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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:15


Zind-Humbrecht : Millésime 2007



 

Dans les vignes attenantes au Domaine, profitant du beau temps sec, Fabien et sa jument passent les griffes. Je vais les saluer avant de rejoindre le caveau où pendant 2 jours est présenté le millésime 2007.

 

Presque 40 vins répartis en 4 tables et en livret d'accueil, le commentaire du millésime et des vins rédigé par Olivier HUMBRECHT. Parfaitement en accord avec sa lecture, inutile d'en rajouter, inutile également de vouloir "évaluer" ou "noter", juste chercher son plaisir et trouver les vins avec lesquels on est le plus en empathie.


 

Fidèles au style du Domaine, les vins allient sérieux, puissance et précision. La diversité des terroirs bien servie par une viticulture de grande qualité offre une large palette d'expressions.


Nous avions goûté la cave l'an passé en début d'année et comme cela semblait s'annoncer, beaucoup de vins secs puisqu'à l'exception du Brand Vieilles Vignes tous les Riesling sont en indice 1 ou 2.

 




En l'état actuel des choses, mes préférences sont allées aux vins suivants :


Clos Windsbuhl 2007 : Un pur Chardonnay élevé en barrique de 2 à 4 vins, droit et minéral il ne souffre d'aucun complexe vis à vis de la production bourguignone de bon niveau. Un pirate de choix dans une dégustation à l'aveugle.


Riesling Heimbourg 2007 : Finesse, longueur, délicatesse, élégance du fruité. Prêt à boire.


Riesling Clos Windsbuhl 2007: Une structure encore sévère mais un fond et une puissance minérale sous-jacente d'exception.


Riesling Rangen de Thann 2007 : Un terroir unique et un vin qui l'est tout autant parmi ses pairs. La fluidité saline de la structure et le jeu des amertumes qui se superposent sont en tous points remarquables.


Pinot Gris Heimbourg 2007 : Un Pinot Gris sec comme je les aime avec une bouche vive et fumée.


Pinot Gris Clos Windsbuhl 2007 : Parfaite définition aromatique, puissance contenue, droiture et salinité.


Gewurztraminer Hengst 2007 : Elégance des arômes et de la structure toute en dentelle. Un vin minéral et aérien.


Si les vins aux expressions les plus riches, Pinot Gris et Gewurztraminer, ont plus de mal à s'exprimer dans leur jeunesse, il ne faut pas négliger leurs potentiels dans ce millésime très réussi.


J'ai hâte de gouter 2008.

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 18:07


Christian BINNER




Comme les trois mousquetaires ils sont quatre : Jean-Pierre FRICK, Patrick MEYER, Bruno SCHUELLER et Christian BINNER. Quatre vignerons qui, s'ils travaillent dans le même esprit, élaborent des vins aux profils différents qui ont pour point commun de ne pas répondre pas aux codes esthétiques dominants.

 

Ce soir, Christian nous reçoit dans son Domaine, nous parle de son travail et surtout échange avec un auditoire attentif composé de vignerons et d'œnologues bien moins sectaires que l'on ne se l'imagine.

 

Brève présentation du Domaine et des pratiques de la vigne à la cave : 9 hectares en Bio certifié depuis 2005 même si ces méthodes culturales sont bien plus anciennes car le père de Christian s'est toujours refusé à désherber. Densités basses dans les vignes soignées en biodynamie, vendanges manuelles, pressurages longs sans rebêche et pas de débourbage. Elevage sans soufre, fermentations malolactiques quasi systématiques, bien entendu pas de levurage, et un sulfitage dérisoire à la mise, uniquement si le vin le demande. Pas de filtration car c'est pour Christian l'opération la plus traumatisante pour un vin et s'il se voit contraint d'en réaliser une, c'est sur des plaques au seuil de rétention très faible.

 

En cave, la surprise vient de ces drôles de vases d'expansion qui surplombent les nombreux petits foudres. Ils permettent de conserver tous les contenants parfaitement ouillés. En fin de fermentation, ils sont obturés hermétiquement.

 

Du millésime 2008, seuls 2 vins ont été soutirés, le reste fermente tranquillement. Des quelques vins que nous avons goûtés, de la base Crémant au Muscat Kaefferkopf, je garde l'impression d'une extrême précision des arômes, d'une richesse des structures et d'une palette aromatique qui me fait penser à la cave de Jean-Michel DEISS dégustée à la même période il y a 2 ans.

 

Détail important qu'il est utile de souligner, le Kaefferkopf lorsqu'il est élaboré en assemblage, c'est dans le pressoir que sont réunis les différents cépages pour être pressés ensemble.





Remontés au caveau, nous dégustons les vins de la carte. Plusieurs millésimes sont disponibles car Christian ne met en vente ses vins que lorsqu'il estime qu'ils sont prêts. Quatre années de production occupent la cave à bouteilles.

 

Un Auxerrois Hinterberg 2003, complètement sec et qui possède l'élégance des granit pauvres sans la lourdeur du millésime.

 

Riesling 2007 au nez miellé et frais avec des notes de caillou et aussi une légère pointe de volatile. Même avec la malo faite, l'acidité précise et cinglante apporte au vin un bel éclat.

 

Riesling Sonnenberg 2005 au fruité langoureux de pêche et de mirabelle qui s'appuie sur une belle structure minérale et saline.

 

Riesling Kaefferkopf 2005, patiné, minéral et long, fortement marqué par la salinité.

 

La salinité et le fondu, c'est un peu la marque de fabrique du Domaine où les structures grasses et glycérinées enveloppent bien et allègent les chaleurs alcooliques de certains vins.

 

Parmi mes préférés goûtés ce soir là, une mention particulière au Pinot Noir 2007. Macération en vendange entière pendant un peu plus de deux semaines, pas de soufre, pas de filtration, un soyeux et un grain suave et sensuel. Derrière une légère réduction de beaux arômes de griotte, une fraîcheur et un équilibre rare avec une bouche délicatement poivrée. Très beau vin.

 

Liquoreux d'exception, le Gewurztraminer vendange tardive 2003 en version sans soufre, remarquable d'équilibre et de tension. Deux ans d'élevage en barrique en attendant que le vin trouve seul son équilibre et se stabilise. Fraîche et digeste cette cuvée qui se boit sans peine confirme le grand talent et le savoir faire du vigneron.

 

Sublime sélection de grains nobles de Muscat Kaefferkopf 2001. Issue exclusivement de Muscat d'Alsace, cette cuvée possède un profil et une élégance comme je n'en avais encore jamais rencontré sur ce cépage délicat qui semble si bien réussir à Christian BINNER. Olfaction mentholée, bouche tonique et finale épicée, rien de variétal et toujours cette fraîcheur et ce fond qui provient du terroir.

 

Pour conclure cette soirée qui s'est prolongée au Verre de Terres à Colmar, je soulignerai qu'au-delà de l'expression singulière du style et du savoir faire du vigneron, c'est la grande sincérité des vins de Christian BINNER qui a le plus marqué ses collègues invités. Une fois de plus j'aime à souligner la curiosité et l'ouverture d'esprit de vignerons qui viennent se nourrir de l'expérience de ceux qui suivent des chemins différents.



Domaine Audrey et Christian BINNER
Rue des Romains
68770 Ammerschwihr
03 89 78 23 20
http://www.alsace-binner.com/
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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 20:00
Bruxelles, le 15 novembre 2008


Cantillon
"Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui"




A tous ceux qui comme moi ont cru un jour qu'ils n'aimaient pas la bière, je n'ai qu'un seul conseil : Goûtez la Cantillon. De passage à Bruxelles j'en ai profité pour rendre visite à cette brasserie située au cœur de la ville, près de la Gare du Midi.

 

 

Chaque année la Brasserie Cantillon produit 1000 hectolitres de Bière en utilisant toujours du matériel datant du 19ème siècle, c'est la dernière représentante de l'artisanat brassicole bruxellois.


Le brassage s'effectue après concassage de 450 kg de  froment et  de 850 kg d'orge malté qui sont ensuite mélangés à de l'eau chaude amenée progressivement à 72°. C'est cette opération qui va transformer les amidons des grains en sucres fermentescibles et en dextrines.


Après décantation on obtient un moût qui est recueilli dans un bac reverdoir puis pompé dans les cuves de cuisson. Dix mille litres d'eau sont nécessaires pour extraire tous les sucres de céréales.





Les cuves d'ébullition en cuivre rouge sont traversées de serpentins dans lesquels circule la vapeur d'eau. Les 3 à 4 heures d'ébullition vont provoquer une stérilisation et une évaporation qui va réduire le volume du moût de 2500 litres et concentrer les sucres.


Le houblon, environ 20 kg est ajouté avant l'ébullition. Les 7500 litres de moût restant sont ensuite refroidis à environ 20° dans une cuve de faible profondeur mais de grande surface. Un tel refroidissement ne s'obtient qu'en saison froide ce qui impose un brassage situé entre le mois d'octobre et le mois de mars.


Les micro-organismes responsable de la fermentation spontanée à cuve ouverte sont issus de plus de 100 souches différentes de levures. Ce sont les bactéries lactiques qui vont former l'acidité du Lambic.






Dans le monde du brassage, il existe 3 types de fermentation qui permettent d'obtenir des types de bières différents :


La fermentation basse où le moût bouillant est refroidi aussi vite que possible et où les contacts avec l'air ambiant sont limités au possible. Une fois refroidi le moût est ensemencé avec des levures dites basses parce qu'elles tombent au fond de la cuve de fermentation.


Pour la fermentation haute, le type de refroidissement et d'ensemencement est le même mais le moût fermente à 15 à 20° et les levures remontent avec les mousses pendant la fermentation, ce qui donne à la bière un fort bouquet.


Ces types de bières sont mis rapidement sur le marché, ce sont les Pils ou Pression pour les basses, Trappistes, Abbayes ou Blanches pour les hautes.


Pour les bières de fermentation spontanée, comme c'est le cas chez Cantillon, le moût n'est pas additionné de levures. Il se charge au contact de l'air des ferments sauvages responsables de la fermentation. Le Lambic est la seule bière au monde à se ranger dans cette catégorie.





Le moût est ensuite acheminé du bac refroidissoir jusqu'aux barriques en bois de chêne ou de châtaigner. La fermentation spontanée débute après quelques jours. Au début violente, elle interdit de fermer les tonneaux et une mousse blanchâtre est évacuée par le trou de bonde. La perte est de 5 à 10 litres par tonneau.


Trois à 4 semaines plus tard commence la fermentation lente. Le fût est alors hermétiquement fermé. Cette fermentation va durer 3 ans, sans ouillage, pendant lesquels les sucres seront transformés. Un voile de levures se formera pour isoler le Lambic de l'air ambiant.


Le Lambic peut se consommer après quelques semaines, mais c'est avec l'age qu'il va gagner en acidité.


Pour élaborer la Gueuze, le brasseur va mélanger des Lambics d'un, deux ou trois ans, les plus jeunes apportant les sucres nécessaires à la refermentation en bouteille  Celles-ci étant obturées par un bouchon de liège recouvert d'une capsule. Les bouteilles sont entreposées pendant au moins 6 mois avant commercialisation, le temps que le gaz carbonique sature le liquide. Le Lambic quitte alors son état de non moussant pour devenir pétillant. La Gueuze est née.


Depuis 1999, la Brasserie Cantillon élabore sa production à partir de céréales issues de l'agriculture biologique.





Dix cuvées sont disponibles :


Gueuze : Mélange de Lambics de 1, 2 et 3 ans, champagnisés en bouteille. C'est le grand classique de la maison avec une matière dense, une acidité large, puissante et mûre et une fraîcheur inégalable.


Kriek : Lambic de 5 à 6 mois macéré avec des cerises du Nord. Cette cuvée champagnisée possède de très belles aigreurs apportées par le fruit.


Rosé de Gambrinus : Idem que la Kriek, les cerises étant remplacées par des framboises.


Vigneronne : Assemblage de Lambic et de raisins Muscat.


Saint Lamvinus : Assemblage de Lambic et de raisins noirs de la région de Bordeaux.


Fou'Foune : Assemblage de Lambic et d'abricots Bergeron.


Grand Cru Bruoscella : Lambic de 3 ans sélectionné pour la qualité de sa robe et de ses arômes. Bière sans champagnisation.


Iris : Composé uniquement de malt de type pale-ale qui apporte une couleur plus ambrée. Une bière au goût complexe.


Faro : Lambic additionné de caramel et de sucre Candi. Cette bière adoucie ne se conserve que 3 à 4 semaines car l'apport de sucre provoque une macération qui peut faire exploser les bouteilles.


Lou Pépé : Ces cuvées sont élaborées à partir de Lambic sélectionnés qui sont additionnés de cerises et de framboises. La refermentation en bouteille est obtenue par ajout de sucre de canne et non par ajout de jeune Lambic.




Une phrase écrite à la craie sur un panneau dans la cave, résume parfaitement l'esprit de la maison : 


" Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui"

 

Puisse t'elle inspirer les vignerons dans leur travail.



CANTILLON
Rue Gheude 56
1070 BRUXELLES
www.cantillon.be


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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 16:25
Husseren-Les-Châteaux, le 30 juillet 2008.


Bruno SCHUELLER et le Pinot Noir




S'il existait un Panthéon des Pinot Noir alsaciens, on y trouverait certainement les vins rouges de Jean-Pierre Frick, ceux de Patrick Meyer et de quelques autres vignerons qui ont compris que l'identité alsacienne ne s'exprimait pas dans la surextraction ni en copiant les expressions boisées et caricaturales que l'on retrouve un peu partout de la Bourgogne "moderne" au "Nouveau Monde" mais aussi malheureusement en Alsace.


Les vins rouges de Bruno SCHUELLER s'y tiendraient en bonne place, obligatoirement dans le trio de tête, car ils possèdent le caractère et la personnalité unique de leur géniteur mais aussii cette touche d'esprit qui apporte une dimension supplémentaire à la matière.


Dans ses vignes, où déjà son père avait abandonné la chimie depuis fort longtemps, on ressent un sentiment de plénitude et d'équilibre parfait. Certains doivent trouver qu'il y a un peu trop d'herbe et qu'il faudrait passer la rogneuse mais Bruno ne s'en formalise pas.  Seulement 2 traitements cette année avec du cuivre, du soufre, quelques plantes et un état sanitaire presque parfait quand d'autres se battent avec tout l'arsenal disponible pour contenir mildiou et oïdium.


Les cuvaisons s'effectuent  en privilégiant une forte proportion de vendange entière, le fond de cuve est égrappé manuellement. Pas d'ajout de SO2 pendant l'élevage, les mises s'effectuent le plus souvent sans filtration et sans ajout de sulfites.


Chaque année Bruno propose 4 cuvées de Pinot Noir : Pinot Noir, LN012, Bildstoecklé et Le Chant des Oiseaux.

 

Pinot Noir : Issu de 3 parcelles dont l'une est située sur le Grand Cru Pfersigberg (18 ares), la seconde au lieu dit Stich (12 ares) en contrebas du Grand Cru susnommé et la troisième au lieu dit Valdele (10 ares) au dessus du Grand Cru Eichberg.

 

Cette dernière parcelle à dominante argilo gréseuse possède la particularité de bien "tenir" le raisin, aussi elle est toujours vendangée une semaine plus tard que les deux autres dont les sols sont sablo gréseux. La vendange est alors ajoutée à la cuvaison qui se prolonge de 15 à 25 jours selon les millésimes.

 

Après le pressurage, le vin est placé dans un foudre de 26 hectolitres pour un élevage de 11 mois avant une mise en bouteille sans ajout de soufre et sans filtration si le vin le permet. Dans le cas contraire il sera légèrement filtré et sulfité à 1 ou 2 grammes par hectolitre. Le rendement moyen sur les 3 parcelles est situé entre 45 et 50 hectolitres par hectare.

 

Avec cette cuvée, Bruno cherche à obtenir un vin dense, construit sur le fruit, équilibré et fin, sans agressivité tannique ni alcoolique et pourvu d'une bonne digestibilité.

 

LN012 : Des vignes de plus de 30 ans issues d'une parcelle de 30 ares située dans le Grand Cru Eichberg. Initialement cette cuvée était réservée à la consommation familiale et servait à l'expérimentation de mises sans soufre et sans filtration.

 

La première cuvée commercialisée a été produite dans le millésime 1997. Son nom de baptême ne vient pas de l'analogie que certains ont pu faire avec le prénom de l'épouse de Bruno, mais tout simplement par le résultat de l'analyse d'agrément du premier millésime qui contenait 12 mgrs de SO2 dont 10 de libre.

 

La cuvaison est réalisée avec le plus possible de raisins entiers, elle dure une vingtaine de jours. L'élevage s'effectue dans un foudre de 20 hectolitres pendant 11 mois, le vin est mis en bouteille sans filtration et sans ajout de SO2, sauf exception comme en 1998 et en 2002. Le rendement moyen est de 45 hectolitres par hectares.

 

L'objectif est de produire un vin riche et concentré avec de bonnes dispositions pour la garde tout en conservant fraîcheur et buvabilité.

 

Bildstoecklé : Des vignes plantées en 1990 sur un terroir situé sur la commune d'Obermorschwihr. Les sols calcaires y sont légers, très peu d'argile, on est très vite sur la roche. La parcelle de Pinot Noir compte 15 ares.

 

Le raisin y est toujours vendangé avec des maturités poussées car l'acidité apportée par la nature calcaire des sols équilibre parfaitement le vin. Les cuvaisons sont de 20 à 25 jours. Le vin est élevé pendant 2 ans dans 3 barriques ou dans un demi muid selon les années et les rendements.

 

Le Bild est parfois exubérant, souvent opulent, mais toujours pourvu de beaucoup de nerf et de fraîcheur malgré sa forte concentration. Son acidité lui apporte un relief et une personnalité unique.

 

 

Chant des Oiseaux : Des vignes d'une moyenne d'age de 50 ans plantées sur une minuscule parcelle de 6,82 ares située sur le Grand Cru Pfersigberg.

 

La cuvaison s'effectue en vendange entière, seul le fond de cuve est égrappé. L'élevage de 2 ans est réalisé dans une barrique.

 

En dehors de son volume extrêmement restreint, le Chant des Oiseaux est unique par sa finesse et sa matière toute en dentelle qui fait immédiatement penser à la Bourgogne classique. La robe est toujours claire et brillante, Bruno regrette seulement de ne pouvoir disposer d'un volume de raisins plus important qui permettrait par sa masse d'améliorer l'extraction lors de la cuvaison. La mise s'effectue le plus souvent sans SO2 ajouté.

 

Aujourd'hui, aucune cuvée de Pinot Noir n'est disponible. Les mises seront faites en fin d'année, ainsi Pinot Noir et LN012 2007 ainsi que Bildstoeklé et le Chant des Oiseaux 2006 seront à la vente en novembre ou décembre. Les dernières tarifications étaient respectivement de 7,50 €, 13,50 €, 20 € et 25 €.

 

La dégustation sur fût des millésimes encore en élevage permet de découvrir un Bild 2006 à la texture serrée et soyeuse, parfaitement stabilisé bien qu'il n'ait jamais été sulfité, preuve que même dans des millésimes réputés difficiles cette opération ne soit pas inéluctable. Le Chant des Oiseaux du même millésime a été vendangé par Bruno et son père sur une période d'un mois. Elevé dans une barrique neuve la prise de bois est imperceptible. L'extrême finesse de sa texture et la pureté de ses arômes apportent un touché charnel et spirituel à la fois particulièrement émouvant.

 

Le Bild 2007 se montre quant à lui un peu rêche bien que les tannins ne soient pas agressifs, mais il lui reste encore plus d'un an d'élevage pour s'assouplir. Le Chant des Oiseaux 2007 termine actuellement sa fermentation malolactique, il possède déjà des qualités éthériques étonnantes.

 

Compte tenu de la grande qualité des vins, de leurs tarifs raisonnables et du nombre d'amateurs qui s'y intéressent, il n'est pas toujours facile de se procurer quelques bouteilles. A ce propos, je connais des  Belges qui se damneraient pour quelques bouteilles de plus du Chant des Oiseaux...

 

Domaine Gérard SCHUELLER

1 rue des Trois Châteaux

68420 HUSSEREN LES CHATEAUX 

03 89 49 31 54

 

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 20:54
Westhoffen, le 10 mai 2007.


Domaine LOEW
Millésime 2007


Le Clos des Frères


Tout juste débutées, les vignes du Clos des Frères sortent du repos hivernal. Les fleurs printanières égayent l'inter-rang et le soleil du matin réchauffe la rude pente calcaro-gréseuse. Il ne faudra pas attendre bien longtemps avant de devoir ébourgeonner car la vigne pousse à vue d'œil.

 

Au Domaine, Etienne me fait découvrir son nouveau millésime maintenant en bouteille. Et comme je m'y attendais pour l'avoir suivi en quelques occasions, il réserve de très belles surprises. Profitant en 2007 de vendanges choisies et non subies comme l'année précédente, toutes les cuvées classiques du Domaine ont été produites. Les vins sont très ouverts et se goûtent bien.

 

Quelques nouveautés sont à signaler comme cette première cuvée de Riesling Ostenberg ainsi que l'apparition sur chaque bouteille d'une contre étiquette qui affiche entre autre un indice de sucrosité fort utile pour le consommateur.

 

La plupart des vins gagnent en définition et en grain comme par exemple le Sylvaner Westhoffen (5,50 €) aux arômes floraux et la bouche puissante et bien structurée qui constitue une entrée de gamme de très haut niveau. Vinifié en sec comme en 2003, Vérité de Sylvaner (8,50 €) possède une arrière bouche balsamique avec de beaux amers et une olfaction sur des notes de foin. Tout en rondeur, Racine de Sylvaner (11,00 €) reste malgré tout d'une aimable fraîcheur grâce à un équilibre bien mesuré.

 

Pas moins de 5 Riesling sont à la carte, tous sont parfaitement typés. Citronné, sec, droit et pierreux comme à son habitude pour le Muschelkalck (7,50 €), ou bien plus en amplitude avec une structure acide qui arrive seulement en finale comme le Bruderbach Clos des Frères (8,50 €). Le Suessenberg (10,00 €) est viril, massif, large, parfaitement sec et doté d'un beau gras.

 

Riesling Ostenberg (10,00 €), le petit nouveau enveloppé d'une légère rondeur et dont l'acidité puissante marque et étire une finale encore un peu brouillonne. Ce terroir bien exposé qui domine Westhoffen et possède une géologie faite de calcaires Oolitiques et de Muschelkalck est à suivre avec attention car le travail dans la vigne lui apportera sans aucun doute un surcroît de fond et de minéralité.

 

Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten (12,00 €) à l'olfaction distinguée qui mêle les arômes de fleurs et les senteurs fruitées. La structure finement ciselée et la salinité finale donnent à ce vin un côté cristallin et en font incontestablement une des plus belles réussites du millésime.

 

Floral et épicé, le Muscat les Marnes Vertes (8,20 €) est moins explosif que d'habitude mais sa persistance est remarquable. Pourtant récolté en tout début de vendanges, il a surpris par son potentiel élevé.

 

Le Pinot Gris Grand Cru Engelberg (13,00 €), qui sera comme les autres Grands Crus commercialisé sous réserve d'agrément courant juillet, en est à son troisième millésime depuis la reprise de la parcelle. On mesure avec satisfaction la nette progression de cette cuvée qui cette année est tout simplement remarquable. Derrière une légère réduction on trouve un vin droit, parfaitement sec avec une charpente massive, pierreuse et une véritable tension (pas celle apportée par du SO2).

 

Des 3 Gewurztraminer, le Westhoffen (8,00 €) est actuellement le plus expressif. Aérien avec des notes florales il se termine par une finale persistante et sans sucrosité. Le Cormier (9,00 €) issu de marnes noires, possède un caractère qui conjugue les épices et la puissance, il lui faudra quelques années pour que son sucre s'intègre. Quand au Grand Cru Altenberg de Bergbieten (12,50 €), avec sa large stature et son expression toute en retenue et en précision, il gagnera à être attendu pour mieux se révéler.

 

Le Riesling Sélection de Grains Nobles Grand Cru Altenberg 2006 (32,00 € les 50 cl) sera disponible en juillet. Il présente actuellement des notes miellées et de cire d'abeille. Sa bouche est d'une grande douceur avec des arômes de fruits secs et  d'agrumes confits. Une acidité puissante et parfaitement intégrée équilibre parfaitement les 100 grammes de sucre résiduel.

 

Actuellement le Domaine a entrepris de grands travaux côté cave afin d'agrandir l'espace de vinification et d'élevage. Début septembre tout devra être prêt pour recevoir le nouveau millésime. Une cave à barrique permettra de reprendre les vinifications sous bois qui ont été suspendues cette dernière année.

 

Après mûre réflexion, Etienne vient également de se décider à travailler selon les principes de la biodynamie et un dynamiseur tout neuf trônait, le jour de mon passage, dans un coin de la cour. Nul doute que cette voie lui permettra de continuer à progresser encore.



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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 12:06
Marlenheim, le 10 mai 2008.


Romain FRITSCH et le Grand Cru Steinklotz




"Le sol calcaire du Muschelkalk et du Keuper convient au Pinot Noir qui recouvre près de 20 des 40,6 hectares du lieu dit Steinklotz exposé Sud, Sud-Est."


C'est par cette phrase que Serge DUBS et Denis RITZENTHALER commencent la présentation du Steinklotz dans leur ouvrage référence sur les Grands Crus d'Alsace.


Cependant en moins de 10 ans la situation a bien changé et la part de l'encépagement du Pinot Noir s'est réduite à moins de 13 hectares. En préférant jouer la carte des cépages nobles sur le Grand Cru, et en repoussant le Pinot Noir sur le lieu dit Sand, autrefois réservé au Gamay, en bordure de Grand Cru; les vignerons locaux ont condamné la reconnaissance Pinot Noir sur le Steinklotz mais aussi celle du Rouge de Marlenheim.


Pourtant depuis le Moyen Age, le Marlemer Roter (Rouge de Marlenheim) possédait une notoriété bien établie et les vignerons d'alors avaient parfaitement conscience que le terroir calcaire incrusté de micas était parfaitement adapté aux cépages rouges.


Romain FRITSCH
est de ceux qui croient en l'avenir du Pinot Noir et jamais il n'a envisagé de replanter ou de surgreffer les 2 parcelles qu'il possède sur le Grand Cru, ni celle du haut conduite en Guyot traditionnel, ni celle du bas, plantée en 1999 et  conduite en lyre. Il faut dire que la lyre, c'est un peu la marque de fabrique de Romain.


Dans les années 1990 il expérimenta pour la première fois ce mode cultural en restructurant une parcelle de Gewurztraminer plantés en 1965. Conservant le système racinaire en place, une moitié de la parcelle fut conduite en Guyot et l'autre en lyre. Et c'est après avoir constaté une amélioration de la qualité aromatique qu'il décida d'étendre ce type de conduite aux autres cépages sans toutefois le généraliser.




Romain aime les vins rouges corsés, aussi s'il produit chaque année un Pinot Noir rosé (4,50 €) frais et gouleyant, vinifié sans fermentation malolactique, c'est sur les vinifications en rouge qu'il porte toute son attention.


Trois cuvées et bientôt une quatrième.

  • Marlemer Roter 2005 (4,50 €) : C'est le rouge "générique", élevé en cuve inox et qui possède une matière dense, gourmande et équilibrée. Romain me fait remarquer que sa finale un peu dure s'assouplit avec le temps.

  • Rouge de Marlenheim Cuvée Tradition 2005 et 2006 (7,20 €) : Cuvées issues exclusivement du Steinklotz. Le 2006 révèle à l'olfaction de beaux arômes de cerise, sa bouche est précise, propre avec de beaux tannins d'une grande finesse. Plus animal avec ses premiers arômes d'évolution, le 2004 fait preuve de plus de profondeur et d'une structure joliment  veloutée qui montre la bonne capacité de ce cru au vieillissement.

  • Rouge de Marlenheim élevé en barrique 2003 (9,20 €) : Issu du Steinklotz. Dans ce millésime puissant, le boisé parfaitement intégré s'accompagne  d'arômes épicés. La bouche est soyeuse et possède ampleur et tension.

  • A partir du millésime 2008, le Pinot Noir en lyre sera vinifié à part dans un petit foudre que Romain vient d'acheter et que l'on voit sur la photo précédente.


Les rouges sont travaillés plus sur la finesse que sur l'extraction forcenée et les boisés restent discrets. L'acidité fine et gourmande conduit parfaitement les vins, leurs apporte fraîcheur, éclat en signant le caractère du terroir.


L'année prochaine, Romain sera rejoint au Domaine par son fils qui termine ses études. Les pistes que nous avons évoquées pour améliorer encore la qualité de ses vins sont nombreuses et je suis certain qu'ils sauront ensemble poursuivre leur progression.


Jean-Marie Bechtold, vigneron à Dahlenheim, vient d'acquérir une parcelle de Pinot Noir sur le Steinklotz. Sa présence apportera j'en suis certain, du dynamisme à ce beau terroir.


Le Domaine produit également des cuvées de vins blancs dont les célèbres "Cuvées du Banni" qui méritent également la plus grande attention et sur lesquelles je reviendrai ultérieurement.


Domaine FRITSCH

49, rue du Général De Gaulle
67520 Marlenheim
03 88 87 51 23
domaine.friro@wanadoo.fr




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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 13:34
Ingersheim, le 24 avril 2008


Vincent FLEITH
L'équilibre naturel





C'est toujours la même chose, on commence tôt pour ne pas finir trop tard et ça se termine quand même à pas d'heure. Il faut dire que Vincent nous a fait faire un grand tour de cave en commençant par ses 2007 qui sont encore sur lies totales puis en ouvrant de nombreux millésimes plus anciens avant de terminer autour d'un cassoulet.


Une agréable soirée passée à découvir des vins qui me laissent un profond sentiment d'équilibre naturel.


Equilibre naturel dans les vignes travaillées en biodynamie avec un souci évident de limiter le cuivre, moins d'un kilo l'an passé, et d'utiliser au maximum les propriétés fongicides des plantes. Préparations fermentaires de sauge, de saule et d'ortie, décoctions de prêle pour contenir le mildiou, tout concours à privilégier le monde du vivant et à créer l'harmonie.


Equilibre naturel
des vins et tout particulièrement des  rouges qui à eux seuls méritent le déplacement. Tous sont élevés dans des barriques de plusieurs vins qui ne marquent pas la matière et les 3 terroirs revendiqués s'expriment avec beaucoup de caractère et de précision.

  • Pinot Noir Steinweg (8,80 €) : Situé en bordure de la Fecht, les sols du Steinweg sont composés d'alluvions granitiques. Les rouges qui en sont issus se montrent souples, faciles, ouverts et soyeux. A boire sur le fruit.

  • Pinot Noir Letzenberg (8,90 €) : Un terroir argilo-calcaire qui apporte une acidité plus vive et plus marquée que le Steinweg mais surtout une structure plus complexe avec beaucoup de profondeur. Les Letzenberg sont destinés à la garde.

  • Pinot Noir "F" (19,10 €) : Issu du Grand Cru Furstentum, marno-calcaro-gréseux, c'est un vin aux tannins souples et soyeux, bien fondus dans une matière épicée. Si le millésime 2007 n'a pas été généreux en raison de la grêle, la barrique que nous avons goûtée s'est montrée particulièrement sèveuse et porteuse d'un beau potentiel tant la profondeur et la minéralité sont déjà présentes. Vincent a repris l'année passée une parcelle contigüe qui a été vinifiée à part et ne sera pas assemblée puisqu'elle ne peut pas encore bénéficier du label Bio. Les raisins ont été vinifiés par la même patte mais à la dégustation on comprend l'importance du tavail dans la vigne.


EARL René FLEITH ESCHARD
8 Lieu dit Lange Matten
68040 INGERSHEIM
03 89 27 24 19
Site Internet






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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 10:41
Ammerschwihr le 20 mars 2008


Etienne SIMONIS




Dans quelques mois arriverons sur le marché les premiers Grand Cru Kaefferkopf. En effet après de nombreux rebondissements le lieu-dit non classé le plus connu d'Alsace accède enfin à l'appellation Alsace Grand Cru. Trois cépages seront éligibles, Gewurztraminer, Riesling et Pinot Gris ainsi qu'un assemblage constitué de 2 cépages obligatoires : Gewurztraminer (60 à 80%) et Riesling (10 à40%) et deux cépages facultatifs : Pinot gris (maximum 30%) et Muscat (maximum 10%).


Pour les vignerons d'Ammerschwihr les règles de production seront plus strictes et le rendement limité à 60 Hl/Ha au lieu des 80 Hl/Ha de l'AOC Alsace. Si certains ont pu s'indigner de voir baisser leur production, ce n'est pas le cas d'Etienne SIMONIS qui depuis longtemps travaille avec des rendements inférieurs à 60 Hl/Ha et pas seulement sur les Grands Crus.


Etienne a repris le Domaine familial en 1996 et en 10 ans il a affirmé un style très personnel qui mérite que l'on s'y attarde. Avec sa compagne et l'aide de son père, il conduit depuis quelques temps ses 7 hectares de vignes en bio/biodynamie et va s'engager cette année dans une procédure de certification.


Les vendanges sont bien entendu manuelles, les pressurages pneumatiques et très longs (de 7 à 9 heures), pas de levurage ni de collage et évidement un minimum de SO2.


Trois beaux terroirs : le Vogelgarten, marno-calcaro-gréseux de Sigolsheim, le Grand Cru Marckrain, marno-calcaire de Bennwihr et le Grand Cru Kaefferkopf, majoritairement granitique, d'Ammerschwihr mais à la géologie finalement plus complexe qu'il ne parait.


Les vins sont travaillés dans un style qui allie la puissance, l'élégance et la finesse et impose parfois quelques années de garde pour obtenir une expression plus aboutie. Les 2005 se goûtent aujourd'hui parfaitement bien.

 



Sans vouloir commenter l'ensemble de la gamme, je m'attarde sur les vins qui ont le plus retenu mon attention. Et ils sont nombreux comme ce Muscat 2007 encore sur fût et qui, lorsque sa fermentation sera terminée devrait par son croquant et sa droiture réconcilier, ce qui est mon cas, les adeptes de l'Ottonel avec le Muscat d'Alsace.


Riesling Cuvée Réservée 2007 (le 2006 est à 6,50 € au tarif) parfaitement sec avec une belle trame aromatique qui évoque les fruits exotiques et une amplitude rassurante. Riesling GC Kaefferkopf 2007 encore brouillon et fermentaire, lui aussi est toujours en cuve, mais dont la tonicité et la finale parfaitement saline laissent deviner un beau potentiel.


A ne pas rater, le "simple" Pinot Gris 2005 qui va être mis en vente sous peu à 6,20 €.et qui possède véritablement le caractère d'un vin de terroir par sa complexité et sa puissance sans céder à la facilité variétale. Plus élégant avec ses arômes de fruits à chair jaune le Pinot Gris Cuvée Réservée 2005 (encore disponible à 8 €) lui aussi sans aucun caractère variétal mais avec un supplément de fond.


Mais c'est le Gewurztraminer qui offre à Etienne l'occasion d'exprimer tout son savoir faire et révéler la personnalité et la variété de ses terroirs.


Fringant Gewurztraminer GC Kaefferkopf 2007 à la bouche aérienne marquée par les agrumes et accompagnée par une fraîcheur toute granitique qui signe le vin. La finale est soulignée d'une fine amertume de gentiane qui apporte une touche supplémentaire de vivacité qui allège encore le vin. Dans le millésime précédent (10 €), on retrouve l'expression de la fraîcheur et la légèreté des arômes délicats de pêche et d'abricot.

 

 

Puissant et rude Gewurztraminer Vogelgarten 2007 (9,50 € le 2005), un marno-calcaire qui ne renie pas ses origines et sur tous les millésimes décline sa puissance débridée.

 

Plus policé et plus profond, le Gewurztraminer GC Marckrain, lui aussi marno-calcaire, mais avec une expression plus retenue, plus contenue même si la puissance reste de mise. Les millésimes 2005 (14 €), 2006 (12,40 €) et 2007 possèdent cette même structure, ce même fonctionnement et cette belle finale réglissée.

 

Le Gewurztraminer Cuvée Armand est issu du Kaefferkopf mais d'une parcelle à dominante calcaire située en bas de la pente récemment acquise. On note à chaque nouveau millésime une nette progression dans l'expression du vin qui se précise grâce au travail du sol. Le 2007 marque une nouvelle étape dans la définition de l'aromatique fruitée et surtout de l'acidité fine, précise et parfaitement marquée. Un vin sans aucune lourdeur et pourvu lui aussi de beaucoup de tonicité.

 

Les vendanges tardives ne sont pas en reste comme en atteste le superbe liquoreux Quintessence de Sylvaner 2005 (14,40€), à l'olfaction précise avec son botrytis délicat et sa bouche droite, tendue et fraîche, un Sylvaner à rendre jaloux Albert SELTZ.


Vous l'aurez compris, j'ai été séduit par les vins sérieux et prometteurs de ce jeune vigneron fort sympathique. Ses Gewurztraminer valent à eux seuls la peine de faire un saut à Ammerschwihr car ils possèdent une fraîcheur et une digestibilité relativement rare sur ce cépage.


Domaine René et Etienne SIMONIS
2 rue des Moulins
68770 AMMERSCHWIHR
03 89 47 30 79
rene.etienne.simonis@gmail.com

 



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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 13:12
Andlau, le  28 fevrier  2008


Domaine GRESSER
Millésime 2007
 
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J'avais assisté lors de mon dernier passage chez Rémy Gresser, aux essais de pressurages menés conjointement pendant les dernières vendanges par le laboratoire d'œnologie Gresser et le fabriquant de pressoirs BUCHER.


Nous en avions ensuite parlé au téléphone et Rémy semblait très satisfait des résultats et des enseignements qu'il avait pu tirer de cette expérience ainsi que de son nouveau millésime dans sa globalité, aussi j'avais hâte de juger sur pièces.


Maintenant que tous les vins ont terminé leur fermentation et poursuivent leur élevage sur lies, c'est le moment idéal pour réaliser un tour de cave. Et il ne faut pas longtemps pour se rendre à l'évidence et constater le bien fondé de l'enthousiasme de Rémy.


Mais revenons aux essais de pressurage qui ont été conduits sur le Riesling Grand Cru Moenchberg pendant 2 jours consécutifs. Trois types de pressurages ont été pratiqués sur des matières de maturité identique.

  • Le premier essai consistait à construire une référence en utilisant un programme classique de pressurage pneumatique avec une montée en pression régulière par paliers entrecoupés de rebêches.
  • Les paramètres du second pressurage déterminaient un pressurage plus long avec une montée très lente en pression par paliers de 100 grammes et un nombre limité de rebêches.
  • Le troisième faisait intervenir une mesure de la conductivité du potassium du jus qui pilotait la montée en pression du second programme.

A l'arrivée trois vins qui, s'ils montrent un évident lien de parenté, affichent des profils différents.

  • Le premier vin est racé et salin cependant on peut lui reprocher un certain manque d'ampleur
  • Le second affiche un fruit exacerbé et gras mais manque de croquant.
  • Le troisième s'exprime avec une pureté, une charge minérale et une expression parfaitement aboutie de fruit tendu et un bel éclat en finale.

 

Sans vouloir tirer de conclusion définitive il me semble évident que la piste de la mesure de conductivité du potassium présente un intérêt certain et mérite d'être creusée et confirmée par d'autres essais.


Du côté du Wiebelsberg et de ses sables gréseux au PH bas, deux belles cuvées de Riesling au caractère floral et à l'acidité fine et précise avec en supplément, pour celle issue des vieilles vignes situées sur le haut du Grand Cru, un éclat mentholé et une très légère rondeur.

 

Toujours sur le Wiebelsberg, et je dois avouer que pour moi c'est une surprise car j'ignorais l'existence de ce cépage sur ce terroir, une cuvée de Pinot Gris qui sera certainement revendiquée pour la première fois cette année maintenant que les vignes ont 8 ans. Le vin se goûte sans lourdeur malgré les 30 grammes de sucres et son acidité est parfaitement représentative du terroir.

 

Riesling Kastelberg toujours austère dans sa jeunesse mais pourvu d'une densité et d'un grain sans pareil. Le vin est masculin, viril et vertical avec du gras et une salinité prometteuse.

 

Il y a peu, un vigneron d'un village voisin me faisait remarquer la progression constante des vins de Rémy Gresser sur les millésimes récents. L'excellent travail mené en biodynamie dans les vignes ces dernières années porte ses fruits et les vins du Domaine ont rejoint maintenant le tout meilleur niveau de ce qui est produit sur le secteur.


Domaine Gresser
2 rue de l'Ecole
67140 ANDLAU
domaine@gresser.fr
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 10:42
Bergheim, le  10  mars


Jean-Claude  RATEAU

 
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Pour cette dégustation bourguignonne en terres alsaciennes, Jean-Claude RATEAU nous a concocté un beau programme qui s'appuie sur une horizontale du millésime 2005 accompagnée de quelques incursions dans des millésimes plus anciens.


Installé à Beaune, Jean-Claude possède 8,2 hectares de vignes plantées majoritairement de Pinot Noir, mais aussi de Chardonnay et d'un peu de Pinot Beurot. En biodynamie depuis 1979, il fait partie des précurseurs de ce mode cultural en Bourgogne.


Les vins blancs :


Après un Bourgogne blanc 2005 droit et citronné on passe au Hautes Côtes de Beaune 2005 issu d'un sol marneux qui convient parfaitement aux blancs. Elancé, fin et délicat, c'est un vin qui possède une charge minérale qui impose et une salinité finale d'une grande pureté.


Toujours dans les blancs, le Côte de Beaune "Clos de la Grande Châtelaine" nous a montré un double visage qui lui est habituel. Dans sa jeunesse, le 2005 possède un profil beurré et gras avec du grain et des notes d'acacia alors que le 2001 qui est maintenant à maturité s'exprime dans un registre où la salinité et le minéral iodé ont pris le pas dans le registre aromatique tout en conservant le gras de la bouche.


Surprenant "Clos des Mariages" 2005, assemblage pour moitié de Chardonnay et de Pinot Beurot . Le nez révèle des notes de fruits à chair blanche, la bouche étonne par son acidité plus alsacienne que bourguignonne et par la structure assez massive du vin apportée par le Pinot Beurot. Pour la petite histoire, Jean-Claude nous raconte que cette parcelle, une des premières à avoir été travaillée en biodynamie, supporta bien mieux que ses voisines le terrible gel de l'hiver 83/84 et de ce fait suscita l'attention des vignerons alentours.


Planté à l'emplacement d'une ancienne carrière qui servit à la construction des Hospices de Beaune, le Beaune blanc Premier Cru "En Coucherias" 2005 affiche un ensemble complexe qui allie la fraîcheur, la maturité et une persistance exceptionnelle. C'est un vin précis et épuré bien qu'il soit encore jeune. Le 2002 plus profond et plus dense est encore plus abouti dans l'épure, plus long, plus fin, plus fluide avec un beau fruit qui revient.


Les vins rouges :


Du simple Bourgogne Rouge fruité et friand jusqu'aux Premiers Crus, la dégustation n'est qu'un régal de vins parfaitement équilibrés sans recherche d'extraction ni de maquillage au bois.


Fraîcheur et brillance du Bourgogne Hautes Côtes 2005 avec ses arômes de framboise et ses notes animales, Beaune "Clos des Mariages" 2005 finement épicé et d'une élégance toute féminine. C'est un vin très subtil avec une bouche onctueuse et beaucoup de soyeux.


La plupart des parcelles sont constituées de ceps issus de 5 ages de plantation. Jean-Claude considère que cela apporte aux vins un caractère plus humain et plus complet. Si la taille est adaptée à l'age et à la vigueur, la vendange est réalisée en une seule fois sans tenir compte de l'age des vignes.


Les sols noirs et pauvres en calcium apportent au Beaune "Les Prévolles" 2005 un caractère puissant et racé mais toujours construit sur la fraîcheur. Le 2003 est quant à lui atypique au point de l'imaginer originaire des Côtes du Rhône.


Beaune Premier Cru "Les Reversées" 2005, séveux avec une trame dense et avec une finale sensuelle, plus tactile et avec une acidité un peu moins mûre dans le millésime 2004 mais toujours aussi sensuel.


Beaune Premier Cru "Les Bressandes" 2005 issu de sols riches en argiles, 14 ° obtenus naturellement car le raisin tient bien sur cette parcelle exposée plein Est. Le vin est puissant, marqué par des notes de mures et de cerise avec une profondeur quasi mystique et comme toujours une finale saline.


Exceptionnellement en 2005 il a été récolté une sélection de vieilles vignes issues de ce climat. Elle s'exprime avec encore plus de noblesse et d'austérité en affirmant une dimension supplémentaire et en exacerbant le minéral du terroir. Beaucoup de sagesse dans ce vin intemporel qui va couronner cette magnifique dégustation.


Inutile de préciser qu'à aucun moment de la dégustation nous n'avons entendu parler du célèbre "élevage qui va s'intégrer" ou du "boisé qui va se fondre" des vins à la mode. Les vins de Jean-Claude RATEAU sont comme leur auteur, ils possèdent la sincérité, la vérité, l'éclat et une telle évidence qu'ils se passent fort bien de tous les artifices. Avec des tarifs situés entre 6,50 € et 22 €, ils représentent une excellente opportunité compte tenu de leur niveau qualitatif.



Domaine Jean-Claude RATEAU
26 route de BOUZE
21200 BEAUNE
03 80 22 46 16
www.jc-rateau.com

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