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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 20:53
Eichhoffen, le mardi 10 juillet


OXYDATIFS


Passionnante soirée consacrée aux vins oxydatifs (ou supposés l'être). Parmi les vins Français, Hongrois, Espagnols et Portuguais qui ont été goûtés, nous retiendrons :



Kies-copie-1.JPGPinot Auxerrois Kiespfad 2002 H. et H. Hausherr Eguisheim

Un nez élégant, vif et clairement oxydatif qui s'exprime par des notes de fruits à noyaux. La bouche est fraîche et racée avec une puissance contenue et une longue finale. Un vin sec et bien équilibré sans chaleur alcooleuse et parfaitement gastronomique.



Coulée de Serrant 2004 N. Joly Savennières


Pas vraiment oxydatif, je dirais même pas du tout. Grosse matière et boisé puissant sans intégration à ce jour. Le vin est séquentiel, contracté et se termine par une finale asséchante et chaude avec un alcool agressif. On est loin du travail sur l'oxydation réalisé dans les années 1995 à 2000 qui avait pour conséquence d'affiner les alcools et de relâcher le vin. Une surprenante vinification plutôt conventionnelle finalement, au regard de celles auxquelles Nicolas Joly nous avait habitué.


PG de Table 2004 G. Schueller Husseren les Châteaux

La robe est trouble, l'olfaction un défilé de senteurs qui vont du caramel au café en passant par le jambon fumé et l'Ovomaltine. Pas d'arômes issus de la palette oxydative habituelle. Le vin se met en place lentement en bouche après un premier abord un peu rude. Beaucoup de fraîcheur, présence d'une trame tannique relâchée qui appelle à y revenir. Beaucoup de précision avec des notes citronnées et un fonctionnement de l'acidité propre à l'Alsace. Digeste et minéral ce Pinot Gris a été élevé 2 ans sans ouillage dans un fût d'acacia.


Sylvaner Zellberg 2001 Julien Meyer Nothalten


Du fruit et des arômes de torréfaction, beaucoup d'élégance et le côté oxydatif qui s'atténue à l'aération. Le vin est sec, construit sur la pureté et la précision minérale, plein, long et toujours présent. Elevage des 3 ans en barrique sans ouillage les 2 dernières années. Pas de chaleur alcooleuse malgré le potentiel initial de 16°. Ce vin appelle un plat.


Côte du Jura 2004 J Macle Château Chalon


Une belle robe dorée et une olfaction toute jurassienne. La bouche est claquante, élégante et légère, elle se termine par une salinité qui fait saliver. Sur cette bouteille là, le vin reste cependant monolithique et il manque la complexité et la touche aérienne que l'on retrouve habituellement chez ce vigneron référence incontournable des vins du Jura.

gahier-copie-1.JPGVin Jaune Arbois 1996 M Gahier Montigny Les Arsures
 
Le nez est fin, précis, sans arômes exacerbés, avec une complexité ravissante. La bouche est puissante, longue et persistante avec toujours cette finesse remarquable et la minéralité qui tend le vin. Très grande classe, un vin aérien, un vigneron à rencontrer d'urgence.


Rivesaltes Ambré 1990 Domaine Rancy Latour de France

Très beau nez complexe de Rancio avec des notes de noix et de tabac. La bouche possède un profil aromatique d'une finesse surprenante avec un côté Cognac mais aussi une structure tannique qui allège le vin. La finale reste fraîche grâce à une belle acidité qui équilibre parfaitement les sucres résiduels. Tout est à sa place  dans ce vin de méditation.


La Palme de la soirée revient à égalité à Michel Gahier pour son Jaune et à Jean-Hubert Verdaguer pour son Rivesaltes Ambré. Les alsaciens n'ont pas démérité, et l'on peut se réjouir quand des vignerons font preuve d'ouverture d'esprit pour vinifier hors des standards habituels des vins qui méritent d'être découverts.

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Published by Philippe - dans Dégustations
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commentaires

P'titPhilou 19/07/2007 18:47

Bonjour Philippe,

belle dégustation.
J'avais goûté le Vieux Clos 2004 en janvier 2006 à Savennières, c'était une bouteille plutôt intéressante dans mon souvenir.
Je ne reviens pas sur le caractère irrégulier de la production de NJ, c'est désolant pour Savennières et plus généralement les chenins secs ligériens.

Ma bouteille de CdJ 2004 de Macle se goûtait pas trop mal, il y a un mois (sur une semaine) : certes pas une grande complexité, mais j'ai l'impression qu'on peut garder avec profit nos bouteilles encore quelques années.

Tu connais le sec de Rancy, j'imagine. Il n'aurait pas fait tâche dans cette dégustation. Dans le "grand sud", je pense aussi aux superbes secs de Paul Reder.

@micalement
Phil

PS : bravo pour ton excellent blog !