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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:10

 

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La dénomination originelle “Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace“ a fait place dans les années 1990 à “Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace“ pour mieux exprimer la pluralité de l’offre ainsi que les fonctions de l’organisme.

 

Aujourd’hui, près de 50 ans après sa création, les missions du CIVA sont toujours les mêmes. Elles sont très générales et vont de l’appui technique à l’information du consommateur. Le CIVA est un outil, le bras armé de la filière, sa mission est plus opérationnelle que politique, ce domaine étant réservé aux syndicats qui défendent leurs points de vue sur la fiscalité et la réglementation auprès des pouvoirs publics. Réunion des deux familles de la production et du négoce, le CIVA tient un rôle opérationnel au sein de la filière. Ce rôle a été réaffirmé par la loi de 1975 sur les interprofessions françaises et reconnu officiellement dans la réglementation européenne pour la première fois par l’OCM vitivinicole de 1999.

 

Pendant longtemps, l’Europe est restée circonspecte vis-à-vis des interprofessions françaises pour la simple raison qu’elle considérait qu’il s’agissait d’ententes entre des professionnels et que ces organismes pouvaient remettre en cause le principe de la libre concurrence qui est un des principes fondateurs du système européen. Il aura fallu se battre pour faire reconnaître l’utilité de ces interprofessions dont l’objectif reste de fédérer des acteurs dans une logique de qualité. Aussi après avoir acté le principe des appellations d’origine en 1992, l’Europe a convenu que les signes de qualité avaient un sens et qu’il était nécessaire de prendre en compte les organismes de filières. En 1999 l’existence des interprofessions a été reconnue dans le cadre européen et ses missions légitimées.

 

En 2010, pratiquement 1 million d’Euros ont été apportés au budget du CIVA par l’Union Européenne dans le cadre de l’Organisation Internationale du Marché. L’OCM vitivinicole a introduit la faculté d’utiliser une partie des ressources européennes pour accompagner la stratégie de marché alors qu’auparavant les moyens étaient plutôt utilisés pour la destruction de l’offre à travers l’arrachage des vignes et la distillation des vins. On est passé d’une stratégie de limitation de l’offre à une stratégie de développement de marchés.  Depuis 2009, l’Europe apporte un soutien fort à la communication hors Europe du CIVA en prenant en charge 50% du montant des actions de ce type.

 

Avec un effectif de 25 personnes à temps plein, l’action du CIVA s’exerce principalement dans trois secteurs : la communication, la production de statistiques économiques et l’appui technique.

 

La communication est le volet principal, le plus coûteux puisque les 2/3 du budget y sont consacrés. Trois types d’actions sont menés : la communication de base à travers le site Internet et l’édition de brochures diverses sur le vignoble et ses vins, le contact direct avec les prescripteurs du secteur de la presse, les professionnels de la restauration, de la distribution et la publicité par des campagnes de presse dans différents médias.

Le volet statistique est alimenté par deux conventions mises en place avec la DGI. Il compulse depuis 1995 les déclarations de récolte et de stocks et depuis 2001 les déclarations récapitulatives mensuelles. En raison de la loi de 1972 qui impose la mise en bouteille dans la région d’origine, ces statistiques sont de très grande qualité, très précises au niveau du marché final. Les ventes de vins en vrac sont également enregistrées et l’on sait chaque mois ce qui se vend et où.

 

En ce qui concerne le volet technique l’Alsace a une position particulière. Au départ, le CIVA ne s’était approprié qu’une mission technique qui était celle de la diffusion du matériel végétal de qualité. C’est la raison pour laquelle il avait pris en charge l’antenne régionale de l’Etablissement National Technique d’Amélioration de la Viticulture qui avait pour mission le développement de la sélection clonale. Le CIVA agissait en quelque sorte comme une bourse entre les viticulteurs qui fournissaient les bois et les pépiniéristes qui les utilisaient pour faire des plants. Aujourd’hui l’interprofession va plus loin puisqu’elle a pris à sa charge la recherche de nouveaux clones et la production des plans. Un technicien s’occupe à mi-temps de la bourse d’échange entre les pépiniéristes et les producteurs sur le matériel végétal et un chargé de mission à temps plein a repris le volet de recherche de nouveaux clones qui était auparavant à la charge de l’INRA. Le CIVA a conclu d’autre part une convention entre l’Institut Français du Vin, issu de la réunion de l’Institut Technique du Vin et de l’ENTAV, pour mettre en réseau ses moyens. Les deux ingénieurs de l’IFV chargés respectivement de l’agronomie et de l’œnologie travaillent en étroite collaboration avec le Service de Prospection et Multiplication du Matériel Clonal du Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace. Eric MEISTERMANN, Directeur de l’IFV, fait en quelque sorte fonction de Directeur Technique du CIVA, qui en contrepartie met à la disposition de son équipe une technicienne chargée de l’amélioration de la qualité du vignoble et du vin.

 

Les services du CIVA interviennent également sur le contrôle aval qualité en achetant sur le marché des vins qui sont ensuite goûtés. L’INAO est informée des éventuels dysfonctionnements relevés consécutivement à ces dégustations. Quatre à cinq cent bouteilles sont ainsi achetées chaque année, tant en France qu’à l’étranger.

 

En dehors des instances politiques décisionnelles, le CIVA possède un bureau stratégique créé lors de l’assemblée générale d’automne du 3 novembre 1987. Opérationnel depuis le 1er janvier 1988, il est le pendant économique chargé d’appliquer les orientations stratégiques définies par le conseil de direction du comité. Le bureau stratégique est composé du directeur du CIVA et de son directeur marketing, d’un vigneron indépendant, d’un négociant, d’un coopérateur ainsi que d’un représentant de l’AVA. Sa mission est de répartir le budget de communication par pays. Les représentants des trois familles de la viticulture possèdent chacun un droit de véto, de ce fait les décisions doivent être prises dans un parfait consensus. Chaque année le bureau stratégique organise une réunion où sont conviés l’ensemble des exportateurs. Le bilan des actions menées l’année passée est dressé et les projets pour l’année en cours sont exposés.

 

Pour la première fois de 2007 à 2009, Jean-Nicolas SCHAEFFER, directeur de l’importante maison de négoce Jean HAULLER à Dambach-La-Ville, a occupé le poste de président du CIVA pendant trois années successives. Rémy GRESSER, vigneron à Andlau, qui lui a succédé, devrait à son tour présider l’interprofession pour une durée identique. Sans pour cela que le décret ait été modifié, les différentes familles de la viticulture alsacienne ont décidé d’un commun accord d’inscrire dans la durée les fonctions de leur représentant pour obtenir une meilleure visibilité vis-à-vis des décideurs politiques et des administrations. Car si le texte du décret confie alternativement la présidence du CIVA à un représentant de la production puis à un représentant du commerce, il n’exige en rien que ces représentants soient issus de la famille qu’ils représentent. Il faudra cependant penser un jour à modifier ce décret. L’élargissement des compétences du CIVA à la Lorraine, qui fait partie du même bassin de production et ne possède pas d’interprofession, comme le souhaite le Ministère de l’Agriculture, pourrait en être l’occasion.

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 20:27

 

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La première grande opération de communication à l’attention de la presse gastronomique a lieu le 22 octobre 1965. A l’invitation du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace, une centaine de représentants de la presse française et étrangère rejoignent l’aéroport de Mulhouse-Bâle à bord d’une Caravelle spécialement affrétée dont le fuselage est personnalisé aux couleurs de l’Alsace. Au cours du vol, les invités reçoivent une documentation complète sur le vignoble d’Alsace ainsi qu’une collation agrémentée d’une tranche de Kougelhopf. A leur arrivée ils sont reçus par René DOPFF, Président du CIVA accompagné par Pierre BOUARD son dynamique Directeur auxquels se sont joints des membres du Comité dont Théo FALLER et Fernand MULLER et les Reines des Vins d’Alsace 1964 et 1965.

 

C’est dans trois cars de luxe que les invités sont ensuite conduits par la Route des Vins d’Alsace dans la localité de Turckheim où se tient pour l’occasion un Chapitre Spécial de la Confrérie Saint Etienne. Le Grand Maître Théo FALLER avec ses prédécesseurs Fernand ORTLIEB, Fernand MULLER, Charles LORENTZ, Jean HUGEL et le Confrère Receveur Joseph DREYER présentèrent les différents cépages locaux et les firent déguster.

 

A l’issue de cette présentation, initiation aux Vins d’Alsace, l’ensemble des invités rejoint la salle du Badhus à Kaysersberg où leur est servi un repas préparé par Pierre GAERTNER, le célèbre cuisinier d’Ammeschwihr. C’est ici que les représentants politiques de la région viennent retrouver les invités. Le Préfet PICARD, le Député BOROCCO, le Maire REY assistent ainsi à ce repas où sont servis des vins du millésime 1961 et 1964. Des cartes d’adhérent aux Amis des Vins d’Alsace sont remises à chaque convive présent.

 

Les hôtes seront ensuite conduits à Riquewihr où Pierre DOPPF ceint de son écharpe de maire leurs fit visiter le village puis à Barr où ils furent reçus par Louis KLIPFEL, Vice Président du CIVA et Président de l’Association des Viticulteurs d’Alsace avant de remonter dans leur avion et de retourner à Paris.

 

Au cours de cette mémorable journée de nombreux participants firent pour la première fois connaissance avec les vins et plus particulièrement le Tokay dont seul le nom leur était familier. Cette opération s’est révélé être un succès tant vis-à-vis des invités que des locaux soucieux de l’image de leur région. Tout cela a concouru à convaincre l’interprofession de l’obligation d’amplifier ses actions de promotion.

 

Cependant malgré l’augmentation du montant de la taxe parafiscale, les fonds nécessaires pour financer de telles opérations restaient insuffisants. C’est la raison pour laquelle il a été décidé en 1967 de créer un fond volontaire de propagande, selon la terminologie utilisée à l’époque, sur la base de 2 F/hl pour financer les opérations de communication. Les formulaires qui ont été adressés à tous les vendeurs de vins en bouteille ont reçu un accueil mitigé, certains refusant de payer cette nouvelle contribution. Il a alors fallu faire preuve de persuasion au cours de réunions de sensibilisation tenues dans chaque sous région, expliquer et convaincre les vignerons de l’intérêt d’apporter leur contribution. Un négociant parisien a d’ailleurs refusé de verser sa contribution mais les ressources apportées par ce fonds ont néanmoins permis de poursuivre toute une série d’actions publicitaires.

 

Suite à la pléthorique récolte de 1973, l’Interprofession a décidé d’instaurer une seconde fois un fonds volontaire de soutien basé cette fois-ci sur les seuls dépassements de rendement maximum sollicités en reclassement dans l’AOC. De nouvelles difficultés de recouvrement sont apparues mais sans commune mesure avec celles qui avaient été connues auparavant dans la mesure où les entreprises avaient intérêt à voir leurs vins reclassés.

 

Fort heureusement la loi de juillet 1975, en conférant de nouveaux pouvoirs aux Interprofessions a permis à celles-ci de lever des cotisations volontaires obligatoires en correspondance avec les besoins financiers de la nécessaire communication sur le produit. Les ressources financières étant là, c’est tout naturellement que les missions et les réalisations du CIVA se sont élargies désormais avec une structure croissante de collaborateurs.

 

Pierre BOUARD a quitté le CIVA en 1999 avec pour successeur, toujours en poste à ce jour, Jean-Louis VEZIEN, ingénieur agronome et fils de viticulteur comme lui, dont il avait pu apprécier la personnalité, les qualités et les compétences alors qu’il était conseiller technique de l’INAO à la Maison des vins d’Alsace durant une dizaine d’année.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 20:24

 

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Quand Pierre BOUARD arrive en 1962 à la Direction des Services Agricoles du Haut-Rhin comme ingénieur chargé de la viticulture et de la production animale, le projet de décret vient d’être rédigé. L’une de ses missions dans le cadre de la production viticole du Haut-Rhin étendue au Bas-Rhin, avec l’accord du Directeur des Services Agricoles de ce département, a été d’emblée la mise en place avec les organismes professionnels viticoles du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace.

 

Issu du secteur viticole puisque son père avait été responsable d’un domaine en Charente, Pierre BOUARD est immédiatement passionné par cette mission où tout reste à créer.

 

Jusqu’en 1966 il est l’animateur officieux de cette structure dont le siège est à la DSA bien que le négoce aurait préféré l’attirer à la Chambre de Commerce de Colmar. Mais la volonté de la production de disposer d’une plus grande neutralité à travers une indépendance indiscutable l’a emporté. Le siège du CIVA a été installé d’abord à la DSA puis dans des locaux loués à Colmar, à la Chambre d’Agriculture, puis place De Lattre.

 

Au début, ses fonctions sont doubles : services agricoles du département et secrétariat du CIVA. Rapidement les professionnels souhaitant disposer d’un Directeur à plein temps, après avoir lancé un recrutement qui n’a pas abouti, lui ont proposé d’assurer la direction officielle du CIVA. Le 1er octobre 1966, Pierre BOUARD est détaché de son administration d’origine et devient Directeur du CIVA.

 

De sa création jusqu’à ce moment là, l’interprofession a donc eu en sa personne un directeur officieux qu’elle n’a pas rémunéré. Il entrait en effet dans le cadre de la mission de service public du Ministère de l’Agriculture d’aider au développement de l’activité d’un comité qu’il avait contribué à lancer et qui n’avait à ses débuts que très peu de ressources.

 

A sa prise de fonction, le secrétariat du CIVA était commun avec celui de la DSA. Lorsque les deux sièges ont été séparés, une collaboratrice a été engagée puis plusieurs collaborateurs au fur et à mesure que les tâches augmentaient, notamment en matière comptable.

 

Louis KLIPFEL, au titre de la Production, est le premier Président élu à la tête du CIVA. Pendant quelques années, en raison du principe d’alternance annuelle prévue entre production et négoce, René DOPFF et lui-même se succéderont.

 

Parmi les missions confiées au CIVA, la mise en place des modalités pour établir le prix des raisins et des vins reste prioritaire. L’obtention de statistiques fiables et précises constitue une urgente nécessité. Cependant on ne connait à l’époque le volume de la production alsacienne qu’au travers des chiffres fournis par l’administration fiscale, qui après avoir compulsé les quelques 12.000 déclarations de récolte, fournit une information qui se résume en deux chiffres, celui du volume des vins rouges et celui des vins blancs.

 

Bien que les déclarations de récolte déposées en mairie fussent établies par cépage et consultables par tous, l’administration des Finances se refusait à communiquer aux professionnels plus de détails, dans la mesure où eux même n’en avaient pas besoin et de ce fait n’exploitaient pas les informations en leur possession.

 

Le dynamique Marcel BLANCK, créateur et animateur du Groupe Vin, qui réclamait au nouvel organisme ces informations sur les volumes produits par cépages s’était résolu à mener une opération de grande ampleur en visitant avec l’aide des membres de son groupe toutes les mairies des communes viticoles pour y relever les déclarations de récolte avant de les compulser.

 

Après de nombreuses interventions menées par l’interprofession auprès des Ministère des Finances et de l’Agriculture sans pour autant obtenir satisfaction, il est décidé de mettre en place une déclaration de récolte par cépage dite annexe qui sera collectée par le CIVA. La mise en œuvre de cette formalité supplémentaire nécessita d’allécher les secrétaires de mairies en leurs attribuant des subventions payées par le CIVA en fonction du nombre de déclarations de récoltes saisies. Cependant, à compter de moment là la situation devint plus claire.

 

Ce n’est qu’après la promulgation de la loi du 10 juillet 1975 relative aux organisations interprofessionnelles agricoles les autorisant à conclure des accords interprofessionnels de campagne que ce formulaire annexe a évolué et qu’il a été mis en place en coordination avec les contributions indirectes un formulaire unique de déclaration de récolte dont le second exemplaire revenait au CIVA.

 

Simultanément, le CIVA fait mener des par des cabinets spécialisés, dont la SARES, des études sur différents sujets et en particulier sur l’image des vins d’Alsace auprès des consommateurs français. L’une d’entre elles conduite par Monsieur LEVÊQUE laisse apparaître que ceux-ci sont considérés comme des petits vins issus de différents cépages, qui donneraient occasionnellement mal à la tête. Le niveau de connaissance de ces vins est très faible et il apparaissait indispensable pour l’interprofession de communiquer autour de sa production.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 18:16

 

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Un texte réglementaire sous forme de décret a été publié le 22 avril 1963. Il institue la création du CIVA (Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace) qui en liaison avec l’INAO et le Comité d’Experts des Vins d’Alsace est chargé de :

 

“Procéder à toutes études sur la production et la commercialisation du vin d’Alsace et de centraliser à cet effet toutes statistiques et tous renseignements d’ordres technique, économique et pratique.

 

D’apporter aux producteurs, aux coopératives de vinification, aux négociants, courtiers et commissionnaires toute assistance technique et pratique utile pour l’amélioration du vignoble et de la qualité du vin d’Alsace.

 

De faciliter les relations entre producteurs et acheteurs de raisins, notamment en étudiant chaque année les éléments de la fixation des prix des vendanges et les modalités de paiement applicables aux transactions les concernant.

 

D’informer les consommateurs, en particulier les consommateurs étrangers, de la qualité du vin d’Alsace et de développer l’exportation de ce vin“

 

Il faut ben avouer cependant que les producteurs comme les négociants s’intéressaient principalement au troisième objet, l’intérêt pour les trois autres missions n’est venu qu’ensuite et petit à petit.

 

Le décret définit également la composition du comité du CIVA :

 

“Douze délégués des producteurs, dont quatre des coopératives de vinification, douze délégués du commerce des vins en gros et des courtiers, dont onze du commerce et un courtier.

 

Les délégués sont désignés par les syndicats les plus représentatifs et la durée de leur mandat est de trois ans avec possibilité de renouvellement.

 

La présidence du comité est confiée pour un an alternativement à un représentant de la production et à un représentant du commerce“

 

Le bureau est composé :

 

D’un président, de deux vice-présidents, un producteur et un commerçant, d’un secrétaire général et d’un trésorier. Les membres du bureau sont élus chaque année par le comité pour une durée d’un an et sont rééligibles. Les fonctions de secrétaire général et de président sont confiées alternativement à un délégué du commerce et à un délégué des producteurs.

 

Le rôle du bureau est :

 

“D’exécuter ou de faire exécuter le programme d’action et d’assurer le fonctionnement administratif du comité et d’établir chaque année un budget.“

 

Le financement du CIVA est assuré par une taxe parafiscale de 0,60 Francs perçue sur chaque hectolitre de vin sorti de la propriété et recouvré par les Contributions Indirectes du Ministère des Finances moyennant un léger prélèvement. Cette taxe était subordonnée à la suppression à terme de la taxe fiscale de 0,30 F/hl destinée au Comité Régional d’Experts chargé de la délimitation des terroirs AOC du vignoble. Elle a ensuite été supprimée en 1968 tandis que la taxe CIVA était relevée à 1,75 puis à 2,50 en 1973 avant d’atteindre 4,83F/hl en 1986, le taux nominal étant fixé par la loi à 5,00 F/hl. Depuis lors cette taxe a été supprimée le 31 décembre 2003 et intégrée à la cotisation interprofessionnelle qui est en 2010 de 7,10 €/HT/hl perçue sur toutes les ventes en bouteilles.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:32

 

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Le Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace a été créé par décret le 22 avril 1963. Avant d’entrer dans le détail de son organisation et de ses attributions, il est utile de s’intéresser en préambule aux relations de l’époque entre les différentes parties prenantes du vignoble, afin de comprendre ce qui a motivé la création de cette interprofession.

 

Trois grandes familles professionnelles interviennent alors dans le vignoble. La première, la plus nombreuse, est celle des producteurs récoltants. La seconde famille est celle des négociants qui sont de deux types. D’une part les négociants dont l’activité consiste uniquement à acheter des vins afin d’en faire commerce. D’autre part les producteurs négociants qui sont des viticulteurs qui vendent une partie ou la totalité de leurs vins en bouteille et qui, n’ayant pas assez de vin pour répondre à la demande, achètent aussi des raisins ou des vins en vrac pour alimenter leur commerce. Les coopératives, dont le développement important après la seconde guerre mondiale est venu modifier les habitudes de fonctionnement des structures professionnelles du vignoble, constituent la troisième famille.

 

Au début des années 1960 les producteurs récoltants sont pratiquement tous regroupés au sein de l’AVA, une structure syndicale crée en 1911 qui a pour objectif la défense de leurs intérêts et qui regroupe près de cent syndicats viticoles locaux. Les producteurs négociants possèdent deux structures syndicales : le Groupement des Producteurs Négociants et le Syndicat des Viticulteurs Négociants, utilisées pour faire la promotion des vins de leurs adhérents. Les purs négociants sont également réunis dans deux structures syndicales : le Syndicat du Haut-Rhin du Commerce en Gros des Vins et Syndicat du Bas-Rhin du Commerce en Gros des Vins.

 

Les négociants et les producteurs avaient, avant la création du CIVA, mis en place une structure appelée l’Union de la Production et du Négoce avec une commission paritaire dont la mission était d’établir les cours des raisins et des vins en vrac par cépage. Cette structure avait son siège à la Chambre de Commerce de Colmar. Marcel WOLF, directeur administratif de la Chambre en tenait le secrétariat. Les producteurs étaient représentés au sein de cet organisme par des membres de l’AVA.

 

Cependant il n’existait à ce moment là aucune statistique de production sur laquelle s’appuyer pour établir le prix de marché des raisins et des vins. Chaque année la commission paritaire se réunissait et discutait à bâtons rompus pour négocier les cours. Les discussions étaient parfois houleuses, chacun essayant de peser sur la négociation en bluffant si nécessaire. Il ressortait de ces négociation un prix des raisins que tous étaient censés appliquer. Le prix des vins était établi en transformant à l’aide d’un coefficient le prix des raisins. Ce mode de fonctionnement ne donnait pas totale satisfaction, surtout aux producteurs récoltants qui avaient souvent le sentiment de ne pas pouvoir s’imposer dans la négociation face aux gros négociants. D’autre part, une certaine animosité régnait parfois entre les producteurs-négociants, les purs négociants qui à l’époque étaient plus nombreux qu’aujourd’hui et les producteurs de raisins et de vins.

 

Les services du Ministère de l’Agriculture à travers les Directions des Services Agricoles du Haut et du Bas Rhin suivaient les négociations entre les intervenants. Sans que l’on puisse dire si l’idée en revient aux autorités agricoles ou aux producteurs qui étaient plus proches de la Direction des Services Agricoles que les négociants, il a été décidé de s’inspirer de l’exemple champenois où une structure crée pendant la guerre, avait pour but de faire de la répartition de raisins pour alimenter le négoce. D’autres exemples identiques avaient vu le jour sous l’occupation, ainsi s’étaient déjà créés le Bureau Interprofessionnel des vins de Cognac et une autre structure en Armagnac.

 

La DSA du Haut-Rhin, leader des deux DSA en matière de vins d’Alsace, et les producteurs de la région ont alors observé attentivement le fonctionnement de ces organismes et décidé de demander aux pouvoirs publics d’officialiser la commission paritaire de l’Union de la Production et du Négoce à l’intérieur d’une interprofession. Un projet de statut d’un Comité Interprofessionnel du Vin d’alsace a ainsi été élaboré par la DSA et la commission paritaire de l’UPN en s’appuyant sur le fonctionnement des organismes similaires déjà en place dans les autres régions viticoles françaises.

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 21:33

 

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Les passages pluvieux de la fin avril ont précédé un cycle ensolleillé avec des températures estivales. La Toscane avait besoin d'eau après une année 2011 marquée par la sécheresse et la canicule. La vigne pousse à vue d'oeil.

 

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Semée à l'Automne entre les rangs, la navette fourragère est maintenant en fleurs. Elle sera bientôt couchée au rolofaca pour constituer un paillage qui protègera et nourrira les sols pauvres constitués principalement de gneiss.

 

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Agronomiquement, en dehors de l'avantage cité précédement, les semis de plantes fourragères non gélives, ont l'intérêt d'apporter un couvert aux sols pendant la période hivernale, après les travaux du sol réalisés en Automne. Il n'y a pas de concurrence entre la vigne et le semi puisque celui-ci termine son cycle avant que la vigne ne débute réellement sa croissance. Cependant le cavaillon doit toujours rester dégagé.

 

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La conduite en biodynamie menée depuis maintenant plus de 5 ans sur l'ensemble du Domaine porte ses fruits et le millésime 2010 qui vient d'être mis en bouteille en est la meilleure preuve.

 

www.fattoriadicaspri.com

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 09:50

 

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Je profite de ce premier billet de l’année pour revenir sur le millésime 2011 après avoir fait quelques tours de caves.

 

Une fois de plus nous avons affaire à un millésime atypique avec une météo originale qui se caractérise par un régime hydrique inversé. De décembre à mi-février les sols très froids ont été recouverts par une couche de neige persistante. Puis est arrivé sans tarder un printemps sec et chaud avec des températures très estivales. La floraison précoce s’est déroulée dans un contexte favorable qui laissait entrevoir une récolte importante qui compenserait la faible production du millésime précédent. Mais les mois de juillet et d'août ont été pluvieux et les précipitations sur les sols chauds ont provoqué l’apparition de foyers de pourriture surtout dans les vignes mal équilibrées où les rendements étaient trop importants.

 

En raison de la sécheresse printanière, les vignerons ont été peu sollicités par la pression de l'oïdium et du mildiou dans les vignes, contrairement à l’année passée, mais les premières craintes sont venues avec les pluies chaudes de l’été qui ont activé tardivement l’azote emagasiné par les sols et donné un dangereux coup d’accélérateur à la maturation des fruits et lessivé les pruines des raisins. Les insectes très nombreux se sont aussi attaqués aux baies et ont provoqué des piqûres acétiques qui ont rendu nécessaire un tri attentif lors de la vendange.

 

Fort heureusement l'arrière saison a été plus propice avec un retour à un temps sec et ensoleillé.

 

Une fois en cave, les fermentations alcooliques ont démarré spontanément et très rapidement pour s’arrêter dans certains cas après avoir transformé une centaine de grammes de sucres. Les fermentations malolactiques se sont également enclenchées sans tarder, parfois même avant que tous les sucres ne soient transformés.

 

En cave, les jus puis les vins se sont bien goûtés avec des acidités franches mais sans excés et un fruit mûr. Bien qu'il soit encore tôt, on peut définir non pas un mais deux profils pour les vins de ce millésime selon qu'ils ont été récoltés avant ou après le changement de lune du mois de septembre. Les seconds présentant un côté chaleureux qui fait penser à 2009 sans toutefois être aussi marqué.

 

Il faudra bien entendu attendre le printemps pour que les fermentations s'achèvent, sutout chez ceux qui n'utilisent pas d'intrant, et se faire une juste opinion de ce millésime qui reste tout de même délicat.

 

 

 

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:06

 

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Bien que le dernier numéro du magazine des vins d’Alsace PASSION VIN soit paru il y a maintenant quelques mois, je reviens sur un article intitulé “Question d’identité” signé par Claude MULLER.

 

Faisant référence aux récents débats politiques autour de la question d’identité, l’auteur, Professeur à l’Université de Strasbourg et Directeur de l’Institut d’Histoire d’Alsace, considère que ce terme d’identité pose également problème dans la viticulture alsacienne.

 

Dans son argumentation construite autour de nombreux exemples historiques, il évoque l’ordonnance du 2 novembre1945, le texte fondateur de la viticulture alsacienne moderne en ces termes surprenants. : « Empressons nous de souligner le caractère ringard de ce texte. L’Alsace, à la traîne du point de vue viticole, hérite d’un texte différent de ce qui existe en France. ».

 

Pour ma part, je préfère retenir le caractère novateur de ce texte qui trouve son origine dans le projet de statut des appellations d’origine Alsace élaboré par l’AVA (Association des Viticulteurs d’Alsace) au cours des années 30 et présenté en 1939 au comité national de l’INAO.

 

Avec courage et intelligence les vignerons alsaciens ont ainsi montré qu’ils étaient capables de prendre leur avenir en main en mettant en œuvre une politique qualitative dans un vignoble dévasté où tout était à reconstruire. Alors à quel titre peut-on regretter que les cépages peu qualitatifs comme le Burger ou les nombreux hybrides qui occupaient une grande partie du vignoble aient été écartés au profit des cépages nobles comme le Riesling, le Traminer et quelques autres ?

 

La création d’un Comité d’Expert des Vins d’Alsace qui constitue la grande particularité régionale issue de ce texte, mérite également d’être saluée. C’est grâce à cet organisme dont les pouvoirs ont été renforcés par la loi du 2 janvier 1970, le mérite en revient à Marcel BLANCK et son équipe, que l’Alsace a pu faire valoir et profiter de son particularisme.

 

L’histoire de l’Alsace est faite d’exceptions, pourquoi l’histoire de sa viticulture aurait elle dû y échapper ?

 

La loi BOROCCO de 1972 qui impose la mise en bouteille des vins d’Alsace uniquement dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et rend obligatoire la vente uniquement dans ce contenant est également une particularité locale. Sans elle bien des structures auraient disparu du paysage alsacien et la bonne santé du vignoble lui doit beaucoup. Ce n’est pas pour rien que d’autres régions ont à une certaine époque essayé d’obtenir le même privilège.

 

En conclusion Claude MULLER relève « qu’il apparaît finalement un fil conducteur : le primat du commerce sur toute autre considération, y compris ampélographique ».

 

Là encore je ne partage pas son analyse.

 

Commerce serait-il un gros mot ?

 

Existe-t-il des secteurs d’activité où l’on a établi des règles de fonctionnement sans prendre en considération les données commerciales ?

 

Le vigneron pour faire son vin a besoin de disposer de vignes et de matériels qui ne sont pas gratuits. Doit-on lui reprocher d’essayer de tirer bénéfice de son travail ?

 

Les plus anciennes délimitations alsaciennes avaient déjà pour objectif de préserver des intérêts commerciaux. En 1932 à Ammerschwhir le Kaefferkopf fut délimité parce que quelques vignerons des communes environnantes revendiquaient semble t-il ce terroir sans y posséder des vignes. Je doute que les motivations ne furent pas identiques dans les autres régions même à des périodes plus anciennes.

 

Bien que je ne partage pas toutes les analyses de Claude MULLER, j’invite toutefois ceux qui s’intéressent à la viticulture alsacienne à se procurer son livre intitulé : Alsace, Une civilisation de la vigne - Du VIIIe siècle à nos jours, Editions Place Stanislas, qui reste un ouvrage de référence.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:15

 

La presse régionale en a parlé et mon ami David LEFEBVRE, journaliste à l'Est Agricole, relaie cette information capitale pour la fin d'année : "Un collectif composé de vigneron et d'amateur de vin sur la place de Strasbourg, a décidé de se saisir de l'opportunité des marchés de Noël pour lancer une opération de promotion d'un vin chaud d'Alsace, un vin authentique et de qualité, à base de vin blanc d'Alsace. Ce collectif prépare un ensemble d'événements se rapportant à ce vin chaud d'Alsace dans la droite ligne des coutumes bachiques qui traditionnellement animent la filière vin : concours du meilleur vin et agrément avec dégustation à l'aveugle par un jury de professionnels, charte qualitative, création de verre collector, etc.".

 

Il est vrai que les vins chauds proposés lors de la grande foire de Noël ne s'imposent pas par leur qualités organoleptiques ni par la viticulture qui les a conduit jusque là. Un partenariat aurait pu être créé avec le laboratoire Jannsen Cilac qui généreusement offrirait un Imodium à chaque consommateur de vin chaud sur le marché de Noël. Mais la Ville et le collectif ont choisi de mettre en avant nos vins qui méritent bien cette destination.

 

Nul doute que cette initiative contribuera à la promotion de nos meilleurs crus et pourra aboutir à la création d'une AOP Alsace Vin Chaud voire éventuellement à la création d'un 52ème Grand Cru pour récompenser le meilleur terroir.

 

Si l'on s'occupait tout simplement d'abord, de la qualité des vins qui sont servis dans les restaurants et Winstubs de la ville et que l'on éduquait ceux qui les servent pour savoir les présenter, je suis certain que l'Alsace viticole aurait beaucoup à gagner.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 14:04

 

Zind-H.jpg

 

 

Parmi tous les ouvrages relatifs à la viticulture alsacienne, celui-ci est le premier consacré exclusivement à un domaine. On ne sera pas surpris que ce soit le Domaine ZIND-HUMBRECHT qui ait été choisi par Thierry WEBER, amateur de vin et professeur de philosophie, pour commencer une série qui je l'espère sera longue.

 

Illustré par des dessins et tableaux de Bertrand MAC GAW et des photographies de Norbert HECHT, le livre nous parle avec simplicité de l'histoire de ce domaine emblématique et  décrit avec précision le mode cultural en biodynamie qui est mis en oeuvre dans les vignes. On est loin du traitement journalistique habituel basé sur le sensationnel et le bling-bling, car les propos d'Olivier HUMBRECHT sont rapportés avec une humilité qui écarte toute polémique.

 

J'aurais toutefois aimé une mise en page plus aérée et un tarif plus doux, mais il faut encourager cette initiative de publication qui devrait produire au cours de l'année prochaine un ouvrage cette fois consacré au couple de vignerons militants Chantal et Jean-Pierre FRICK.

 

A l'occasion de la sortie du livre, le Domaine ZIND-HUMBRECHT a offert à ses amis une dégustation de quelques vieux millésimes avec en point d'orgue un Riesling Clos Windsbuhl 2001 tout à fait exceptionnel.

 

Pour se procurer l'ouvrage : Editions Tonnerre de l'Est - tonnerredelest@sfr.fr -

 

 

 

 

 

 

 

 

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