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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 12:00

Epfig, le 24 mai 2007

L'objectif de la soirée était de partager les expériences respectives des vignerons présents pour déterminer l'apport de la culture bio et biodynamique à la vigne et aux vins. Nous sommes reçu très sympathiquement par André OSTERTAG entouré de son équipe.

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Créé en 1966, le Domaine OSTERTAG compte maintenant 14 hectares. André a rejoint son père en 1980 et immédiatement imposé sa vision de la viticulture en abandonnant l'usage des résiduaires dès 1982. Sur les conseils de François BOUCHER il s'intéresse à la biodynamie qu'il expérimente d'abord sur quelques parcelles, puis étend à l'ensemble du Domaine en 1998.

Aujourd'hui le Domaine est certifié en bio par ECOCERT. La certification en biodynamie n'a jamais été demandée, cependant André semble revoir ses positions et s'orienter vers une certification afin que son mode cultural soit reconnu et également pour se démarquer de ceux, de plus en plus nombreux, qui revendiquent la biodynamie sans vraiment la pratiquer, en dehors de tout organisme certificateur.

La dégustation porte sur les cépages Pinot Gris et Riesling, issus du terroir Fronholtz, dans les millésimes 2005, 2000, 1998, 1996, plus quelques bonus. 

Le Fronholz est situé sur le versant Sud Ouest de la colline d'Epfig, son sol caillouteux est un mélange d'argiles de quartz de silice et de marnes truffées de gros conglomérats provenant de l'érosion des montagnes vosgiennes. Il bénéficie compte tenu de son exposition d'un ensoleillement très long. 

Les Pinot Gris

Les Pinot, qu'ils soient Noir, Blanc ou Gris du Domaine sont élevé en barriques. Inspiré par son ami Dominique LAFOND, André opte dès 1983 pour les méthodes d'élevage bourguignonnes ce qui n'est pas sans lui causer alors de nombreux problèmes d'agréments.

Les Pinot Gris vinifiés en sec effectuent leur fermentation alcoolique et malolactique en barriques. Depuis 2000 adandon du bâtonnage, dans la mesure où cette pratique exacerbe les arômes secondaires et enlève de la pureté aromatique aux arômes primaires précis des vins d'Alsace.

Pour mémoire les Pinot Gris Fronholz ont été plantés en 1989

Pinot Gris Fronholz 2005 (14,2°, 5,6 ac, 6 g sr)

Elevage de 11 mois en barrique, soutiré 1 mois avant la mise. 30% de bois neuf. Le boisé est fin et élégant, très belle longueur, finale un peu chaude.

Pinot Gris Fronholz 2000 (13,6°, 6,5 ac, 8 g sr)

Plus de fraîcheur que dans le précédent, une belle patine s'est installée, l'élevage est parfaitement intégré.

Pinot Gris Fronholz 1998 (13,1°, 7,4 ac, 3 g sr)

Le nez est grillé avec de belles notes fumées. Très sec en bouche, avec une réelle complexité aromatique et une acidité précise. Le tranchant de l'acidité est consécutif à une piqure lactique apparue en fin de fermentation malolactique.

Pinot Gris Fronholz 1996 (13,8°, 7 ac, 8 g sr)

Nez riche et complexe sur des notes de fruits acidulés, de litchi et de truffe. Le vin est détendu avec un beau gras et l'acidité malique typique du millésime.

La série de Pinot Gris démontre une belle maîtrise de l'élevage en barrique. Les vins sont ni marqués ni maquillés. La qualité et le niveau des acidités sont aussi remarquables. Les vendanges réalisées fin septembre pour récolter des raisins mûrs mais sans surmaturité.

 Les Riesling

Riesling Fronholz 2005 (12,3°, 7,1 ac, 7 g sr)

Le nez est anisé, la bouche droite et précise, très belle matière. La vigne est mature et son rendement parfaitement équilibrée. Les Riesling sont élevés exclusivement en cuves inox. Les essais de vinification en barrique pour ce cépage ont été abandonnés depuis longtemps.

Riesling Fronholz 2000 (13°, 5,5 ac, 12 g sr)

Une seconde bouteille a été ouverte à la suite de remarques concernant des déviations aromatiques liées au bouchon. En effet le nez au profil terpénique du premier échantillon est surpassé en précision et en éclat par celui provenant de la 2ème bouteille. Autant le premier vin est évolué que le second reste sur un fruit flamboyant, gras et précis.

Riesling Fronholz 1998 (12,5°, 6,5 ac, 13 g sr)

Belle expression terpénique, l'acidité équilibre parfaitement un léger moelleux.

Riesling Fronholz 1996 (12°, 5 g sr)

Vendangé le 29 octobre, les Riesling précédents l'ont été aux environs du 15. Le profil très 96 possède de nombreuses similitudes avec celui du Pinot Gris du même millésime. En règle générale les vins de ce millésime ont du mal à s'ouvrir, certains font remarquer qu'ils risquent comme les Bordeaux 75 de ne jamais le faire…

Riesling Fronholz 1989

Une belle matière, mais la sensation d'un creux en milieu de bouche. Finale moyenne qui manque de longueur.


La dégustation des Riesling apporte la démonstration qu'il n'est pas obligatoire d'attendre des fortes maturités pour récolter. Les vins présentés sont secs avec de belles matières et des teneurs en alcool relativement faibles. 

Bonus…

Pinot Gris 1988 A360P

Superbe fraîcheur, olfaction marquée par des notes de pain grillé et une fine volatile. Le vin n'a pas été filtré, seul un léger collage a été réalisé. La bouche est parfaitement sèche, longue, remarquable.

Les vignes étaient à ce moment là encore fort jeunes et leur potentiel s'est maintenant bien amélioré.

Le vin est issu du Grand Cru Muenchberg, il porte le nom de A360P à la suite de problèmes d'agrément qu'il connut alors. A360 P étant le nom de la parcelle dont il est issu.

Gewurztraminer SGN Fronholz 2005 ( 10,5°, 5,4 ac, 205 g sr)

Ce qui surprend, ce sont ces arômes de raisin frais bien éloignés des profils habituels et variétaux des Gewurztraminer. Le vin est porté par le sucre, mais sans lourdeur malgré les 205 grammes de sucres résiduels présents.


Même si ses qualités de vinificateur sont incontestables, André OSTERTAG explique que le travail en biodynamie mené dans les vignes est un apport significatif pour ses vins et qu'il lui reste encore une belle marge de progression.

Parmi les apports de la biodynamie, un élément factuel et incontestable est une meilleure régulation des rendements des différents millésimes. Cet élément est confirmé par les biodynamistes présents qui donnent pour exemple le millésime 2003 dont le niveau de rendement est resté très proche de la moyenne habituelle alors qu'il a été nettement inférieur chez ceux qui travaillent de façon conventionnelle.

Les autres points positifs de la biodynamie concernent la capacité que la vigne développe pour se défendre des maladies et le meilleur équilibre végétal qui est obtenu. Le rognage tardif, réalisé fin juillet lors de l'arrêt végétatif, apporte une meilleure luminosité au végétal.

Le goût des raisins se voit amélioré. Les pluies ont peu d'impact sur les baies qui se gorgent moins d'eau et conservent ainsi de meilleures qualités organoleptiques.

Les vins gagnent en digestibilité, minéralité et précision. Cet argument est unanimement partagé par les biodynamiciens qui affirment que leurs vins sont mieux acceptés par l'organisme.

Le travail intelligent des sols qui est effectué au Domaine participe également à la qualité des vins. La marge de progression dans la biodynamie est liée à un apport en effectifs afin de réaliser les différents travaux aux dates les plus favorables, ce qui n'est pas toujours possible pour des raisons d'organisation et de météo.

 


 
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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 18:41
Mittelbergheim, le 10 avril 2007

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le SELTZ ...
Sans jamais oser le demander


Irréductible et irrésistible comme ses Sylvaner, Albert Seltz est un vigneron qui revendique haut et fort sa différence. Mais c'est avant tout un personnage sentimental et attachant qui cache parfois sous des dehors rugueux et provocateurs, une grande sensibilité.

En 1980, alors qu'à 19 ans il vient de reprendre les 10 hectares du Domaine familial, il en arrache 3 pour supprimer tous les clones présents. Ses banquiers s'inquiètent pour sa santé mentale, mais Albert reste déterminé. Il ne souhaite pas traîner ce qu'il considère comme un boulet et préfère partir sur des bases solides.

Un matériel végétal issu de sélections massales lui parait indispensable à une bonne adéquation entre terroir, porte greffe et cépage. Mais encore une fois il surprend par le choix des replants ; principalement du Sylvaner et de l'Auxerrois.

Bouchon1.jpg

L'exemple de Marc Kreidenweiss l'incite à magnifier l'Auxerrois, un cépage incompris et décrié, dont le caractère introverti correspond parfaitement à sa nature profonde. Résolu et déterminé son combat pour la défense du Sylvaner le conduira jusque devant les tribunaux.

Pas moins de 5 références d'Auxerrois sont actuellement à la vente, sans compter les millésimes plus anciens dont certains sont encore disponibles.

Du Pinot Blanc 2005, 100% Auxerrois, au nez floral et frais accompagné de fines notes vanillées avec une structure imposante vendu seulement 4,40 € à l'Auxerrois Kritt 2002 (11,20 €), un vin de discussion, passerillé, à l'élégance féminine et racée, sans oublier l'Auxerrois Sélection 2005 (11,20 €), issu de la Hardt de Mittelbergheim avec un potentiel de vendange tardive. Sec et puissant, Albert le voit comme un vin d'asperges quand d'ici 3 ans la pointe alcooleuse aura laissé la place aux arômes de noisette qui commencent à poindre.

L'Auxerrois Kritt Sélection 2005 a été récolté avec un potentiel de plus de 22° d'alcool. Avec son nez marqué par le botrytis et la pâte de coing c'est encore un bébé qui ne demande qu'à grandir. Il est cependant déjà remarquablement bien en place et donnerait volontiers la réplique à un foie gras poêlé au vinaigre balsamique.
Dans un registre différent, l'Auxerrois La Clochette du Fou 2002 (14,70 €), élevage en barrique, Albert l'appelle "mon Puligny". Goûtez, vous comprendrez pourquoi.


Albert-seltz-photo.jpg
Le vigneron travaille dans un style viril qui conjugue avec brio la puissance et l'élégance racée. Parfois ingrats dans leurs jeunesses, beaucoup de ses vins ont besoin de quelques années pour gagner en plénitude et dominer les excès des chaleurs adolescentes. Ces vins sont construits pour la garde.

La preuve par l'exemple avec un voyage au bout du Sylvaner en 15 vins.

L'actuelle cuvée Sono Contento, issue du Grand Cru Zotzenberg, était commercialisée de sa création en 1989 jusqu'en 1999 sous l'appellation Sylvaner Vieilles Vignes Zotzenberg. C'est elle qui déclencha les ires de l'INAO et conduisit Albert devant les tribunaux. Il était en effet interdit de revendiquer un terroir classé en Grand Cru pour ce cépage.

Nullement déterminé à se laisser faire compte tenu de l'antériorité historique du Sylvaner sur le Zotzenberg, notre Dom Quichotte partit en croisade judiciaire. Débouté mais dispensé de peine, il fit percer dans son Domaine, en mémoire de cet épisode, une fenêtre de style Renaissance. Elle porte sur sa voûte la mention "Sono Contento 11 février 2000", référence à Leonard de Vinci disant sa satisfaction après avoir achevé une toile, la date étant celle du délibéré du procès.

Fenetre-sono-contento.jpg

Le Sylvaner Vieilles Vignes Zotzenberg 1994, rebaptisé Sono Contento possède une matière étonnante de vivacité. Son acidité est pimpante, son amertume désaltérante et son bouquet complexe avec des notes d'herbes aromatiques de sauge et de réglisse. Toujours dans une prime jeunesse.

Le 1995 (14,70 €) s'exprime par la qualité de sa minéralité et son acidité parfaite de droiture et de gourmandise.

Un nez puissant et envoûtant de truffe caractérise le millésime 1996 (14,70 €). Sa bouche possède un profil très proche du 1994 bien soutenue une finale puissante et grasse d'une respectable longueur. Pas d'arômes outranciers, la puissance est contenue, c'est la force tranquille.

Toujours la truffe, mais plus discrète et accompagnée de réglisse pour le millésime 1997 (14,70 €). Le vin est tendu, jeune, la finale un peu chaude. L'aération lui permet de mieux s'exprimer. Trop jeune encore !

Le 98 (14,70 €) est encore sur le fruit. Nez de poire Williams et de compote chaude, la bouche dans un registre identique avec un gras annonciateur d'un beau millésime.

Trop récents les millésimes 2003 et 2004 (10,20 €) ne possèdent pas encore l�équilibre de leurs aînés, mais leur potentiel aromatique marqué par un profil épicé ne demande qu'à se manifester.

Sono Contento constitue la cuvée de référence, mais il faut d'autres espaces à Albert pour déclamer son ode au Sylvaner.

Sylvaner Barbe Noire 2002, incursion d'un pirate sur fond de surmaturité et de botrytis. Sec cependant avec une bouche bien construite sur des arômes de fruits à noyaux. Parfait en accompagnement de gibier à plume.

Etiquette-Zotz.jpg

Le Sylvaner Zotzenberg 2005 est le premier millésime à pouvoir porter la mention Grand Cru. Le combat juridique ne fut donc pas vain. S'il est déjà à la vente, en raison d'une demande pressante, Albert préfère prévenir les acheteurs, cette bombe n'est pas à sortir avant au moins 5 ans.

Pour patienter, la cuvée de Sylvaner de La Colline aux Poiriers 1998 (20,40 €) offre un ensemble suave, ample et parfaitement fondu. Son potentiel de vendange tardive est marqué par le passerillage et le botrytis.

Le 2001 de la même cuvée (17,70 € les 500 ml) devra aussi patienter, mais ce millésime de grande qualité nécessite un peu d'abnégation.

Sylvaner El Diablo 2000
(38,40 € les 500 ml), le diable brûle sur le bûcher de l'incohérence alsacienne, SGN actuellement portée par le sucre, là encore de la patience. Barbe Noire barrique 2002, oxydatif aux arômes de torréfaction et de moka, sec avec une acidité précise et tranchante.

Sylvaner Mon Ecole Buissonnière 2000
, l'élevage en barrique affine les arômes et apporte à cette SGN une complexité surprenante.

Pour terminer,
Sylvaner Oh Brian barrique 2003, tiré du contenant où il poursuit son élevage sans soufre, il est encore trop tôt pour le présenter.

Nulle part ailleurs il n'est possible de trouver autant de cuvées dédiées à ce cépage. A ce titre et compte tenu de l'antériorité de son travail, Albert Seltz fait figure de précurseur.

Albert SELTZ
21 rue Principale
67140 Mittelbergheim
03 88 0891 77
www.albert-seltz.fr

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 12:05

 Husseren Les Châteaux, février 2006


Le Sorcier d'Husseren


Rendez-vous est pris à 18 heures à Husseren Les Châteaux. L’hiver est particulièrement rigoureux cette année, de la neige et une température largement négative ce soir de février.


Bruno Schueller
nous accueille dans son caveau situé à deux pas de l’église du village. Le décor est spartiate. Ici on est très loin du charme bourgeois et élégant des salons de dégustation du Domaine Faller, et la cave n’a aucun point commun avec le splendide bunker de Zind-Humbrecht. 


Nous nous retrouvons le verre à la main, entre la cave d’élevage et celle de stockage. Bruno insiste, la pièce est chauffée par le sol grâce à un serpentin. J’avoue avoir beaucoup de mal à trouver la bonne position pour profiter au mieux de cet apport calorifique. Mais c’est sans importance au regard de ce qui nous attend. 


Nous commençons la dégustation par les Pinot Noir 2005. Issus de 3 terroirs différents, ils sont au tout début de leur élevage. Il n’est pas certain que les malos soit faites, tous se goûtent cependant remarquablement bien. La vendange est égrappée main à 30%, les macérations durent une vingtaine de jours avec des pigeages réguliers. Les extractions sont de toute beauté sans rien de forcé ni de surextrait.


Bien entendu, pas de soufre à ce stade là de l’élevage. La cuvée issue de l’Eichberg est encore réduite, avec plus de dureté en bouche que celle issue de terrains sablonneux servie précédemment. La cuvée Bildstoeklé, terroir à dominante calcaire, est élevée en demi-muids pendant un minimum de 2 ans, elle présente déjà un magnifique équilibre, des tannins serrés et précis et une minéralité impressionnante.


Si les rouges restent civilisés et facilement abordables, il va en être autrement lorsque nous passons aux blancs.


Armé de sa pipette, le Sorcier d’Husseren plonge dans sa cave, escalade les fûts et les barriques pour nous proposer à la dégustation le fruit de ses recherches et expérimentations. 


Impossible d’entrer dans le détail de ce qui est goûté. Pinot Gris macéré 20 jours et élevé en barrique, le même cépage dans le même millésime avec une vinification plus conventionnelle, s’il est possible d’appliquer ce terme à propos de ce vigneron. 


Bruno s’amuse à vinifier ses vins avec une propension certaine pour le non-oenologiquement correct. Bien entendu, il ne se formalise plus de ses nombreuses démêlées avec les commissions d’agrément.


Il suit son intuition, teste, expérimente et construit des vins rares, généreux, intenses et surprenants qu’il faut savoir aborder sans préjugé et avec une grande ouverture d’esprit.


Les vignerons présents ce soir là reconnaissent volontiers que ce style si différent des standards actuels présente un intérêt certain. Au delà des expressions extrêmes marquées par la réduction, parfois soutenue, et l’oxydation parfaitement ménagée, il se dégage une alternative qui a le mérite d’ouvrir des horizons nouveaux.


Puis il y a La Bouteille : 

B-Schueller-3-copie.jpg


Plus que centenaire, sans aucun doute. En raison des conditions dans lesquelles elle a été découverte, Bruno estime son origine à la fin du 19ème siècle, aux alentours des années 1880.


A cette époque, seuls les grands vins étaient mis en bouteille. Les vignerons possédaient 5 tonneaux de contenance décroissante. Le plus grand accueillait le vin de l’année, puis à chaque récolte le solde était transféré dans le tonneau plus petit. Si, à l’issue des 5 ans, le vin était encore buvable, il était mis en bouteille. Avec une telle méthode, seuls les grands millésimes subsistaient. 


Très certainement issu d’un assemblage de cépages plantés sur l’Eichberg, le vin a conservé une superbe acidité qui structure la bouche et apporte une importante fraîcheur. Aucune trace d’usure, des arômes de rancio avec une précision étonnante. 


Puis nous nous replions à la Table d’Hôtes de Madame Schueller, à quelques centaines de mètres de là. C’est un véritable plaisir de nous retrouver dans une atmosphère chaleureuse, autour d’un feu de bois et d’une queue de bœuf au Pinot Noir. Gérard Schueller, le père de Bruno, nous a rejoint. Il est encore très présent dans les vignes, sa compagnie est un vrai plaisir, son expérience impressionnante.


Bruno a ramené de la cave un magnum de Crémant « raté ». Pur Riesling : avec une prise de mousse insuffisante, le vin n’arrive pas à éjecter son dépôt lors du dégorgement. Pas grave, c’est délicieux avec une bulle très fine, bien entendu pas de dosage. Crémeux et gras à souhait, pas mal pour un « raté ».


Avant d’attaquer le plat de résistance, nous nous ouvrons l’appétit avec quelques bouteilles amenées par les uns et les autres.


Tout d’abord un blanc de Léon BARRAL VDT 2003, suivi du Domaine De L'Aube Des Temps VDP d'Oc blanc 90, puis avec la queue de bœuf, quelques rouges : Bernard BAUDRY Chinon Le Clos Guillot 03, Jean-Claude LAPALU Brouilly 04, Domaine Des Vignes Du Maynes Macon Cruzilles La Manganite 02, Alphonse MELLOT Sancerre rouge Génération XIX 97.


Un débat animé autour d’un Pinot Noir de Nouvelle-Zélande puis pour suivre, Château La Linquière Saint-Chinian Le Chant des Cigales 03, puis Thierry ALLEMAND Cornas 91.


Et pour terminer : un Vin de voile 1998 du Domaine Julien Meyer. 


Il faut malgré tout se résoudre à rentrer vers Strasbourg. La neige tombe dru. L’heure est bien avancée. Une soirée  inoubliable.


Domaine Gérard SCHUELLER
1 rue des 3 Châteaux
68420 Husseren Les Châteaux
03 89 49 31 54

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