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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 20:24

 

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Quand Pierre BOUARD arrive en 1962 à la Direction des Services Agricoles du Haut-Rhin comme ingénieur chargé de la viticulture et de la production animale, le projet de décret vient d’être rédigé. L’une de ses missions dans le cadre de la production viticole du Haut-Rhin étendue au Bas-Rhin, avec l’accord du Directeur des Services Agricoles de ce département, a été d’emblée la mise en place avec les organismes professionnels viticoles du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace.

 

Issu du secteur viticole puisque son père avait été responsable d’un domaine en Charente, Pierre BOUARD est immédiatement passionné par cette mission où tout reste à créer.

 

Jusqu’en 1966 il est l’animateur officieux de cette structure dont le siège est à la DSA bien que le négoce aurait préféré l’attirer à la Chambre de Commerce de Colmar. Mais la volonté de la production de disposer d’une plus grande neutralité à travers une indépendance indiscutable l’a emporté. Le siège du CIVA a été installé d’abord à la DSA puis dans des locaux loués à Colmar, à la Chambre d’Agriculture, puis place De Lattre.

 

Au début, ses fonctions sont doubles : services agricoles du département et secrétariat du CIVA. Rapidement les professionnels souhaitant disposer d’un Directeur à plein temps, après avoir lancé un recrutement qui n’a pas abouti, lui ont proposé d’assurer la direction officielle du CIVA. Le 1er octobre 1966, Pierre BOUARD est détaché de son administration d’origine et devient Directeur du CIVA.

 

De sa création jusqu’à ce moment là, l’interprofession a donc eu en sa personne un directeur officieux qu’elle n’a pas rémunéré. Il entrait en effet dans le cadre de la mission de service public du Ministère de l’Agriculture d’aider au développement de l’activité d’un comité qu’il avait contribué à lancer et qui n’avait à ses débuts que très peu de ressources.

 

A sa prise de fonction, le secrétariat du CIVA était commun avec celui de la DSA. Lorsque les deux sièges ont été séparés, une collaboratrice a été engagée puis plusieurs collaborateurs au fur et à mesure que les tâches augmentaient, notamment en matière comptable.

 

Louis KLIPFEL, au titre de la Production, est le premier Président élu à la tête du CIVA. Pendant quelques années, en raison du principe d’alternance annuelle prévue entre production et négoce, René DOPFF et lui-même se succéderont.

 

Parmi les missions confiées au CIVA, la mise en place des modalités pour établir le prix des raisins et des vins reste prioritaire. L’obtention de statistiques fiables et précises constitue une urgente nécessité. Cependant on ne connait à l’époque le volume de la production alsacienne qu’au travers des chiffres fournis par l’administration fiscale, qui après avoir compulsé les quelques 12.000 déclarations de récolte, fournit une information qui se résume en deux chiffres, celui du volume des vins rouges et celui des vins blancs.

 

Bien que les déclarations de récolte déposées en mairie fussent établies par cépage et consultables par tous, l’administration des Finances se refusait à communiquer aux professionnels plus de détails, dans la mesure où eux même n’en avaient pas besoin et de ce fait n’exploitaient pas les informations en leur possession.

 

Le dynamique Marcel BLANCK, créateur et animateur du Groupe Vin, qui réclamait au nouvel organisme ces informations sur les volumes produits par cépages s’était résolu à mener une opération de grande ampleur en visitant avec l’aide des membres de son groupe toutes les mairies des communes viticoles pour y relever les déclarations de récolte avant de les compulser.

 

Après de nombreuses interventions menées par l’interprofession auprès des Ministère des Finances et de l’Agriculture sans pour autant obtenir satisfaction, il est décidé de mettre en place une déclaration de récolte par cépage dite annexe qui sera collectée par le CIVA. La mise en œuvre de cette formalité supplémentaire nécessita d’allécher les secrétaires de mairies en leurs attribuant des subventions payées par le CIVA en fonction du nombre de déclarations de récoltes saisies. Cependant, à compter de moment là la situation devint plus claire.

 

Ce n’est qu’après la promulgation de la loi du 10 juillet 1975 relative aux organisations interprofessionnelles agricoles les autorisant à conclure des accords interprofessionnels de campagne que ce formulaire annexe a évolué et qu’il a été mis en place en coordination avec les contributions indirectes un formulaire unique de déclaration de récolte dont le second exemplaire revenait au CIVA.

 

Simultanément, le CIVA fait mener des par des cabinets spécialisés, dont la SARES, des études sur différents sujets et en particulier sur l’image des vins d’Alsace auprès des consommateurs français. L’une d’entre elles conduite par Monsieur LEVÊQUE laisse apparaître que ceux-ci sont considérés comme des petits vins issus de différents cépages, qui donneraient occasionnellement mal à la tête. Le niveau de connaissance de ces vins est très faible et il apparaissait indispensable pour l’interprofession de communiquer autour de sa production.

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Published by Oenophil - dans Chroniques
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