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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 11:40


Dégustation : Bordeaux




Une soirée consacrée à passer en revue quelques Bordeaux qui dorment dans nos caves. Selon notre principe habituel, chacun amène ce qu'il veut, aussi cette dégustation ne prétend aucunement être représentative de la production de cette région.


Dourthe N°1 Blanc 2004 : Ce vin serait "le fruit de 15 ans de recherche et d'innovation, en collaboration avec les grands œnologues bordelais Denis Dubourdieu et Christophe Ollivier". Pour résumer, je dirais d'une part qu'il n'y a aucun problème pour reconnaître le cépage Sauvignon et d'autre part que ce vin est exemplaire pour expliquer un dosage excessif en SO2.


 

Corazon Médoc de Stéphane Courrèges : Encore un vin d'œnologue élaboré pour l'export à partir de raisins sélectionnés pour la qualité de leurs polyphénols. Les tannins sont durs, le boisé très appuyé, la bouche extrêmement courte.

 

Pontet Canet 2004 Pauillac : Olfaction très précise de fruits noirs, notes élégantes d'un élevage parfaitement maîtrisé. L'attaque est souple et équilibrée, les tannins sont denses, bien polis, la bouche d'un agréable soyeux. Un vin séducteur à l'esthétique plutôt moderne.

 

Château Gombaude Guillot 2004  Pomerol : Olfaction chaleureuse fortement marquée par un boisé extravagant. Bouche décevante, poussiéreuse qui finit sur l'alcool. Curieuse impression où la verdeur des tannins et une légère sucrosité s'opposent. Bouteille défectueuse ?

 

Château Peybonhomme Les Tours 2004 Côtes de Blaye : Nez réduit, animal, bouche dissociée et finale abrupte sur le bois et l'alcool.

 

Château Pont de Brion 2004 Graves : Olfaction variétale de poivron, bouche monolithique, finale suave. Un vin finalement parfaitement cohérent car sans prétention et pas désagréable du tout.

 

Château d'Agassac 1999 Haut Médoc : Forte réduction, le vin aurait gagné à s'ouvrir en carafe. Belle structure en bouche avec de la fraîcheur bien soutenue par une acidité puissante mais agréable. Complaisant et facile.

 



Château Meylet Les Serpes 1998 Saint Emilion : Esthétique très nature, avec beaucoup de fraîcheur et une volatile marquée sans pour cela qu'elle dérange. Trame fine, fluide, la puissance n'est pas la conséquence d'une extraction poussée mais plutôt d'une cuvaison bien maîtrisée de raisins de grande qualité, très certainement en vendange entière. Des défauts mais du caractère et beaucoup de digestibilité et de salinité. Un style comme je les aime.



La Tour de By 1998 Médoc : Terne, dur, vert.

 

Château Saint Hilaire 1996 Graves : Forte acidité, terrible astringence.

 

Château Belair 1994 Saint Emilion : Olfaction complexe et envoûtante. Bouche bien patinée, harmonieuse, sans recherche d'extraction. Un vin aristocratique et raffiné issu d'une vinification d'une autre époque.

 

Château de Rochemorin 1993 Pessac Léognan : Olfaction extravertie, bouche serrée, verticale, finale dure.

 

Château Falfas 1990 Côtes de Bourg : Nez complexe avec des notes de tabac, d'écorce d'orange. Superbe structure en bouche, large, sèveuse. Là encore aucune recherche d'extraction, très belle expression classique d'un grand Bordeaux.

 

Château Gruaud Larose 1989 Saint Julien : Encore beaucoup de jeunesse et de tenue avec des tannins fins, du fond, de la longueur et de la fluidité. Un autre grand classique.

 

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Published by Oenophil - dans Dégustations
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commentaires

Olivier T. 01/07/2010 13:02


Concernant le Château Gombaude-Guillot 2004, l'ayant goûté à de nombreuses reprises, je peux imaginer que la bouteille était effectivement défectueuse, car en toute honnêteté je ne reconnais
absolument pas ce vin dans votre commentaire de dégustation.
Olivier Techer, Pomerol :)


Daniel Sériot 13/02/2009 23:44

Château Meylet est travaillé en biodynamie, une vinification en vendange entière, est peu probable, c'est abandonné à Saint Emilion depuis une plus d'une bonne dizaine d'année, à part un ou 2 irréductibles qui ont fini par s'arrêter, il y a 5 ans. je pense qu'une vinification en vendange entière serait un obstacle pour que le vin "passe " à l'agrément de l'appellation.

Daniel

Oenophil 18/02/2009 18:11


Bonjour Daniel,

Je viens d'avoir Michel Favard au téléphone, il me confirme que s'il égrappe en totalité la vendange, il ajoute pour la cuvaison un certain pourcentage des rafles en sélectionnant les plus
mûres.

La structure de son vin laisse clairement apparaître cette pratique. Les vignerons présents le soir de la dégustation l'ont immédiatement remarqué.

Cordialement,

Philippe