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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 18:33

 

Sylvaner-Dionysos.jpg

Sylvaner Dionysos Kapelle

 

Depuis mon dernier point du 22 aout, il faut être franc et avouer que ça se complique. Une succession de passages pluvieux, dont un très conséquent le week-end dernier, ajoutée aux températures qui passent du frais au tropical, il faisait 27° ce matin dans l’Engelberg, ont modifié significativement l’état sanitaire.

 

Pour résumer la situation je dirai que les parcelles peu vigoureuses et bien exposées restent saines mais aussitôt qu’il y a surcharge ou que la viticulture est un peu laxiste on trouve de nombreux foyers de pourriture. Dans les vignes les plus touchées, des odeurs acétiques nous ramènent 5 ans en arrière.

 

Alors il va falloir trier, surtout les Pinot et le Gewurztraminer qui semble le cépage le plus touché. Les Riesling qui ne sont pas encore mûrs résistent bien pour peu que la charge soit raisonnable.

 

Les 2 parcelles de Sylvaner du Domaine LISSNER se portent à merveille. Ce seront très certainement par celles-ci que Bruno SCHLOEGEL commencera ses vendanges cette année.

 

 

Sylvaner-Horn.jpg

Sylvaner Horn

 

Les vendanges ont commencé cette année le 25 août pour le Crémant et le 7 septembre pour les vins tranquilles issus des cépages Auxerrois, Pinot Blanc, Pinot Gris et Pinot Noir. A partir du 12 septembre elle sont ouvertes pour les autres cépages. Ce sont ces mêmes dates qui sont retenues retenues pour les vendanges en Grand Cru sauf pour le Bruderthal, le Praelatenberg, l'Altenberg de Bergheim et le Kanzlerberg, ces derniers ayant optés pour des dates ultérieueres.

 

Les vendanges tardives ne pourront commencer avant le 21 septembre pour le Pinot Gris et le 26 septembre pour les autres cépages.

 


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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:30

 

La-Noire-d-Armand-1.jpg

 

 

Armand, je vous parle d'Armand DEBELDER, bien entendu, le sorcier de Beersel dans le Brabant Flamand tout près de Bruxelles. Inutile de pratiquer le flamand pour apprécier sa "noire", une bière de fermentation mixte aux arômes de chocolat et de café qui possède l'acidité nécessaire pour apporter la fraîcheur qui équilibre le breuvage.

 

 

Noire-d-Armand-2.jpg

 

www.3fonteinen.be

 

 

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 20:35

 

Le-Feu.jpg

 

 

Dominique BELLUARD est vigneron à Aysse en Haute-Savoie. Une douzaine d'hectares de Gringet, sur les 20 qui existent encore dans la région, quelques pieds d'Altesse et de Mondeuse, le tout  travaillé en Biodynamie. Dans la cave, l'approche est originale avec l'utilisation d'amphores et d'oeufs en béton. Tout juste mis en bouteille et "remontés" en Alsace, nous goûtons quelques vins du dernier millésime.

 

Les Alpes 2010 : Issue du cépage Gringet, c'est la cuvée d'entrée de gamme du Domaine. Olfaction fruitée délicate et précise, corps droit et nerveux, c'est un vin simple mais complet, parfaitement abouti et surtout très plaisant.

 

Altesse 2010 : Un vin vif, vivant, avec une bouche sèveuse et saline. La finale s'exprime par un très joli jeu d'amertumes. De toutes ces mises récentes c'est celle qui se goûte le mieux ce soir là. Les vins n'étant pas étiquetés, il me semble que cette cuvée est vendue sous le nom de "Grandes Jorasses".

 

Gringet des Alpes 2010 : Du Gringet vendangé tardivement puis macéré égrappé pendant trois semaines en amphore avant un élevage en oeuf. La bouche offre un surprenant jeu de tannins qui donne l'impression  de goûter un vin rouge.

Une approche originale qui mériterait sans doute d'être  accentuée pour aller plus au bout des choses. A revoir après quelques années de garde.

 

Le Feu 2010 : Toujours Gringet issu de parcelles d'argiles rouges. C'est le vin qui a fait la réputation fort justifiée du Domaine. Vinifié en oeuf, le vin possède une bouche bien structurée avec de la puissance mais aussi beaucoup de précision dans la palette aromatique fruitée. L'expression est tendue et remarquable par sa salinité. Beaucoup de fond et d'expression de terroir. Le feu est indéniablement un vin de garde et seule la curiosité peut justifier de le goûter si tôt.

 

Mondeuse 2009 : Jus de fruit juteux et gourmand. L'acidité marquée conjuguée au caractère rustique du cépage apporte beaucoup de plaisir. La meilleure Mondeuse qu'il m'ait été donné de boire.

 

Il ne faut pas oublier que Dominique produit également une cuvée de bulles de grande qualité toujours issue du cépage Gringet. L'ensemble de la gamme est cohérent avec des premiers vins qui ne manquent ni d'intérêt ni de qualités. A découvrir urgemment pour ceux qui ne connaissent pas encore.

 

Domaine Belluard
283, les Chenevaz
74130 AYSE

www.domainebelluard.fr

 

Récit détaillé d'une visite : Tasting Club

 


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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 18:00

 

Photos-0034.jpeg

 

 

Un orage de grêle bref mais violent s'est abattu il y a deux jours sur le secteur de Barr et d'Heiligenstein . En voyant cette photo prise par  Noëlle BACHERT on peut constater que l'alerte a été sérieuse.

 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 19:31

 

Couronne d'or

 

 

Dans quelques jours, le Comité d'Experts des Vins d'Alsace décidera de la date des vendanges en Alsace. Voila l'occasion de revenir sur l'origine de la création de cet organisme, particularité régionale, qui a vu le jour en 1945.

 

Une fois l’Alsace libérée, l’administration française reprend ses droits. C’est par une série d’ordonnances que le Général De Gaulle remet dans l’urgence la France en marche. L’une d’elles concerne la viticulture alsacienne. Il s’agit de l’ordonnance N° 45-2675 du 2 novembre 1945 relative à la définition des appellations d’origine des Vins d’Alsace.

 

En raison du blocage des vins sans appellation, l’administration du ravitaillement ressort le projet de statut des appellations d’origine Alsace élaboré par l’AVA et présenté en 1939 au comité national de l’INAO. C’est à partir de ce document que le gouvernement provisoire va en 13 articles, définir les bases sur lesquelles le vignoble alsacien va se reconstruire.

 

L’Appellation d’Origine Régionale Vin d’Alsace voit le jour. Dans le premier article qui l’institue, il est immédiatement fait référence à un Comité Régional d’Experts constituant une exception dans le paysage viticole national. Pierre angulaire de l’administration du vignoble, il est nommé par arrêté du ministère de l’agriculture et reçoit pour missions :

 

-          De délimiter, avec l’aide des syndicats locaux, l’aire de production consacrée par des usages locaux, loyaux et constants de l’appellation d’origine Alsace à l’intérieur des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Le tracé de l’aire devant ensuite être reporté sur plans cadastraux après homologation du Ministère de l’Agriculture.

 

-          De délimiter à l’intérieur de l’aire de production, sur proposition des syndicats locaux, les appellations d’origines sous régionales, communales et locales. La procédure et les recours de ces délimitations étant à définir dans un décret à venir.

 

-          De décider chaque année avant les vendanges des règles d’enrichissement à observer, soit en interdisant l’enrichissement, soit en l’autorisant dans la limite maxima de 2,5°.

 

-          De fixer la date avant laquelle les vendanges ne peuvent être commencées.

 

Le 25 juillet 1946, par arrêté du Ministère de l’Agriculture, le Comité Régional d’Experts pour les vins d’Alsace est nommé. Il se compose de 12 propriétaires-viticulteurs, de 6 viticulteurs-négociants et de 8 conseillers techniques. Sont nommés au titre des propriétaires-viticulteurs : Joseph SALTZMANN, Charles CADE, Joseph CATTIN, Joseph DREYER, Théo FALLER, KIENTZLER pour le Haut-Rhin et de Lucien FREYERMUTH, Gilbert GERBER, Albert SELTZ, Edouard HERING, Eugène FISCHER, Alfred GRIESHABER pour le Bas-Rhin. Les viticulteurs-négociants sont Léon BEYER, René DOPFF, Frédéric TRIMBACH pour le Haut-Rhin et Frédéric BOECKEL, Emile WILM et Louis KLIPFEL pour le Bas-Rhin. Les Conseillers techniques sont Louis RIEDER, Inspecteur Général de la Répression des Fraudes à Strasbourg, L HEINRICH, Inspecteur de la Répression des Fraudes à Ammerschwihr, KELLER, répartiteur régional des Vins d’Alsace à Strasbourg, UHLEN, Directeur des Services Agricoles du Haut-Rhin à Colmar, LASNIER-LACHAISE, Directeur des Services Agricoles du Bas-Rhin, SICK, Directeur de la station de viticulture et d’œnologie de Colmar et Fernand ORTLIEB, Professeur d’Agriculture à Rouffach.

 

Un nouvel arrêté ministériel daté du13 septembre 1946 complétera le Comité d’Experts en la personne de Charles GROSS, Inspecteur de la Répression des Fraudes pour les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle.

 

Le Comité a fonctionné sous la présidence de Louis RIEDER jusqu’en 1961 puis de Louis KLIPFEL avant que Marcel BLANCK ne lui succède en 1970. Son siège s’est déplacé successivement sous les trois premières présidences de Strasbourg à Barr puis à Colmar.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 17:10

 

Andlau

Andlau

 

Le beau temps chaud et ensoleillé est revenu depuis 4 jours. Auparavant la météo n'a été qu'une succession de passages pluvieux plus ou moins importants et de journées maussades. Dans ce contexte, la maturité des raisins ne progresse pas beaucoup. L'avance qui avait été prise en raison de la floraison très précoce est entrain de s'estomper.

 

Sur les coteaux la situation reste saine, il n'en est pas toujours de même pour les vignes de plaine qui ont moins bien supporté l'humidité ambiante. Le cocktail forte vigueur plus forte charge peut rapidement devenir explosif si le temps sec ne se maintient pas.

 

Ces prochains jours le Comité d'Experts des Vins d'Alsace décidera de la date d'ouverture du ban des vendanges des cépages destinés au Crémant, puis aux vins tranquilles, puis aux Grands Crus. Ces dates seront publiées par arrêté préfectoral.

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:41

 

Foire Vins Colmar 2011 (1)

 

La 64ème Foire aux Vins d'Alsace de Colmar fermera ses portes ce soir. On notera avec satisfaction cette année, un retour au fondamental de cette manifestation, qui comme son nom l'indique devrait être consacrée au vin d'Alsace, en partie tout du moins.

 

Colmar Expo ayant confié au CIVA l'organisation de la partie dégustation, les "Rutscherle" ont disparu de l'espace consacré à la dégustation pour laisser la place à des verres mieux adaptés à cet exercice. La Halle aux Vins a été également  relookée dans un style sobre et élégant qu'il faudra penser à climatiser.

 

Foire Vins Colmar 2011 (2)

 

Autour de trois espaces de dégustation on commence à retrouver l'esprit de cette foire qui a été crée en 1948 pour relancer la viticulture alsacienne. Il reste à faire revenir les vignerons exposants, tout du moins les petites structures, qui comme Hubert Hausherr vient présenter son travail. Dans le cas présent, une gamme de vins de terroir déconnectée de la notion de cépage comme l'encourage Jean-Michel DEISS.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 21:33

 

suite-1 2555 DxO

 

Depuis le 15 juillet il a plu, plus ou moins, pratiquement tous les deux jours. Les nuits sont fraîches, les journées sont soit maussades soit ensoleillées. La véraison est maintenant terminée pour les Pinot Noir de l'Oberehund. L'herbe pousse, il est délicat d'entrer dans la vigne avec des engins mécaniques sous peine de creuser des ornières.

 

L'état sanitaire est toujours parfait. Les vendanges des Crémants s'annoncent pour la fin août, celles de vins tranquilles pour la seconde semaine de septembre, pour les cépages les plus précoces.

 

Ce futur millésime ressemble de plus en plus à celui que nous avons connu en 2007 : une floraison ^précoce et un été moyen. Comme en 2007 les rendements s'annoncent confortables, ils compenseront le déficit de la dernière récolte. L'AVA prévoit un volume de 1,2 millions d'hectolitres alors que 2010 n'avait produit que 900.000 hectolitres.

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 20:16

 

15-05-11-Obere-Hund-copie-3.jpg

 

 

L'hiver 2010/2011 est précoce et froid avec de la neige au sol sur l'ensemble du vignoble de mi-novembre à mi-janvier. Le printemps arrive tôt et installe durablement un temps chaud et sec de mars à mi-juin. La floraison se déroule au cours des dernières semaines du mois de mai dans un environnement favorable ce qui n'avait pas été le cas au cours des 2 années précédentes.

 

Faible pression de l'oïdium et du mildiou en raison du temps sec. De ce point de vue ce millésime est bien moins stressant pour les vignerons que le précédent. Quelques orages très localisés ont provoqués des dégats dans le secteur de Barr, Mittelbergheim et Andlau. A partir de la mi-juin, retour d'un temps plus froid mais aussi plus humide qui n'est pas pour déplaire car le déficit en eau commence à se faire sentir.

 

Avec Jean-Marie BECHTOLD nous faisons le tour des vignes du secteur de Dahlenheim. Ce dernier me confirme que la pression des maladies a été facilement contenue cette année. Pour sa part, il a utilisé moins de 800 g de cuivre à l'hectare. Les vignes sont belles, lumineuses, la plupart d'entre elles n'a pas été rognée. Ces dernières semaines l'herbe a repoussé, elle sera couchée au rolofaca et ainsi protègera le sol des éventuelles chaleurs de l'été.

 

La charge est généreuse cette année, particulièrement pour le Gewurztraminer et le Muscat, surtout lorsque la vigne n'est pas équilibrée. Nous sommes le 15 juillet et dans l'Obere Hund, les Pinot Noir commencent à vérer, à deux jours près comme en 2003.

 

Les vendanges s'annoncent à priori pour la fin août en ce qui concerne le Crémant. Bien entendu tout celà sous réserve d'une météo "normale" pendant les prochaines semaines.

 

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:25

 

Chretien-Oberlin.jpg

 

Dans ce mémoire présenté à la Société Libre d’Agriculture et de Viticulture de Ribeauvillé le 13 janvier 1881, puis édité par les Editions BARTH de Colmar la même année, Chrétien OBERLIN fait part de ses constatations et propositions sur les effets et les causes de la dégénérescence de la vigne cultivée ainsi que sur la question phylloxérique.

 

A partir de 1863 une maladie de la vigne se déclare dans les vignobles du Midi avant de se propager dans le vignoble bordelais puis dans toute l’Europe. Le responsable de ce désastre est un insecte identifié en 1868 par le professeur PLANCHON de la Faculté de Sciences de Montpellier : le phylloxera vastatrix.

 

En Alsace-Lorraine le premier foyer phylloxérique est découvert en 1875 à Bollwiller dans une parcelle isolée d’environ 70 pieds de vignes américaines de diverses variétés. Pour circonscrire l’épidémie, les ceps seront coupés, détruits par le feu et le terrain désinfecté par recouvrement d’une couche de goudron de houille.

 

En 1876, Chrétien OBERLIN relève à Plantières près de Metz, dans une parcelle située en plein vignoble, des traces suspectes de phylloxéra. L’année suivante ses craintes sont confirmées et de nombreux insectes sont découverts sur les vignes de souches américaines et européennes. La surface envahie est de 50 ares, cependant il faudra étendre le périmètre de désinfection sur une zone de sureté de 100 mètres de rayon. Les ceps seront coupés au ras du sol et détruits par le feu ainsi que les échalas qui les portaient. Le terrain sera désinfecté par apport de sulfocarbonate de potasse puis retourné jusqu’à une profondeur de 60 centimètres afin de récupérer les racines et de les brûler. Une dernière désinfection superficielle du sol retourné sera ensuite effectuée.

 

Chrétien OBERLIN se pose alors la question de l’origine de l’épidémie sans vouloir a priori en attribuer l’unique responsabilité à l’insecte.

 

D’une part, il constate que les vignes américaines comme les vignes sauvages, résistent mieux au gel que leurs cousines européennes. Ce point sera confirmé par l’ampélographe BRONNER qui possède dans sa collection des échantillons de vignes sauvages du Rhin qui ont très bien résisté au rude hiver 79-80.

 

D’autre part, il s’interroge sur le fait que si les vignes américaines se montrent moins sensibles au phylloxéra, peut-être la vigne sauvage possède-t-elle les mêmes caractéristiques.

 

Il se lance alors à la recherche de Vitis Sylvestris, la vigne sauvage qui pousse sur les rives du Rhin et de l’Ill et aussi des vignes de montagne que l’on trouve en Lorraine et dans le Duché de Bade.

 

Très vite il s’aperçoit qu’en plus de son excellente résistance, la vigne sauvage n’est pas exposée aux attaques des parasites qui affectent la vigne cultivée et qu’elle ne souffre ni de l’oïdium, ni du mildiou.

 

Mais c’est surtout le mode de reproduction de la vigne sauvage qui interpelle OBERLIN. Contrairement à la vigne cultivée que l’on reproduit par bouturage ou par provignage, la vigne sauvage se reproduit par graine.

 

Ce mode de reproduction est le point capital qui va guider OBERLIN dans ses travaux de recherche de nouvelles variétés destinées à renouveler un vignoble épuisé qui a perdu toute résistance à force de n’être que l’allongement irrationnel d’une plante mère mutilée.

 

« Ce sont les sarments écorchés qui contractent la maladie quand ils sont mis en terre par provins et même comme boutures. Mais comment se fait-il que les espèces vigoureuses soient plus affectées par la maladie que les autres ? C’est parce que l’enlèvement de leurs pousses latérales, qui sont plus fortes, donne plutôt lieu à des écorchures. C’est simple ! On ne s’en était jamais aperçu. Et voila encore une maladie dont la cause a été inconnue jusqu’ici et qui est le résultat de nos pratiques barbares. »

 

Chrétien OBERLIN considère le phylloxéra comme un parasite vivant aux dépens d’une plante malade. Sur une vigne saine, l’insecte n’est pas en terrain favorable et ses ennemis prennent le dessus.

 

Pour conclure son mémoire, l’auteur propose un plan de campagne en cinq points :

 

« 1° : Faire rechercher dans chaque pays, par des délégués spéciaux, les différents types de vignes sauvages qui peuvent y exister, les réunir et les cultiver en collection pour les étudier sous le rapport de leurs qualités économiques.

 

2° : Déléguer dans le même but une commission de plusieurs membres dans les montagnes du Caucase, où la vigne sauvage abonde, et en Asie, afin de rechercher les types primitifs de la vitis vinifera.

 

3° : Essayer simultanément toutes les variétés dans une contrée phylloxérée, par exemple dans le midi de la France, afin de constater leur degré de résistance.

 

4° : Propager les variétés reconnues résistantes, en établissant dans chaque pays des pépinières en nombre suffisant.

 

5° : Affecter à chaque école de viticulture un terrain spécial, isolé de toute autre culture de vignes, à la multiplication par graines de vignes primitives, afin de conserver leurs propriétés résistantes et de pouvoir, en tout temps, régénérer les variétés qui s’affaibliraient à la longue par la culture. »

 

Chrétien OBERLIN consacrera le reste de vie à l'hybridation de la vigne. En 1897, la ville de Colmar créera un Institut Viticole chargé de poursuivre ses recherches. Ce dernier offrira à titre gracieux son matériel expérimental constitué d’une collection classée de viniféras de 378 variétés, d’hybrides viniféras et de vignes sauvages de la vallée du Rhin, de vignes asiatiques, américaines et de producteurs directs.

 

Si les hybrides furent abandonnés au milieu des années 20, au profit des cépages traditionnels greffés sur porte greffe américain résistant au Phylloxéra, il ne faut pas oublier que les recherches de Chrétien OBERLIN auront permis de faire face à l'épidémie et à redonner espoir à la viticulture alsacienne alors qu'elle était au plus mal.

 

 

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