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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:32

 

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Le Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace a été créé par décret le 22 avril 1963. Avant d’entrer dans le détail de son organisation et de ses attributions, il est utile de s’intéresser en préambule aux relations de l’époque entre les différentes parties prenantes du vignoble, afin de comprendre ce qui a motivé la création de cette interprofession.

 

Trois grandes familles professionnelles interviennent alors dans le vignoble. La première, la plus nombreuse, est celle des producteurs récoltants. La seconde famille est celle des négociants qui sont de deux types. D’une part les négociants dont l’activité consiste uniquement à acheter des vins afin d’en faire commerce. D’autre part les producteurs négociants qui sont des viticulteurs qui vendent une partie ou la totalité de leurs vins en bouteille et qui, n’ayant pas assez de vin pour répondre à la demande, achètent aussi des raisins ou des vins en vrac pour alimenter leur commerce. Les coopératives, dont le développement important après la seconde guerre mondiale est venu modifier les habitudes de fonctionnement des structures professionnelles du vignoble, constituent la troisième famille.

 

Au début des années 1960 les producteurs récoltants sont pratiquement tous regroupés au sein de l’AVA, une structure syndicale crée en 1911 qui a pour objectif la défense de leurs intérêts et qui regroupe près de cent syndicats viticoles locaux. Les producteurs négociants possèdent deux structures syndicales : le Groupement des Producteurs Négociants et le Syndicat des Viticulteurs Négociants, utilisées pour faire la promotion des vins de leurs adhérents. Les purs négociants sont également réunis dans deux structures syndicales : le Syndicat du Haut-Rhin du Commerce en Gros des Vins et Syndicat du Bas-Rhin du Commerce en Gros des Vins.

 

Les négociants et les producteurs avaient, avant la création du CIVA, mis en place une structure appelée l’Union de la Production et du Négoce avec une commission paritaire dont la mission était d’établir les cours des raisins et des vins en vrac par cépage. Cette structure avait son siège à la Chambre de Commerce de Colmar. Marcel WOLF, directeur administratif de la Chambre en tenait le secrétariat. Les producteurs étaient représentés au sein de cet organisme par des membres de l’AVA.

 

Cependant il n’existait à ce moment là aucune statistique de production sur laquelle s’appuyer pour établir le prix de marché des raisins et des vins. Chaque année la commission paritaire se réunissait et discutait à bâtons rompus pour négocier les cours. Les discussions étaient parfois houleuses, chacun essayant de peser sur la négociation en bluffant si nécessaire. Il ressortait de ces négociation un prix des raisins que tous étaient censés appliquer. Le prix des vins était établi en transformant à l’aide d’un coefficient le prix des raisins. Ce mode de fonctionnement ne donnait pas totale satisfaction, surtout aux producteurs récoltants qui avaient souvent le sentiment de ne pas pouvoir s’imposer dans la négociation face aux gros négociants. D’autre part, une certaine animosité régnait parfois entre les producteurs-négociants, les purs négociants qui à l’époque étaient plus nombreux qu’aujourd’hui et les producteurs de raisins et de vins.

 

Les services du Ministère de l’Agriculture à travers les Directions des Services Agricoles du Haut et du Bas Rhin suivaient les négociations entre les intervenants. Sans que l’on puisse dire si l’idée en revient aux autorités agricoles ou aux producteurs qui étaient plus proches de la Direction des Services Agricoles que les négociants, il a été décidé de s’inspirer de l’exemple champenois où une structure crée pendant la guerre, avait pour but de faire de la répartition de raisins pour alimenter le négoce. D’autres exemples identiques avaient vu le jour sous l’occupation, ainsi s’étaient déjà créés le Bureau Interprofessionnel des vins de Cognac et une autre structure en Armagnac.

 

La DSA du Haut-Rhin, leader des deux DSA en matière de vins d’Alsace, et les producteurs de la région ont alors observé attentivement le fonctionnement de ces organismes et décidé de demander aux pouvoirs publics d’officialiser la commission paritaire de l’Union de la Production et du Négoce à l’intérieur d’une interprofession. Un projet de statut d’un Comité Interprofessionnel du Vin d’alsace a ainsi été élaboré par la DSA et la commission paritaire de l’UPN en s’appuyant sur le fonctionnement des organismes similaires déjà en place dans les autres régions viticoles françaises.

 

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Published by Oenophil - dans Chroniques
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