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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 07:55

 

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Un programme chargé ce wee-end avec les Portes Ouvertes au Domaine KREYDENWEISS le samedi 23 et le dimanche 24 mars toute le journée. Elles se poursuivront pour les "pros" le lundi 25 en compagnie de Lucas RIEFFEL et du Domaine GRAMENON.

 

A quelques foulées d'Andlau, les vignerons de MITTELBERGHEIM ouvrent leurs caves le dimanche 24. Manifestation maintenant bien rôdée et toujours de qualité.

 

Ne pas manquer de rendre visite à Jean-Pierre RIETSCH pour du Rock, du Raku, le bar à vin Nature de Jean WALCH et bien entendu goûter les vins du Domaine.

 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:49

 

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Intolérance, imprécisions et lieux communs, Michel BETTANE s’en donne à cœur joie sur le blog de son obligé Nicolas de ROUYN. Sous le prétexte de préciser la position officielle de sa chapelle à ses paroissiens, il se livre dans un autodafé intitulé : Le vin bio de la rédemption à l’imposture.

 

Passons sur le « terrible hanneton » venu d’Amérique pour nous apporter le phylloxéra et arrêtons-nous sur la pratique de la confusion sexuelle dont M. BETTANE reproche l’usage aux vignerons Bio, sous le prétexte que la molécule des phéromones de synthèse représente un danger réel et contribue à perturber d’autres insectes dont la cicadelle.

 

Confusion sexuelle

 

La confusion sexuelle n’est pas une méthode propre à la viticulture biologique. Son usage sur des parcelles isolées n’a aucun sens et aucune efficacité. C’est pourquoi lorsqu’elle est mise en œuvre, c’est toujours par un groupe de vignerons, souvent dans le cadre d’un syndicat viticole local, dont la majorité travaille généralement en viticulture conventionnelle. Il me semble donc fallacieux d’attribuer aux vignerons bio la paternité de cette pratique qu’ils peuvent considérer selon le cas comme une contrainte ou bien un moindre mal.

 

Brettanomyces

 

Il en va de même avec les brettanomyces qui ne sont pas plus l’apanage des Bios ni des “nature” puisque même de grosses structures de vinification subissent la conséquence de leur présence. Pourtant celles-ci utilisent des doses massives de soufre du pressoir à la mise ce qui montre bien que cette problématique est bien plus complexe que M. BETTANE ne le prétend.

 

Cuivre

 

Mais venons-en au cuivre, marronnier des antis Bios, dont la molécule est autorisée en agriculture biologique mais aussi en agriculture conventionnelle. Les vignerons Bios ont pour obligation de tenir la comptabilité des apports en cuivre de chaque campagne puisque leur cahier des charges en limite l’usage. Je viens d’interroger une dizaine de vignerons Bios alsaciens afin de connaître les chiffres de ces deux dernières années et je constate pour l’année 2011 que la plupart d’entre eux est restée sous le kilo de cuivre métal par hectare, et entre 1 et 2,5 kg en 2012. Si l’on ignore la théorie bizeulienne selon laquelle les Bios sont soit des menteurs soit des tricheurs et que l’on donne crédit à ces chiffres, je ne suis pas du tout certain que la comparaison avec la quantité du même métal utilisée par quelques conventionnels en plus des désherbants, insecticides et systémiques soit toujours à leur avantage.

 

Je ne comprends pas non plus en quoi le cuivre serait responsable de déviations aromatiques et de blocages de maturité dans le cadre d’un usage responsable dans la vigne. Si M. BETTANE fait référence à des pratiques qui consistent a apporter de façon massive du cuivre, aux alentours de 7 kg de bouillie bordelaise par hectare à quelques semaines des vendanges, afin de durcir les peaux et de se préserver de la pourriture, j’ose espérer que cela n’est pas le fait d’un vigneron Bio ni même d’un conventionnel dit raisonné. Les conséquences d’une telle conduite irresponsable ne peuvent être que néfastes.

 

Bio, Bio D et conventionnels

 

Je ne partage pas plus cette vision selon laquelle Bio et Bio D se livreraient un combat sans merci. Une telle analyse montre une grande méconnaissance de la réalité d’un milieu viticole dans lequel je constate avec régularité les échanges intra ou extra régionaux et mêmes internationaux qu’entretiennent vignerons bio et biodymamistes entre eux, mais aussi avec les conventionnels curieux qui les interrogent. Sans doute la conséquence d’un journalisme de salon à la recherche d’un peu de piquant ?

 

D’autre part, vouloir réduire les vignerons biodymamistes à des adorateurs béats victimes de croyances irrationnelles issues de ce qui est nommé religion, demeure une contre vérité. Puisque la caractéristique principale de ces vignerons là, réside justement dans la soif de connaissances, la recherche de nouvelles techniques et un net refus d’appliquer des recettes toutes faites. Tout le contraire d’une religion.

 

Vins "Nature"

 

Puis revient l’éternel chapitre sur le vin "nature" obligatoirement puant et oxydé qui semble hanter les jours et les nuits de notre critique national à tel point qu’il lui soit maintenant devenu nécessaire d’exporter sa haine dans un pays voisin.

 

Quand on constate l’abhorration de M. BETTANE vis à vis les vins qui ne répondent pas aux codes esthétiques qu’il a définit comme dominants, on peut s’étonner de tant d’intolérance et même se demander quelles motivations profondes le poussent à discréditer ce courant nature, tant il reste marginal par le volume de production qu’il représente et le public qu’il touche.

 

J’ose espérer que les vrais amateurs, ceux qui consultent son guide pour savoir si ce qu’ils goûtent est bon, ne se laisseront pas piéger par quelques vignerons ou cavistes malfaisants soutenus par des blogueurs irresponsables.

 

De façon très surprenante, le bilan carbone, autre marronnier, n’a pas été évoqué, un oubli sans doute.

 

Ce qui me rassure toutefois, c’est que le sujet du soufre, ressemble beaucoup à celui de la Biodynamie il y a trente ans. Ceux qui s'y intéressaient étaient la risée du vignoble alors que maintenant tout le monde veut en être, à tel point qu’il y a même des convertis récents qui pensent l'avoir inventée...

Les vignerons "Nature" que l'on a trop rapidement réduits à vignerons "sans soufre", ce qui est inexact car il faudrait préciser "en Bio ou Bio D et vinifiant sans intrant ou avec des doses infimes de soufre et sans avoir recours à des procédés physiques", sont aussi l'objet de toutes les attaques. Cependant le mouvement de réflexion qu'ils ont initié fait son chemin et maintenant l’ensemble de la profession prend conscience de ses dérives et commence à réduire les doses de SO2 dans ses vins, tout comme elle a reconsidéré ses pratiques culturales et l’usage de nombreux produits phytosanitaires dans ses vignes. On peut raisonnablement penser que dans une dizaine d'années, quelques domaines phare produiront aussi leur cuvée sans soufre. Cependant comme pour le Bio, ils n’en feront pas état. Je veux dire par là qu’ils répèteront à l’envie à tous ceux qui voudront bien l’entendre, sans doute par excès d’humilité, qu’eux le font mais n’en parlent pas, non jamais, ils n’en parlent jamais. Et c’est pour cela qu’ils sont obligés de le répéter sans cesse.

 

 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 20:18

 

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Après la rencontre de la semaine dernière entre le Groupe Alsace 2015 et les responsables syndicaux de la viticulture alsacienne, le débat est lancé sur le blog du jeune collectif.

 

Les interventions particulièrement pertinentes  nous éclairent  sur l'objet de la discorde.

 

Ainsi, Philippe BLANCK relève un intéressant article publié dans le magazine FORBES sous la plume de Richard NALLEY, qui nous fait part de la perception outre-atlantique de l'Alsace viticole.

 

Jean-Claude RIEFFLE, émet quelques remarques judicieuses au sujet d'une segmentation qui semble inéluctable. Il faut bien avouer que depuis la création des Grands Crus par Marcel BLANCK en 1975 et celle du Crémant l'année suivante, peu de choses se sont passées. Les premiers crus que l'on annonçait déjà en 1982 comme une affaire entendue sont restés dans les cartons des différentes équipes qui ont gérés le vignoble depuis ces trente dernières années.

 

Christian BINNER demande que l'on conserve une petite place pour les vins originaux, avant-gardistes et jusqu'au-boutistes qui participent à l'image de la région.

 

Florian HARTWEG livre une analyse remarquable par son intelligence et le ton posé qu'il emploie.

 

Jean MEYER expose, chiffres à l'appui, un bilan de l'évolution des coûts d'exploitation de la viticulture.

 

Marc RINALDI, organisateur du salon Millésime Alsace, profite de l'occasion qui lui est donnée d'égratigner un CIVA qui serait le responsable de tous les maux. Administrateur de Colmar Expo qui organise la Foire aux Vins de Colmar, M. RINALDI pourrait en profiter pour d'abord faire le bilan de 20 ans de foire aux vins pendant lesquels la priorité a été donnée aux variétés plutôt qu'à la défense de la notoriété viticole de la région.

 

Arnaud IMMELE, oenologue, dénonce les excès de diversité et plaide pour une harmonisation de la viticulture et de l'oenologie.

 

Argumentation reprise de plein fouet par un Jean-Michel DEISS attristé : "Je compte que M IMMELE réfléchise au sens profond de son propos, à la dimension tragique de son diagnostic. Il faut relire le texte produit ensemble , et aussi les propos de Florian Beck Hartweg et comprendre que la force et la particularité de nos appellations c’est justement nos différences . Il n’y a pas de Vin d’Alsace mais des Vins d’Alsace."

 

Un débat enrichissant qui ne fait que commencer...

 

Groupe Transversal Alsace 2015


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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 18:13

 

 

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Un petit groupe d’acteurs de la filière  viticole, s’est constitué en fin d’année dernière pour réfléchir a la situation de la viticulture alsacienne.

 

Il regroupe Yves BALTENWECK, Philippe BLANCK, Jean-Michel DEISS, Vincent FLEITH, Jean-Pierre FRICK, Pierre GASSMANN, Jean-Claude RIEFLE, Jean-Paul SCHMITT, Etienne SIPP, Marc TEMPE.


Ces vignerons issus de toutes les familles professionnelles et de toutes les sensibilités, estiment que la situation économique, sociale et politique du vignoble se dégrade lentement alors qu’elle est décrite  comme saine par les instances représentatives de la profession.

 

Aujourd'hui 16 janvier, ils se sont retrouvés à la Maison des Vins d'Alsace à Colmar, pour présenter leurs voeux à l'ensemble de la profession mais aussi pour :

  • Etablir en commun un bilan de l'état du vignoble
  • Analyser les causes des défaillances
  • Formuler des souhaits pour leurs appellations

Leur démarche n'est ni politique, ni syndicale et dépasse les clivages traditionnels du vignoble. Elle s'inscrit dans une action déterminée mais respectueuse d'autrui.

 

Leur analyse et leurs propositions qui concernent la gestion de la production (AVA, Syndicats Viticoles, Gestion locale Grand Cru), les Organismes de Contrôle (INAO, ODG, Organisme d'Inspection), l'Interprofession, est en ligne à l'adresse suivante : groupealsace2015.com

 

 


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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:44

 

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Evénement incontournable pour les amateurs de Geuze, le ZWANZE Day s'est tenu le 1er décembre dans plus de 30 lieux à travers le monde. L'épicentre était naturellement à Bruxelles où  Jean VAN ROY présentait sa nouvelle Zwanze dans les deux MOEDER LAMBIC de la capitale belge.

 

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Fréquentation très internationale dans les deux bars dès le milieu d'après midi en attendant le moment fatidique où la nouvelle ZWANZE serait servie. Après une courte présentation par Jean VAN ROY, il était 21 heures quand la cuvée nouvelle à base de Geuze et de rhubarbe arrivait sur le tables.

 

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Cuvée dégustée en bonne compagnie et dans les meilleures conditions possibles grâce à la Belgian Connection des amis Jean-François BASIN, caviste bien connu et Patrick BOTTCHER, le monomaniaque, qui avait abandonné son verre de Riesling pour un court moment.

 

Cette ZWANZE 2012 est très différente de la 2011 aux arômes poivrés, qui était issue rappelons le de Geuze et de Pineau d'Aunis.  On retrouve en bouche dans cette nouvelle édition, le fruit compoté et une parfaite alliance entre l'acidité si particulière de la rhubarbe et celle de la Geuze. Et ça se boit à toute vitesse.

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 18:00

 

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Lors de la Foire aux Vins de Colmar en 1977, des membres de l’ADIVA distribuent un tract signalant que « La viticulture est gravement divisée et que les producteurs les moins favorisés sont en révolte depuis trois ans parce qu’ils sont exploités par quelques privilégiés ». Par ailleurs, l’ADIVA réclame le droit de participer à l’élaboration de la politique viticole et dénonce « les injustices et les gaspillages d’argent qui ne profitent qu’aux grands monopoles ». Ses responsables refusent l’introduction de l’Appellation d’origine Alsace Grand Cru qui « serait profitable aux responsables de l’AVA, tandis que les autres viticulteurs seraient considérés comme des producteurs de 2ème classe, bien que leurs vins soient aussi bons ». Ils critiquent également l’obligation de payer la nouvelle taxe de 2,50 Francs par hectolitre destinée à financer la propagande en faveur des vins d’Alsace qu’un arrêté interministériel autorise le CIVA a collecter.

 

Ce dernier point sera porté devant le tribunal administratif qui rejettera la requête de l’ADIVA  en raison de son caractère tardif compte tenu du fait que l’arrêté du 25 juin 1976 avait été régulièrement publié au journal officiel le 1er juillet 1976 et « que la requérante n’établit pas qu’elle a été valablement mise hors d’état de constater la validité de ce texte dans le délais de recours contentieux »

 

Toutes ces démarches coûtent cher à l’ADIVA et en 1977, sur 13.000 F de cotisations il a été déboursé plus de 5.000 F en honoraires d’avocats.

 

L’année suivante voit l’ADIVA axer son combat sur les dégustations. Le 6 octobre 1978 à l’issue de son assemblée générale, une motion est adoptée, elle expose les revendications de ses membres qui :

 

-          “S’opposent fermement à la création d’un nouvel organisme chargé de l’organisation de la dégustation qui engloutira inutilement des sommes énormes allant de 20 à 50 millions d’anciens Francs comme le prévoient les projets de l’AVA et du GPVA (Groupement des Producteurs Vignerons d’Alsace) ainsi qu’à l’emploi de personnes chargées de diriger cet organisme“

-          “Exigent que les dégustations soient organisées de manière décentralisée et sous le contrôle de l’ensemble des producteurs“

-          “Trouvent inadmissible que les dégustations soient organisées dans la perspective d’assurer une rente financière à l’AVA“

-          “Demandent que soient prises en considération les propositions de l’ADIVA à savoir : dégustation par commune sur l’initiative d’un comité d’organisation indépendant des syndicats, effectuée par l’ensemble des producteurs en présence d’un agent de l’INAO ou de la répression des fraudes  et que cette dégustation soit gratuite“

 

D’autre part, Eugène FALLER stigmatise l’arbitraire et le favoritisme qui se manifeste dans l’attribution de nouveaux droits de plantation. Il cite en exemple la commune de Bernardsviller où 4 demandes déposées par des membres de l’AVA sont satisfaites alors que dans le même temps aucune des 11 demandes déposées par les membres de l’ADIVA n’est prise en compte.

 

Les pressions de l’AVA sur les membres de l’ADIVA sont réelles et de nombreux vignerons conserveront pendant cette période une double casquette en cotisant à la fois à l’ADIVA par conviction tout en continuant rester membre de l’AVA afin de se prémunir des éventuelles difficultés administratives.

 

Il faudra attendre le mois de juin 1980, six années après sa création, pour que l’ADIVA soit enfin reconnue comme syndicat viticole représentatif aux côtés de l’AVA par un jugement du tribunal administratif de Strasbourg. Six années de lutte campées sur les mêmes positions contre la mise d’origine, contre la fiscalité galopante, contre toutes les règles qui restreignent ce que ses membres considèrent comme la liberté d’exercer leur métier de vigneron. Six années d’un combat perdu d’avance contre la modernisation en marche de la viticulture alsacienne.

 

Conséquence logique de sa représentativité enfin reconnue, l’ADIVA en la personne de Xavier FRICK de Pfaffenheim entre au CRINAO.

 

Trois ans plus tard, Eugène FALLER qui depuis quelques années recherche un successeur, trouve en Edmond HERRBRECHT celui qui poursuivra son action à la tête de l’organisation syndicale. D’un tempérament plus modéré, ce dernier continuera à mener le combat contre la toute puissante AVA. Malgré tout l’ADIVA ne parviendra pas à influencer la politique viticole de la région et la voix de ce syndicat s’éteindra peu à peu avant de presque totalement disparaître.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 06:01

 

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Le 18 septembre 1975, l’agent SCHULTZ, adjoint technique à l’INAO, se présente chez M. ERNEWEIN, vigneron à Soultz-Les-Bains et membre de l’ADIVA. M. SCHULTZ souhaite procéder à des prélèvements d’échantillons de vins en cuve, comme sa fonction l’y amène. Cependant quelle ne fut pas sa surprise une fois passé le porche d'entrée de la cour, quant il découvre qu’une dizaine de membres de l’ADIVA l’attendent dans la plus grande discrétion et referment derrière lui la porte  pour le retenir. Sa frayeur est grande quant il aperçoit un mannequin, la tête posée sur un billot de bois, avec une hache fichée dans le cou. Dehors d’autres membres de l’ADIVA s’en prennent à son véhicule de service dont les roues sont démontées et qui est placé sur cales. Des prélèvements de vins qui se trouvent dans le véhicule sont détruits par les manifestants. La gendarmerie qui a été prévenue arrive sans tarder bientôt suivie par Gérard BARBIER, le responsable du bureau de la répression des fraudes de Colmar.

 

Cette mise en scène grand guignolesque est aujourd’hui considérée par toutes les parties comme un épisode bon enfant puisqu’elle s’est terminée au café du village en compagnie des membres de l’ADIVA, des gendarmes et de Monsieur BARBIER. L’affaire sera tout de même portée devant les tribunaux et jugée l’année suivante.

 

La démission de Marcel BLANCK de son poste de président de l’AVA est un autre évènement marquant qui a eu lieu au cœur de l’été 1975. Sans pour cela que sa décision ait un rapport direct avec l’ADIVA, l’atmosphère particulièrement tendue qui règne dans le vignoble ajoutée à de perfides attaques dont il a été la cible le poussent à se mettre en retrait de la présidence de l’Association des Viticulteurs d’Alsace dont il a servi avec efficacité les intérêts depuis bientôt dix ans. C’est au cours de l’assemblée générale de l’AVA qui s’est tenue le 28 juin 1975 à Saint Hippolyte que Marcel BLANCK a fait connaître sa décision. Après avoir vu une de ses parcelles aspergée d’herbicide et lassé de faire l’objet d’accusations personnelles de la part d’une minorité agissante de « professionnels », il expose sa décision à une assemblée consternée qui rend hommage à l’extraordinaire vision et au travail phénoménal qu’il a fourni depuis son élection en 1967.

 

Son successeur sera élu un mois plus tard à Beblenheim par 27 voix sur 29 bulletins exprimés. Il s’agit de Raymond BALTENWECK. Un coopérateur, administrateur de la cave vinicole de Ribeauvillé, président de le la sous région de l’AVA de Ribeauvillé, membre très actif de la Chambre d’Agriculture du Haut-Rhin, administrateur de la SAFER et du CIVA succède à un Président sortant issu de la production et du courtage. Un homme aux sensibilités de gauche remplace un autre aux attaches marquées plutôt à droite, cependant la politique de qualité des vins d’Alsace instituée par son prédécesseur sera poursuivie et aucun changement notable dans l’orientation de la viticulture alsacienne n’interviendra.

 

De son propre aveu Raymond BALTENWECK ne s’attendait pas à occuper de telles fonctions. C’est Louis KLPFEL accompagné de Théo FALLER, Alphonse HAAG et François MUHLBERGER qui en lui rendant visite à domicile l’ont convaincu d’accepter de prendre la difficile succession de Marcel BLANCK. Les qualités d’écoute et de tolérance du nouvel homme fort de la viticulture alsacienne ainsi que ses contacts jamais rompus avec l’ADIVA ont pu donner dans un premier temps le sentiment que les dissensions allaient s’apaiser. Cependant c’était oublier que l’opposition de l’ADIVA allait se poursuivre quasi  systématiquement quelque soit le sujet abordé et rendre ainsi très difficiles les relations entre les deux organisations syndicales.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:27

 

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Au cours de l’année 1975, chaque syndicat campe sur ses positions et la tension ne fait que s’amplifier entre une ADIVA dont le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter et une AVA forte de son antériorité qui ne veut rien céder.

 

En combattant acharné, Eugène FALLER décide alors de porter le débat sur la mise d’origine sur les ondes d’Europe 1. Pour cela il fait appel à Pierre BELLEMARE qui anime chaque jour de 12 heures 30 à 13 heures une émission de débat baptisée CQFD - Ce Qu’il Fallait Démontrer. Le débat a lieu le vendredi 18 avril. D’emblée Pierre BELLEMARE souligne qu’il n’a pas été mandaté par l’ADIVA pour voler à son secours, comme cela avait été prétendu par la presse alsacienne, son souhait étant seulement de comprendre si oui ou non la mise d’origine garantissait une meilleure qualité aux vins d’Alsace.

 

Un représentant des négociants « de l’intérieur » fait d’abord part de sa désapprobation à l’égard de cette loi qu’il considère comme une entrave au commerce. Ensuite Marcel BLANCK défend la position de l’Association des Viticulteurs d’Alsace qui par cette loi souhaite garantir la qualité et l’image des vins d’Alsace. Il rappelle d’autre part qu’avant sa mise en application, seulement 10% des vins d’Alsace étaient mis en bouteille hors de la région d’origine et que de ce fait elle apporte satisfaction à la majorité du vignoble. Eugène FALLER conteste le pourcentage qu’il juge plus proche de 25% et fait état des difficultés actuelles de la viticulture alsacienne dont il rend la loi BOROCCO responsable.

 

Le représentant de l’inspection des fraudes et de la qualité ne porte pas de jugement sur l’opportunité de la loi, il se contente de souligner qu’elle a été élaborée après des échanges nourris entre le ministère de la justice et celui de l’agriculture et donc n’a pas été bâclée comme certains le prétendent.

 

M. HEIDT, président du groupement des producteurs-négociants du vignoble alsacien précise que contrairement à ce qui avait été avancé, ses adhérents ne détiennent pas le monopole de la mise. Il rappelle également qu’il avait été proposé une réglementation particulière aux négociants de l’ « intérieur », avant le vote de la loi et que ceux-ci n’avaient pas jugé utile de répondre à cette proposition.

 

L’échange entre les parties n’ayant pu être terminé dans le cadre de l’émission, la suite du débat est enregistrée dans les studios d’Europe 1 pour être diffusée le lendemain. M. GEIGER en profite pour souligner que l’ADIVA souhaite également que l’aspect qualitatif soit encadré par une dégustation qui aurait lieu après embouteillage et non avant comme le veut l’usage en cours. D’autre part, il réaffirme que la grande majorité des viticulteurs serait opposée à la loi BOROCCO et qu’ils ont été manipulés par Marcel BLANCK qui les aurait invité à manifester contre les charges fiscales tout en récupérant leur présence pour obtenir la mise d’origine.

 

A l’issue du débat Marcel BLANCK reconnaît qu’il ressort de cet échange quelque chose de constructif qui pourra être réutilisé à la suite de cette émission. Messieurs FALLER et GEIGER prennent date avec lui pour continuer le dialogue une fois de retour en Alsace.

 

Les 2 associations se retrouvent à 2 reprises le 5 mai puis le 20 mai afin de trouver un terrain d’entente. Mais Marcel BLANCK refuse de revenir sur la mise d’origine qui est le principal sujet de discorde et un constat d’échec est dressé. Le dialogue AVA-ADIVA est rompu. Eugène FALLER prend acte et déclare que dans ces conditions, l’ADIVA devra recourir à d’autres méthodes pour réussir dans son action en faveur de la vente de vins en vrac.

 

Il ne faudra pas attendre très longtemps pour comprendre le sens de sa remarque. Avec l’épisode qualifié par la presse locale d’ “embuscade de Soultz-Les-Bains“, l’ADIVA va continuer son combat en marquant les esprits.

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 19:56

 

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Issu de la contestation consécutive à la mise en application de la loi BOROCCO, un mouvement va se structurer autour des porte-paroles dont la voix s’était fait entendre au cours de l’année 1972. La situation économique délicate causée par le premier choc pétrolier ajoutée à une récolte pléthorique en 1973 va concourir à créer un contexte favorable à la controverse et à l’émergence d’un syndicat opposant à l’AVA.

 

En 1973, plus d’un million d’hectolitres de vins, alors que le vignoble compte à l’époque moins de 10.500 hectares, remplissent à ras bord les cuves des vignerons, des négoces et des coopératives du vignoble. Le contexte économique est peu favorable à la vente de vins d’AOC et toutes les régions viticoles françaises souffrent de la récession des ventes et de l’augmentation du coût de la vie. Les vignerons récoltants qui vendent leurs vins en vrac, et tout particulièrement ceux qui avaient pour habitude de les commercialiser auprès de négociants situés hors de la région ne trouvent pas preneur. Le vignoble est sous tension, Eugène FALLER décide alors de structurer le mouvement revendicatif dont il est à l’origine et de créer un syndicat. Ainsi naîtra en 1974 l’Association de Défense des Intérêts des Viticulteurs d’Alsace (ADIVA). C’est à Raymond GEIGER, fils d’Achille GEIGER, que l’on doit d’avoir trouvé le nom d’ADIVA au volant de sa voiture en passant près de Krautergersheim. Ces cinq lettres allaient pendant près de 10 ans résonner dans les oreilles des dirigeants de la viticulture alsacienne.

 

La première réunion de l’ADIVA a lieu à Sélestat le 19 juillet 1974. Marcel BLANCK, Président de l’AVA, entouré de son équipe a décidé de se rendre au Foyer Catholique où se tient la réunion afin de dialoguer avec ses nombreux opposants réunis. S’en suit une cohue invraisemblable où il est difficile de faire la part des choses. Les membres de l’ADIVA reprochant à ceux de l’AVA de les empêcher d’assister à la réunion en leur interdisant par la force l’entrée de la salle alors que les syndicalistes de l’AVA prétendent que ce sont ceux de l’ADIVA qui ne les laissent pas entrer. Ce qui est certain c’est que les deux parties ont amené avec elles leurs membres les plus représentatifs physiquement pour impressionner l’adversaire. Une fois tout le monde entré dans la salle la tension semble s’apaiser jusqu’à ce que Marcel BLANCK qui souhaite s’adresser à ses opposants ne soit bousculé en bas de la tribune. Les membres de l’AVA quittent alors la réunion non sans avoir échangé quelques coups et évité des jets d’objets divers. Le dialogue entre les deux organisations syndicales semblait irrémédiablement promis aux pires difficultés.

 

Début septembre 1974 a lieu dans la même salle de Sélestat, la première assemblée générale de l’ADIVA. Son président Eugène FALLER est entouré d’Achille GEIGER le secrétaire général et de Gérard MEYER le trésorier. Six cent personnes ont pris place dans la salle ou règne une ambiance bien plus calme que lors de la précédente réunion. Monsieur FALLER annonce que son association a recueilli jusqu’ici mille cinq cent adhésions et qu’il compte rapidement en obtenir cinq cent de plus afin d’avoir plus de poids vis-à-vis de l’AVA. Il invite ensuite les viticulteurs présents à mieux se structurer en désignant un responsable par village avant de reprendre et développer les différents points forts de son programme :

 

-          Suppression immédiate de la mise d’origine

-          Refus de l’arbitraire de la réglementation des dates des vendanges

-          Opposition à la limitation des rendements

 

M. FALLER engage, entre autre, les membres de son association, à ne plus payer leur cotisation à l’AVA et exige du négoce alsacien qu’il paye les vins à un prix juste sans vouloir tirer profit de l’absence de la concurrence qui vient d’être écartée par la loi BOROCCO.

 

Mais la crise est profonde, aussi à l’aube des vendanges 1974, alors qu’on ne sait encore où et comment l’on va stocker la future récolte, c’est Xavier MULLER, maire de Marlenheim, président de la fédération des vendeurs de raisins, membre du bureau de l’AVA et membre du CIVA qui est mandaté pour jouer le rôle de monsieur bons offices et tenter de dénouer la situation. M. MULLER est partisan de la mise d’origine qu’il considère comme payante à long terme, aussi son action va consister à obtenir de la part des caisses régionales du Crédit Agricole des liquidités qui permettront aux négociants d’acheter environ 50.000 hectolitres et de les stocker. D’autres démarches sont entreprises auprès du ministère des Finances, elles visent à étendre au profit de l’Alsace une loi déjà appliquée dans d’autres régions vinicoles françaises qui autorise les viticulteurs manipulants à acheter du vin en vrac chez leurs collègues jusqu’à concurrence de 5% du volume de leur propre récolte. Au total 80.000 hectolitres de vins en vrac pourraient être ainsi achetés afin de débloquer la situation.

 

Ces propositions suscitent le scepticisme chez les dirigeants de l’ADIVA qui s’élèvent contre le négoce local à qui ils reprochent de jouer le blocage des achats pour obtenir des prix plus bas des vignerons lassés d’attendre et obligés de faire de la place dans la cave pour accueillir la future récolte.

 

La situation se débloquera finalement avec la mise en place de moyens de stockage mais l’opposition AVA – ADIVA restera persistante tant les deux visions la viticulture alsacienne sont éloignées. Comment Marcel BLANCK après avoir créé un groupe de réflexion au tout début des années 60 puis mis en œuvre une politique courageuse de réformes pour faire de l’Alsace une région viticole de haut niveau pouvait-il s’entendre avec un Eugène FALLER, de trente ans son ainé, animé par un fort conservatisme.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 18:34

 

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Une histoire de l'Alsace, une de plus direz vous. Cependant celle qui vient de paraître aux éditions Yoran enbanner sous la plume de François WAAG, a le mérite de présenter les faits historiques du point de vue alsacien en remettant en cause certaines versions dont l'histoire de France s'est arrangée.

 

De l'image patriotique sérieusement écornée de l'Alsace qui se serait "donnée à la France" à l'issue de la guerre de trente ans à l'intolérance des autorités académiques après 1945, rien n'est oublié. L'auteur apporte une relecture des faits qui complète les ouvrages de référence que sont les indispensables Histoire de l'Alsace écrites par Lucien SITTLER et Rodolphe REUSS.

 

 

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En vente dans toutes les bonnes librairies pour 12 €.

 

On trouve très facilement et à des prix décents les deux autres ouvrages chez les bouquinistes présents chaque samedi sur la place Kleber.

 

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