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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 06:15

 

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Toujours avec l'aide de Jean-Michel SPEICH, nous passons en revue les 10 derniers millésimes alsaciens.

 

2004 : Après les conditions extrêmes rencontrées en 2003, la vigne sur-compense. Aussi, après un hiver peu rigoureux et un début de Printemps maussade, la chaleur qui se réinstalle laisse craindre un nouvel épisode caniculaire. Mais les pluies de la mi-juin font revenir la confiance, d'autant plus que les rendements s'annoncent généreux. La maturation se poursuivra ensuite normalement grâce aux nombreux passages pluvieux entrecoupés de périodes ensoleillées pendant tout l'été.

 

Cependant à partir du mois d'octobre, en plein coeur des vendanges le retour de la pluie empêchera l'aboutissement parfait des maturités. Les acidités sont parfois maliques chez ceux qui ont vendangé trop tôt. Les Riesling ne possèdent pas une grande ampleur et souffrent souvent d'un manque de consistance, mais ce millésime qui est maintenant à son apogée a surtout produit des vins frais, un peu étriqués avec parfois des goûts de racines mais de qualité satisfaisante. Année difficile pour les Pinot Noir avec de nombreux foyers de pourriture qui ont nécessité de beaucoup trier. Peu de vendanges tardives en raisons des conditions peu favorables de la fin octobre.

 

2003 : Même ceux qui ne s'intéressent pas au vin se souviennent de 2003 comme l'année de la terrible canicule qui s'est abattue sur l'Europe pendant les mois d'été. Déjà au Printemps les températures exceptionnelles avaient provoqué une floraison très précoce et bien vite le déficit en hydrométrie ajouté à la chaleur a provoqué des blocages de maturité. Les vendanges ont eu lieu très tôt, le 8 septembre pour les Grands Crus. La particularité des vins de ce millésime réside dans le manque d'acidité et les arômes de fruits cuits que l'on retrouve généralement. Le déficit de fraîcheur et de droiture confère un caractère très atypique à ce millésime.

 

Il faut cependant avouer que la garde affine et atténue le caractère un peu mou et chaleureux découvert lors de la mise en marché des premiers vins. Les Pinot Noirs se sortent bien de ces conditions extrêmes avec des vendanges parfaitement saines mais bien entendu des profils construits plus sur la puissance que sur la finesse. A noter également des rendements faibles, avec une récolte en déficit de pratiquement 20% sur la moyenne.

 

2002 : Ce millésime que l'on peut qualifier de classique a produit des vins qui n'ont rien de flamboyant mais qui vieillissent bien sans connaître d'évolution prématurée. Après un hiver rigoureux et un cycle végétatif qui a démarré lentement, l'été s'est montré mitigé avec en alternance des passages pluvieux et de belles journées. La charge assez importante a nécessité des travaux préventifs pour éviter de trop gros rendements. Les vendanges ont été perturbées par de nombreuses ondées mais les maturités ont été bien abouties. Les Riesling sont droits avec des acidités où malique et tartrique s'équilibre bien apportant ainsi beaucoup de fraîcheur. Les vins encore en cave apportent toujours leur lot de plaisir et laissent même entrevoir pour les plus réussi d'entre eux encore un bel avenir surtout pour les Riesling.

 

2001 : Millésime plutot froid avec une maturation lente et surtout une très belle arrière saison. Si l'on considère généralement la production de ce millésime comme moyenne, ce qui est exact pour la grande majorité des vins, ceux qui ont su attendre ont récolté des Riesling de qualité tout à fait exceptionelle avec des expressions minérales comme on en trouve rarement et des acidités de grande qualité.

 

Les vendanges tardives sont également au rendez vous avec le développement d'un joli botrytis fin octobre. En attendant que 2005 et surtout 2008 confirment leurs potentiels, 2001 se place actuellement au sommet de la décennie alsacienne.

 

2000 : On aurait aimé que ce millésime soit exceptionel mais il ne suffit pas de le répéter dans la presse et dans les médias pour que cela soit vrai. Même si les maturités obtenues ont été très satisfantes, il faut bien avouer que les vins de ce millésime ont connu, sauf exception, des évolutions très rapides. Le très gros volume de vendanges tardives qui a été produit m'inspire la même réflexion que précédement.

 

 

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Published by Oenophil - dans Chroniques
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commentaires

bulwa 27/07/2010 13:18


excellente initiative, merci