originaire du Kirchberg de Ribeauvillé, le H de Josmeyer issu du Hengst fait partie de ces Auxerrois qui se sont forgés une forte notoriété  en Alsace. Depuis 1983, Jean Meyer revendique cette cuvée puissante accompagnée de notes fumées et qui possède une excellente capacité à vieillir. Les vignes plantées en 1959 sur un grand terroir de calcaires oligocènes et de marnes offrent une expression d'une magnifique tenue où le cépage s'efface.

Auxerrois Barrique 2000 Loew Westhoffen: Exubérant, viandard, une bouche marquée par des notes de marc et une légère rondeur qui n'enlève rien à la gourmandise du fruit. L'élevage est parfaitement intégré puisque personne n'a dit "barrique".

Auxerrois moelleux 2007 Anstotz Balbronn : Un nez légèrement brouillon avec un peu de volatile et une bouche gourmande, riche et d'une agréable moelleux. Bel exercice de style.

Klevner 2007 Kreydenweiss Andlau: Un vin qui affiche immédiatement sa vinosité par son olfaction dense, riche et complexe. La bouche est moelleuse puisque récolté sur le Kritt avec un potentiel de plus de 16°, le vin possède encore 80 g de sucres résiduels. L'ensemble est toutefois équilibré et parfaitement pur aromatiquement puisque la vendange était exempte de botrytis.

 

Auxerrois 2005 Rolli Gassmann Rorschwihr : Un nez sauvage, presque animal signe d'une réduction qui s'estompe à l'aération. En bouche l'acidité est marquée, presque "allemande". Des amers équilibrent bien la richesse de l'expression.

Nous avons pu constater sur la série de vins que nous avons dégustés que l'Auxerrois présentait un profil fort différent de celui du Pinot Blanc. Son expression est moins tannique, sa palette aromatique est plus fruitée et moins rustique que celle du Pinot Blanc. La difficulté principale semble être de préserver sa structure acide, qui parfois peut faire défaut, par une viticulture adaptée. L'élevage long en barrique semble parfaitement convenir pour obtenir une expression aboutie de ce cépage.

NB : les informations ampélographiques rapportées proviennent d'un document dont je ne possède pas les références. Cependant, les recoupements que j'ai pu faire ne me permettent pas de mettre en doute les thèses avancées.

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 21:12



Je reprends ici, avec son autorisation, un article de David LEFEBVRE paru il y a peu dans l'Est Agricole et Viticole. 

 

Un manuscrit mis en ligne par un oenologue californien traite de la salinité des vins. Il serait l’œuvre de Léon Potier de gesvres (1620 - 1704).

 

Sean Thackrey, un oenologue Californien, passionné d’histoire et détenteur de nombreux ouvrages historiques sur le vin, a mis en ligne une série d’ouvrages historiques sur le vin à l’adresse www.winemaker.net.

L’essentiel y est de Pline l’Ancien à Jules Guyot.

Et parmi ces ouvrages, un manuscrit étonnant sur le goût du vin. En raison des armoiries qui figurent sur la reliure, l’auteur serait Léon Potier, Duc de Gesvres et Pair de France, capitaine des gardes du corps du Roi, chevalier du Saint-Esprit en 1688, premier ordre monarchique. L’ouvrage est intitulé Ce que c’est que la nature . On ne sait pas grand-chose de Léon Potier, duc de Gesvres (1620-1704), hormis qu’il fut premier gentilhomme de la chambre, gouverneur de Paris, et fils de René Potier, duc de Gesvres et de Marguerite de Piney-Luxembourg. Rien en tout cas dans sa vie qui ne se rapporte de près ou de loin au vin.


Sean Thackrey s’étonne de la qualité de cet écrit et on le comprend quand on lit le sixième chapitre  dédié à la saveur et à l’odeur du vin en particulier : “Nous voyons que le vin ne retient pas seulement la disposition des pôres de la vigne et des grappes qui l’ont produit, mais encor qu’il garde celle du terroir ou la vigne est planté, cependant il est constant que toutte la force du vin ne consiste que dans le sel volatil de son esprit, puis qu’il demeure insipide, lorsque l’on en a separé cet esprit, et que la matière aquatique demeure pareillement sans saveur, lorsque par le sel fixe de tartre on en a separé le sel volatil ou consistoit toutte sa vivacité.”


La question de la salinité des vins et de son impact sur goût, sur la sapidité, est donc un sujet abordé depuis la nuit des temps. Pline l’Ancien décrivait comment les Romains modifiaient la constitution minérale des vins pour les assouplir, mais on ne connaissait pas la moindre tracs à propos de ce sujet durant le Moyen-âge et la Renaissance.


Le texte en question va très loin dans l’analyse du sel en lien avec le terroir et de son impact sur le goût du vin : “L’expérience nous assure que les corps qui n’ont point de sel n’ont point de saveur, et qu’il n’y en a point d’insipides qui ne deviennent savoureux par la meslange du sel. Mais tous les sels ne causent pas la mesme saueur. Le sel doit estre regardé comme la cause generalle de cette sensation qu’on appelle saveur. Cette diuersité de configuration ne procede que de la differente tissure de la matiere terrestre - sous-entendez matière minérale -  dans la quelle ils se sont specifiés, ainsy le sel doit estre regardé comme la cause generalle de cette sensation qu’on appelle saveur.”


David LEFEBVRE.

 

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 17:01


Située en plein centre de Prague dans un ancien atelier de menuiserie, Wines Home est une vinothèque qui offre sur quelques 600 m2 un espace consacré aux vins et à la gastronomie. C'est dans ce lieu convivial aux multiples recoins, conçu par Ivana DOMBKOVA et Rostislav CERNIK du studio Design by Donlic, que s'est tenue une semaine consacrée à l'Alsace en présence des Domaines RIETSCH, MOCHEL, KREYDENWEISS et Jean HAULLER.


L'exposition des photos de Frantisek ZVARDON et des dessins de Marie DREA, les nombreuses animations viniques proposées par les vignerons, reçus plus que royalement par leurs hôtes, ont drainé pendant quatre jours et une bonne partie des nuits, une foule de passionnés.


La communauté française de Prague mais aussi de très nombreux journalistes, équipes de télévisions locales et bien entendu oenophiles plus ou moins avertis ont pu déguster les vins d'Alsace mais aussi profiter de la présence d' Hubert MAETZ de l'Hostellerie du Rosenmer pour découvrir la gastronomie de notre région.


Quelques moments aussi en petit comité pour déguster des vins de Moravie et quelques vieux millésimes que Jean-Pierre RIETSCH avait amené avec lui. L'animation musicale était assurée pendant les 4 soirées par des musiciens de Jazz de très haut niveau qui ont accompagné la voix émouvante de la troublante Petra ERNYEI.
 

Ivana, Martina et Rosta, je reviens quand vous voulez !

WINES HOME
Bilkova 13
110 00 PRAHA 1
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 18:17


 


Un lumineux caveau situé à l'entrée du village, élégance sobre et épurée des lignes comme des matières, nous sommes au Domaine MITTNACHT Frères à Hunawihr. Immédiatement on perçoit la sensibilité artistique des propriétaires puisque c'est avec son cousin Marc que Christophe gère les 23 hectares du Domaine conduit en biodynamie depuis 10 ans. Les cousins se répartissent le travail dans les vignes, Marc se charge de la cave pendant que Christophe se consacre au commerce.

La mise en bouche s'effectue avec un assemblage de Pinot Blanc et d'Auxerrois au caractère vif, précis avec une pointe mentholée et une belle tenue en bouche puis avec un Riesling à l'olfaction pierreuse et camphrée suivie d'une bouche droite bien relevée par des notes de fougère et de thé. Ces 2 vins issus du millésime 2007 placent immédiatement la barre assez haut pour des expressions qui ne se veulent que variétales. Les 2 flacons sont obturés par des capsules à vis car le Domaine a retenu cette option depuis 3 ans pour leurs vins de cépages, à la grande satisfaction de sa clientèle export.
 

Tous les terroirs du Mandelberg à L'Osterberg en passant par le Rosacker et le Muehlforst sont à dominante calcaire avec cependant
des singularités qui tiennent à l'exposition ou à une présence plus ou moins importante de marnes et d'autres éléments minéraux. Chacun possède une structure unique qui conserve son identité quelque soit le cépage au travers duquel il s'exprime.

Muehlforst (R 01 04 07, PG 07 06) : Situé entre Hunawihr et Ribeauvillé, exposition plein Sud, dominante calcaire avec beaucoup de   marnes. Remarquable par son amplitude, sa densité et sa tenue en bouche. L'acidité massive est toujours bien enveloppée dans la matière et l'aromatique parfaitement précise, riche et distinguée, surtout dans les millésimes plus anciens.

Osterberg (R 01 03 07, G 07) : Un Grand Cru austère et profond toujours accompagné d'une importante trame tannique. L'expression est vibrante, épurée, toute en tenue et en retenue. Salinité et tension.

Rosacker (R 01 04 07, PG 07, G 07) : Expression aérienne, large et élégante, toujours soutenue par une acidité vive et cristalline. Beaucoup de tenue et de panache avec un côté extravagant qui en fait le parfait opposé de l'Osterberg.

Mandelberg (R 04) : Parcelle acquise en 2003 et grêlée depuis une année sur deux. L'unique expression goûtée ce jour là ne permet pas de conclusion significative. A suivre sur les prochains millésimes.

Les vins du Domaine Mittnacht Frères sont construits sans artifices dans un style aérien et ciselé qui me rappelle celui du Domaine Josmeyer. Rien de démonstratif, juste l'essentiel dans de très belles expressions qui s'expriment sur un équilibre plutôt sec, tendu et épuré.

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