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Vendredi 20 juillet 2012 5 20 /07 /Juil /2012 08:23

 

Météo maussade et humeur morose en Alsace où l’on attend toujours que le beau temps s’installe durablement. Entre les ondées, les températures largement en dessous des moyennes saisonnières et aussi la grêle qui a frappé entre Epfig et Reichsfeld, il y a de nombreux sujets d’inquiétude.

 

Après une floraison perturbée par la météo peu clémente, les grappes sont maintenant au stade de la fermeture. La pression du mildiou reste présente et les nuits fraîches semblent nous préparer une offensive de l’oïdium. Alors il faut rester vigilant, mais encore une fois, la situation est loin d’être aussi dramatique que dans d’autres régions viticoles.

 

Cette année on ne vendangera pas fin août mais plutôt fin septembre, si le soleil veut bien faire mûrir les grappes.

 

L’AVA (Association des Viticulteurs d’Alsace) créée en 1911 vient de fêter son centenaire avec une année de retard, mais il est vrai que le cinquantenaire l’avait été également. Le CIVA (Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace) a pour sa part présenté les visuels de sa nouvelle campagne de communication et l’on ne verra plus la cigogne empaillée qui servait de support ces dernières années..

 

Mais des voix s’élèvent pour critiquer les fêtes du centenaire qui auraient coûté, sans que cela ait été confirmé, quelques 600.000 €, alors que les ventes et les cours des vins alsaciens souffrent dans un marché particulièrement atone, ce qui constitue une première depuis de nombreuses années. La nouvelle campagne publicitaire du CIVA n’échappe pas non plus aux critiques portées dans la presse locale par Jean MEYER du Domaine JOSMEYER.

 

Jean MEYER se félicite pourtant du succès obtenu par le Salon Millésime Alsace qui s’est tenu le 11 juin dernier à Colmar. Organisé par Marc RINALDI et Colmar Expo, ce salon aurait connu un beau succès avec 504 visiteurs, majoritairement professionnels, puisque c’est à eux que ce salon était destiné. Président de la Cave de l’Anneau, Marc RINALDI qui investit dans les Bordeaux, souhaite apporter sa contribution à la notoriété de l’Alsace. Jusqu’à présent, c’est le CIVA qui se chargeait de la communication des vins d’Alsace en organisant, entre autres nombreux événements, la Journée des Grands Crus d’Alsace ouverte le dimanche aux particuliers et le lundi aux professionnels. Peu de différences entre ces deux manifestations, si ce n’est qu’à Kientzheim, les vignerons sont classés par terroirs Grand Cru alors qu’à Colmar ils l’étaient par ordre alphabétique. D’autre part Millésime Alsace a ouvert ses portes aux trois négociants qui ont fait le choix de ne pas revendiquer l’AOC Grand Cru et qui de ce fait ne participent pas à la manifestation annuelle toujours fort bien organisée par le CIVA.

 

S’il est vrai que deux manifestations valent mieux qu’une, je ne vois cependant pas ce que la seconde apporte de fondamentalement différent à la première. Cibler uniquement les professionnels pour agir sur la notoriété de l’Alsace viticole est très insuffisant et ce n’est pas quelques repas organisés même dans les meilleurs restaurants avec des invités de marque qui changeront quelque chose.

 

La notoriété des Vins d’Alsace passe d’abord par sa reconnaissance au niveau régional par les locaux. Cependant aucune manifestation d'ampleur destinée au grand public et aux touristes n’est organisée que ce soit à Strasbourg ou à Colmar. Aucun lieu, ouvert au public et consacré aux Vins d’Alsace, n’existe à Strasbourg. Je ne parle même pas de la manière dont sont servis les Vins d’Alsace dans les restaurants et autres lieux touristiques, car nous sommes très loin de donner une image de marque à notre viticulture.

 

L’Alsace considère sa viticulture comme partie de son agriculture et non pas de sa culture.

 

Pourtant nous avons dans la région nombre d’historiens, de pédologues, de professionnels compétents qui sauraient en participant par des conférences à cette grande semaine annuelle consacrée aux Vins d’Alsace, nous apporter les témoignages du passé et nous faire prendre conscience de nos racines et de leurs valeurs. La restauration pourrait s’associer à ces animations en invitant des vignerons à venir présenter leurs vins dans les restaurants. Enfin une grande exposition servirait de support à toutes ces animations.

 

Il y a assez de compétences en Alsace pour organiser tout cela, le CIVA pourrait très bien s’en charger. Et si la Tribu des Gourmets veut apporter son aide, elle sera bienvenue si elle prend une autre forme que la promotion du vin chaud.

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Lundi 9 juillet 2012 1 09 /07 /Juil /2012 19:09

 

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Lézard de l'Altenberg de Wolxheim

 

 

Une fois la première série de terroirs délimitée et le décret paru, la même commission de délimitation se remit au travail pour examiner 25 nouveaux dossiers. La même procédure de travail fût appliquée et le 17 décembre 1992 un nouveau décret relatif à l’appellation contrôlée Alsace Grand Cru fut publié.

 

Dans le Bas-Rhin, neuf nouveaux lieux-dits sont maintenant classés au rang de Grand Cru. Il s’agit de l’Altenberg de Wolxheim, du Bruderthal, de l’Engelberg, du Frankstein, du Muenchberg, du Praelatenberg, du Steinklotz, du Winzenberg et du Zotzenberg.

 

Dans le Haut-Rhin, ce sont seize nouveaux lieux-dits qui accèdent à la même classification : le Florimont, le Froehn, le Furstentum, le Mambourg, le Mandelberg, le Marckrain, l’Ollwiller , l’Osterberg, le Pfersigberg, le Schoenenbourg, le Sporen, le Steingrubler, le Steinert, le Vorbourg, le Wineck-Schlossberg et le Zinnkoepfle.

 

A compter de cette date l’Alsace compte 50 Grands Crus délimités sur 46 communes viticoles dans le cadre d’une appellation d’origine contrôlée : 14 dans le Bas-Rhin et 36 dans le Haut-Rhin.

 

Le décret réaffirme l’obligation qui veut que les vins soient issus exclusivement des cépages Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris et Muscat. Les rendements restent fixés à 70 hectolitres à l’hectare avec un plafond limite de classement de 20%.

 

Le titre alcoométrique naturel moyen minimum prévu par le décret de 1975 est modifié. Il passe de 11 à 10 pour le Riesling et le Muscat et de 11 à 12 pour le Gewurztraminer et le Pinot Gris. La richesse en sucre s’en trouve consécutivement modifiée pour devenir de 153 grammes pour le Riesling et le Muscat et de 187 grammes pour le Gewurztraminer et le Pinot Gris.

 

Les autres dispositions concernant la déclaration préalable de récolte, les conditions d’étiquetages, de dégustation préalable à la mise en marché sont confirmées.

 

Les articles 10 et 11 qui précèdent le dernier article clôturant de façon réglementaire le décret sont toutefois à souligner.

 

Il est ainsi noté que “Toute modification des conditions de production et de l’aire délimitée de l’appellation d’origine contrôlée Alsace Grand Cru est faite sur proposition du comité régional d’experts des vins d’Alsace et selon la procédure prévue par le décret loi du 30 juillet 1935“. Par cette phrase, le Comité Régional d’Experts tient à réaffirmer son rôle déterminant dans l’évolution de la législation viticole alsacienne.

 

L’article 11 abroge quant à lui le décret du 20 novembre 1975. La conséquence directe est qu’il n’est alors plus possible d’utiliser l’expression Grand Cru comme cela avait été précédemment autorisé et usité pendant la période qui va de 1976 à la parution du présent décret en 1992, pour des vins ne répondant qu’à des critères de richesse de moûts, comme cela avait été prévu dans l’ordonnance de 1945 puis modifié ensuite dans le décret de 1971.

 

Tous les dossiers présentés ne seront pas retenus. Le cas de la Harth de Colmar est à ce titre exemplaire. En 1985, le syndicat viticole de Colmar par la voix de Robert KARCHER son président, demande le classement en Grand Cru de 300 hectares du vignoble de la Harth. Toutes les démarches ont été réalisées et une dégustation préliminaire par une commission a déjà eu lieu. Cependant cette dernière émet des réserves quant à l’importance de la surface à classer. Le syndicat justifie sa demande en soulignant « que cette surface est une entité géographique, géologique et climatique indissociable ». Deux ans plus tard, devant les réticences de l’INAO, la demande ne porte plus que sur 102 hectares. Ce dossier sera finalement sans suite.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Vendredi 6 juillet 2012 5 06 /07 /Juil /2012 14:47

 

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Afin d’éviter les écueils rencontrés lors de la délimitation du Schlossberg qui fut réalisée postérieurement à la parution du décret de 1975, l’INAO nomme début 1980 une commission d’enquête. Son rôle est d’examiner, d’instruire sur le terrain et de rédiger un rapport à l’attention du Comité National de l’INAO afin de préciser ce que doit être l’Appellation d’Origine Contrôlée Alsace Grand Cru. D’autre part, cette commission est chargée d’étudier les dossiers qui lui seront soumis par les syndicats viticoles pour l’accession au classement en Grand Cru de leurs terroirs. Le décret ne sera publié qu’ultérieurement une fois les délimitations effectuées par une seconde commission dite de délimitation. La commission d’enquête est présidée par Monsieur DUCELLIER, Président du négoce Champenois. Elle se compose de Messieurs CHIRON, Président des producteurs du Muscadet, ROUZAUD et COSTES, représentants du négoce Bordelais. Comme il est d’usage aucun membre de la région demanderesse ne fait partie de la commission.

 

Jeune ingénieur tout juste nommé à la direction régionale de l’INAO de Colmar le 17 mars 1980, Jean-Louis VEZIEN ne dispose que de quinze jours de formation à Paris et à Villefranche-sur-Saône avant d’accueillir la commission dite DUCELLIER du nom de son président.

 

Immédiatement la commission d’enquête met en évidence l’anomalie qui était apparue lors des travaux de délimitation du Schlossberg, en faisant remarquer qu’il n’était pas normal d’avoir fait le distinguo entre le Grand Cru anonyme largement délimité et le Grand Cru lieu-dit trop restrictif.

 

Sa position est tout d’abord de définir ce qu’est un Grand Cru. S’appuyant sur le fait qu’un cru est un lieu-dit qui, s’il est qualifié de grand, possède nécessairement une notoriété et donc un nom, la commission exclut d’emblée la notion de Grand Cru anonyme. Cependant, la décision a été prise de ne pas s’en tenir aux lieux-dits cadastrés, mais d’accepter le principe d’une délimitation confiée à des experts en mesure de dire que si l’on a une notoriété établie à partir d’un lieu-dit cadastré, l’usage peut autoriser que le nom de ce lieu-dit soit applicable à une zone plus étendue si toutefois on respecte les conditions établies par la commission.

 

Il sera nécessaire de tenir compte du facteur géologique discriminant pour éviter qu’un lieu-dit ne soit complètement hétérogène au niveau de son sol.

 

Il faudra également que l’on considère l’homogénéité climatique du lieu même si l’on sait qu’il n’en existe pas obligatoirement une entre les bas et les hauts de coteaux.

 

En ce qui concerne les expositions, on éliminera celles qui tournent trop vers l’Ouest et on privilégiera les expositions Est, Sud-est et Sud.

 

La commission DUCELLIER s’est également retrouvée confrontée au problème des homonymies. Dans le cas des nombreux Altenberg et Kirchberg, il a été décidé d’adjoindre le nom des communes afin de les différencier. Il y avait également deux Eichberg, celui d’Eguisheim et celui de Turkheim que la Maison DOPFF et aussi quelques autres avaient pour habitude de commercialiser sous le nom d’Eichberg de Turkheim. Dans ce cas, la commission a élargi la délimitation du Brand en réunissant les deux lieux-dits qui possédaient en commun l’unité géologique et l’exposition pour ne faire qu’un seul Grand Cru appelé Brand. Dans le cas des deux Schlossberg, il a été décidé d’adjoindre Wineck, du nom du château de Katzenthal ce qui a donné Wineck-Schlossberg pour le différencier de celui de Kientzheim.

 

Il y eu également débat sur les cépages car le décret de 1975 avait décidé de ne retenir que le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot Gris et le Muscat. Cependant il y avait des demandes particulières comme celles du Zotzenberg qui souhaitait pouvoir disposer du Sylvaner ou encore du Sonnenglanz qui demandait le Pinot Blanc. Confrontée à ces demandes d’exception, la commission n’a pas souhaité répondre favorablement afin de ne pas briser dans l’œuf la dynamique de la nouvelle AOC. D’autre part, elle avait évoqué la nécessité de trouver la meilleure adéquation entre les terroirs et les cépages et de ce fait, que chaque Grand Cru se spécialise sur un cépage. Cette option ne fût cependant ni retenue ni imposée car à l’époque il y avait très peu de Muscat et de Pinot Gris sur les terroirs considérés et la commission craignait que ce choix cornélien n’entraîne la disparition de fait de ces deux cépages.

 

En résumé, la commission refusait l’exception, laissait le choix entre les 4 cépages tout en souhaitant à terme une spécialisation qui permette de gagner en lisibilité et aussi en puissance en disposant d’un volume significatif issu d’une adéquation entre le cépage et le terroir car à l’époque il n’était alors pas question d’assemblage.

 

La commission Ducellier a finalement retenu 24 dossiers en examinant les aspects historiques, les usages commerciaux et la qualité des vins. Les quelques dossiers refusés l’on été la plupart du temps pour insuffisance d’usages.

 

A l’issue des travaux de la commission d’étude il a ensuite été nommée une commission de délimitation dans laquelle l’INAO a souhaité que siègent des membres extérieurs à la région afin d’éviter les discussions sans fin qui avaient eu lieu lors de la délimitation du Schlossberg cinq ans auparavant.

 

Présidée par Fernand ORTLIEB, la commission de délimitation est composée de deux experts extérieurs, Noël LENEUF, professeur de géologie à l’Université de Dijon, et Michel FEUILLAT, professeur d’œnologie dans la même université. Les membres régionaux sont Bruno SORG, François MUHLBERGER, Charles KUEHN, ancien professeur du Lycée agricole de Barr et Jean-Paul RITZENTHALER qui a ensuite pris la succession de Fernand ORTLIEB quand celui-ci se retira à la suite de problèmes de santé. Jean-Louis VEZIEN en qualité de Directeur régional de l’INAO assurait le secrétariat.

 

C’est à ce dernier que revient le travail préparatoire de délimitation. Son action est saluée par tous et particulièrement par François MUHLBERGER qui souligne volontiers l’excellence des travaux qui ont été menés par le secrétaire de la commission.

 

Jean-Louis VEZIEN déclare avec malice “ Une délimitation ce n’est pas de la science, c’est plutôt un art parce qu’il faut arriver à intégrer les facteurs naturels et les facteurs humains. Il faut savoir par exemple qu’il peut exister ici ou là des terroirs très moyens qui ont acquis une grande réputation alors qu’à l’inverse, certains grands terroirs qui n’ont pas été révélés par la main de l’homme sont restés inconnus“

 

Pour chacun des terroirs à délimiter la méthodologie sera la même. Dans un premier temps, Jean-Louis VEZIEN se déplace sur site pour y rencontrer le président du syndicat viticole local qui soumet ses propositions en termes de délimitation. Le projet est examiné, voire corrigé avant d’être remis à la commission de délimitation qui se déplace à son tour in situ, mais sans la présence d’aucun représentant du syndicat viticole local. Elle peut ainsi décider hors de toute pression si le dossier est acceptable ou s’il doit être modifié.

 

On constate cependant que peu de dossiers ont posé de réels problèmes de délimitation. Certains étaient d’une évidence parfaite, d’autres plus délicats, la difficulté principale résidant surtout à savoir quand arrêter la délimitation lorsque que l’on est en présence d’un coteau qui tourne de manière progressive en l’absence de toute marque particulière, sentier, rupture de pente ou talweg.

 

Bien entendu les délimitations sont toujours discutables, cependant elles ont été faites avec la logique qui est de dire que l’on allait pas atomiser le vignoble en 500 lieux-dits Grands Crus, mais plutôt respecter cette notion d’homogénéité pour aller vers l’idée d’unités cohérentes. Aussi quand l’on regarde ces délimitations, on remarque que c’est toujours le terrain qui a été le juge de paix car il y a des terroirs qui sont très grands et d’autres très petits.

 

Comme le veut la procédure INAO, les projets de délimitation ont ensuite été mis à l’enquête publique dans les mairies des communes concernées afin de permettre à ceux qui le souhaitaient de déposer réclamation. Une fois les requêtes examinées, refusées ou acceptées, l’INAO a déposé les projets définitifs.

 

Près de quatre ans après le début des travaux de la commission DUCELLIER, le décret du 23 novembre 1983 relatif à l’appellation d’origine contrôlée Alsace Grand Cru ajoute 24 lieux-dits Grand Cru au Schlossberg déjà consacré en 1975. La liste comprend maintenant les terroirs suivant : Altenberg de Bergbieten, Altenberg de Bergheim, Brand, Eichberg, Geisberg, Gloeckenberg, Goldert, Hatschbourg, Hengst, Kanzlerberg, Kastelberg, Kessler, Kirchberg de Barr, Kirchberg de Ribeauvillé, Kitterlé, Moenchberg, Ollwiller, Rangen, Rosacker, Saering, Schlossberg, Sommerberg, Sonnenglanz, Spiegel et Wiebelsberg.

 

Les conditions de production établies dans le décret de 1975 restent applicables tant en matière d’encépagement, d’enrichissement des moûts, de rendement que de contrôle avant la mise en marché et d’étiquetage.

 

En janvier 1984, un groupe de 18 vignerons fonde l’Association de Défense des Grands Crus d’Alsace dont Jean-Michel DEISS est le secrétaire et Léonard HUMBRECHT le Président. L’association se fixe comme objectif la délimitation de nouveaux lieux-dits ainsi que la promotion de l’image et de la notoriété de ces crus.

 

En novembre 1985, le Comité National de l’INAO donne un avis favorable à la reconnaissance en Appellation Alsace Grand Cru pour 22 nouveaux lieux-dits sur les 77 nouvelles propositions faites à la commission d’enquête. Dans l’attente de la parution du décret relatif à leur reconnaissance officielle et à leur délimitation, ces derniers, sous réserve de respect des règles de production de l’AOC Grand Cru, peuvent utiliser le nom du lieu-dit suivi de l’expression Grand Cru.

 

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Lundi 2 juillet 2012 1 02 /07 /Juil /2012 09:45

 

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Une commission de délimitation est alors nommée par l’INAO. Elle est présidée par Jean HUGEL, vigneron et négociant à Riquewihr. Fernand ORTLIEB, Directeur de l’Ecole d’Agriculture de Rouffach, Emile HERTZOG, Président de la Direction Départementale de l’Agriculture du Haut-Rhin, Robert MAROCKE, Géologue à l’INRA, François MUHLBERGER, Président de la sous-région AVA de Molsheim et Pierre GRESSER, Directeur de la Coopérative de Bennwihr en sont membres.

 

Les premiers travaux de délimitation débutent sur la base de ceux réalisés dans les années 30 par M. RIEDER, le périmètre proposé ayant toutefois été réduit par le syndicat viticole des communes de Kaysersberg et de Kientzheim par rapport au tracé initial. Immédiatement apparaissent des divergences entre les membres de la commission et leur président quant à l’interprétation du texte du décret, car ce dernier souhaite établir un distinguo entre une délimitation très restrictive du lieu-dit Grand Cru Schlossberg accompagnée  d’un projet beaucoup plus étendu de délimitation d’une zone Grand Cru anonyme sur les communes de Kaysersberg et de Kientzhzeim.

 

S’appuyant sur la notion de noyau d’élite théorisée par Georges KUHNHOLTZ-LORDAT et une lecture très personnelle du texte de loi, Jean HUGEL induit ainsi une dichotomie qui conduit à la cohabitation entre deux notions de Grand Cru. Cette approche qui l’amène à agrandir le périmètre de la zone Grand Cru proposé par le syndicat viticole, en y ajoutant des parcelles situées entre la route et le chemin qui parcourt le bas de l’actuel Grand Cru, ne convient pas à l’INAO qui rejette les premiers travaux.

 

Une vive discussion s’engage alors entre le président et les membres de la commission sur le nombre de micas des différents granits qui constituent le coteau du Schlossberg. Cette polémique sera vite tranchée par le spécialiste Robert MAROCKE et Jean HUGEL ne pourra alors plus continuer à faire valoir ses positions. Il remettra finalement à l’INAO une proposition de délimitation du Grand Cru Schlossberg qui correspond à l’actuel tracé.

 

Les plans établissant le projet de délimitation de production de l’AOC Alsace Grand Cru Schlossberg seront déposés pour mise à l’enquête à la mairie de Kientzheim le 1er août 1977. Une période réglementaire de deux mois permettra à ceux qui le souhaitent d’adresser leurs réclamations à l’INAO avant que le tracé ne soit définitivement arrêté.

 

Contrairement à ce qui a pu être et est encore raconté, l'INAO n'a jamais retiré sa confiance à la commission qui avait été nommée et tout particulièrement aux locaux qui la constituaient. La meilleure preuve est que certains ont même été reconduits dans la commission chargée de la délimitation des deux séries de Grands Crus qui ont suivi. Ainsi, la commission de délimitation a bien effectué sa mission jusqu'au bout.

 

La douloureuse délimitation du Grand Cru Schlossberg constitue la première étape d’un processus qui se poursuivra par la délimitation de 2 séries de terroirs en 1983 puis en 1992 avant d’y ajouter en janvier 2007 le 51ème et actuellement dernier terroir bénéficiant de l’AOC Alsace Grand Cru : le Kaefferkopf.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Mardi 26 juin 2012 2 26 /06 /Juin /2012 20:54

 

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C’est finalement au décret du 20 novembre 1975 que l’on doit la définition de l’appellation d’origine contrôlée Alsace Grand Cru qui va consacrer la notion de terroir telle que nous la connaissons actuellement. Ce texte va modifier fondamentalement la notion de Grand Cru en la fondant non plus uniquement sur un degré minimum naturel mais en la liant avec la notion de terroir d’origine comme en Bourgogne.

 

A l’origine de ce projet, une étude commandée au début des années 70 par le CIVA sur la hiérarchérisation des vins d’Alsace et dont il ressortait la nécessité de démassifier la production afin de la valoriser. Mais comment réaliser cette démassification ?

 

Les coopératives proposèrent de commercialiser des vins vieux de qualité, mais cette option ne fut pas retenue. Une nouvelle fois, c’est Marcel BLANCK qui prend l’initiative de faire reconnaître une Appellation d’Origine Grand Cru qui s’appuie sur des règles strictes de production et la délimitation de terroirs propres à produire des vins de qualité. Le négoce s’oppose dans un premier temps à ce projet jugé trop contraignant et qui l’empêcherait de continuer à commercialiser des Grands Crus d’assemblage comme il est d’usage jusque là.

 

Jean HUGEL Père, à qui il fait part de son projet, reconnaît que si l’idée semble bonne, elle est cependant vouée à l’échec car il considère que ce système va compliquer les choses du point de vue commercial et que d’autre part les noms à consonance allemande des terroirs alsaciens ne sont pas porteurs.

 

Cependant, Marcel BLANCK réussit à convaincre Xavier EHRHART et Pierre GRESSER, respectivement Directeurs des coopératives d’Eguisheim et de Bennwihr mais aussi Georges LORENTZ, négociant à Bergheim, et quelques autres, de le suivre dans cette voie. Le projet devient alors collectif. Il est proposé à l’INAO qui dans un premier temps le prend en considération avec réticences mais en confie tout de même l’instruction à M. VEDEL. C’est lui qui convaincra la commission permanente de l’INAO de l’intérêt de cette démarche et permettra qu’elle aboutisse.

 

S’engage alors une longue période au cours de laquelle de dures négociations seront menées tant avec l’INAO qu’avec les services de la Répression des Fraudes basés rue de Bourgogne à Paris et qui aboutira à la rédaction finale du décret.

 

Il reste cependant à définir quel sera le premier terroir consacré au rang de Grand Cru. Marcel BLANCK se souvient que son intention initiale se portait vers le Schoenenbourg dont la notoriété était déjà bien établie. Mais après plusieurs rencontres avec les vignerons du cru, il dû se résoudre à renoncer à ce choix dans la mesure où les vignerons de Riquewihr considéraient que l’ensemble du ban de leur commune devait être classé en Grand Cru et que d’autre part, ils refusaient énergiquement toute restriction sur les rendements. Après une seconde fin de non recevoir de la part des vignerons d’Ammerschwihr, dont le Kaefferkopf portait déjà le titre d’appellation, il se tourna alors vers le Kirchberg de Barr. Mais il n’y avait pas assez de producteurs et de négoces importants pour soutenir la reconnaissance de cette nouvelle appellation et le projet n’eut pas de suite.

 

C’est donc tout naturellement qu’il s’orienta vers le Schlossberg de Kaysersberg qui avait fait l’objet d’une première délimitation quelques 50 ans plus tôt et surtout parce que les vignerons du secteur de Kaysersberg et de Kientzheim ne s’opposaient pas à des conditions plus rigoureuses en termes de rendement.

 

Le décret rédigé par l’AVA et Madame BIENAYME alors responsable juridique à l’INAO, fut finalement publié le 20 novembre 1975. Certains ont pu reprocher à Marcel BLANCK d’avoir élaboré ce texte en catimini ce dont il se défend. Cependant il faut bien avouer qu’au milieu des années 1970, la notion de Grand Cru n’intéressait pas grand monde. Son évocation n’éveillait alors dans le milieu viticole local, au mieux, un intérêt mesuré, au pire, un rejet total. Aussi il est nécessaire une fois de plus de rendre hommage à ceux dont l’acuité et la pertinence de l’analyse ainsi que la capacité à anticiper ont permis de construire une viticulture moderne et qualitative telle que nous la connaissons aujourd’hui.

 

Ce décret définit avec précision les conditions requises afin de pouvoir bénéficier de l’appellation d’origine Alsace Grand Cru. Elles sont au nombre de huit et imposent que les vins qui portent cette appellation :

 

-          Répondent à la réglementation de l’appellation d’origine contrôlée Alsace ou Vin d’Alsace.

 

-        Soient issus de vendanges récoltées à l’intérieur de l’aire de production des vins à appellation d’origine contrôlée Alsace dans des aires préalablement délimitées par des experts nommés par le comité directeur de l’INAO.

 

-          Proviennent des cépages Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris et Muscat.

 

-        Proviennent de moûts contenant avant enrichissement 187 grammes de sucre naturel par litre et présenter un titre alcoométrique de 11° minimum pour le Gewurztraminer et le Pinot Gris et respectivement 170 grammes de sucre et 10° d’alcool au minimum après fermentation pour le Riesling et le Muscat.

 

-     Satisfassent à des conditions de rendement de 70 hectolitres par hectare de vigne en production. Un plafond limite de classement de 20% est prévu.

 

-         Soient issus exclusivement d’un des cépages énumérés précédemment et provenir d’une même récolte. La mention de cépage et celle du millésime doivent figurer conjointement avec le nom de l’appellation Alsace Grand Cru sur les étiquettes et documents d’accompagnement.

 

-         Aient satisfait aux examens analytique et organoleptique des vins d’appellation d’origine contrôlée.

 

-       Ne soient pas déclarés après récolte et répondent à des exigences d’étiquetage qui imposent que les dimensions du nom de l’appellation soient en hauteur et en largeur au moins égales à la moitié de celles de toutes les autres mentions figurant sur l’étiquette.

 

On peut regretter que le Pinot Noir n’ait pas été retenu dans la liste des cépages nobles pouvant prétendre à l’appellation Grand Cru, comme cela était initialement souhaité. Cependant les échantillons de vins issus de ce cépage qui avaient été présentés à l’époque n’avaient pas réussi à convaincre le jury de l’INAO.

 

L’article 7 précise que « l’appellation d’origine Alsace Grand Cru peut être accompagnée du nom des lieux dits désignés dans un tableau » qui figure dans l’article, lorsque les vins en cause en sont issus et proviennent des cépages déterminés dans le cadre général du décret. Dans ce tableau ne figure alors que le lieu dit Schlossberg sur les communes de Kaysersberg et de Kientzheim.

 

L’usage conditionnel induit par le terme « peut être » dans la rédaction de l’article 7 n’est pas neutre. Il est révélateur des tensions qui existaient alors entre les producteurs indépendants et les négociants, car ces derniers souhaitaient alors pouvoir continuer à produire des grands crus d’assemblage sans qu’ils soient issus d’un terroir unique. Ce « peut être » aura également un autre impact, comme nous le verrons plus tard, en induisant une dichotomie dans l’esprit du président de la commission chargé de la délimitation de ce premier Grand Cru.

 

Enfin, un article stipule que pendant une période transitoire, l’usage de l’expression Grand Cru, telle que définie dans le décret de 1971, reste possible. Il semblait indispensable, le temps de permettre la mise en place d’autres Grands Crus, de faire cohabiter anciennes et nouvelles dispositions.

 

La parution du décret à la fin d’une année marquée par les tensions générées par l’opposition entre l’AVA et l’ADIVA, ne suscite que peu d’enthousiasme dans le milieu viticole comme dans la presse agricole locale qui relate l’évènement en quelques brèves lignes.

 

 

A suivre : La délimitation du Grand Cru Schlossberg

 

Par Oenophil
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Lundi 25 juin 2012 1 25 /06 /Juin /2012 12:00

 

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Combien de sarcasmes pour les premiers qui s’astreindront à ces disciplines, puis combien de jaloux ou d’opportunistes qui en tireront profit.

 

Marcel BLANCK,

le 3 décembre 1975, au sujet de l’Appellation d’Origine

Contrôlée Alsace Grand Cru qui venait de naître.

 

 

1945 : La Dénomination Grand Cru

 

C’est dans l’ordonnance du 2 novembre 1945 qu’il est fait état pour la première fois de la dénomination Grand Vin ou Grand Cru. On peut être surpris de voir apparaître ces termes dans un texte de loi, puisque auparavant il n’avait jamais été fait usage d’une telle désignation en Alsace. Cependant, les étroites relations qui liaient les responsables viticoles d’Alsace et de Bourgogne dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale, expliquent qu’aux cours des travaux d’élaboration du statut des vins d’Alsace il ait été souhaité d’introduire cette notion.

 

Les années 30 avaient pourtant vu deux délimitations à caractère juridique s’opérer. Le Kaefferkopf et le Sonneglanz furent délimités respectivement par Louis RIEDER et Fernand ORTLIEB sans pour autant que l’on qualifie ces zones de grand cru. Quelques années plus tôt en 1927, les vignerons du secteur de Kaysersberg avaient également mené une réflexion qui concernait la reconnaissance d’une zone qualitative destinée à devenir une appellation Schlossberg, dont le périmètre fut arrêté par M. RIEDER qui dirigeait alors l’antenne régionale de la Répression des Fraudes.

 

L’ordonnance de 1945 n’ira cependant pas jusqu’à définir une notion de Grand Cru à la bourguignonne en s’appuyant sur le lieu-dit délimité. La dénomination Grand Cru ou Grand Vin sera simplement destinée à qualifier un vin de qualité supérieure. Ne peuvent y prétendre que les vins issus des cépages dits nobles, possédant avant enrichissement un minimum de 11° potentiel.

 

Les cépages considérés comme nobles sont pour les blancs : le Traminer, le Riesling, le Pinot, le Clevner, le Muscat, le Sylvaner ainsi que leurs variétés. Comme il n’est pas fait de distinction en ce qui concerne les cépages produisant des vins rouges entre cépages nobles et cépages courants, on peut considérer que le Pinot Noir fin et ses variétés ainsi que le Pinot Meunier auxquels il est fait référence peuvent prétendre au rang de cépage noble.

 

L’ordonnance précise en outre que les vins « de cette espèce » ne pourront être embouteillés que de dans des bouteilles d’origine dite à vin du Rhin.

 

Cependant l’usage de ces dénominations est resté à tel point confidentiel voire inexistant qu’il m’a été impossible pour le moment de retrouver trace de vins d’Alsace portant la dénomination Grand Cru ou Grand Vin pendant la période allant de 1945 à 1971 alors qu’il n’était alors pas rare de rencontrer des vins avec l’indication de leur lieu dit cadastral d’origine.

 

 

1971 : L’Expression Grand Cru

 

Il faudra attendre l’important décret du 30 juin 1971 relatif à l’appellation contrôlée Alsace pour que ce qui était une dénomination devienne une expression définie et précisée dans l’article 7.

 

“L’expression Grand Cru, à l’exclusion de toute autre y compris les mots grand et cru employés seuls ou associés à d’autres termes indiquant une supériorité de qualité peut être utilisée pour les vins à appellation contrôlée Vins d’Alsace ou Alsace.“

 

Sont ensuite énumérées les dispositions auxquelles doivent répondre ces vins, à savoir :

 

 Être issus des cépages Gewurztraminer, Muscat, Riesling, Pinot Gris ou Tokay d’Alsace, Pinot Noir.

 

 Porter l’indication de la dénomination du cépage ainsi que celle de l’année de récolte qui doit obligatoirement figurer sur les étiquettes.

 

 Provenir de moûts renfermant avant enrichissement d’un potentiel alcoolique de 11° pour le Gewurztraminer, le Pinot Gris et le Pinot Noir et de 10° pour le Riesling et le Muscat.

 

 Faire l’objet après embouteillage d’un contrôle particulier préalable à toute mise en vente.

 

Bien entendu l’usage de la bouteille de type à vin du Rhin reste obligatoire dans la mesure où cette disposition fait partie des normes de l’appellation contrôlée Alsace. Le contrôle après embouteillage répond en ce qui le concerne, à l’obligation faite en 1970 par le premier règlement européen de soumettre les produits à un examen analytique et organoleptique avant la mise en marché.

 

A compter de la parution du décret, un cercle restreint de vignerons va avec régularité proposer des cuvées portant l’expression Grand Cru. Celles-ci sont issues soit de sélections parcellaires soit de l’assemblage de différentes parcelles. Elles ne portent pas, sauf à de très rares exceptions, la mention de leur terroir d’origine même si celui-ci est unique.

 

 La référence au terroir, non satisfaite dans ces nouvelles dispositions, reste cependant présente dans les esprits. Pour exemple dans le même millésime, Jean-Pierre BECHTOLD de Dahlenheim, mettra à la vente la même cuvée de Riesling avec deux étiquetages. Le premier fera apparaître l’expression Grand Cru alors que le second soulignera uniquement son lieu dit d’origine : l’Engelberg.

 

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Dimanche 17 juin 2012 7 17 /06 /Juin /2012 09:53

 

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Ce matin encore, une fine pluie arrose le vignoble de la Couronne d’Or. Ces dernières semaines n’ont été qu’une succession de journées plus ou moins ensoleillées accompagnées de nombreuses averses qui ne facilitent pas une floraison de la vigne commencée à la fin mai.

 

Comme le souligne Marie-Noëlle LAUER de la Chambre d’Agriculture du Bas-Rhin, le début de saison avait pourtant un air de déjà vu. Trois semaines d’hiver entre la fin janvier et le début du mois de février avec de fortes gelées qui heureusement n’auront pas provoqué trop de dégâts, seront suivies par un Printemps précoce et sec. Le débourrement se déroulera dans un contexte moins clément pendant un mois d’avril plutôt hétérogène. Le déficit en eau après un hiver sec ne sera comblé qu’à partir du mois de mai et tout particulièrement par l’orage du 21 mai où le secteur de Barr-Andlau recevra quantité d’eau et ponctuellement de grêle.

 

Ce sont les cépages les plus précoces qui subissent le plus durement les conditions météorologiques perturbées avec une floraison qui s’étale dans le temps. Sur le même pied de vigne il n’est pas rare de trouver des grappes déjà formées alors que d’autres n’ont pas encore terminé leur floraison. Les cépages plus tardifs semblent avoir moins souffert car ils bénéficient actuellement de meilleures conditions de floraison.

 

 

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Si l’année 2011 avait été assez clémente avec un temps sec peu favorable au développement des maladies de la vigne, il en est autrement en 2012 car la succession d’averses impose de renouveler les traitements au cuivre. Le Mildiou est bien entendu présent mais contenu.

 

Cette maladie cryptogamique qui touche non seulement la vigne, mais aussi les tomates et les pommes de terre, se manifeste par des taches huileuses qui apparaissent sur le feuillage. A l’envers de chaque tache se développent des moisissures blanches.

 

Lorsqu’il n’est pas maîtrisé le Mildiou provoque le flétrissement et la chute des feuilles ce qui a pour conséquence un retard de maturité. On peut également le retrouver sur la grappe ce qui est beaucoup plus grave et compromet totalement la vendange.

 

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Vendredi 8 juin 2012 5 08 /06 /Juin /2012 08:10

 

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La dénomination originelle “Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace“ a fait place dans les années 1990 à “Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace“ pour mieux exprimer la pluralité de l’offre ainsi que les fonctions de l’organisme.

 

Aujourd’hui, près de 50 ans après sa création, les missions du CIVA sont toujours les mêmes. Elles sont très générales et vont de l’appui technique à l’information du consommateur. Le CIVA est un outil, le bras armé de la filière, sa mission est plus opérationnelle que politique, ce domaine étant réservé aux syndicats qui défendent leurs points de vue sur la fiscalité et la réglementation auprès des pouvoirs publics. Réunion des deux familles de la production et du négoce, le CIVA tient un rôle opérationnel au sein de la filière. Ce rôle a été réaffirmé par la loi de 1975 sur les interprofessions françaises et reconnu officiellement dans la réglementation européenne pour la première fois par l’OCM vitivinicole de 1999.

 

Pendant longtemps, l’Europe est restée circonspecte vis-à-vis des interprofessions françaises pour la simple raison qu’elle considérait qu’il s’agissait d’ententes entre des professionnels et que ces organismes pouvaient remettre en cause le principe de la libre concurrence qui est un des principes fondateurs du système européen. Il aura fallu se battre pour faire reconnaître l’utilité de ces interprofessions dont l’objectif reste de fédérer des acteurs dans une logique de qualité. Aussi après avoir acté le principe des appellations d’origine en 1992, l’Europe a convenu que les signes de qualité avaient un sens et qu’il était nécessaire de prendre en compte les organismes de filières. En 1999 l’existence des interprofessions a été reconnue dans le cadre européen et ses missions légitimées.

 

En 2010, pratiquement 1 million d’Euros ont été apportés au budget du CIVA par l’Union Européenne dans le cadre de l’Organisation Internationale du Marché. L’OCM vitivinicole a introduit la faculté d’utiliser une partie des ressources européennes pour accompagner la stratégie de marché alors qu’auparavant les moyens étaient plutôt utilisés pour la destruction de l’offre à travers l’arrachage des vignes et la distillation des vins. On est passé d’une stratégie de limitation de l’offre à une stratégie de développement de marchés.  Depuis 2009, l’Europe apporte un soutien fort à la communication hors Europe du CIVA en prenant en charge 50% du montant des actions de ce type.

 

Avec un effectif de 25 personnes à temps plein, l’action du CIVA s’exerce principalement dans trois secteurs : la communication, la production de statistiques économiques et l’appui technique.

 

La communication est le volet principal, le plus coûteux puisque les 2/3 du budget y sont consacrés. Trois types d’actions sont menés : la communication de base à travers le site Internet et l’édition de brochures diverses sur le vignoble et ses vins, le contact direct avec les prescripteurs du secteur de la presse, les professionnels de la restauration, de la distribution et la publicité par des campagnes de presse dans différents médias.

Le volet statistique est alimenté par deux conventions mises en place avec la DGI. Il compulse depuis 1995 les déclarations de récolte et de stocks et depuis 2001 les déclarations récapitulatives mensuelles. En raison de la loi de 1972 qui impose la mise en bouteille dans la région d’origine, ces statistiques sont de très grande qualité, très précises au niveau du marché final. Les ventes de vins en vrac sont également enregistrées et l’on sait chaque mois ce qui se vend et où.

 

En ce qui concerne le volet technique l’Alsace a une position particulière. Au départ, le CIVA ne s’était approprié qu’une mission technique qui était celle de la diffusion du matériel végétal de qualité. C’est la raison pour laquelle il avait pris en charge l’antenne régionale de l’Etablissement National Technique d’Amélioration de la Viticulture qui avait pour mission le développement de la sélection clonale. Le CIVA agissait en quelque sorte comme une bourse entre les viticulteurs qui fournissaient les bois et les pépiniéristes qui les utilisaient pour faire des plants. Aujourd’hui l’interprofession va plus loin puisqu’elle a pris à sa charge la recherche de nouveaux clones et la production des plans. Un technicien s’occupe à mi-temps de la bourse d’échange entre les pépiniéristes et les producteurs sur le matériel végétal et un chargé de mission à temps plein a repris le volet de recherche de nouveaux clones qui était auparavant à la charge de l’INRA. Le CIVA a conclu d’autre part une convention entre l’Institut Français du Vin, issu de la réunion de l’Institut Technique du Vin et de l’ENTAV, pour mettre en réseau ses moyens. Les deux ingénieurs de l’IFV chargés respectivement de l’agronomie et de l’œnologie travaillent en étroite collaboration avec le Service de Prospection et Multiplication du Matériel Clonal du Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace. Eric MEISTERMANN, Directeur de l’IFV, fait en quelque sorte fonction de Directeur Technique du CIVA, qui en contrepartie met à la disposition de son équipe une technicienne chargée de l’amélioration de la qualité du vignoble et du vin.

 

Les services du CIVA interviennent également sur le contrôle aval qualité en achetant sur le marché des vins qui sont ensuite goûtés. L’INAO est informée des éventuels dysfonctionnements relevés consécutivement à ces dégustations. Quatre à cinq cent bouteilles sont ainsi achetées chaque année, tant en France qu’à l’étranger.

 

En dehors des instances politiques décisionnelles, le CIVA possède un bureau stratégique créé lors de l’assemblée générale d’automne du 3 novembre 1987. Opérationnel depuis le 1er janvier 1988, il est le pendant économique chargé d’appliquer les orientations stratégiques définies par le conseil de direction du comité. Le bureau stratégique est composé du directeur du CIVA et de son directeur marketing, d’un vigneron indépendant, d’un négociant, d’un coopérateur ainsi que d’un représentant de l’AVA. Sa mission est de répartir le budget de communication par pays. Les représentants des trois familles de la viticulture possèdent chacun un droit de véto, de ce fait les décisions doivent être prises dans un parfait consensus. Chaque année le bureau stratégique organise une réunion où sont conviés l’ensemble des exportateurs. Le bilan des actions menées l’année passée est dressé et les projets pour l’année en cours sont exposés.

 

Pour la première fois de 2007 à 2009, Jean-Nicolas SCHAEFFER, directeur de l’importante maison de négoce Jean HAULLER à Dambach-La-Ville, a occupé le poste de président du CIVA pendant trois années successives. Rémy GRESSER, vigneron à Andlau, qui lui a succédé, devrait à son tour présider l’interprofession pour une durée identique. Sans pour cela que le décret ait été modifié, les différentes familles de la viticulture alsacienne ont décidé d’un commun accord d’inscrire dans la durée les fonctions de leur représentant pour obtenir une meilleure visibilité vis-à-vis des décideurs politiques et des administrations. Car si le texte du décret confie alternativement la présidence du CIVA à un représentant de la production puis à un représentant du commerce, il n’exige en rien que ces représentants soient issus de la famille qu’ils représentent. Il faudra cependant penser un jour à modifier ce décret. L’élargissement des compétences du CIVA à la Lorraine, qui fait partie du même bassin de production et ne possède pas d’interprofession, comme le souhaite le Ministère de l’Agriculture, pourrait en être l’occasion.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Mardi 5 juin 2012 2 05 /06 /Juin /2012 20:27

 

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La première grande opération de communication à l’attention de la presse gastronomique a lieu le 22 octobre 1965. A l’invitation du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace, une centaine de représentants de la presse française et étrangère rejoignent l’aéroport de Mulhouse-Bâle à bord d’une Caravelle spécialement affrétée dont le fuselage est personnalisé aux couleurs de l’Alsace. Au cours du vol, les invités reçoivent une documentation complète sur le vignoble d’Alsace ainsi qu’une collation agrémentée d’une tranche de Kougelhopf. A leur arrivée ils sont reçus par René DOPFF, Président du CIVA accompagné par Pierre BOUARD son dynamique Directeur auxquels se sont joints des membres du Comité dont Théo FALLER et Fernand MULLER et les Reines des Vins d’Alsace 1964 et 1965.

 

C’est dans trois cars de luxe que les invités sont ensuite conduits par la Route des Vins d’Alsace dans la localité de Turckheim où se tient pour l’occasion un Chapitre Spécial de la Confrérie Saint Etienne. Le Grand Maître Théo FALLER avec ses prédécesseurs Fernand ORTLIEB, Fernand MULLER, Charles LORENTZ, Jean HUGEL et le Confrère Receveur Joseph DREYER présentèrent les différents cépages locaux et les firent déguster.

 

A l’issue de cette présentation, initiation aux Vins d’Alsace, l’ensemble des invités rejoint la salle du Badhus à Kaysersberg où leur est servi un repas préparé par Pierre GAERTNER, le célèbre cuisinier d’Ammeschwihr. C’est ici que les représentants politiques de la région viennent retrouver les invités. Le Préfet PICARD, le Député BOROCCO, le Maire REY assistent ainsi à ce repas où sont servis des vins du millésime 1961 et 1964. Des cartes d’adhérent aux Amis des Vins d’Alsace sont remises à chaque convive présent.

 

Les hôtes seront ensuite conduits à Riquewihr où Pierre DOPPF ceint de son écharpe de maire leurs fit visiter le village puis à Barr où ils furent reçus par Louis KLIPFEL, Vice Président du CIVA et Président de l’Association des Viticulteurs d’Alsace avant de remonter dans leur avion et de retourner à Paris.

 

Au cours de cette mémorable journée de nombreux participants firent pour la première fois connaissance avec les vins et plus particulièrement le Tokay dont seul le nom leur était familier. Cette opération s’est révélé être un succès tant vis-à-vis des invités que des locaux soucieux de l’image de leur région. Tout cela a concouru à convaincre l’interprofession de l’obligation d’amplifier ses actions de promotion.

 

Cependant malgré l’augmentation du montant de la taxe parafiscale, les fonds nécessaires pour financer de telles opérations restaient insuffisants. C’est la raison pour laquelle il a été décidé en 1967 de créer un fond volontaire de propagande, selon la terminologie utilisée à l’époque, sur la base de 2 F/hl pour financer les opérations de communication. Les formulaires qui ont été adressés à tous les vendeurs de vins en bouteille ont reçu un accueil mitigé, certains refusant de payer cette nouvelle contribution. Il a alors fallu faire preuve de persuasion au cours de réunions de sensibilisation tenues dans chaque sous région, expliquer et convaincre les vignerons de l’intérêt d’apporter leur contribution. Un négociant parisien a d’ailleurs refusé de verser sa contribution mais les ressources apportées par ce fonds ont néanmoins permis de poursuivre toute une série d’actions publicitaires.

 

Suite à la pléthorique récolte de 1973, l’Interprofession a décidé d’instaurer une seconde fois un fonds volontaire de soutien basé cette fois-ci sur les seuls dépassements de rendement maximum sollicités en reclassement dans l’AOC. De nouvelles difficultés de recouvrement sont apparues mais sans commune mesure avec celles qui avaient été connues auparavant dans la mesure où les entreprises avaient intérêt à voir leurs vins reclassés.

 

Fort heureusement la loi de juillet 1975, en conférant de nouveaux pouvoirs aux Interprofessions a permis à celles-ci de lever des cotisations volontaires obligatoires en correspondance avec les besoins financiers de la nécessaire communication sur le produit. Les ressources financières étant là, c’est tout naturellement que les missions et les réalisations du CIVA se sont élargies désormais avec une structure croissante de collaborateurs.

 

Pierre BOUARD a quitté le CIVA en 1999 avec pour successeur, toujours en poste à ce jour, Jean-Louis VEZIEN, ingénieur agronome et fils de viticulteur comme lui, dont il avait pu apprécier la personnalité, les qualités et les compétences alors qu’il était conseiller technique de l’INAO à la Maison des vins d’Alsace durant une dizaine d’année.

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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 20:24

 

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Quand Pierre BOUARD arrive en 1962 à la Direction des Services Agricoles du Haut-Rhin comme ingénieur chargé de la viticulture et de la production animale, le projet de décret vient d’être rédigé. L’une de ses missions dans le cadre de la production viticole du Haut-Rhin étendue au Bas-Rhin, avec l’accord du Directeur des Services Agricoles de ce département, a été d’emblée la mise en place avec les organismes professionnels viticoles du Comité Interprofessionnel du Vin d’Alsace.

 

Issu du secteur viticole puisque son père avait été responsable d’un domaine en Charente, Pierre BOUARD est immédiatement passionné par cette mission où tout reste à créer.

 

Jusqu’en 1966 il est l’animateur officieux de cette structure dont le siège est à la DSA bien que le négoce aurait préféré l’attirer à la Chambre de Commerce de Colmar. Mais la volonté de la production de disposer d’une plus grande neutralité à travers une indépendance indiscutable l’a emporté. Le siège du CIVA a été installé d’abord à la DSA puis dans des locaux loués à Colmar, à la Chambre d’Agriculture, puis place De Lattre.

 

Au début, ses fonctions sont doubles : services agricoles du département et secrétariat du CIVA. Rapidement les professionnels souhaitant disposer d’un Directeur à plein temps, après avoir lancé un recrutement qui n’a pas abouti, lui ont proposé d’assurer la direction officielle du CIVA. Le 1er octobre 1966, Pierre BOUARD est détaché de son administration d’origine et devient Directeur du CIVA.

 

De sa création jusqu’à ce moment là, l’interprofession a donc eu en sa personne un directeur officieux qu’elle n’a pas rémunéré. Il entrait en effet dans le cadre de la mission de service public du Ministère de l’Agriculture d’aider au développement de l’activité d’un comité qu’il avait contribué à lancer et qui n’avait à ses débuts que très peu de ressources.

 

A sa prise de fonction, le secrétariat du CIVA était commun avec celui de la DSA. Lorsque les deux sièges ont été séparés, une collaboratrice a été engagée puis plusieurs collaborateurs au fur et à mesure que les tâches augmentaient, notamment en matière comptable.

 

Louis KLIPFEL, au titre de la Production, est le premier Président élu à la tête du CIVA. Pendant quelques années, en raison du principe d’alternance annuelle prévue entre production et négoce, René DOPFF et lui-même se succéderont.

 

Parmi les missions confiées au CIVA, la mise en place des modalités pour établir le prix des raisins et des vins reste prioritaire. L’obtention de statistiques fiables et précises constitue une urgente nécessité. Cependant on ne connait à l’époque le volume de la production alsacienne qu’au travers des chiffres fournis par l’administration fiscale, qui après avoir compulsé les quelques 12.000 déclarations de récolte, fournit une information qui se résume en deux chiffres, celui du volume des vins rouges et celui des vins blancs.

 

Bien que les déclarations de récolte déposées en mairie fussent établies par cépage et consultables par tous, l’administration des Finances se refusait à communiquer aux professionnels plus de détails, dans la mesure où eux même n’en avaient pas besoin et de ce fait n’exploitaient pas les informations en leur possession.

 

Le dynamique Marcel BLANCK, créateur et animateur du Groupe Vin, qui réclamait au nouvel organisme ces informations sur les volumes produits par cépages s’était résolu à mener une opération de grande ampleur en visitant avec l’aide des membres de son groupe toutes les mairies des communes viticoles pour y relever les déclarations de récolte avant de les compulser.

 

Après de nombreuses interventions menées par l’interprofession auprès des Ministère des Finances et de l’Agriculture sans pour autant obtenir satisfaction, il est décidé de mettre en place une déclaration de récolte par cépage dite annexe qui sera collectée par le CIVA. La mise en œuvre de cette formalité supplémentaire nécessita d’allécher les secrétaires de mairies en leurs attribuant des subventions payées par le CIVA en fonction du nombre de déclarations de récoltes saisies. Cependant, à compter de moment là la situation devint plus claire.

 

Ce n’est qu’après la promulgation de la loi du 10 juillet 1975 relative aux organisations interprofessionnelles agricoles les autorisant à conclure des accords interprofessionnels de campagne que ce formulaire annexe a évolué et qu’il a été mis en place en coordination avec les contributions indirectes un formulaire unique de déclaration de récolte dont le second exemplaire revenait au CIVA.

 

Simultanément, le CIVA fait mener des par des cabinets spécialisés, dont la SARES, des études sur différents sujets et en particulier sur l’image des vins d’Alsace auprès des consommateurs français. L’une d’entre elles conduite par Monsieur LEVÊQUE laisse apparaître que ceux-ci sont considérés comme des petits vins issus de différents cépages, qui donneraient occasionnellement mal à la tête. Le niveau de connaissance de ces vins est très faible et il apparaissait indispensable pour l’interprofession de communiquer autour de sa production.

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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