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Lundi 3 décembre 2012 1 03 /12 /Déc /2012 18:44

 

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Evénement incontournable pour les amateurs de Geuze, le ZWANZE Day s'est tenu le 1er décembre dans plus de 30 lieux à travers le monde. L'épicentre était naturellement à Bruxelles où  Jean VAN ROY présentait sa nouvelle Zwanze dans les deux MOEDER LAMBIC de la capitale belge.

 

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Fréquentation très internationale dans les deux bars dès le milieu d'après midi en attendant le moment fatidique où la nouvelle ZWANZE serait servie. Après une courte présentation par Jean VAN ROY, il était 21 heures quand la cuvée nouvelle à base de Geuze et de rhubarbe arrivait sur le tables.

 

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Cuvée dégustée en bonne compagnie et dans les meilleures conditions possibles grâce à la Belgian Connection des amis Jean-François BASIN, caviste bien connu et Patrick BOTTCHER, le monomaniaque, qui avait abandonné son verre de Riesling pour un court moment.

 

Cette ZWANZE 2012 est très différente de la 2011 aux arômes poivrés, qui était issue rappelons le de Geuze et de Pineau d'Aunis.  On retrouve en bouche dans cette nouvelle édition, le fruit compoté et une parfaite alliance entre l'acidité si particulière de la rhubarbe et celle de la Geuze. Et ça se boit à toute vitesse.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Dimanche 11 novembre 2012 7 11 /11 /Nov /2012 18:00

 

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Lors de la Foire aux Vins de Colmar en 1977, des membres de l’ADIVA distribuent un tract signalant que « La viticulture est gravement divisée et que les producteurs les moins favorisés sont en révolte depuis trois ans parce qu’ils sont exploités par quelques privilégiés ». Par ailleurs, l’ADIVA réclame le droit de participer à l’élaboration de la politique viticole et dénonce « les injustices et les gaspillages d’argent qui ne profitent qu’aux grands monopoles ». Ses responsables refusent l’introduction de l’Appellation d’origine Alsace Grand Cru qui « serait profitable aux responsables de l’AVA, tandis que les autres viticulteurs seraient considérés comme des producteurs de 2ème classe, bien que leurs vins soient aussi bons ». Ils critiquent également l’obligation de payer la nouvelle taxe de 2,50 Francs par hectolitre destinée à financer la propagande en faveur des vins d’Alsace qu’un arrêté interministériel autorise le CIVA a collecter.

 

Ce dernier point sera porté devant le tribunal administratif qui rejettera la requête de l’ADIVA  en raison de son caractère tardif compte tenu du fait que l’arrêté du 25 juin 1976 avait été régulièrement publié au journal officiel le 1er juillet 1976 et « que la requérante n’établit pas qu’elle a été valablement mise hors d’état de constater la validité de ce texte dans le délais de recours contentieux »

 

Toutes ces démarches coûtent cher à l’ADIVA et en 1977, sur 13.000 F de cotisations il a été déboursé plus de 5.000 F en honoraires d’avocats.

 

L’année suivante voit l’ADIVA axer son combat sur les dégustations. Le 6 octobre 1978 à l’issue de son assemblée générale, une motion est adoptée, elle expose les revendications de ses membres qui :

 

-          “S’opposent fermement à la création d’un nouvel organisme chargé de l’organisation de la dégustation qui engloutira inutilement des sommes énormes allant de 20 à 50 millions d’anciens Francs comme le prévoient les projets de l’AVA et du GPVA (Groupement des Producteurs Vignerons d’Alsace) ainsi qu’à l’emploi de personnes chargées de diriger cet organisme“

-          “Exigent que les dégustations soient organisées de manière décentralisée et sous le contrôle de l’ensemble des producteurs“

-          “Trouvent inadmissible que les dégustations soient organisées dans la perspective d’assurer une rente financière à l’AVA“

-          “Demandent que soient prises en considération les propositions de l’ADIVA à savoir : dégustation par commune sur l’initiative d’un comité d’organisation indépendant des syndicats, effectuée par l’ensemble des producteurs en présence d’un agent de l’INAO ou de la répression des fraudes  et que cette dégustation soit gratuite“

 

D’autre part, Eugène FALLER stigmatise l’arbitraire et le favoritisme qui se manifeste dans l’attribution de nouveaux droits de plantation. Il cite en exemple la commune de Bernardsviller où 4 demandes déposées par des membres de l’AVA sont satisfaites alors que dans le même temps aucune des 11 demandes déposées par les membres de l’ADIVA n’est prise en compte.

 

Les pressions de l’AVA sur les membres de l’ADIVA sont réelles et de nombreux vignerons conserveront pendant cette période une double casquette en cotisant à la fois à l’ADIVA par conviction tout en continuant rester membre de l’AVA afin de se prémunir des éventuelles difficultés administratives.

 

Il faudra attendre le mois de juin 1980, six années après sa création, pour que l’ADIVA soit enfin reconnue comme syndicat viticole représentatif aux côtés de l’AVA par un jugement du tribunal administratif de Strasbourg. Six années de lutte campées sur les mêmes positions contre la mise d’origine, contre la fiscalité galopante, contre toutes les règles qui restreignent ce que ses membres considèrent comme la liberté d’exercer leur métier de vigneron. Six années d’un combat perdu d’avance contre la modernisation en marche de la viticulture alsacienne.

 

Conséquence logique de sa représentativité enfin reconnue, l’ADIVA en la personne de Xavier FRICK de Pfaffenheim entre au CRINAO.

 

Trois ans plus tard, Eugène FALLER qui depuis quelques années recherche un successeur, trouve en Edmond HERRBRECHT celui qui poursuivra son action à la tête de l’organisation syndicale. D’un tempérament plus modéré, ce dernier continuera à mener le combat contre la toute puissante AVA. Malgré tout l’ADIVA ne parviendra pas à influencer la politique viticole de la région et la voix de ce syndicat s’éteindra peu à peu avant de presque totalement disparaître.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Lundi 5 novembre 2012 1 05 /11 /Nov /2012 06:01

 

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Le 18 septembre 1975, l’agent SCHULTZ, adjoint technique à l’INAO, se présente chez M. ERNEWEIN, vigneron à Soultz-Les-Bains et membre de l’ADIVA. M. SCHULTZ souhaite procéder à des prélèvements d’échantillons de vins en cuve, comme sa fonction l’y amène. Cependant quelle ne fut pas sa surprise une fois passé le porche d'entrée de la cour, quant il découvre qu’une dizaine de membres de l’ADIVA l’attendent dans la plus grande discrétion et referment derrière lui la porte  pour le retenir. Sa frayeur est grande quant il aperçoit un mannequin, la tête posée sur un billot de bois, avec une hache fichée dans le cou. Dehors d’autres membres de l’ADIVA s’en prennent à son véhicule de service dont les roues sont démontées et qui est placé sur cales. Des prélèvements de vins qui se trouvent dans le véhicule sont détruits par les manifestants. La gendarmerie qui a été prévenue arrive sans tarder bientôt suivie par Gérard BARBIER, le responsable du bureau de la répression des fraudes de Colmar.

 

Cette mise en scène grand guignolesque est aujourd’hui considérée par toutes les parties comme un épisode bon enfant puisqu’elle s’est terminée au café du village en compagnie des membres de l’ADIVA, des gendarmes et de Monsieur BARBIER. L’affaire sera tout de même portée devant les tribunaux et jugée l’année suivante.

 

La démission de Marcel BLANCK de son poste de président de l’AVA est un autre évènement marquant qui a eu lieu au cœur de l’été 1975. Sans pour cela que sa décision ait un rapport direct avec l’ADIVA, l’atmosphère particulièrement tendue qui règne dans le vignoble ajoutée à de perfides attaques dont il a été la cible le poussent à se mettre en retrait de la présidence de l’Association des Viticulteurs d’Alsace dont il a servi avec efficacité les intérêts depuis bientôt dix ans. C’est au cours de l’assemblée générale de l’AVA qui s’est tenue le 28 juin 1975 à Saint Hippolyte que Marcel BLANCK a fait connaître sa décision. Après avoir vu une de ses parcelles aspergée d’herbicide et lassé de faire l’objet d’accusations personnelles de la part d’une minorité agissante de « professionnels », il expose sa décision à une assemblée consternée qui rend hommage à l’extraordinaire vision et au travail phénoménal qu’il a fourni depuis son élection en 1967.

 

Son successeur sera élu un mois plus tard à Beblenheim par 27 voix sur 29 bulletins exprimés. Il s’agit de Raymond BALTENWECK. Un coopérateur, administrateur de la cave vinicole de Ribeauvillé, président de le la sous région de l’AVA de Ribeauvillé, membre très actif de la Chambre d’Agriculture du Haut-Rhin, administrateur de la SAFER et du CIVA succède à un Président sortant issu de la production et du courtage. Un homme aux sensibilités de gauche remplace un autre aux attaches marquées plutôt à droite, cependant la politique de qualité des vins d’Alsace instituée par son prédécesseur sera poursuivie et aucun changement notable dans l’orientation de la viticulture alsacienne n’interviendra.

 

De son propre aveu Raymond BALTENWECK ne s’attendait pas à occuper de telles fonctions. C’est Louis KLPFEL accompagné de Théo FALLER, Alphonse HAAG et François MUHLBERGER qui en lui rendant visite à domicile l’ont convaincu d’accepter de prendre la difficile succession de Marcel BLANCK. Les qualités d’écoute et de tolérance du nouvel homme fort de la viticulture alsacienne ainsi que ses contacts jamais rompus avec l’ADIVA ont pu donner dans un premier temps le sentiment que les dissensions allaient s’apaiser. Cependant c’était oublier que l’opposition de l’ADIVA allait se poursuivre quasi  systématiquement quelque soit le sujet abordé et rendre ainsi très difficiles les relations entre les deux organisations syndicales.

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 07:27

 

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Au cours de l’année 1975, chaque syndicat campe sur ses positions et la tension ne fait que s’amplifier entre une ADIVA dont le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter et une AVA forte de son antériorité qui ne veut rien céder.

 

En combattant acharné, Eugène FALLER décide alors de porter le débat sur la mise d’origine sur les ondes d’Europe 1. Pour cela il fait appel à Pierre BELLEMARE qui anime chaque jour de 12 heures 30 à 13 heures une émission de débat baptisée CQFD - Ce Qu’il Fallait Démontrer. Le débat a lieu le vendredi 18 avril. D’emblée Pierre BELLEMARE souligne qu’il n’a pas été mandaté par l’ADIVA pour voler à son secours, comme cela avait été prétendu par la presse alsacienne, son souhait étant seulement de comprendre si oui ou non la mise d’origine garantissait une meilleure qualité aux vins d’Alsace.

 

Un représentant des négociants « de l’intérieur » fait d’abord part de sa désapprobation à l’égard de cette loi qu’il considère comme une entrave au commerce. Ensuite Marcel BLANCK défend la position de l’Association des Viticulteurs d’Alsace qui par cette loi souhaite garantir la qualité et l’image des vins d’Alsace. Il rappelle d’autre part qu’avant sa mise en application, seulement 10% des vins d’Alsace étaient mis en bouteille hors de la région d’origine et que de ce fait elle apporte satisfaction à la majorité du vignoble. Eugène FALLER conteste le pourcentage qu’il juge plus proche de 25% et fait état des difficultés actuelles de la viticulture alsacienne dont il rend la loi BOROCCO responsable.

 

Le représentant de l’inspection des fraudes et de la qualité ne porte pas de jugement sur l’opportunité de la loi, il se contente de souligner qu’elle a été élaborée après des échanges nourris entre le ministère de la justice et celui de l’agriculture et donc n’a pas été bâclée comme certains le prétendent.

 

M. HEIDT, président du groupement des producteurs-négociants du vignoble alsacien précise que contrairement à ce qui avait été avancé, ses adhérents ne détiennent pas le monopole de la mise. Il rappelle également qu’il avait été proposé une réglementation particulière aux négociants de l’ « intérieur », avant le vote de la loi et que ceux-ci n’avaient pas jugé utile de répondre à cette proposition.

 

L’échange entre les parties n’ayant pu être terminé dans le cadre de l’émission, la suite du débat est enregistrée dans les studios d’Europe 1 pour être diffusée le lendemain. M. GEIGER en profite pour souligner que l’ADIVA souhaite également que l’aspect qualitatif soit encadré par une dégustation qui aurait lieu après embouteillage et non avant comme le veut l’usage en cours. D’autre part, il réaffirme que la grande majorité des viticulteurs serait opposée à la loi BOROCCO et qu’ils ont été manipulés par Marcel BLANCK qui les aurait invité à manifester contre les charges fiscales tout en récupérant leur présence pour obtenir la mise d’origine.

 

A l’issue du débat Marcel BLANCK reconnaît qu’il ressort de cet échange quelque chose de constructif qui pourra être réutilisé à la suite de cette émission. Messieurs FALLER et GEIGER prennent date avec lui pour continuer le dialogue une fois de retour en Alsace.

 

Les 2 associations se retrouvent à 2 reprises le 5 mai puis le 20 mai afin de trouver un terrain d’entente. Mais Marcel BLANCK refuse de revenir sur la mise d’origine qui est le principal sujet de discorde et un constat d’échec est dressé. Le dialogue AVA-ADIVA est rompu. Eugène FALLER prend acte et déclare que dans ces conditions, l’ADIVA devra recourir à d’autres méthodes pour réussir dans son action en faveur de la vente de vins en vrac.

 

Il ne faudra pas attendre très longtemps pour comprendre le sens de sa remarque. Avec l’épisode qualifié par la presse locale d’ “embuscade de Soultz-Les-Bains“, l’ADIVA va continuer son combat en marquant les esprits.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Dimanche 28 octobre 2012 7 28 /10 /Oct /2012 19:56

 

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Issu de la contestation consécutive à la mise en application de la loi BOROCCO, un mouvement va se structurer autour des porte-paroles dont la voix s’était fait entendre au cours de l’année 1972. La situation économique délicate causée par le premier choc pétrolier ajoutée à une récolte pléthorique en 1973 va concourir à créer un contexte favorable à la controverse et à l’émergence d’un syndicat opposant à l’AVA.

 

En 1973, plus d’un million d’hectolitres de vins, alors que le vignoble compte à l’époque moins de 10.500 hectares, remplissent à ras bord les cuves des vignerons, des négoces et des coopératives du vignoble. Le contexte économique est peu favorable à la vente de vins d’AOC et toutes les régions viticoles françaises souffrent de la récession des ventes et de l’augmentation du coût de la vie. Les vignerons récoltants qui vendent leurs vins en vrac, et tout particulièrement ceux qui avaient pour habitude de les commercialiser auprès de négociants situés hors de la région ne trouvent pas preneur. Le vignoble est sous tension, Eugène FALLER décide alors de structurer le mouvement revendicatif dont il est à l’origine et de créer un syndicat. Ainsi naîtra en 1974 l’Association de Défense des Intérêts des Viticulteurs d’Alsace (ADIVA). C’est à Raymond GEIGER, fils d’Achille GEIGER, que l’on doit d’avoir trouvé le nom d’ADIVA au volant de sa voiture en passant près de Krautergersheim. Ces cinq lettres allaient pendant près de 10 ans résonner dans les oreilles des dirigeants de la viticulture alsacienne.

 

La première réunion de l’ADIVA a lieu à Sélestat le 19 juillet 1974. Marcel BLANCK, Président de l’AVA, entouré de son équipe a décidé de se rendre au Foyer Catholique où se tient la réunion afin de dialoguer avec ses nombreux opposants réunis. S’en suit une cohue invraisemblable où il est difficile de faire la part des choses. Les membres de l’ADIVA reprochant à ceux de l’AVA de les empêcher d’assister à la réunion en leur interdisant par la force l’entrée de la salle alors que les syndicalistes de l’AVA prétendent que ce sont ceux de l’ADIVA qui ne les laissent pas entrer. Ce qui est certain c’est que les deux parties ont amené avec elles leurs membres les plus représentatifs physiquement pour impressionner l’adversaire. Une fois tout le monde entré dans la salle la tension semble s’apaiser jusqu’à ce que Marcel BLANCK qui souhaite s’adresser à ses opposants ne soit bousculé en bas de la tribune. Les membres de l’AVA quittent alors la réunion non sans avoir échangé quelques coups et évité des jets d’objets divers. Le dialogue entre les deux organisations syndicales semblait irrémédiablement promis aux pires difficultés.

 

Début septembre 1974 a lieu dans la même salle de Sélestat, la première assemblée générale de l’ADIVA. Son président Eugène FALLER est entouré d’Achille GEIGER le secrétaire général et de Gérard MEYER le trésorier. Six cent personnes ont pris place dans la salle ou règne une ambiance bien plus calme que lors de la précédente réunion. Monsieur FALLER annonce que son association a recueilli jusqu’ici mille cinq cent adhésions et qu’il compte rapidement en obtenir cinq cent de plus afin d’avoir plus de poids vis-à-vis de l’AVA. Il invite ensuite les viticulteurs présents à mieux se structurer en désignant un responsable par village avant de reprendre et développer les différents points forts de son programme :

 

-          Suppression immédiate de la mise d’origine

-          Refus de l’arbitraire de la réglementation des dates des vendanges

-          Opposition à la limitation des rendements

 

M. FALLER engage, entre autre, les membres de son association, à ne plus payer leur cotisation à l’AVA et exige du négoce alsacien qu’il paye les vins à un prix juste sans vouloir tirer profit de l’absence de la concurrence qui vient d’être écartée par la loi BOROCCO.

 

Mais la crise est profonde, aussi à l’aube des vendanges 1974, alors qu’on ne sait encore où et comment l’on va stocker la future récolte, c’est Xavier MULLER, maire de Marlenheim, président de la fédération des vendeurs de raisins, membre du bureau de l’AVA et membre du CIVA qui est mandaté pour jouer le rôle de monsieur bons offices et tenter de dénouer la situation. M. MULLER est partisan de la mise d’origine qu’il considère comme payante à long terme, aussi son action va consister à obtenir de la part des caisses régionales du Crédit Agricole des liquidités qui permettront aux négociants d’acheter environ 50.000 hectolitres et de les stocker. D’autres démarches sont entreprises auprès du ministère des Finances, elles visent à étendre au profit de l’Alsace une loi déjà appliquée dans d’autres régions vinicoles françaises qui autorise les viticulteurs manipulants à acheter du vin en vrac chez leurs collègues jusqu’à concurrence de 5% du volume de leur propre récolte. Au total 80.000 hectolitres de vins en vrac pourraient être ainsi achetés afin de débloquer la situation.

 

Ces propositions suscitent le scepticisme chez les dirigeants de l’ADIVA qui s’élèvent contre le négoce local à qui ils reprochent de jouer le blocage des achats pour obtenir des prix plus bas des vignerons lassés d’attendre et obligés de faire de la place dans la cave pour accueillir la future récolte.

 

La situation se débloquera finalement avec la mise en place de moyens de stockage mais l’opposition AVA – ADIVA restera persistante tant les deux visions la viticulture alsacienne sont éloignées. Comment Marcel BLANCK après avoir créé un groupe de réflexion au tout début des années 60 puis mis en œuvre une politique courageuse de réformes pour faire de l’Alsace une région viticole de haut niveau pouvait-il s’entendre avec un Eugène FALLER, de trente ans son ainé, animé par un fort conservatisme.

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Mercredi 17 octobre 2012 3 17 /10 /Oct /2012 18:34

 

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Une histoire de l'Alsace, une de plus direz vous. Cependant celle qui vient de paraître aux éditions Yoran enbanner sous la plume de François WAAG, a le mérite de présenter les faits historiques du point de vue alsacien en remettant en cause certaines versions dont l'histoire de France s'est arrangée.

 

De l'image patriotique sérieusement écornée de l'Alsace qui se serait "donnée à la France" à l'issue de la guerre de trente ans à l'intolérance des autorités académiques après 1945, rien n'est oublié. L'auteur apporte une relecture des faits qui complète les ouvrages de référence que sont les indispensables Histoire de l'Alsace écrites par Lucien SITTLER et Rodolphe REUSS.

 

 

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En vente dans toutes les bonnes librairies pour 12 €.

 

On trouve très facilement et à des prix décents les deux autres ouvrages chez les bouquinistes présents chaque samedi sur la place Kleber.

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Dimanche 14 octobre 2012 7 14 /10 /Oct /2012 16:16

 

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"2012, Année record" titraient les Dernières Nouvelles d'Alsace le jeudi 11 octobre. En effet l'Alsace n'aura jamais produit autant de maïs que cette année. Il n'en sera pas de même pour la viticulture qui s'attend à une toute petite production en raison d'une floraison perturbée par les conditions atmosphériques.

 

Si les Crémants s'en sortent plutôt bien avec des volumes relativement constants, les volumes de Riesling, Muscat et Gewurztraminer seront très en retrait. Alors que la plupart des vignerons s'apprête à entamer une quatrième semaine de vendange des vins tranquilles, la météo de la semaine dernière ne s'est pas montrée particulièrement clémente. Les nombreux passages pluvieux entrecoupés de belles éclaircies ont tout de même ralenti le rythme engagé dès la fin septembre.

 

Ce millésime tient son originalité par la concordance précoce des maturités techniques et physiologiques des raisins. Les jus présentent des maturités abouties avec une richesse en sucres modérée et beaucoup de pureté dans la mesure où l’état sanitaire est parfait. Les fermentations alcooliques s’engagent spontanément et se déroulent bien jusqu’à maintenant.

 

Les températures fraîches sont de retour après une alerte en fin de semaine dernière où un bref réchauffement pendant le week-end, avait provoqué quelques dégâts dans certaines parcelles.

 

Des vignerons sont déjà très avancés dans leur récolte alors que d’autres ont pris le parti d’attendre surtout lorsque les vignes sont situées sur des sols plus légers qui évacuent bien la pluie. Nous saurons à la fin de la semaine qui vient, les quels ont eu raison.

 

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Dimanche 7 octobre 2012 7 07 /10 /Oct /2012 18:24

 

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Sauro (à droite) et son cousin

 

Alors qu'en Alsace on attaque le dernier tiers des vendanges, retour sur une belle visite estivale au Podere Luisa, situé dans le petit hameau toscan de Rendola, à quelques minutes de Montevarchi - province d'Arezzo.Sauro et son épouse Romina tiennent une maison d'hôtes fort accueuillante dont j'avais brièvement parlé il y a un certain temps.

 

Si la location des appartements occupe une place importante tout au long de l'année, l'activité principale de la Podere Luisa reste la viticulture. Les dernières productions marquent une orientation très nette vers la production de vins au profil très "Nature" parfaitement réussis.

 

 

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L'ensemble du Domaine est conduit selon les principes d'une agriculture biologique particulièrement intelligente et adaptée aux conditions climatiques. L'état des vignes qui subissent une seconde année de canicule témoignent du soin qui leur est apporté. Palissage manuel rigoureux car les vignes ne sont pas rognées. Le cavaillon est travaillé,  l'inter rang est enherbé et le couvert végétal est couché au rolofaca pour protéger le sol d'un soleil brulant.

 

La culture des cépages autochtones est privilégiée et les différentes cuvées sont issues de Sangiovese, Canaiolo, Trebbiano et Malvoisie sans oublier le très local Colorino de Valdarno.

 

Les cuvaisons sont réalisées en vendange entière ou partiellement égrappée avec un très léger sulfitage. Les différentes cuvées sont élevées dans des petits foudres, en demi-muids ou en barriques de plusieurs vins car l'apport d'un boisé n'est pas recherché. Les vins sont mis en bouteille sans apport de soufre et sans filtration.

 

 

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Parmi la gamme des vins, je retiendrai en rouge le Castelperso aux arômes de fruits noirs et d'épices et en blanc l'Amnesya, une cuvée réalisée en macération selon la méthode traditionnelle locale. Les vins possèdent tous une agréable fraîcheur et une race que l'on apprécie tout particulièrement à table en accompagnement des charcuteries locales et des plats régionaux cuisinés par Romina.

 

Idéalement situé à mi chemin entre Sienne et Arrezo et à moins d'une heure de Florence, que l'on peut rejoindre par l'autoroute mais encore plus facilement en train à partir de la gare de Montevarchi, le Podere Luisa est la base idéale pour visiter la Toscane en profitant d'un accueil de grande qualité dans un cadre rural soigné à l'écart des flux touristiques.

 

www.podereluisa.it

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Vendredi 28 septembre 2012 5 28 /09 /Sep /2012 14:48

 

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La question en elle-même pose problème, relève Didier BONNET, journaliste spécialiste du secteur viticole, qui anime un Club de la Presse à l’étage de la Winstub Zum Strissel ce jeudi 27 septembre. Pourtant, alors que les vendanges battent leur plein, il reste du devoir des journalistes de contrôler l’information qui leur est transmise par des instances viticoles qui se félicitent parfois un peu rapidement des indicateurs flatteurs en oubliant d’évoquer ceux qui le sont moins.

 

Sans être dramatique, la situation du vignoble reste cependant préoccupante. Les ventes sont en retrait sur le marché national et les prix de vente du raisin ne sont pas au beau fixe. Alors même si l’on peut se réjouir d’une progression des ventes à l’export, il est juste de s’interroger sur la question initiale.

 

Autour de Didier BONNET, deux intervenants de qualité en la personne de Jean-Michel DEISS que l’on ne présente plus et de Serge FLEISCHER, Directeur de la Cave Arthur METZ qui compte parmi les plus importantes structures de négoce.

 

Serge FLEISCHER : « Le vignoble alsacien subit comme les autres secteurs d’activité l’augmentation des charges qui pèse sur les entreprises et le marché du vin est de plus en plus concurrentiel. La situation est la plus difficile pour les vins d’entrée de gamme qui doivent affronter la concurrence de vins qualitativement satisfaisants, produits dans d’autres pays que le nôtre. L’offre est pléthorique. »

 

 

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Jean-Michel DEISS : « S’il y a crise, c’est d’abord une crise de confiance, d’identité qui accompagne une crise économique. La libéralisation consécutive aux négociations du GATT a provoqué une mutation du rôle du vin. Le vin libéralisé n’est plus le fruit du raisin. Il a perdu sa dimension mystique, éthique. Une nouvelle catégorie de vins voit le jour, ce sont les Vins Sans Indication Géographique. Produits sans aucune contrainte ils répondent à un marché qui s’est mondialisé. Personne dans la profession n’a jugé utile de prendre en compte cette évolution ni d’en tirer les conséquences afin d’en faire un atout plutôt que de la subir. Il reste que depuis 10 ans, le prix du raisin n’a augmenté que de 4%, ce qui revient à dire que sa rémunération a chuté de 25 à 30%. »

 

Serge FLEISCHER : « Ces quinze dernières années, le vignoble alsacien a augmenté significativement la qualité de sa production. Cependant son handicap réside dans le fait que ses efforts n’ont pas été valorisés. En recherchant dans les archives de la maison, je me suis rendu compte qu’en 1981 la bouteille de Crémant se vendait 25 Francs alors qu’aujourd’hui elle est vendue moins cher. C’est le constat d’échec de la filière. D’autre part, le positionnement bâti sur le cépage en oubliant la référence au terroir conduit dans l’impasse. On ne peut tout positionner sur le cépage. La concurrence tire les prix vers le bas.

 

Jean-Michel DEISS : « Nous ne sommes pas assez fier de nos terroirs. Ce sont eux qui constituent notre identité, ils sont l’essence et le sens de l’AOC. Ceux qui veulent conserver l’AOC pour tous les segments de vin se trompent. Ca ne marche pas. Il n’est pas possible de conserver dans la même famille des vins d’entrée de gamme vendus à 3 € avec ceux qui sont vendus dix fois plus cher. Et c’est bien là que réside le problème. »

 

Didier BONNET : « Quelles solutions s’offrent à nous ? »

 

Jean-Michel DEISS : « Il faut segmenter les vins de haut de gamme, de milieu de gamme et ceux du début de gamme qui doivent répondre à des contraintes allégées afin de pouvoir produire un vin compétitif du point de vue tarifaire et qualitatif sur son segment de marché. »

 

 

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Serge FLEISCHER : « Le nouveau système de distribution du vin dans le monde n’offre pas de la place pour tout le monde. Si, il y a une dizaine d’année chez un caviste londonien les vins français étaient présents sur un linéaire de sept mètres de long, aujourd’hui ils doivent se contenter de moins du quart car la place initiale car l’espace est maintenant occupé par des vins issus d’autres origines. Tous les vignobles ont le même problème. Il faut être capable de produire des vins de cépage concurrentiels et rémunérateurs mais aussi clarifier notre offre. »

 

Jean-Michel DEISS : « On veut couvrir tous les segments de marché dans le cadre unique d’un cahier des charges. C’est impossible. Notre AOC est une prison. Elle est trop restrictive pour celui qui veut produire un vin de cépage compétitif et trop laxiste avec ceux qui veulent produire des vins de haut de gamme. Il faut rendre à l’AOC son objet, celui de produire un vin éthique en renonçant à la chaptalisation et à l’acidification. Les meilleurs producteurs ont déjà fait ce pas. »

 

Serge FLEISCHER : « Il est paradoxal de constater que malgré la crise, le foncier reste cher. C’est irréaliste. »

 

Jean-Michel DEISS : « On gagnera la bataille des bouteilles par la bataille des idées. Comme la Californie nous sommes à la recherche de nos terroirs, de notre identité. Début 2013, je vais créer une Université des Grands Vins avec pour objectif de rassembler, professionnels et amateurs autour de la conquête de la reconnaissance de nos vins dans la famille des Grands Vins. »

 

L’analyse faite par les deux intervenants, l’un issu du négoce, l’autre de la production indépendante est identique. Je ne sais si Jérôme BAUER, le nouveau Président de l’AVA, sera sensible aux arguments apportés et s’il partage les propositions qui ont été faites. Très récemment, il réclamait l’union de toutes les familles du vignoble pour sortir par le haut. Un début d’union existe, reste à convaincre les vignerons indépendants, les apporteurs de raisins, les structures de négoce et les coopératives de les rejoindre, ou bien de faire à la profession, des propositions qui tiennent compte d’un marché actuel qui nécessite de profondes mutations.

 

Lorsqu’à la fin des années 60, Marcel BLANCK rassembla autour de lui ceux qui ont permis à la viticulture alsacienne de sortir du marasme, il a dû faire face à de nombreux opposants et quelques décisions ont été lourdes de conséquences pour certains qui acceptaient mal tout changement. Qui aujourd’hui, regrette ce qui a été fait parfois dans la douleur ?

 

Par Oenophil - Publié dans : Chroniques
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Mardi 11 septembre 2012 2 11 /09 /Sep /2012 19:04

 

Perle-des-vignes.jpg

 

 

C'est la petite dernière de PERLE, brassée par Christian ARTZNER. Fermentée à partir d'un assemblage de moût de raisin et de malt d'orge, elle concrétise la rencontre d'un savoir faire brassicole avec le fruit du vignoble alsacien.

 

Fruitée, ample, portée par une structure acide marquée, la nouvelle Perle des vignes amène un souffle nouveau dans un paysage brassicole alsacien dynamique où l'animation se fait par de petites structures qui proposent des bières de qualité comme la Bière de Moon et celles produites par la brasserie de Lobsann.

 

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