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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 09:35
Andlau, le 5 novembre 2008


Domaine KREYDENWEISS : Millésime 2007


Antoine KREYDENWEISS


C'est son second millésime vinifié seul au Domaine, Antoine le fait découvrir à son équipe à laquelle je me suis joint. Les mises sont récentes et il nous fait remarquer qu'après cette opération, les profils aromatiques complexes développés pendant l'élevage se trouvent restreints avec certains arômes exacerbés alors que d'autres ont disparu. Pas d'inquiétude toutefois, il en est ainsi chaque année.


Plus précis aromatiquement que 2006, le millésime 2007 a été récolté à une parfaite maturité pour aboutir à des vins secs. Antoine en a profité pour reconsidérer sa méthode de sulfitage et réduire le dosage en SO2 de ses vins qui se situe cette année entre 40 et 50 de total pour environ 10 de libre.


Les mises ont été effectuées en septembre, seul le Wiebelsberg est toujours en foudre où il poursuit son élevage.


La gamme de vins reste toujours compacte et avec cette année une nouvelle cuvée baptisée "La Fontaine aux Enfants". Issue du lieu dit Gebreit, petit plateau granitique derrière le sommet du Kastelberg, cet assemblage de Pinot Blanc et d'Auxerrois est déjà très ouvert avec un fruité extraverti et entêtant de pêche et de mirabelle, sans lourdeur toutefois. La filtration très légère a laissé beaucoup de gras et d'ampleur à ce vin qui se place sur un tout autre registre que le traditionnel Kritt Pinot Blanc plus classique, plus droit et plus friand. Tous les deux sont parfaitement secs.


Andlau Riesling droit comme un I, tout est déjà en place, le vin est complet, tendu sans rien de variétal. La bouche est sèveuse, gourmande, dense, parfaitement juste.


Vendangé début novembre complètement sain, le Riesling du Clos Rebberg demandera pour sa part un peu plus de temps. Son acidité parfaitement mûre trace le vin et laisse une belle empreinte en bouche. Plus concentré que le 2005, ce vin possède une profondeur, une densité et une tenue qui s'appuie actuellement sur des notes d'abricots secs et de miel.


Zéro sucre et 12,7° d'alcool pour le Val D'Eléon, assemblage pour moitié de Pinot Gris et de Riesling. Cette cuvée demande souvent plusieurs années pour s'harmoniser, mais ce dernier millésime se goûte mieux en prime jeunesse. On y retrouve le fumé habituel, les notes camphrées et l'acidité un peu mordante qui se fondra bientôt dans la matière. Actuellement c'est le millésime 2005 qui est en vente au Domaine.


Emouvant Kastelberg Riesling à l'olfaction virile de sueur et de coquille d'huître, pas aguicheuse pour un sou, mais tellement envoûtante. La surprise vient de la structure en bouche, sphérique, ample avec des qualités éthériques qui illuminent le haut du palais et apportent une émotion et un plaisir rare. Le Kastelberg nous prend à contre-pied alors qu'on l'attendait vertical, il conserve toutefois sa salinité légendaire et son acidité précise et fondue. Syntaxe parfaite qu'il me tarde de voir évoluer.


Pinot Gris Lerchenberg plus en longueur qu'en amplitude, l'équilibre est sec avec les arômes typiques du cépage mais d'une extrême finesse. Ce vin qui a lentement fermenté jusqu'en septembre avant la mise, présente une vivacité remarquable.


Le Pinot Gris Rebberg, vendangé tard après les pluies de début novembre, en est au tout début de sa construction. Rien n'est encore en place, il sera à revoir tout comme le Pinot Gris Moenchberg qui ne sera pas en vente de sitôt. Pour ce dernier, le terroir efface totalement le cépage et les quelques 14° d'alcool passent inaperçus tellement la minéralité allège la matière.


J'ai toujours autant de plaisir à goûter les vins du Domaine car l'extrême sensibilité de l'approche des frères Kreydenweiss, tant dans la vigne que dans la cave, leur permet de produire des vins avec une vision qui ne s'arrête pas seulement à l'esthétique mais qui s'inscrit dans la délivrance d'un message plus profond.


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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 06:02
Eichhoffen le 4 septembre 2007


La bouteille de l'été




Pas de thème particulier pour cette dernière dégustation avant les vendanges. Chacun apporte ce qu'il veut, sa découverte de l'été ou une bouteille de son choix. L'avantage c'est que c'est très ouvert et que ce genre d'exercice réserve toujours de belles surprises.


Peu de notes de dégustation, la soirée n'était pas studieuse. Cependant trois vins ont fait l'unanimité.


Bonica Marieta du Domaine du Matin Calme à Millas dans les Pyrénées Orientales. Cet assemblage de Carignan et de Grenache séduit par sa fraîcheur, son fruité et sa minéralité. 13° qu'on ne sent pas et un vin qui glisse tout seul. Vinifiée sans soufre, cette cuvée possède une olfaction d'une grande précision, une trame serrée, dense et une agréable évidence. Belle réussite pour Véronique Souloy et anthony guix de jeunes vignerons tout juste installés. Quelques infos sur le Domaine et les vins.




Pas à Pas du Domaine Les Clapas en Ardèche. On reste dans le même esprit que le vin précédent on change seulement de région et d'assemblage car il s'agit de Carignan et d'Alicante. Jérome Jouret nous livre un vin aérien, lui aussi sans soufre ajouté. Laurent ne s'y est pas trompé, c'est une adresse à retenir et un vigneron fort sympatique aux dires de Jean-Pierre qui nous a ramené ce vin de son périple ardéchois. Pour plus d'informations voir le site du Domaine.




Pirouette 5 Domaine Fontedicto  à Caux 34. Un vin puissant qui a su conserver de la fraîcheur et de la buvabilité. Dans le secteur des côtes de Thongue, il n'est pourtant pas évident d'échapper à la lourdeur et à la sucrosité. Bernard Bellahsen évite cet écueil avec cette cuvée aux tannins denses et souples qui laissent grâce à une suave astringence une agréable sensation. Un vin sans soufre, oui encore un, mais sans le profil habituel.


Parmi les autres belles bouteilles, un Crémant de Loire sur pointe, prestement dégorgé, du Domaine de la Papinerie. Elégant Chardonnay non dosé qui a conservé une légère rondeur et fait preuve d'une grande finesse. Un autre vin du Domaine, assemblage de Cabernet Franc et de Cabernet Sauvignon a également été apprécié pour son fruit et sa belle acidité.


Le Beaujolais n'étais pas oublié avec Patience de Christian Ducroux, une cuvée en vin de table qui rassemble, je crois, les vins de presse de l'année et un Moulin à Vent 2005 de Michel Guignier lui aussi dans un esprit "nature" mais avec moins de précision, tout du moins dans ce flacon.


Et pour terminer le chapitre des satisfactions, un assemblage Syrah, Carignan, Grenache 2007 du Domaine Cardet en Coteaux du Languedoc.

Prochaine soirée en novembre, lorque les vendanges seront terminées (sauf pour Albert).


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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 08:00
Mittelbergheim, 10 juillet 2008


Vins Rouges de Loire



 

Une soirée en plein air à parcourir quelques vins rouges de Loire.

 

Le Bois Jacou 2006 Touraine Jean-François Mérieau (Gamay)

 

Un joli nez avec du fruit, des notes de cerise et une volatile élégante. L'attaque en bouche est agréable mais la finale se montre un peu dure avec des tannins pas assez mûrs et une amertume marquée.

 

Gamay de Bouze 2003 Henri Marionnet

 

On identifie tout de suite le cépage, la bouche est soyeuse mais assez austère et sans grande ampleur. Des notes végétales et une finale métallique laissent une impression mitigée malgré la finesse des tannins.

 

Cheville de Fer 2006 Vin de Table Olivier Lemasson - Condé sur Beuvron (Gamay)

 

Le premier nez s'exprime sur des notes animales à mettre sur le compte d'une réduction qui ne manque pas de s'effacer à l'aération. La bouche est dense, d'une grande finesse avec un beau fruité. S'il est difficile de trouver le cépage, tout le monde convient que l'on a affaire à un beau jus de raisin, vinifié avec soin et sans soufre ajouté.

 

Sancerre 2005 Domaine du Carrou - Bué (Pinot Noir)

 

Boisé marqué, notes de vanilles et de vieux rhum. En bouche c'est le bois qui domine une matière qui manque de maturité.

 

La Demoiselle 2002 Alphonse Mellot (Pinot Noir)

 

Olfaction marquée par un boisé élégant. La bouche possède de la fraîcheur, une belle tension acide. En finale, retour sur le boisé qui prend toute la place. Vinification très moderne qui sans aucun doute plait aux amateurs de ce type de structure et de profil aromatique.

 

Le Grand Cléré 2005 François Blanchard Touraine (Cabernet)

 

La robe est d'un noir profond, le nez plutôt sur la réserve avec des fines notes d'encre. En bouche, si les tannins demandent à s'assouplir, l'acidité bien mûre trace le vin.


Nuit d'Ivresse 2004 Bourgueil Catherine et Pierre Breton (Cabernet)

 

Nez peu expressif marqué par une légère réduction. La bouche est tendue, structurée, dense avec beaucoup de fraîcheur. Le vin est assez rustique mais très plaisant avec un côté paysan.

 

Château de la Fresnaye Festina Lente 2000 Saint Aubin de Ligné (Cabernet Sauvignon et Franc)

 

Robe sombre, dense et brillante. Nez très "Cabernet" avec de la finesse et du fruit. En bouche les tannins sont fins accompagnés d'une légère astringence et la finale fait saliver. Fin, précis, belle définition et de la gourmandise.

 

Les Grands Champs 2003 Touraine Jean-François Mérieau (Cabernet)

 

Un nez de groseille, un léger gaz en bouche et un vin qui glisse tout seul. C'est flatteur, commercial, pas de défaut mais il manque tout de même un peu de raisin. Beau travail en cave.

 

Domaine de la Charbotière 2003 Anjou Brissac Village Saint jean de Mauvrets (Cabernet)

 

Puissant, animal, gros potentiel mais avec de la fraîcheur malgré tout. Belle bouche avec une finale légèrement amère sans doute consécutive à une déviation liégeuse de l'avis des dégustateurs.

 

Anjou Village 2002 Patrick Beaudoin

 

La texture est d'une extrême finesse. C'est le premier vin de la série qui possède de la "minéralité". De la tenue et un vrai fonctionnement en bouche. Finalement pas de surprise puisque c'est Patrick Beaudoin.

 

Clos Rougeard 2003 Saumur Champigny

 

Un boisé marqué, mais un boisé élégant, la matière est serrée, la bouche saline, le vin relâché avec du gras et de la fraîcheur. Très plaisant et très charnel.

 

Les Poyeux Clos Rougeard 2001 Saumur Champigny.

 

Olfaction aérienne, de la grâce et de la précision. On comprend immédiatement que l'on goûte un grand vin. La bouche est dense, tendue, rien n'accroche mais il y a du relief, de la vie. Seule la finale dérange celui qui d'entre nous connait le mieux les vins de ce Domaine. Sans hésiter Lucas ouvre une seconde bouteille et là, on trouve dans la finale l'éclat qui manquait à la précédente.

 

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 11:33
Westhoffen le 17 juin 2008


Quelques Riesling de La Couronne d'Or


Vue du sommet de l'Altenberg de Bergbieten

Pendant que treize millions de téléspectateurs se trouvaient devant leur petit écran pour suive France Italie, nous étions réunis à Westhoffen chez Etienne LOEW pour passer en revue quelques Riesling de la Couronne d'Or. Cependant, grâce aux progrès de l'Internet mobile, nous avons été tenu informé en temps réel du déroulement du match.

 

Pour ma part, je ne sais si c'est en raison de l'amertume d'une défaite bien vite annoncée, mais j'ai trouvé que les vins, que je connaissais bien pour la plus part, se goûtaient mal ce soir là, avec des d'expressions bien plus crispées que d'habitude.

 

Le millésime 2005 avait été retenu pour décliner terroirs et Grands Crus. La dégustation ne se voulait pas exhaustive et une seconde séance serait nécessaire pour aller au fond des choses et découvrir plus en détails les terroirs de Wolxheim et de Marlenheim qui étaient peu représentés.

 

Beaucoup des vignerons dont les vins ont été goûtés étaient présents, ce qui a permis de confirmer mais aussi parfois d'infirmer les analyses qui ont été avancées par les dégustateurs.



Altenberg de Wolxheim

 

D'abord les terroirs avec le Glinzberg de Bergbieten, décliné vertical, charnu et minéral chez Schmitt, intense au nez comme en bouche avec des notes de thé, de la densité et de la précision chez Anstotz.

 

Steinacker de Traenheim qui fait le succès et la notoriété de Jean-Jacques Muller avec un nez croustillant une acidité gastronomique longue et massive. Vendangé très mûr ce vin qui n'a pas fait de fermentation malolacique possède une belle vivacité.

 

Westerweingarten d'Anstotz issu d'un terroir de marnes blanches, tout en ampleur et en gras.

 

Avant de passer aux grands crus, un Sussenberg, dont on dit qu'il serait la plus belle partie de l'Engelberg, de chez Bechtold. Une matière riche qui fait penser à un sirop de rhubarbe et une structure encore dissociée ou les 25 grammes de sucres résiduels demandent encore à s'intégrer. Un vin que Jean-Marie n'envisage pas de mettre sur le marché avant quelques années.

 

Beaucoup de cohérence dans les Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten. Que ce soit chez Schmitt, Mochel ou Loew, les méthodes culturales sont très proches et les vins possèdent un profil aromatique commun et des structures acides identiques qui tracent le terroir.

 

Le Mochel-Lorenz est élégant, tout en dentelle et pierreux, sans prétention mais parfaitement cohérent, le Loew plus puissant avec de la précision et une belle acidité citronnée. Plus acidulé, plus vif également, le Schmitt s'exprime dans un registre aromatique proche des 2 cuvées de Frédéric Mochel dont la célèbre cuvée Henriette qui malgré sa surmaturité conserve fraîcheur et vivacité.


  Engelberg


Plus de différences pour les Riesling du Grand Cru Engelberg. De la salinité et quelques terpènes mais une impression de manque de complexité et d'évolution avancée chez Heckmann, il faudrait un second flacon pour être sûr de la bonne forme de cette bouteille. Comme toujours une structure trés serrée (SO2 ?) chez Pfister, mais aussi des tannins un peu durs, un léger manque de précision et une touche de sucres résiduels. Plus de puissance et d'ampleur comme d'habitude chez Bechtold, avec un nez étonnement exubérant et aussi quelques sucres mais qui cette fois s'effacent devant la salinité finale.

 

Le seul Riesling issu de l'Altenberg de Woxlheim provenait le la Cave Dagobert, sans défaut, il manquait seulement de personnalité. Il aurait fallu disposer de celui de Lissner et de quelques autres de ses collègues de Wolxheim pour se forger une opinion plus précise de ce terroir.

 

Un seul Riesling également pour le Grand Cru Steinklotz, de chez Romain Fritsch à Marlenheim. Fraîcheur juvénile, tramé serrée fine acidité typique des terroirs calcaires et salinité finale.

 

Charles Brand nous avait offert 3 Kefferberg des millésimes 2003, 2002 et 1996 que nous avons bu avec le casse croûte préparé par Etienne. Des vins très droits, purs et subtils qui conservent beaucoup de fraîcheur même dans des millésimes solaires et vieillissent bien.

 

 

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 08:48
Andlau, le 22 juin 2008


Bourgogne blanc et Chateauneuf du Pape




La dégustation a été préparée par Antoine Kreydenweiss qui nous reçoit dans sa lumineuse et spacieuse salle de dégustation.


Mise en bouche

Andlau Riesling 2007 Kreydenweiss : Mis en bouteille il y a seulement 2 jours, le vin se montre vertical, parfaitement sec et bien structuré autour d'une acidité citronnée. Stabilisé avec très peu de SO2, il possède de l'ampleur et beaucoup de tenue en bouche.


Bourgogne blanc


Pernand Vergelesses Premier Cru Clos Berthet 2005 Dubreuil et Fontaine : Olfaction marquée par un fin boisé. La bouche est peu aromatique avec surtout des notes de caramel, de moka et de bois. Le vin manque de puissance et son acidité est limite mûre.


Pernand Vergelesses Premier Cru Sous Frétille 2006 Rapet : La bouche fruitée et dense possède un joli grain. Des notes de vanille et de boisé se fondent dans la finesse du Chardonnay. L'équilibre est assez réussi même si la finale se révèle légèrement chaleureuse.


Pouilly Vinzelles Les Quarts 2006 Domaine de la Soufrandière
: Une riche maturité, des notes épicées et une large structure qui ne manque pas de finesse ni de minéralité. Le travail réalisé dans les vignes apporte à ce vin de vraies notes de terroir. Fin de bouche agréable sur de jolis amers.


Corton Charlemagne Grand Cru 2001 Nudant
: Agréable olfaction accompagnée de notes de citron confit. Malheureusement la bouche est construite sur le bois et une puissance mal maîtrisée. La finale est brûlante et la fin de bouche aqueuse.


Meursault Premier Cru Perrières 1999 Pierre Morey
: Légère réduction qui disparaît à l'aération. On découvre ensuite une bouche superbe qui ne manque ni de gras ni de claquant. Le vin est très droit, la finale caillouteuse et saline fait saliver.


Puligny Montrachet Premier Cru Clavoillon 1994 Domaine Leflaive
: Bouchonnée


Puligny Montrachet Premier Cru Champ Canet 1992 Jean Marc Boilot
: Du menthol, de la gentiane, olfaction distinguée qui mêle de nombreux arômes. Très gros volume en bouche mais toujours avec de l'élégance et de belles amertumes en finale. Une très belle bouteille.


Intermède


Pinot Gris Clos Rebberg 2004 Domaine Kreydenweiss
: La robe est dense et ambrée, la bouche bien fondue, large et détendue avec des notes de mirabelle et de coing. Un beau grain, une acidité perçante et longue qui fait saliver. Un Pinot Gris qui n'a pas été sulfité à la mise et qui réjouit par son naturel.


 

Chateauneuf du Pape


Chateauneuf du Pape 2005 Clos du Mont Olivet
(15 €) : Le nez s'exprime par des notes de cerise et même de cerise à l'eau de vie. L'attaque est puissante, la bouche grossière et alcooleuse et le vin finit sur l'alcool et l'amertume.


Chateauneuf du Pape 2005 Domaine Font de Michelle
(21 €) : Une belle qualité de tannins et une certaine fraîcheur qui apporte un peu de nerf au vin. On reste tout de même dans le registre d'une grande puissance.


Chateauneuf du Pape Vieilles Vignes 2004 Domaine de Villeneuve
(27 €) : Des notes de cassis et une esthétique qualifiée de "nouveau monde" par certains, technologique par d'autres. La bouche est astringente, chaude et le fruité coupe court. De la puissance sans longueur.


Chateauneuf du Pape 2004 Domaine Pierre André
(20 €) : Le nez est fin sans notes compotées comme les précédents. Belle structure aérienne qui allie la finesse et la puissance même si la finale reste chaleureuse. La vinification en vendange entière contribue certainement à la fraîcheur et le travail en biodynamie dans la vigne apporte le minéral qui allège le vin.


Chateauneuf du Pape 2005 Mont Thabor
(15 €) : L'attaque est fraîche mais le vin termine asséchant, astringent et dur.


Chateauneuf du Pape Chaupin 2006 Domaine de la Janasse
(38 €) : On sent tout de suite la bête à concours. Entre le bois, l'hyper-extraction et la finale sucrailleuse, la bouche du dégustateur est anesthésiée. Il faut être un critique américain pour pouvoir goûter, éventuellement boire, ce genre de vin.


Chateauneuf du Pape Les Cailloux 2005 Vignoble Lucien et André Brunel
(19,50 €) : Avec un peu de volatile, des notes de sueur et de suie, on change du registre aromatique habituel. La bouche est fine, fraîche, avec une belle qualité de tannins et un côté viandé très agréable.


Pour se remettre


KA 2006 Domaine Kreydenweiss Costières de Nimes
: On est d'abord surpris par l'extrême fraîcheur et la fluidité du vin. Enfin un Chateauneuf "à boire" ?
Non, simplement la nouvelle cuvée de vieux Carignan du Domaine Kreydenweiss en Costières de Nimes. Pour moitié réalisée en macération carbonique, cette cuvée regorge de fruit et de minéral.

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 19:00
Mittelbergheim, le 3 avril 2008


Jura rouges, enfin...




Depuis le temps qu'on attendait cette soirée maintes fois reportée : virée jurassienne
avec 7 Poulsard et 8 Trousseau.



Arbois Poulsard 2005 Michel Gahier Montigny-les-Arsures

Une robe claire et un joli nez de groseille mais un corps moyen et surtout une finale métallique. Trop d'alcool pour la matière. J'avais déjà goûté beaucoup mieux cette cuvée du discret et efficace (dixit Olif) Michel Gahier.


Côtes du Jura "La cuvée de l'Enfant Terrible" 2005 Jean-François Ganevat (Poulsard)

Belle robe dense et brillante qui rappelle plus la Bourgogne que le Jura. Le nez est légèrement réduit avec des notes de torréfaction et de bois, la bouche fruitée mais un peu rêche avec une structure aromatique qui n'a rien de jurassienne. Finale un peu courte pour un vin qui donne l'impression d'avoir été forcé.


Arbois Poulsard 2005 Sans Soufre Stéphane Tissot

Robe trouble, olfaction fermentaire de vin nature. Belle structure tannique allégée par un perlant agréable et une astringence plaisante qui fait saliver. Le vin est gourmand avec une attaque fraîche et une bouche relâchée.


PP 2005 Jean-Marc Brignot Molamboz (2/3 Poulsard 1/3 Pinot Noir)


Un nez d'abord animal qui évoque pour certains le Cirque Pinder puis révèle ensuite des notes fruitées. La bouche possède une fluidité remarquable avec des tannins d'une extrême finesse. Il y a tout dans ce vin, la tension, le fruit, l'acidité, la fluidité et la longue finale sur des arômes de groseille. Parfaite cohérence de l'ensemble et très grande justesse.


Arbois-Pupillin "La Chamade" 2005 A et P Bornard Pupillin (Poulsard)

Pas facile de passer après Brignot, pourtant c'est un joli vin avec une trame construite sur la finesse et un fruit croquant. La réussite réside dans le bel équilibre et la fraîcheur d'un vin qui se veut sans prétention et tient finalement fort bien son rang.




Arbois-Pupillin 2004 Overnoy-Houillon Pupillin (Poulsard)

C'est un vin remarquable avec un fond et une esthétique éloignée des standards actuels. Fraîcheur, longueur et une structure en bouche harmonieuse qui apporte de l'émotion. La finale épicée aux multiples arômes qui étire le vin. Du très grand art dans un millésime qui à priori ne fait pas partie des plus fameux en Jura.


Arbois Poulsard 2000  Jacques Puffeney Montigny Les Arsures

La robe est très claire, le nez voilé par une déviation liégeuse. Le vin est dilué et astringent avec l'alcool qui prédomine. Une matière particulièrement faible et une impression de vin surfiltré à mettre certainement sur le compte du bouchage.


"J'en Veux" Vin de Table Jean-François Ganevat La Combe de Rotalier (Cépages divers et variés)

Robe d'un noir profond, bouche bien dessinée et fraîche avec des tannins fins et un peu de CO2. Le vin ne montre aucune prétention mais affiche une parfaite esthétique et de la tonicité. C'est bon, c'est simple, j'en veux.


Rubis 2005 Berthet-Bondet (Trousseau)

Maigre et décharné avec des arômes de cassis de synthèse et de bonbon anglais. Bouche courte et monolithique sans intérêt. Il n'y a pas de vin dans cette bouteille.


Trousseau Singulier 2005 Stéphane Tissot


Robe rubis foncé, matière dense avec des tannins un peu rêches. La finale est légèrement astringente et laisse l'impression d'un vin bien fait et relativement conventionnel. La maturité est parfaite, l'extraction réussie mais il manque l'éclat.


Arbois Trousseau 2005 Michel Gahier Montigny-les-Arsures

La bouche est lisse légèrement chaude, alcooleuse et manque de netteté. Ce n'est décidément pas le bon jour pour Michel Gahier dont les vins font bien meilleure figure habituellement.


Cuvée du Puceau 2004 Jean-Marc Brignot Molamboz (Trousseau)

Nez fruité et fermentaire, en bouche on a plus l'impression d'avoir du jus de raisin que du vin. Très peu d'alcool, 11,8°. Même si c'est court, c'est parfaitement mûr et surtout désaltérant. Bien que le vin ne soit pas corsé, il possède du fond et on ne peut pas le qualifier de léger. Une esthétique vraiment surprenante mais bien aboutie même s'il est difficile d'y retrouver le cépage.


Pascal CLAIRET Domaine de la Tournelle


Trousseau des corvées  1996 2004 2005 Domaine de la Tournelle Arbois

Oublions le 1996 qui doit être un des tout premiers millésimes de Pascal Clairet et portons notre attention sur les réalisations plus récentes. Puissant 2005 avec sa belle matière dense et parfaitement extraite, une tenue en bouche remarquable d'amplitude et une agréable finale épicée. Elégant 2004 à l'acidité précise et à l'équilibre plus aérien qui démontre  le savoir-faire de ce vigneron fort sympatique qui réussit également de jolis vins blancs.


Arbois Trousseau "Les Bérangères" 2004 Jacques Puffeney Montigny-Les-Arsures


Olfaction toute en finesse et retenue. Le vin possède un corps austère qui a besoin d'air pour s'exprimer. Aucune lourdeur, de jolis tannins fondus et une expression élégante et digeste.



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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 10:24

Mittelbergheim, le 8 février 2008
 
 

Chardonnay


Valette-2.jpg



Bourgogne 2005 Olivier LEFLAIVE
(7,50 €)

Premier nez grossier marqué par les lies et surtout le SO2. En bouche le vin est végétal avec une finale amère et alcooleuse. Manque de structure, de maturité, de raisin…


Casiliero del Diablo Chardonnay 2006 Concha Y Toro Chili (7,20 €)

Le boisé est fortement marqué tant au nez qu'en bouche. Il apporte une puissance inutile à une matière faible. Rétro désagréable sur le soufre


Antono Chardonnay 2004 Casanova Chili (6,50 €)


Olfaction agréable sur une trame de fruits confits. La bouche est élégante, elle possède du gras et une belle acidité mûre et complexe. Repris en fin de dégustation, le nez s'est considérablement dégradé et affiche des notes peu engageantes qui me font revoir mon jugement initial sur ce vin.


Château Capion Le Colombier 2005 Vin de Pays de l'Hérault

Bouche alcooleuse et sans intérêt. Du bois, de l'alcool et rien d'autre.


Woodbridge Twin Oacks Chardonnay 2002 Californie (10 €)

Nez de caramel mou (malo) et d'hydromel. La bouche manque cruellement de structure et reste insipide, aqueuse avec une finale chaude.


Missionvale Chardonnay 2005 Bouchard Finlayson (20 €)

Du bois qui cache le végétal, du CO2. Sans intérêt, toutefois moins pire que le précédent.


Saint Véran lLes Mandeliers 2006 Domaine Combier

Enfin du vin et de la cohérence. Frais, aromatiquement simple, c'est un vin sans prétention mais parfaitement réussi. La finale saline est très agréable.


Pouilly Fuissé Alliance 2005 Daniel Barraud

Le nez est camphré et poussiéreux, la bouche manque de précision aromatique. L'acidité et l'amertume finale sont plus intéressantes. Le vin fait saliver et reste très fluide en bouche.


Pouilly Fuissé En Buland 2005 Daniel Barraud (25 €)

Olfaction qui rappelle le yaourt coco, belle attaque avec du gras et du vanillé, puis plus rien…
Finale tartrique et astringente qui termine sur l'aigre doux. Un vin déstructuré.


 
Quintaine.jpg



Mâcon Village Quintaine Guillemot Michel
Superbe matière bien annoncée par une olfaction de fruits mûrs. Vin pur, complexe et harmonieux avec son côté glycériné.


Viré Clessé 2002 Domaine Valette

Nez séducteur avec des notes fugaces de noix, de pierre et d'eau de vie. La bouche est superbe, dense, tendue et elle revient sans cesse. L'aération affine encore l'olfaction, le vin devient plus onctueux. Tout est parfaitement en place, l'acidité fine et mûre, la salinité minérale.


Mercurey Massenot 2001 Domaine du Clos Moreau

Bouche grossière, amertume marquée et finale sur le bois. Pas d'éclat, il est difficile de succéder aux 2 vins précédents.


Chardonnay 2005 Domaine de la Colombette

Nez réduit et vulgaire, bouche creuse qui finit sur le sucré.


Petit Chablis 1972 Auguste Moreau

Nez évolué avec des notes de miel. L'acidité du vin est d'un niveau rarement égalé. Pansement gastrique obligatoire.


Vendange de novembre 1998 Domaine des Chazelles

Nez réglissé et chaleureux, bouche décousue et sans intérêt pour ce Chardonnay récolté en surmaturité.


Le sujet est si vaste qu'il aurait été préférable de le scinder en plusieurs chapitres en s'en tenant par exemple, aux Chardonnay étrangers, aux Chardonnay français hors Bourgogne et hors Jura, au négoce bourguignon ou uniquement au Jura qui mérite à lui seul une soirée. Pour les terroirs bourguignons, une exploration plus précise par sous régions s'impose.


Les vins étrangers n'ont pas convaincu. Si ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble de la production des pays dont ils sont issus, ils le sont de ce que l'on peut trouver chez des cavistes et dans la grande distribution. Leurs rapports qualité prix n'ont rien de particulièrement attrayant et en dehors de l'exotisme et des étiquettes colorées, aucun intérêt.


Le négoce bourguignon s'est montré bien pâle au regard de ce que l'on est en mesure d'attendre d'une maison aussi réputée, il serait intéressant de porter un regard plus précis sur l'ensemble de sa production.


Le seul Jura présent s'étant révélé bouchonné, ce sont les vins des Domaines Valette et Guillemot-Michel qui ont nettement haussé le niveau avec de belles expressions mûres et des élevages élégants.

 
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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 18:40
Barr, le  29 novembre 2007


Beaujolais




Novembre c'est le mois du Beaujolais nouveau, excellente occasion pour réaliser  en quelques bouteilles, un tour d'horizon de cette belle région.


Beaujolais Nouveau Cuvée Première 2007 Jean-Paul BRUN

Le nez est "technique", la bouche métallique, astringente et terne. Bof, bof, bof !


Beaujolais L'Ancien 2007 Jean-Paul BRUN

Olfaction faite de fruits noirs et de notes animales. La bouche est plus structurée et précise que dans la cuvée précédente, mais elle reste dure et âpre.


Beaujolais Les Griottes 2006 Pierre-Marie CHERMETTE

Un nez floral et élégant, une bouche toute en finesse avec des tannins fins et polis qui apportent une agréable fluidité. L'acidité reste cependant élevée elle confère un côté métallique à la finale.


Beaujolais Cuvée Traditionnelle 2006 Pierre-Marie CHERMETTE

Le nez est gourmand, la bouche large avec un beau grain cependant la finale est gâchée par une puissance alcooleuse trop présente. De ce fait, le vin reste court et laisse un peu le dégustateur sur sa faim.


Moulin à Vent 2005 Benoît TRICHARD

La belle accroche avec une agréable olfaction fruitée mêlée de fines notes mentholées est mal suivie par une bouche asséchante en raison d'un alcool trop présent. Pas de fond ni de vin, des notes oxydatives laissent supposer une bouteille à problème.


Morgon 2006 Marcel LAPIERRE

C'est de la cuvée sans soufre et sans filtration dont il s'agit. Le nez révèle une légère volatile, la bouche est cohérente entre le fruit et l'alcool avec de belles notes de cassis surmûri. Les tannins toujours très fins chez LAPIERRE, me donnent cette impression que le vin manque de relief. Mais c'est un avis très personnel que les autres dégustateurs ne partagent pas obligatoirement. Le vin reste très frais et digeste.


Morgon Côte de Py 2005 Jean-Marie BURGAUD

Olfaction complexe faite de notes épicées et animales et d'arômes de framboise. La bouche épanouie possède un équilibre évident où tout est juste, sans faux semblants et sans esprit démonstratif. Une trame tannique dense et fluide porte ce très beau vin.


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Fleurie "Classique" 2004 Château de Beauregard

Nez marqué par de la volatile et un effet de boisé. La bouche est lourde doucereuse, le vin évolué et fatigué avec des tannins asséchants. Tous les symptômes d'un problème lié au liège sont réunis.


Brouilly "Le Bas de la Roche" 2004 Château de Montceau

Vinifié par Fred COSSARD, une décevante cuvée au nez grillé avec des arômes peu engageants de yaourt fraise. La bouche est lourde et marquée par l'alcool. Une extraction musclée pour un vin qui ne possède pas la matière nécessaire pour le supporter.


Brouilly Croix des Rameaux 2004 Jean-Claude LAPALU

Preniez nez sur des notes réduites de croûtes de fromage. A l'aération le fruit s'exprime avec précision. Le vin est un "poids lourd" qui possède une belle tension et un fonctionnement gourmand. Si l'on peut tout juste reprocher une pointe de sucrosité en finale, le vin reste très agréable et se boit avec plaisir.


Brouilly Cuvée des Fous 2004 Jean-Claude LAPALU

Le nez est vineux et frais, la bouche parfaitement équilibrée entre la puissance et la fraîcheur finement réglissée. Aucune lourdeur malgré la très grosse matière c'est tout le savoir-faire de Jean-Claude LAPALU.


Moulin à Vent 1995 Michel CROZET

L'olfaction est kirchée, la bouche alcooleuse et desséchante. Une deuxième bouteille du même vin nous apporte un très net mieux, même si les notes d'évolution sont présentes sur ce vin de plus de 10 ans.


Brouilly "Vieilles Vignes" 2003 Laurent MARTRAY

Le nez aux notes artificielles rappelle celui d'une corbeille de confiseries Haribo. La bouche est décharnée, très "Nouveau Monde" avec un travail sur le fruit qui montre un certain sens de l'épate.


Régnié 2000 Christian DUCROUX

Le vin est muet, pas loin de l'épuisement. Seulement des notes de poussière, très loin du plaisir qu'offrent habituellement les vins de Christian DUCROUX. La faiblesse de cette bouteille est une fois de plus à mettre sur le compte des problèmes liés au bouchage liège, qui sans obligatoirement communiquer un goût désagréable au vin, le vident de sa substance et le recouvrent d'un voile.


Une fois de plus cette dégustation permet de mettre  le doigt sur les problèmes de bouchage. A cause du liège, trop de vins ne sont pas le reflet de ce que le vigneron a mis dans la bouteille. Une incitation, je l'espère, à utiliser d'autres systèmes de bouchage.

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 10:54
Mittelbergheim, le  26 octobre


Vins de Table et de Pays


Dégustation de rentrée après les vendanges, qui ne sont pas terminées pour tout le monde, sur le thème des Vins de Table et de Pays. Comme à l'habitude, chacun amène ce qu'il veut sans concertation préalable, ce qui réserve toujours de belles surprises.

Ocre-rouge.jpg

Viognier Les Contours de Deponcin 2006 François VILLARD Vin de Pays des Côtes rhodaniennes

Olfaction fumée avec des notes de fruits à chair blanche. En bouche le vin est gras mais très court. L'élevage marqué revient sur la finale alcooleuse. Très en dessous de ce que l'on est en mesure d'attendre de ce Domaine.

Vin de Table Blanc Lot C 04 Domaine de l'Ocre Rouge  Dions (Gard)

Un nez de vin rouge avec de surprenantes notes de bonbon et de Malabar. Le vin est tendu par une fine acidité gourmande. Un déroutant Chardonnay du Sud qui assume parfaitement un caractère bien marqué sans chercher à ressembler à ses cousins bourguignons. Un jeune Domaine à découvrir également pour son Rosé et ses vins rouges friands et sans fard.

Ode à la Joie Vin de Table Blanc O et R GESSLER Panjas (Gers)

L'olfaction complexe et élégante rappelle celle d'un Champagne avec ses notes de pralin. La bouche est dense, légèrement monolithique avec une acidité un peu verte. Le vin reste cependant harmonieux avec une finale agréable qui fait saliver. Assemblage de Petit et Gros Manseng, d'Ugni et de Colombard. Elevage en barrique.


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Les Arthuis Vin de Table Domaine du Mortier Saint Nicolas de Bourgueuil (Indre et Loire)

La robe est dense, d'un noir profond et brillant. D'abord animal, le nez évolue sur des notes agréables de poivron. La bouche est franche, elle possède une légère astringence qui fait dire à certain qu'il manque un peu de maturité. L'ensemble me convient bien par sa fraîcheur et sa sincérité. Cuvée 100% Cabernet Sauvignon.

Vin de Pays des Côtes du Tarn 2002 Domaine du Truc

La robe tuillée révèle un vin déjà évolué. Le nez confirme l'impression première avec des notes de tabac et de cerise. L'attaque est fraîche et fruitée, mais on découvre ensuite une certaine verdeur et une acidité soutenue, à la limite de la maturité, qui creuse la bouche.

Syrah 2005 Vin de Pays des Côtes rhodaniennes Georges VERNAY

Fraîche olfaction poivrée avec des notes d'herbes de Provence. La bouche est ferme et dense tout en conservant de la fraîcheur et de l'équilibre. La finale s'accompagne d'une juste astringence et de belles notes épicées. Très agréable et gastronomique, la Syrah quand elle est élégante.


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Le Verre des Poètes Vin de Table Domaine de Montrieux (Loir et Cher)

D'abord discret, marqué par une légère réduction avec des notes de croûtes de fromage, le nez s'ouvre à l'aération pour dévoiler un beau fruit. La bouche est relâchée, subtile et harmonieuse, finement épicée, le vin tout en tension fruitée, bien porté par une acidité parfaitement mûre. C'est très, très bon, parfaitement aérien et d'une redoutable buvabilité. Vin sans soufre issu de Pineau d'Aunis, merveilleusement vinifié par Emile HEREDIA.

Mas Daumas Gassac Rouge 1997 Vin de pays de l'Hérault

Olfaction bordelaise distinguée. Après une belle attaque sur la fraîcheur, le vin manque d'ampleur et de longueur. C'est bien fait, bien travaillé mais il n'y a pas beaucoup de magie. Bouteille supérieure toutefois à celles des millésimes plus récents goûtés dernièrement.

Pechigo Rouge Vin de Table Sylvain SAUX Malras (Aude)

Le nez est lourd avec des notes de suie,  de violette et de réglisse. Très grosse matière épicée et marquée par le clou de girofle, à la limite de la surextraction. Un vin tout en largeur, véritable bête à concours, plus destiné à la dégustation qu'à la table. Assemblage de Carignan 70%, d'Alicante et de Mauzac Blanc.

Libre Expression Vin de Table Domaine CAZES (Pyrénnées Orientales)

Olfaction muscatée accompagnée par des arômes de noix. En bouche, on découvre un profil oxydatif largement dominé par l'alcool. Cette cuvée de Maccabeu reste très difficile à boire, ne serait ce qu'un seul verre. Il vaut mieux se tourner vers les Rivesaltes Ambrés produits par le même Domaine, qui amènent plus de plaisir.

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 10:39
Andlau, le 15 octobre 2007


Tokaji Aszu
 
 

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Domaine LAUDER-LANG

Invité ce lundi par l'Alsace Oenophile Club de Barr pour une agréable dégustation sur le thème des Tokaji hongrois.


Christian BOULARD animateur du club nous reçoit dans son  Hôtel-Restaurant du Château d'Andlau. Christian est un oenophile dont les connaissances colossales ne s'arrêtent pas à la Champagne de ses origines et à l'Alsace sa terre d'adoption. La carte des vins de son restaurant est éloquente, plus de 1100 références particulièrement bien choisies et tarifées sagement. Un vrai paradis et une adresse incontournable pour l'amateur de vins.


La dégustation est parfaitement préparée, le choix des vins intelligent tant dans la diversité des millésimes que dans les références sélectionnées. Seuls des Tokaji Aszu seront dégustés, nous resterons donc dans le domaine des vins liquoreux.


Mais avant tout quelques rappels quand à l'origine de ces vins mal connus.


Les Tokaji Aszu sont des vins hongrois issus d'une petite région viticole qui s'étend sur 70 kilomètres au Nord Est de Budapest à proximité de la frontière ukrainienne. Ce vignoble parmi les plus septentrionaux du globe connaît des conditions continentales extrêmes avec des étés chauds et des automnes brumeux qui favorisent la présence du botrytis et le passerillage des raisins.


Si depuis le XVIème siècle le Tokaji possède une réputation de grand liquoreux, la période communiste ne fut pas propice à l'élaboration vins de qualité et il aura fallut attendre le début des années 1990 après la chute du mur de Berlin pour que des vignerons rachètent leurs Domaines et des groupes étrangers décident d'investir lors de la privatisation du vignoble qui était jusqu'alors un monopole d'état.


Le cépage principal est le Furmint dont les grains Aszu, botrytisés ou passerillés, sont récoltés manuellement et placés dans des hottes en bois de 20 kilos appelées Puttonyos. D'autre part, les raisins non Aszus sont vinifiés afin de produire un vin de base dans lequel on fera macérer les grains Aszu pendant 48 heures avant de les presser. L'élevage se déroule ensuite en barriques pendant un nombre minimum d'années qui correspond au nombre de Puttonyos plus 2.


Les Tokaji Aszu sont classés de 3 à 6 en fonction du nombre de Puttonyos mis en fermentation dans le vin de base. L'Aszu Essencia correspond à un apport de 7 à 8 Puttonyos. Les concentrations en sucre vont croissantes de 60 à plus de 180 grammes.


Oremus.jpgDomaine OREMUS

Nous avons dégusté 10 vins classés en fonction de leur concentration en sucres.


Tokaji Aszu 3 Puttonyos 1983 Domaine d'Etat : Robe orangée, nez miellé avec des notes de noix, de figue et d'abricot sec. L'attaque en bouche laisse apparaître un léger boisé. Le vin manque un peu de relief et de pureté sans être désagréable toutefois.


Tokaji Aszu 4 Puttonyos Svarvas 1991Domaine d'Etat : L'origine Svarvas correspond à un Premier Cru. La robe est ambrée et brillante. Le vin s'ouvre sur de belles notes oxydatives et des épices douces. En bouche le vin est harmonieux, ample, porté par une belle acidité. La finale un peu courte.


Tokaji Aszu 4 Puttonyos 1990 Crown Estates : Le nez semble masqué par un voile liégeux. La bouche est large mais manque de précision et l'acidité plutôt verte.


Tokaji Aszu 5 Puttonyos 2000 Lauder Lang : La robe est d'un bel ambré brillant, l'olfaction élégante, sans note oxydative, avec une palette aromatique de senteurs florales et mentholées. En bouche le vin est élancé, droit sans aucune lourdeur. Finale sur l'abricot et les fruits rouges. J'aime beaucoup.


Tokaji Aszu 5 Puttonyos 1998 Domaine Disnoko : Nez sulfitique et décharné, marqué par le boisé. Bouche sur la pêche, la matière est belle mais le vin finit sur l'alcool et une certaine de lourdeur. Style plus moderne que les vins précédents.


Tokaji Aszu 5 Puttonyos 1996 Château Sarospatak : Robe d'un bel ambre foncé, olfaction précise et riche avec des notes de coing de miel et de mandarine. L'attaque en bouche est marquée par une acidité mordante et le sucre revient en finale. Le vin reste assez serré.


Tokaji Aszu 5 Puttonyos Keres 1993 Domaine d'Etat : Robe cuivrée, olfaction qui manque de franchise et de précision. En bouche, l'alcool prend le dessus, ce vin me fait penser à un Pineau des Charentes.


Tokaji Aszu 6 Puttonyos 2000 Lauder Lang : Olfaction délicate et complexe avec des arômes de fruits à chair blanche de miel et même de jambon fumé. La bouche est large, bien structurée et l'acidité conduit bien le vin qui ne s'écrase pas malgré la sucrosité. Beaux arômes de gingembre et de clou de girofle. Décidément ce Domaine semble me plaire …


Tokaji Aszu 6 Puttonyos 1999 Domaine Orémus : La robe est particulièrement claire, le nez d'abord discret il s'ouvre à l'aération sur de belles notes de miel, de tisanes et de gentiane, montrant une agréable complexité. La bouche est élégante droite, marquée par des arômes de mandarine et traversée par une acidité précise et saline. Pas de lourdeur, un vin parfaitement réussi.


Essenzia.jpgAszu Essencia

Tokaji Aszu Essencia Szarvas 1993 Korona Birtok : Robe d'un ambré sombre, le nez est oxydatif et la bouche révèle des arômes lourds de pruneaux qui donnent un côté Banyuls à ce vin. Des notes de chocolat et une lourdeur marquée.
 

Sans vouloir tirer de conclusion définitive après avoir dégusté seulement 10 vins, je constate que les Tokaji Aszu sont finalement moins oxydatifs que je ne l'attendais. D'autre part les vins semblaient issus de raisins plus passerillés que botrytisés. Les 2 vins du Domaine Lauder-Lang et celui du Domaine Orémus ont été ce soir là très au dessus de ce que nous avons goûté et d'une excellente tenue au regard des liquoreux issus d'origines plus habituelles.

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